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FRISCO

Ce deuxième vol depuis mes vacances était éprouvant. J'avais pas le moral...

Les réacteurs miaulaient, ça m'a rappelé quelque chose mais quoi ? Et on a enfin atterri à San Francisco, Frisco la belle, Frisco la gay. Une nuit d'escale seulement avant de revenir à Paris CDG avec notre cargaison de pax. J'arrive à l'hôtel crevé, ras la casquette de m'envoyer en l'air dans mon boeinge.

Hôtel quatre étoiles, faut bien ça pour nous remettre de nos horaires de travail. Mais à la réception, l'embrouille commence. La rampante de la logistique de la compagnie a encore dérapé dans le planning et n'a réservé que 10 chambres pour un équipage de 12. Résultat, deux collègues stews vont se mettre ensemble, mais il reste encore à régler mon cas. On appelle le patron de l'hôtel pour gueuler mais rien n'y fait. Y a un congrés de machinchoses à Frisco ce jour-là, et l'hôtel est complet.Le patron me propose alors sa dernière carte. Y a un équipage d'American Airlines qui vient d'arriver, et il peut m'arranger le coup de partager une chambre double avec un stew d'American. J'suis trop crevé pour continuer à gueuler et j'accepte.

J'arrive dans la chambre mais mon colocataire involontaire en est déjà ressorti. Y a sa valise dans un coin, et son uniforme plié. Je commence à faire couler un bain et en attendant je vais fermer le rideau de la chambre. Mais d'abord je fais un tour d'horizon du paysage extérieur. C'est toujours magique de sentir une ville de la fenêtre d'une chambre d'hôtel, dehors ça crie, ça gueule, ça hurle, ça sirène, ça freine, ça crisse, ça siffle, mais c'est beau, c'est Frisco éternelle. Au moment où je vais refermer le rideau, mon regard est attiré par une fenêtre qui s'allume à 10 mètres de moi, sur le côté. Dans la pièce arrive un mec assez jeune, un vrai brin de brun qui porte sa valise jusqu'au lit. je reste le regard fixe, j'attends. Ce mec dégage quelque chose, c'est con de dire ça à travers une vitre, mais ça doit être son allure, sa démarche, son style, sa gueule aussi.

Je vais vite éteindre la lumière de ma chambre pour rester inaperçu, et je reprends mon poste d'observation. Le mec enlève son blouson, puis ses chaussures, disparaît un instant de mon champ de vision. Il revient torse nu. Je reste immobile. J'ai le coeur qui fait du billard, je n'ose pas croire en ce que j'espère. Bonne pioche, les doigts défont la ceinture, les boutons du futal. Il tourne le dos à la fenêtre, le pantalon descend sur les chevilles, j'ai devant moi un magnifique cul moulé dans un slip blanc, mini. Le mec se retourne, faut croire qu'il a compris mes appels muets, merci bobrun et bouge pas : j'imprime la scène. Le slip gonflé par un paquet avantageux, la queue au repos qui se barre sur la gauche, je le reluque aussi bien que si j'étais planqué dans sa chambre. Ok, je suis mateur, mateur et amateur, ça vous arrive jamais vous ? Je suis fasciné par cette intimité, par ces instants volés, par ce cadeau muet, j'ai l'impression d'avoir toujours rêvé ce mec, de l'avoir attendu ici dans l'embrasure de ette fenêtre depuis des années, je savais qu'il viendrait, qu'il se dessaperait pour moi.

Merde ! la porte ! Un bruit dans la serrure, je m'arrache du rideau, je fonce dans la salle de bains où la baignoire flirte d'ailleurs dangereusement avec l'inondation. Dans la pièce j'entends la porte se fermer, et un mec marcher. Je sors alors de la salle de bains et j'ai en face de moi mon room mate d'un soir, le stew d'American qui rejoint sa chambre. On engage la conversation, salut mec, OK il est au courant, le desk de l'hôtel l'a prévenu. Il a les yeux sympas, j'dirais même qu'il a les yeux tombants ce ptit stew, vu qu'en trente secondes j'ai bien vu que son regard s'est porté au moins trois fois sur mon caleçon, et faut dire que je commence à comprendre, parce que la petite séance à la fenêtre m'a mis en forme à cet étage... Il doit se demander si le frenchie a planqué la Tour Eiffel dans son caleçon... Plus je le regarde, et plus je baragouine mon meilleur anglais, et plus je le trouve sympa mon Mickey. Non, j'ai pas dit qu'il a de grandes oreilles, mais il s'appelle Michael et il m'a tout de suite prévenu, à l'américaine, qu'on l'appelait Mickey.

