PAUSE

Le garçon derrière la machine a besoin de repos, de vacances...
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Contes de fées revisités : Abel et la Bête

Il y avait une fois un vieux marchand qui était extrêmement riche. Il avait eu six enfants, trois garçons très forts et valeureux d’un premier mariage et trois autres d’un second ; et, comme ce marchand était un homme d’esprit, il n’épargna rien pour l’éducation de ses enfants, et leur donna toutes sortes de maîtres. Ses trois derniers garçons étaient très beaux, mais le dernier surtout se faisait admirer, tant par sa beauté que par sa douceur et sa docilité, si bien qu’on l’appela Abel par opposition au méchant Caïn, ce qui donna beaucoup de jalousie à ses deux autres frères. Les trois aînés n’en prirent pas ombrage, au contraire : ils bandaient toujours en le voyant.

Ce cadet, qui était plus beau que ses frères, était donc aussi bien meilleur qu’eux : il faisait tout ce qu’il pouvait pour faire du bien autour de lui. Quand le père, fatigué, lui demandait « Abel, n’aurais-tu pas pitié de ton vieux père, qui voudrait bien une petite pipe ? », il s’exécutait avec plaisir ; quand ses frères aînés, excités par leur apprentissage de l’épée, lui demandaient : « Abel, aimes-tu assez tes frères, qui ont besoin de se défouler, et te laisseras-tu enculer ? », il leur souriait, se mettait à quatre pattes et subissait volontiers leurs assauts répétés. Les deux frères d’Abel avaient beaucoup d’orgueil : ils ne demandaient rien, ils tronchaient direct leur frère en le frappant, le griffant et lui crachant dessus ; et parce qu’ils étaient riches, ils frimaient, et ne voulaient pas recevoir les visites des autres fils de marchands ; il leur fallait des gens de qualité pour leur compagnie. Ils allaient tous les jours au bal, à la comédie, à la promenade, et se moquaient de leur cadet, qui employait la plus grande partie de son temps à sucer gentiment les bites que père et frères lui tendaient. Comme on savait que ces fils étaient fort riches, plusieurs gros marchands demandèrent à les enculer maritalement. Mais les deux aînés répondirent qu’ils n’accepteraient jamais, à moins qu’ils ne trouvassent un duc, ou tout au moins un comte. Abel remercia bien honnêtement ceux qui voulaient l’enfiler officiellement, mais leur dit qu’il souhaitait tenir compagnie à son père pendant quelques années.

Tout d’un coup le marchand perdit son bien, et il ne lui resta qu’une petite maison de campagne, bien loin de la ville. Il dit en pleurant à ses enfants qu’il fallait aller demeurer dans cette maison, et qu’en travaillant comme des paysans ils y pourraient vivre. Les trois aînés dirent qu’ils troqueraient courageusement leurs épées pour des pioches et des pelles. Les deux autres fils répondirent qu’ils ne voulaient pas quitter la ville, et qu’ils avaient plusieurs amants qui seraient trop heureux de les enculer, quoiqu’ils n’eussent plus de fortune. Ils se trompaient : leurs amants, aussi superficiels qu’eux, ne voulurent plus les regarder quand ils furent pauvres. Comme personne ne les aimait à cause de leur fierté, on disait : ils ne méritent pas qu’on les baise, nous sommes bien aises de voir leur orgueil abaissé ; qu’ils aillent faire les frimeurs en gardant les cochons. Mais en même temps tout le monde disait : pour Abel nous sommes bien fâchés de son malheur ; c’est un si bon garçon ! il pompe les pauvres gens avec tant de bonté ; il est si doux, si appliqué ! Il y eut même plusieurs gentilshommes qui voulurent l’enculer, quoiqu’il n’eût pas un sou ; mais il leur dit qu’il ne pouvait pas se résoudre à abandonner son pauvre père dans son malheur, et qu’il le suivrait à la campagne pour le consoler et l’aider à dégorger.

Le pauvre Abel avait été bien affligé d’abord de perdre sa fortune ; mais il s’était dit : « quand je pleurerais beaucoup, mes larmes ne me rendront pas mon bien ; il faut tâcher d’être heureux sans fortune »

