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Le baiser surprise

Je me prénomme Cyprien, 26 ans. Voici le récit d'un baiser que jamais je n'oublierais.

Comme chaque samedi, je suis installé confortablement sur le canapé de mon meilleur ami Karim. Ce dernier est assis à coté de moi et nous parlons de tout et de rien tout en regardant un match du championnat de football anglais à la télé. On se connait depuis l'âge de 11 ans. On s'est rencontré par le biais du sport. Nos parents nous avaient inscrits dans le club local de Basket-ball. On a tout de suite accroché. Depuis lors, c'est 15 ans d'amitié ininterrompue. J'étais à ses cotés quand son petit frère est décédé dans un accident de moto. Il m'a soutenu quand mon père est devenu sénile et complètement imprévisible.

Karim travaille comme secouriste-ambulancier. Je suis gardien de prison. Dans nos jobs respectifs, on voit pas mal d'horreur et de malheur. Alors, pour souffler un peu on fait les idiots. Nous nous lançons des défis à la con. La plupart du temps c'est assez bon enfant et rigolo mais parfois c'est carrément hardcore genre marcher sur de la braise ou s'arracher l'ongle du gros orteil. Nous sommes le genre de jeunes mecs hétéros qui adoreraient participer à des émissions style Jackass ou Fear Factor.

Ce jour-là, on a décidé de se lancer un nouveau défi. On en a eu l'idée en zappant sur la télé et en tombant sur une scène d'un film où deux mecs s'embrassent. Je précise que je ne suis pas pédé. Karim n'est pas pédé. Et on a rien contre les homosexuels. Perso, j'ai même une cousine lesbienne avec qui je n'ai aucun problème.

Le défi c'est d'embrasser un mec avant la fin de la journée. Pour compliquer le défi, le mec doit porter des lunettes et le baiser doit avoir lieu en public. Ça à l'air super con et ça l'est en fait. Mais ça résume bien notre volonté de mettre de coté nos jobs et les merdes de la vie pendant un instant et s'amuser à être de simples débiles profonds qui ne se prennent pas au sérieux. Le gagnant du défi se verra offrir la paire de baskets de son choix par le perdant.

Karim et moi sortons et allons au centre-ville. Mais comme il pleut des cordes, il y a peu de passants et on ne rencontre personne qui correspond à la description. On se déplace alors vers un grand centre commercial du sud de la ville. Enfin, nous trouvons ce que nous cherchons. A environ trente mètres de nous, un "papy", qui a des lunettes, promène tranquillement son caddie de courses. On sprinte jusqu'à lui en se bousculant comme des gamins. Le vieux a l'air terrifié de voir deux grands gars sportifs de 26 ans se précipiter vers lui. 5 secondes après, c'est Karim qui a gagné et qui vient crasher sa bouche contre la bouche du pauvre monsieur totalement sonné. On ressort du centre commercial complètement en larmes tellement on rigole.

On prend le bus l'un assis à coté de l'autre. Il fait froid et il continue de pleuvoir dehors. Une idée saugrenue me traverse l'esprit. J'ai envie de me blottir contre Karim. Je reprends rapidement mes esprits et je regarde par la fenêtre l'orage qui semble s'intensifier.

De retour dans chez Karim, on est trempés car nous avons dû marcher sous la pluie pendant environ 300 mètres entre l'arrêt du bus et l'immeuble où se trouve l'appartement de mon pote. Karim part dans sa chambre et revient avec deux gros pull-over et deux serviettes. Il se met direct torse nu et commence à passer la serviette un peu partout, sous ses bras, derrière sa tête, sur son torse musclé et légèrement poilu. Je me rends compte que je suis en train de le mater. Qu'est-ce qui me prend? Je retire rapidement mon pull trempé et je me sèche en évitant de me tourner vers Karim. Enfin, on fini par s'installer sur le canapé et nous commençons à regarder un autre match de foot. Soudain, je demande à Karim :

-"C'était comment d'embrasser un mec?"

