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MINET
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Premier épisode

Arnaud à Paris -02

Nous n'avons pas fait l'amour durant notre pause à l'hôtel, nous sommes restés sages, nous nous sommes retenus et c'était bien, ce qui ne nous a pas empêchés de nous offrir une petite sieste serrés fort l'un contre l'autre.

Au réveil nous avons décidé de filer manger chez Chartier, pas pour la nourriture forcement, mais pour le lieu sublime, et puis pour les boulevards à la tombée de la nuit, puis rejoindre la Seine et ses bateaux.

Nous sommes montés, main dans la main dans une de ces embarcations, pas envie de nous cacher, les regards portés sur nous allaient du mépris, mais nous nous en moquions, en plus ils étaient peu nombreux, aux sourires complices que nous avons rendus, les choses avancent inexorablement nous nous en sommes rendu compte ce qui nous a forcé à nous enlacer.

Paris, la nuit, l'Île Saint-Louis, les quais illuminés, les hôtels particuliers, la beauté pure donnaient à Arnaud un regard d'enfant un soir de Noël, au bout d'un moment je ne voyais plus rien que ce regard, bien plus lumineux que tous les quais illuminés du monde. Ce regard a croisé le mien et sa bouche s'est posée doucement sur la mienne, baiser luciole, la lumière de ses yeux n'a pas baissé d'intensité, j'ai commencé à essuyer une larme sur ma joue, il a continué avec son pouce.

« Tu pleures. C'est moi ? »
« Non, c'est le vent. Regarde autour plutôt »

Mais ma voix tremblait, faut pas le prendre pour un idiot Arnaud, il m'a pris la taille et m'a chuchoté :

« Nous deux c'est, je ne sais pas ce que c'est en fait mais ne t'inquiète pas s'il te plaît, sourire obligatoire »

Son front s'est posé sur le mien et c'est ainsi que nous devons, je pense, faire le tour du monde, pixelisés.

Après ces moments enchanteurs nous nous sommes redirigés vers notre nid d'amour, Hafid était là, « toujours disponible » selon ses dires, nous avons ensemble bu un verre au bar de l'hôtel, avons discuté, mais il nous était impossible d'aller plus loin avec lui. Pas envie, pas besoin, malgré le charme évident de ce garçon.

Nous sommes montés dans la chambre, avons pris une douche bouillante en nous lavant mutuellement de cette journée délicieusement harassante.
En peignoir, déformés par notre envie nous nous sommes assis sur le lit.

« Monsieur, je vois que vous êtes prêt pour l'essayage de votre imperméable, si vous voulez bien, nous allons procéder »
« Arnaud, je n'osais pas t'en parler, tu es certain d'en avoir envie, tu ne me proposes pas cela pour me rendre une chose que je t'ai offerte et qui ne demande aucun remboursement ? »

« J'en meurs d'envie Jules, je te veux en moi, je veux que ce soit toi et personne d'autre pour cet acte que je ne renouvellerai peut-être jamais si ce n'est avec toi, je sais que ce sera bien, je sais que ce sera fort, je sais que tu me respecteras, avant, pendant et après »
« Approche-toi, je veux t'embrasser, je veux que tu sois bien »

Je lui ai administré un baiser qui voulait tout dire, j'ai léché ses joues râpeuses, je me suis attardé dans la fossette qu'il a au menton, je le sentais qui tremblait, son visage s'est perdu dans mon cou, il s'est saisi d'un préservatif, est descendu jusqu'à mon sexe qu'il a pris en bouche pour lui donner sa raideur, mais je peux vous dire que ce n'était pas nécessaire.
J'ai embrassé toutes les parties de son corps, je l'ai sucé, j'ai écarté ses jambes, j'ai bouffé son cul délicieux, il me pressait le crâne de ses mains puissantes et ses gémissement n'en finissaient pas.

« Arnaud, je veux te prendre, mais je veux que nos regards soient rivés l'un à l'autre, si tu as la moindre crainte, si tu veux reculer, tu n'as qu'un mot à dire »
« Je ne reculerai pas Jules, sinon, comment veux-tu que tu m'encule ? »

Nous avons éclaté de rire, ce garçon a une façon bien à lui de dédramatiser.

Je l'ai mis sur le bord du lit, ses jambes sur mes épaules et j'ai tout doucement forcé son passage vierge, c'était pour moi délicieux et si j'en jugeait son regard, entre crainte et larmes et douceur, c'était pour lui quelque chose de bouleversant, inquiétant et pleinement satisfaisant.

J'ai mis du temps, je l'ai des yeux questionné, je le branlais en même temps, l'émotion, une certaine douleur avaient fait que son sexe s'était affalé, je ne voulais pas qu'il reste ainsi, je lui ai redonné de la vigueur, Arnaud est remonté jusqu'à mon visage, au moment où nos lèvres se sont retrouvées j'ai lancé le dernier assaut, mon sexe était complètement en lui, il a grogné, a fermé les yeux, longtemps, son baiser a été d'une puissance incroyable. Nous sommes resté ainsi, soudés l'un à l'autre durant un long moment, les yeux ouverts, les uns dans les autres aussi, sans parler, mais diable comme il se passait des choses.