Quand ils furent arrivés à leur maison de campagne, le marchand et ses trois fils aînés s’occupèrent à labourer la terre. Abel se levait à quatre heures du matin, et se dépêchait de nettoyer la maison et d’apprêter à dîner pour la famille. Puis il réveillait les autres avec une bonne pipe. Il eut d’abord beaucoup de peine, car il n’était pas accoutumé à travailler comme un domestique ; mais au bout de deux mois il devint plus fort, et la routine lui donna une pratique parfaite. Quand il avait fait son ouvrage, il se branlait dans la journée ou sifflotait en se doigtant. Ses deux frères, au contraire, s’ennuyaient à la mort ; ils se levaient à dix heures du matin, et une fois les couilles vidées par leur cadet, se promenaient toute la journée, regrettaient leurs beaux habits et les compagnies. « Voyez notre cadet, disaient-ils entre eux, il est si stupide qu’il est content de sa malheureuse situation. » Le bon marchand ne pensait pas comme ses fils. Il savait qu’Abel était plus propre que ses frères à briller dans les compagnies. Il admirait la disponibilité de ce jeune homme, et surtout sa patience : car ses méchants frères, non contents de lui labourer le cul méchamment, l’insultaient à tout moment.

Il y avait un an que cette famille vivait dans la solitude, lorsque le marchand reçut une lettre, par laquelle on lui marquait qu’un vaisseau sur lequel il avait des marchandises venait d’arriver heureusement. Cette nouvelle fit tourner la tête à ses deux aînés du second lit, qui pensaient qu’à la fin ils pourraient quitter cette campagne, où ils s’ennuyaient tant ; et quand ils virent leur père prêt à partir, ils le prièrent de leur apporter des chausses, des bas, des chapeaux, et toutes sortes de bagatelles. Les trois plus forts demandèrent des putes. Abel ne lui demandait rien ; car il pensait que tout l’argent des marchandises ne suffirait pas pour acheter ce que ses frères souhaitaient. « Tu ne me pries pas de t’acheter quelque chose ? lui dit son père. - Puisque vous avez la bonté de penser à moi, lui dit-il, je vous prie de m’apporter une rose, car il n’en vient point ici ». Ce n’est pas qu’Abel se souciât d’une rose, mais il ne voulait pas condamner, par son exemple, la conduite de ses frères, qui auraient dit que c’était pour se distinguer qu’il ne demandait rien.

Le bon homme partit ; mais quand il fut arrivé, on lui fit un procès pour ses marchandises, et, après avoir eu beaucoup de peine, il revint aussi pauvre qu’il était auparavant. Il n’avait plus que trente milles pour arriver à sa maison, et il se réjouissait déjà du plaisir de voir ses enfants ; mais comme il fallait passer un grand bois avant de trouver sa maison, il se perdit. Il neigeait horriblement ; le vent était si grand qu’il le jeta deux fois en bas de son cheval : la nuit étant venue, il pensa qu’il mourrait de faim ou de froid, ou qu’il serait mangé des loups qu’il entendit hurler autour de lui.

Tout d’un coup, en regardant au bout d’une longue allée d’arbres, il vit une grande lumière, mais qui paraissait bien éloignée. Il marcha de ce côté-là, et vit que cette lumière sortait d’un grand palais qui était tout illuminé. Il fut bien surpris de ne trouver personne dans les cours. Son cheval, qui le suivait, voyant une grande écurie ouverte, entra dedans, et ayant trouvé du foin et de l’avoine, le pauvre animal, qui mourait de faim, se jeta dessus avec beaucoup d’avidité. Une jument était dans un box, qu’il monta dès que les forces lui furent revenues. Le marchand marcha vers la maison, où il ne trouva personne ; mais étant entré dans une grande salle, il y trouva un bon feu, et une table chargée de viande où il n’y avait qu’un couvert. Comme la pluie et la neige l’avaient mouillé jusqu’aux os, il s’approcha du feu pour se sécher, et disait en lui-même : « Le maître de la maison ou ses domestiques me pardonneront la liberté que j’ai prise, et sans doute ils viendront bientôt. » Il attendit pendant un temps considérable ; mais onze heures ayant sonné sans qu’il vit personne, il ne put résister à la faim, et prit un poulet qu’il mangea en deux bouchées et en tremblant ; il but aussi quelques coups de vin, et, devenu plus hardi, il sortit de la salle, et traversa plusieurs grands appartements, magnifiquement meublés. À la fin il trouva une chambre où il y avait un bon lit ; et comme il était minuit passé, et qu’il était las, il prit le parti de fermer la porte et de se coucher. Il sentit alors qu’on lui pompait la bite sous les draps et n’osant regarder ce prodige, il juta et s’endormit.

