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René, Mais Où est-tu ?

Il est minuit, enfin, je crois, je ne sais plus quoi croire, je n'ai même pas envie de croire, je reviens d'une attaque, merci, merci, merci mon Dieu, je suis encore vivant. Je viens d'avoir ma part de rhum qui a été bien plus grande que celle des autres soldats car j'ai participé à cette dangereuse attaque dont à présent peu de soldats se portent volontaire. Après avoir marché entre les murs de ce labyrinthe que forment toutes ces tranchées, j'arrive enfin à la mienne, il y'a déjà un camarade, un nouveau, le dernier était très sensible, il s'est mutilé et a simulé un traumatisme afin d'être envoyé à l'arrière à l'hôpital, je n'en suis pas sûr mais, il m'en avait parlé la nuit dernière, qu'il ferait ça pendant le prochain assaut, celui qui a eu lieu plus tôt cette journée.

Le nouveau est couché sur l'une des pailles qui sur le sol, couché de manière à être dos, face à moi, lui, regardant vers le mur de terre qui par chance n'avait pas été touché par les attaques d'obus des boches. Ca sent très mauvais ici, et c'est le moins que puisse dire, ça empeste le moisit, dans d'autres tranchées, la boue arrive jusqu'aux reins. Je viens de voir passer un rat et j'ignore si je délire mais, j'ai comme eu l'impression qu'il me dévisageait durant toute sa traversée, par chance, je n'ai pas de poux comme certains ici.

Je m'assois au sol, adossé à un mur, parallèle à mon nouveau camarade, j'ignore comment il s'appelle, il n'a pas l'air d'avoir senti ma présence dans cette pièce humide. Enfin, un bon soupir en ma faveur après ces heures à chercher à faire crever ces boches. Ma femme me manque, j'aimerais pouvoir ne serait-ce que sentir son odeur, si possible, toucher sa belle pomme de main douce et la laisser me caresser la peau, me racler tendrement les mèches des cheveux et les placer à l'arrière, je donnerai tout pour pouvoir goutter à  l'un de ses bons plats qu'elle mijote avec amour, les repas, les boues de pains que nous mangeons ici sont insipides et monotones cependant, nous ne souffrons jamais de faim.

Le rhum commence à faire effet, je m'allonge sur mon lit, soudain, des souvenirs affreux de l'attaque des boches me reviennent, c'est le cas tous les soirs, je pense à ses moments où je dois sauver quelques soldats, laisser certains mourir car, je risque d'être ramassé par un obus à mon tour. Parfois, je m'aventure dans cette zone neutre, accompagné par la crainte d'être à mon tour de mourir, armé d'une baïonnette et d'un poignard aux dents, j'ai tué deux boches aujourd'hui et j'en suis bien content, si seulement ils pouvaient capitulés, ça fait bien longtemps que nous répétons les mêmes choses tous jours, pourrissons dans ces tranchées.

Le camarade a bougé, va-t-il enfin parlé ? J'en ai bien besoin, le précèdent était un moulin à paroles, pour la première fois, on peut être très vite agacé par ce genre de personnes mais, après avoir passé des jours ici, on en a bien besoin. Ces derniers temps, je crois bien que c'était le moulin qui avait besoin que des paroles viennent d'ailleurs. Le camarade se couche maintenant tout droit sur la paille, regardant au plafond. J'arrive à discerner qu'il est bien plus jeune que moi, éclairé par la petite lampe qui consume son essence peu à peu. Je continu à regarder le jeune homme, ne voulant pas lâcher la moindre occasion où il voudra se confesser mais, j'ai bien peur qu'il ne soit lui aussi dans un effroyable état que même parler devient comme tirer sur ces mitrailleuses. J'avais entendu dire qu'il y'avait des soldats qui souffraient de mutisme mais, je n'en avais jamais vu de mes propres yeux.

Je suis anxieux et cette fois-ci, pas que à propos de la guerre, je me lève et approche de mon camarade, j'espère bien qu'il va réagir mais, que dalle, il n'a même pas semblé avoir cligné l'œil. Je le regarde droit dans les yeux, j'ai même envie de rire tellement son état est effrayant. Je lui demande depuis combien de temps il est là, il reste muet, les yeux rivés au plafond, je regarde sur le côté, à sa droite, je vais même presque tomber, il y'a là quelques seules lettres, j'en déduis qu'il a sans doute brûlé les autres, ce qui est rare ou alors, il ne serait là que depuis pas longtemps, dans ce cas alors, pourquoi serait-il déjà très ébranlé ?