« Tu es bien, bien installé ? Tu veux être plus confortable ? »
« Je suis bien, terriblement bien, Jules, fais de moi ce que tu veux, montre-moi, je te veux dans tous les sens »

Il a été servi, je l'ai remonté sur le lit, il a été à quatre pattes, sur le côté, je n'en pouvais plus de lui donner tout ce que je pouvais, il était à moi, entièrement, généreusement, docile, passif comme il n'avait jamais été selon ses dires, son cul serré était un écrin sublime pour ma queue qui s'y sentait comme dans un palace.

Nous avons fini par jouir de concert, je le serrais fort entre mes bras, ses jambes enserraient les miennes, à tel point que tous nos muscles bandés, nous étions saisis de tressautements tellement incroyables que j'avais l'impression que les murs de tout le bâtiment que tous les murs de Paris tremblaient par nos jouissances.

Épuisés nous nous sommes désolidarisés, mais nous ne pouvions rester ainsi, nos bouches se sont collées l'une à l'autre et s'est ainsi que nous nous sommes endormis, sans un mot, il nous était impossible de formuler ce que nous venions de vivre, mais nous n'étions pas inquiets, nous avons dormis ainsi dans les effluves de l'amour jusqu'au matin. Cette fois c'est Arnaud qui m'a regardé me réveiller, il m'a raconté. Il voulais m'embrasser me sucer, mais il préférait regarder la façon dont je me réveille « sans intervention extérieure ».

Il m'a dit :
« C'est beau un garçon qui se réveille après une nuit d'amour, ça sourit, ça grogne doucement, ça gémit aussi, ça s'étire et ça ouvre les yeux en souriant »
« Comment ne pas sourire en voyant ton visage, en te voyant me regarder comme tu me regardes, fais gaffe, je vais encore pleurer, mais maintenant tu sais pourquoi je pleure, je t'aime Arnaud, excuse-moi de te le dire je sais, je n'ai pas le droit mais je t'aime quoi qu'il arrivera, tu es incroyable »

Puis il m'a dit des mots que je n'oublierai jamais :

« Navré Jules, navré mais tu as le droit de le dire, je te le dis aussi je t'aime, je ne suis pas incroyable tu sais, je suis simplement heureux, je suis l'homme le plus heureux du monde, je suis tel que chacun devrait être, gâté, j'ai une épouse merveilleuse, des enfants superbes, d'ailleurs j'ai téléphoné tout à l'heure à la maison, ce soir au retour nous dînons ensemble, et je t'ai toi, toi qui est pour le coup (sans jeu de mot, même si tu es un bon coup), incroyable, j'espère que tu me crois, j'espère que tu sais que je ne dis jamais de mots en l'air : tu es la personne que j'attendais depuis toujours, tu ne vas rien casser entre G. et moi tu as tout renforcé au contraire, par contre, Jules, tu n'as pas le droit d'effacer ta vie pour moi, tu dois la vivre pleinement rencontrer qui tu dois rencontrer, et construire si tu en ressens le besoin avec un autre garçon, entre nous avant, tu me le présentes et je te dirai si il te mérite, avec un peu de chance il sera comme G. »
« À ce jour Arnaud, s'il n'est pas au moins comme G. ce garçon n'entrera pas dans ma vie, il sera éventuellement un passage, mais il aura fort à faire pour entrer dans ma vie, l'exemple que vous donnez, G. et toi, est une référence et je tiens aux références »

Paf, nos bouches à nouveau n'ont pu faire autrement que de se rejoindre pour ne se séparer qu'après la douche.

Nous avions choisi de petit-déjeuner dehors, de profiter à la fois d'une terrasse ensoleillée, du bruit de la ville quoi qu'un dimanche matin..., de notre dernier jour, pour cette fois ici, et puis aussi d'éviter Hafid ce qui ne fut pas possible, il nous a été impossible de ne pas voir son regard et son triste sourire quand nous lui avions annoncé notre choix, quand il a vu nos bagages que nous voulions laisser en réception afin de libérer la chambre sans repasser à midi, bagages qui signifiaient notre départ.
Nous sommes donc sortis un peu attristés par cela, à 13 heures nous étions invités chez des amis à moi, les curieux voulaient découvrir la perle rare, puis après il nous faudrait prendre la route.