Il était dix heures du matin quand il se leva le lendemain, et il fut bien surpris de trouver un habit fort propre à la place du sien, qui était tout gâté. Assurément, dit-il en lui-même, ce palais appartient à quelque bonne fée qui a eu pitié de ma situation. Il regarda par la fenêtre et ne vit plus de neige, mais des berceaux de fleurs qui enchantaient la vue. Il rentra dans la grande salle où il avait soupé la veille, et vit une petite table où il y avait du chocolat. Je vous remercie, madame la Fée, dit-il tout haut, d’avoir eu la bonté de penser à mon déjeuner. Le bon homme, après avoir pris son chocolat, sentit qu’on lui sortait la queue, et une bouche gourmande lui téta le gland jusqu’à ce qu’il jouisse. Puis il sortit pour aller chercher son cheval ; et comme il passait sous un berceau de roses, il se souvint qu’Abel lui en avait demandé une, et cueillit une branche où il y en avait plusieurs.

En même temps il entendit un grand bruit, et apparut une grande bête si velue et si horrible qu’il fut tout prêt de s’évanouir. Elle se dressa sur ses deux puissants jarrets et exhiba une énorme bite de cheval. « Vous êtes bien ingrat, lui dit la bête d’une voix terrible ; je vous ai sauvé la vie en vous recevant dans mon château, et pour ma peine vous me volez mes roses, que j’aime mieux que toutes choses au monde. Il faut mourir pour réparer cette faute ; je ne vous donne qu’un quart d’heure pour me sucer le chibre, avant de vous dévorer. »

Le marchand se jeta à genoux et engouffra comme il put l’énorme gland ; puis il dit à la bête, en joignant les mains : « Monseigneur, pardonnez-moi ; je ne croyais pas vous offenser en cueillant une rose pour un de mes fils, qui m’en avait demandé. - Je ne m’appelle point monseigneur, répondit le monstre, mais la Bête. Je n’aime pas les compliments, moi ; finis de me faire gicler. » Le marchand continua et dans un feulement qui résonna dans toute la forêt, reçut en plein visage des litres de foutre chaud. « Je veux qu’on dise ce que l’on pense, reprit la Bête ; ainsi ne croyez pas m’avoir ému par votre pipe. Mais vous m’avez dit que vous aviez des fils, je veux bien vous pardonner, à condition qu’un de vos fils vienne volontairement à votre place : ne me raisonnez pas, partez ; et si vos fils refusent de mourir pour vous, jurez que vous reviendrez dans trois mois. »

Le bon homme n’avait pas dessein de sacrifier un de ses fils à ce vilain monstre d’animal, mais il pensa au moins : « J’aurai le plaisir de les revoir encore une fois ». Il jura donc de revenir, et la Bête lui dit qu’il pouvait partir quand il voudrait ; « mais, ajouta-t-elle, je ne veux pas que tu t’en ailles les mains vides. Retourne dans la chambre où tu as couché, tu y trouveras un grand coffre vide, tu peux y mettre tout ce qui te plaira, je le ferai porter chez toi. » En même temps la Bête se retira, et le bon homme dit en lui-même : « S’il faut que je meure, j’aurai la consolation de laisser du pain à mes pauvres enfants ».

Il retourna dans la chambre où il avait couché, et y ayant trouvé une grande quantité de pièces d’or, il remplit le grand coffre dont la Bête lui avait parlé, le ferma, et ayant repris son cheval, qu’il retrouva dans l’écurie, il sortit de ce palais avec une tristesse égale à la joie qu’il avait lorsqu’il y était entré. Son cheval prit de lui-même une des routes de la forêt, et en peu d’heures le bon homme arriva dans sa petite maison.

Ses enfants se rassemblèrent autour de lui, mais au lieu d’être sensible à leurs caresses, le marchand se mit à pleurer en les regardant. Il tenait à la main la branche de roses qu’il apportait à Abel, il la lui donna, et lui dit : « Prenez ces roses, elles coûteront bien cher à votre malheureux père », et tout de suite il raconta à sa famille la funeste aventure qui lui était arrivée.

À ce récit, ses deux aînés jetèrent de grands cris, et dirent des injures à Abel, qui ne pleurait point.

-       « Voyez ce que produit l’orgueil de cette petite pute, disaient-ils ; que ne demandait-il des ajustements comme nous ; mais non, monsieur voulait se distinguer ; il va causer la mort de notre père et il ne pleure même pas.

-       Cela serait fort inutile, reprit Abel ; pourquoi pleurerais-je la mort de mon père ? Il ne périra point. Puisque le monstre veut bien accepter un de ses fils, je veux me livrer à toute sa furie, et je me trouve fort heureux, puisqu’en mourant j’aurai la joie de sauver mon père et de lui prouver ma tendresse.

-       Non, mon frère, lui dirent ses trois autres aînés, vous ne mourrez pas ; nous irons trouver ce monstre, et nous périrons sous ses coups si nous ne pouvons le tuer. Nous ne nous passerons pas de ta bouche.