Il rigole d'abord. Puis, il répond sincèrement que ce n'était pas vraiment un baiser car le monsieur a gardé la bouche fermée et il avait la tête légèrement tournée vers la gauche.

-"C'était plus un bisou à 2 centimètres de la bouche qu'un vrai baiser comme celui du film."

-"Mais est-ce que ce n'était pas...dégoûtant?"

-"Non, pas forcément. Et puis au moins comme ça, je peux dire que je ne vais pas mourir idiot."

-"Et moi?"

-"Comment ça toi?"

-"Moi aussi je ne veux pas mourir idiot!"

Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. Mais me voilà sur le canapé avec mon meilleur pote près de moi et nous parlons de baisers entre hommes. Pour la première fois, je remarque à quel point Karim est beau. A quel point ses lèvres sont humides parce qu'il vient juste de prendre une gorgée de coca. A quel point son odeur si familière emplit la pièce.

-"Tu veux essayer" me répond-t-il avec un sourire presque gêné.

Je fais oui de la tête. Je préfères ne pas utiliser ma voix car je sens ma gorge complètement nouée par un mélange de nervosité et d'anticipation. Va-t-il vraiment m'embrasser? Que dois-je faire? Qu'est-ce que cela veut bien dire?

Et puis, je sens les mains puissantes de Karim envelopper mon visage. Ses yeux sont tellement proches que je peux voir ses pupilles dilatées. Son visage est tellement près du mien que je peux sentir son souffle sur mon nez. Et là, Karim dépose un baiser chaste et tendre sur mes lèvres. J'y réponds en me penchant un peu plus vers lui. C'est alors que le baiser devient plus dynamique, plus passionné. Le bout de sa langue demande la permission d'entrer. J'entrouvre mes lèvres. Le baiser devient carrément sexuel et sensuel. C'est du roulage de pelles purement et simplement. Karim m'embrasse sans retenue. Ses mains abandonnent mon visage pour se placer l'une sur mon épaule, l'autre sur ma hanche. J'ai envie de gémir, de le serrer dans mes bras, de lui dire de ne jamais s'arrêter tellement c'est bon. Mais je ne fais rien de tout cela. Je reste à ma place, immobile et je le laisse faire.

Quand Karim s'arrête, il a un regard inquiet. J'ai envie de le rassurer. De lui avouer que j'ai bien aimé. Mais moi-même je suis encore sous le choc.

-"Désolé" me lance-t-il avant de se replacer sur le canapé et de tourner son attention vers le match à la télé.

Désolé? Pourquoi? Une partie de moi comprend Karim mais l'autre partie à envie de lui sauter dessus et de le couvrir de baisers.

Je ne fais rien de la sorte. Je laisse passer les secondes puis les minutes puis les heures. Le match est terminé depuis un moment mais aucun de nous deux ne semble décidé à se lever du canapé. Rassemblant tout mon courage, je me tourne vers lui et lui avoue :

-"Tu sais, j'ai bien aimé." Puis je précise : "Le baiser je veux dire".

Il sourit. Karim est tellement charmant quand il sourit. Puis, il se penche à nouveau et m'embrasse une seconde fois. Cette fois-ci avec plus d'assurance et de fougue que la première fois. Sa main droite me tient fermement le menton tandis que sa main gauche fait des va-et-vient entre ma hanche et mon genou gauche. J'y participe moi aussi à ce baiser en laissant échapper des petits grognements en signe d'encouragement et en passant ma main sur ses biceps musclés.

Je ne sais pas ce que cela veut dire. Je ne sais pas si cela va radicalement bouleverser notre amitié. La seule chose dont je peux être sûr et certain, c'est que j'aime la sensation des lèvres de Karim contre les miennes.

FIN

NB: N'hésitez pas à m'envoyer un mail pour me dire si vous avez aimé.

Mecromantik

mecromantik@gmail.com

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