« Jules, tu es certain pour Hafid, tu sais s'il te tente, n'hésite pas... »
Je l'ai coupé.
« Non, je ne veux rien d'autre que toi, que pourrait-il m'apporter aujourd'hui, en ce moment ? Ne t'inquiète pas si j'en avais eu envie, c'est tous les trois que nous aurions baisé, vous deux et moi au centre et puis toi entre nous, si tu n'avais pas été sage c'est ainsi que je t'aurais puni Arnaud »
« Hmmm, de quelle bêtise puis-je faire pour mériter un tel châtiment ? Et puis, cela serait-il un châtiment ? »

À nouveau nous avons éclaté de rire, mais nous étions troublés, aussi sommes nous revenus vers l'hôtel, sourire de Hafid quand nous lui avons demandé son numéro de téléphone, au cas où nous reviendrions, au cas où il ne travaillerait plus ici.

Lors du petit déjeuner j'ai refais à Arnaud le coup du pied dans l'entrejambe, il a failli faire tomber le guéridon de surprise, puis à son tour il a procédé de même, nous bandions et riions tels des malades.

« Jules, je crois que nous avons fait une belle connerie »
« Ah ? »
« Nous n'aurions jamais dû rendre la chambre aussi tôt, j'ai envie de toi, nous ne pouvons pas arriver ainsi chez tes amis, je suis incapable de débander »
« Moi non plus, on fait quoi ? »
« Tu te souviens la première fois, sur ton lieu de travail, je t'ai demandé si il y avait des toilettes, je te voulais même ainsi, et bien je te veux toujours même ainsi, aussi... »
« Tais-toi, viens, je monte c'est à l'étage, tu me suis »
« Putain j'arrive »
« Non non Arnaud c'est gratuit »

Rires à nouveau.
Nous nous sommes retrouvés aux pissotières jouant aux inconnus qui se matent discrètement puis se touchent, puis s'entraînent vers les toilettes fermées. Nos pantalons sont descendu, puis nos boxers, Arnaud après un baiser s'est dirigé vers ma queue qu'il a à nouveau dévorée.
« Putain que c'est bon »
« Non Arnaud j'insiste, c'est toujours gratuit »

À mon tour je suis descendu vers ce truc raide et sublime, nous étouffions nos râle en particuliers au moment où nous avons entendu une porte s'ouvrir, nos yeux se sont croisés où la passion était lisible, nous nous sommes empêchés de rire en nous collant mutuellement les mains sur nos bouches, puis finalement nos bouches l'une sur l'autre pour un patin mémorable. Puis nous nous sommes branlés, seule solution pour jouir ensemble, pas de possibilité de 69 cette fois-ci hélas.

Soulagés, tout guillerets nous sommes redescendus vers le bar afin de régler nos consommations nous demandant bien qui n'avait pas pu faire autrement que de nous entendre là-haut, aucun signe aucun indice sur les visages des hommes présents.

« C'était bien Jules, merci »
« C'était bien Arnaud, merci »

Nous sommes à pied remontés jusqu'à Pigalle où nous devions déjeuner, Étienne et Édith nous attendaient, impatients. Inquiets de savoir dans quels bras j'étais tombé, ils ont toujours été très protecteurs vis-à-vis de mes amours, à juste titre souvent, celles-ci mouraient si vite et si violemment que leurs âmes de petites cuillers m'ont bien souvent ramassé  dans des états proches du néant. Ils ont vite été rassurés en voyant, puis en le passant à la question, le mec que je leur apportais sur un plateau de vermeil.
Au bout d'un moment Étienne m'a demandé de venir choisir du vin, Étienne n'a jamais eu besoin de mon aide pour ce faire, aussi je me doutais de quelque chose, mais de quoi ?

« Jules, il est bienveillant ton Arnaud, il est beau aussi ne nous voilons pas la face, si un jour tu n'en veux plus je prends »

C'était la plus belle façon de me faire comprendre ce qu'il ressentait, lui si pudique (en apparence), ne permettant  jamais à un mot qui ne le mériterait pas de franchir sa bouche, dire une telle phrase. Nous nous sommes serrés, comme autrefois pas comme nous le faisons maintenant lorsque nous nous voyons.
Dans le salon, autours de la table basse où trônaient des mezes ça papotait sec, Édith et Arnaud parlaient de tout de rien, mais de musique aussi, d'elle autrefois, aujourd'hui plus dans l'ombre, d'Étienne aussi. Arnaud n'en revenait pas, il était rosissant craquant comme lorsqu'il est coloré.

« Tu aurais dû me dire... »
« Quoi ? »
« Rien »

Cette fois-ci c'est à quatre voix que nos rires ont fusé.

Il nous a fallu nous séparer, ce fut dans une effusion des à vite des soyez prudents, prenez soin de vous.
De nouvelles aventures nous attendaient sur la route, et pour moi ce soir, à mon tour une rencontre peu banale.

Merci chers lecteurs pour vos messages toujours aussi chauds à nos cœurs, donc à bientôt de vous lire, à bientôt pour de nouveaux partages par mails, et pour de nouvelles aventures.

Talma

talma@laposte.net

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