Quand je me retourne pour aller à ma paille, j'entends des reniflements, je regarde en arrière et je vois des larmes couler depuis l'œil du jeune soldat jusqu'à son oreille, cette larme qui s'en va de ses yeux, de son corps, en partant prend avec elle son bonheur, ses souvenirs, le peu de paix qu'il resterait dans son esprit et surtout, l'innocence ancrée chez ce garçon. Veux-tu un peu de rhum ? Lui demande-je, il renifle de plus fort, ferme ses yeux et plis sa bouche, se lamente de plus belle, je n'ai pourtant que fait preuve d'empathie et de camaraderie.
 Je vais près de ma paille, je prends la bouteille de rhum qui traine au sol et je me présente devant le jeune soldat, il ressemble tellement à mon petit frère. J'aimerai qu'il boive afin d'aller mieux, je lui tends la bouteille, il ne réagit guère. Tac-tac-tac… Oh malheur, ça a recommencé, les tirs de ces mitrailleuses, le jeune homme se lève et m'arrache le rhum de la main, se replie sur sa paille, il ouvre avec impatience  la bouteille et avale le contenu d'une gorgée sèche, comme s'il n'avait pas gouté la moindre goutte depuis des jours.

Les tirs soulèvent les odeurs, ça sent, la boue, bien qu'on en soit habitué, on a toujours l'air des invités dans ces trous. Je ramasse une lettre et j'ose la lire, le jeune soldat s'appelle René,  après quelque lignes, je n'ose plus continuer, la sœur du jeune homme est morte, sa sœur jumelle. Je m'assois près de lui et je le prends dans mes bras, je veux qu'il sache qu'il n'est pas seul à vivre cette situation, je suis là et veux l'aider à surmonter, et le calvaire de cette guerre, et son deuil au pays. Après quelques minutes, il me serre également très fort, il lâche enfin prise sur lui et décide de s'adonner, de s'ouvrir complètement à moi, je peux entendre ses cris bien précis, la douleur raisonné par ses cordes vocales, je suis là, je suis là, je ne cesse de lui souffler dans l'oreille en le caressant les cheveux comme un père le fait à son fils. Je n'ai pas eu la chance de faire un enfant à ma femme avant de m'engager à aller à la guerre, j'ignore même si je pourrais avoir l'occasion de le faire. J'ai comme l'impression que ce câlin, je le voulais plus que mon camarade, j'ai longtemps refoulé mes émotions, mes sentiments vis-à-vis de cette guerre et ce soir, je peux enfin les poser, les partager avec quelqu'un d'autre.

Tout à coup, il lève sa tête de mon épaule, me regarde éperdument dans les yeux, dans son regard, se dessine la douleur. A ma grande surprise, sa lèvre s'approche de plus en plus de la mienne, son regard qui ne s'éloigne point du mien, j'aperçois maintenant ce jeune comme je voyais mon premier amour, je suis confus et envieux en même temps, je n'ai pas envie d'arrêter ce qui se passe et ce que ça va entraîner mais, je ne comprends pas mes émotions, enfin, je ne suis pas un pédé, ma foi.

Ses lèvres et les miennes sont combinés, je peux ressentir la chaleur de sa bouche, je ferme les yeux, on s'embrasse, ça sent le rhum, les bruits d'obus nous perforent les oreilles mais, nous sommes bien habitués, je l'embrasse avec envie, avec passion, j'ai l'impression que c'est mon premier baiser. On se caresse, on veut se déshabiller mais il fait froid très froid pour cela, alors je déboutonne mon uniforme, soulève le vêtement qui y est à l'intérieur et les tiens en main de sorte à ce que mes tétons puissent ressortir, René se précipite de les prendre en bouche dès qu'ils sortent, il me tète, c'est très excitant, je suis en érection et je crois bien que lui aussi.

Mon cœur bat plus, si fort qu'à chacune de ses caresses, je sursaute, je lance un regard fuyant pour vérifier si quelqu'un arrive, que diraient les autres si jamais ils voyaient cela. Il ouvre ma braguette, je respire profondément, il descend doucement en me léchant le ventre, il s'agenouille,  je tiens en main mon vêtement, il arrive au niveau de mon sexe, ma braguette ouverte, je le laisse faire ce qu'il veut de ce qui s'y trouve, je n'ai pas pu prendre de bain depuis quelques jours et j'espère vivement qu'il ne s'arrêtera pas là, il continue, je le vois ouvrir la bouche, prendre mon pénis en main et l'envoyer tendrement dans sa belle bouche moelleuse, je crois bien que c'est la plus belle chose qui m'arrive depuis mon arrivé ici, il y'a près de six mois. Il s'y prend très bien, j'aime beaucoup, c'est très exaltant, j'ai cette sensation de voyage, j'arrive à presque oublier l'endroit où je me trouve mais, je ne suis hélas pas sûr d'être à l'abri des regards néanmoins, je n'interromps pas ce que René fait, il semble bien aimer ce qu'il fait.