Je lui balance mes sourire fluor uniquement vendu en pharmacie, et je le mets de plus en plus à l'aise. Je m'assoies sur mon lit, face à lui, et je replie une jambe. Je repère sa réaction à ses yeux baladeurs qui commencent une partie de yo-yo. Bon, en quelques instants, mon opinion est faite, il me paraît aussi branché sur moi. Decidemment les compagnies aériennes sont des élevages de phoques, elles devraient nous enregistrer pour 30 millions d'amis. Mais pour l'instant, dans cette chambre, on n'est que deux, et on n'a pas besoin de télé pour lire dans l'écran de nos yeux. Je me lève et m'approche de son uniforme, joue avec sa casquette, il rigole à pleines dents. Je m'approche de lui, lui fait essayer ma casquette, oui je sais on a les jeux qu'on peut... Et j'effleure sa tête, ses bras, je plante mes yeux dans les siens en me taisant soudainement. You are a beautiful guy you know, je lui dis tout doucement. Il sourit, ses paupières battent la chamade, son regard timide plonge vers le bas, s'accroche une nouvelle fois à ma Tour Eiffel, il mord ses lèvres, je pose les miennes, et j'étouffe son cri de fausse surprise.

Je n'ai jamais compris ette magie, l'alchimie du premier baiser où tout se dit, où tout se fond, se confond et s'échange. Mais cette magie st universelle, à 10.000 kilomètres de ma base on utilise le même langage des sens, méthode assimil. Je le pousse fermement vers le lit, l'allonge, il retire ses chaussures d'un mouvement de talon, je fais descendre son jean le long de ses jambes. Le voilà superbe dans sa carapace fragile, quelques centimètres carrés de slip le rendent encore plus excitant. Des ultimes secondes jusqu'au point de non retour. Il roule sur le lit, je le chevauche, il me chevauche, easy riders. Il me plaque sur l'oreiller d'une main, me fait comprendre de ne plus bouger, sa bouche descend sur mon torse, sa langue excite ma peau, ses doigts s'insinuent dans l'ouverture de mon caleçon, je les sens atteindre ma queue, l'effleurer puis la serrer, et enfin l'aggripper, puis l'extraire avec difficulté de la braguette. Dans la seconde qui suit, je sens sa bouche engouffrer ma bite, sa langue chaude et sa salive envelopper le gland. Ses doigts enserrent la base de ma queue et accompagnent le mouvement de sa bouche, sa tête plonge et replonge et replonge encore.

Ma main part à la recherche de son corps, je l'attire vers moi et le force à me chevaucher pour un ninety-six californien, c'est l'équivalent d'un soixante-neuf français mais à l'envers. Comprenne qui pourra... J'ai dans les yeux sa croupe écartée, son cul superbe, ses couilles poilues et pendantes sur mes lèvres et sa queue format king size clean et dure. Je look, je relook, je reluque, je baise, j'embrasse, j'embrase, j'avale tous ces objets du culte, pendant que sa bouche et ses doigts expérimentent les techniques les plus vicieuses sur mon bas ventre offert. Je n'en peux plus, je freine ses gestes mais il ne veut plus rien comprendre. Depuis qu'on lui parle des frenchies, depuis que les nanas américaines se font des fantasmes sur le french kiss, la french touch, le french lover, il veut lui aussi connaître ces plaisirs interdits. Il veut faire jouir dans sa bouche cet égaré du ciel parachuté dans sa chambre dans la chaleur de Frisco.

Et le frenchie aime ça, et le frenchie laisse faire, et le frenchie tressaille, et le frenchie explose. Putain de sacré 'tit stew qui me propulse au seventh sky, j'arrose de ma french liquor son corps et les draps, la terre américaine et le drapeau étoilé, Barak ô bomâle et tous les gays de Frisco, de Hambourg et d'ailleurs, à qui je dédie ce baptême de l'air version navette spatiale.

Le sixty-nine s'est poursuivi. J'ai à mon tour offert à l'Amérique le meilleur de notre culture sexuelle. J'suis comme ça moi, pour les échanges linguistiques. Ciao Frisco, ciao Mickey, on se retrouvera à Eurodisney ?

Oliounid Islov

kartdriver@free.fr

Suite de l'histoire

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