René lâche mon pénis, s'essuie les lèvres avec contentement, compétence, il a bien aimé mais dans son regard en se levant, il y a une lueur de honte, ce que nous faisons est interdit et puni, je lui fais un sourire pour l'encourager et pour lui montrer que je ne le condamne pas, il semble avoir reçu le message. Il me demande implicitement de le pénétrer, j'en ai très envie, je ne me retiens pas du tout, malgré la crainte d'une arrivée imminente, je m'agenouille, René est à quatre pattes, il a baissé son pantalon jusqu'aux genoux, je le fait également, il fait très froid entre ces murs de terres mais, je suis très bouillonnant, j'approche de ses fesses bien charnues, j'essaie de le pénétrer mais, c'est un peu difficile, il me suggère et j'envoie un doigt dans son anus, je frotte tout doucement, il aime beaucoup, j'entends des gémissements, il a fermé ses yeux, il a une gestuelle qu'on aurait dit une femelle, j'envoie deux doigts, son anus est dilaté,  je suis très excité, il me tarder d'y entrer, je lâche, crache sur mon pénis et je l'enfonce aussitôt dans son arrière, il pousse un grand cri de douleur, je lui chuchote d'être discret, il se cambre encore plus,  j'essaye de faire des va-et-vient, qui vont tout doucement, que c'est exultant, j'enlève mon pénis, René gémit et je sens sa faim, il en veut encore, j'insère mon pénis et j'enlève, remets, je vais de plus en plus rapidement, il gémit, je cogne, cogne, je le baise aussi bien que je ne n'ai jamais cru faire. Il a prend un divin plaisir, je crois bien qu'il n'est pas le seul, je pense que même mon supérieur rêverait d'être à ma place, j'accélère la cadence, vient enfin le moment, où je commence à me raidir, je sens que ça commence à arriver, l'électricité monte, je me sens vulnérable, humm, j'émets un petit cri rauque, j'éjacule en lui, j'halète un instant, puis je me retire de lui, je me jette aussitôt sur sa paille, je m'habille rapidement, René fait de même, je me couche à ses côtés, j'aime le savoir content, de s'avoir qu'un soldat ou plutôt deux soldats sont heureux en cette nuit d'hiver, on finit par s'endormir cote à cote.

« Branle-bas de combat ! », je sursaute de mon lit, où devrais-je dire de ma paille, je me lève avec un sourire aux lèvres, je réalise ce qui s'est passé cette nuit. Je regarde de gauche à droite et me rends compte que René n'est pas là, il doit être déjà parti répondre à l'appel, je pense bien que ce moment intime entre nous lui a redonné des forces et surtout du courage. Les allemands ont encore attaqués, je me dépêche d'aller à la ligne de front mais à mon arrivée, les allemands se sont déjà repliés, il y a eu des combats à armes blanches entre français et eux, j'aperçois des blessés porté vers des infirmiers, aussi quelques morts, de ceux qui sont là, je ne trouve pas René. Regard à gauche, à droite, derrière, devant, je sors, je regarde devant, dans le No 'man land mais que des corps en putréfaction, aucun signe de  René. Où est-il ? Je suis inquiet, j'ai comme une envie soudaine de pleurer, il manque déjà, j'espère qu'il ne lui est rien arrivé de mal, je souhaite le revoir, René, mais où es-tu bon sang ? Tu m'inquiètes, pense-je, j'ai le cœur qui bats très fort, enroulé d'amertume et de chagrin.

Toujours sans réponses, je vais rejoindre les autres pour le déjeuner et le rhum, je fais comme si de rien n'était. Après une heure, je retourne dans le lieu qui a abrité les peines, les soucis, l'amour de deux soldats. Pour passer le temps, je lis les nouvelles lettres qui ont été adressé pour René, je crois bien que le destinateur ne les lira jamais. J'apprends de tas de choses sur ce jeune homme, je crois bien que je suis en train de m'éprendre de lui.

Tout à l'heure, nous allons tenter avec quelques soldats canadiens un assaut, j'espère être rentré après cela.

Fin.

Davinson

tendredrake@gmail.com

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