-       Ne l’espérez pas, mes enfants, leur dit le marchand, la puissance de cette Bête est si grande, qu’il ne me reste aucune espérance de la faire périr. Je suis charmé du bon cœur d’Abel, mais je ne veux pas l’exposer à la mort. Je suis vieux, il ne me reste que peu de temps à vivre ; ainsi je ne perdrai que quelques années de vie, que je ne regrette qu’à cause de vous, mes chers enfants.

-       Je vous assure, mon père, lui dit Abel, que vous n’irez pas à ce palais sans moi ; vous ne pouvez m’empêcher de vous suivre. J’aime mieux être violé par ce monstre, que de mourir du chagrin que me donnerait votre perte. »

On eut beau dire, Abel voulut absolument partir pour le beau palais, et ses deux frères en étaient énervés, parce que les vertus de leur cadet leur avaient inspiré beaucoup de jalousie. Le marchand était si occupé de la douleur de perdre son fils, qu’il ne pensait pas au coffre qu’il avait rempli d’or ; mais aussitôt qu’il se fut renfermé dans sa chambre pour se coucher, il fut bien étonné de le trouver à la ruelle de son lit. Il résolut de ne point dire à ses enfants qu’il était devenu si riche, parce que ses fils auraient voulu retourner à la ville, et qu’il était résolu de mourir dans cette campagne ; mais il confia ce secret à Abel, qui lui apprit qu’il était venu quelques gentilshommes pendant son absence ; qu’il y en avait deux qui aimaient ses frères. Il pria son père de les laisser se faire enculer ; car il était si bon qu’il les aimait, et leur pardonnait de tout son cœur le mal qu’ils lui avaient fait.

Ces deux méchants fils se frottaient les yeux avec un oignon pour pleurer lorsqu’Abel partit avec son père ; mais ses trois frères pleuraient tout de bon, pensant aux futures pipes perdues, aussi bien que le marchand : il n’y avait qu’Abel qui ne pleurait point, parce qu’il ne voulait pas augmenter leur douleur. Leur cheval prit la route du palais, et sur le soir ils l’aperçurent illuminé comme la première fois. Le cheval s’en fut tout seul et fringant à l’écurie, et le bon homme entra avec son fils dans la grande salle, où ils trouvèrent une table magnifiquement servie, avec deux couverts. Le marchand n’avait pas le cœur de manger, et Abel, s’efforçant de paraître tranquille, se mit à le sucer comme un bon fils et le fit gicler ; puis il disait en lui-même en se mettant à table : « La Bête veut m’engraisser avant de me dévorer ; puisqu’elle me fait si bonne chère ».

Quand ils eurent soupé, ils entendirent un grand bruit, et le marchand dit adieu à son pauvre fils en pleurant ; car il pensait que c’était la Bête. Abel ne put s’empêcher de frémir en voyant cette horrible figure, bestiale, déformée, couverte de poils ; mais il se rassura de son mieux, et le monstre lui ayant demandé si c’était de bon cœur qu’il était venu, il lui dit en tremblant qu’oui. « Vous êtes bien désirable, dit la Bête, et je suis bien excité. Bon homme, partez demain matin, et ne vous avisez jamais de revenir ici. Adieu, Abel. - Adieu, la Bête, répondit-il » ; et tout de suite le monstre se retira.

« Ah ! mon fils, dit le marchand en l’embrassant, je suis à demi-mort de frayeur : croyez-moi, laissez-moi ici. - Non, mon père, lui dit Abel avec fermeté : vous partirez demain matin, et vous m’abandonnerez au secours du ciel ; peut-être aura-t-il pitié de moi ».

Ils furent se coucher, et Abel donna généreusement son cul à la bite du père pour le consoler. Pendant son sommeil, Abel vit une dame qui lui dit : « Je suis contente de votre bon cœur : la bonne action que vous faites en donnant votre cul et votre vie pour sauver celle de votre père ne demeurera point sans récompense ». Abel, en s’éveillant, raconta ce songe à son père ; et quoiqu’il le consolât un peu, cela ne l’empêcha pas de lui redemander une pipe de réconfort. Et quand il fallut se séparer de son cher fils, il jeta de grands cris.

Lorsqu’il fut parti, Abel s’assit dans la grande salle, et se mit à pleurer aussi, mais comme il avait beaucoup de courage, il se recommanda à Dieu, et résolut de ne se point chagriner pour le peu de temps qu’il avait à vivre, car il croyait fermement que la Bête le mangerait le soir, après l’avoir défoncé tant qu’il voudrait. Il résolut de se promener en attendant, et de visiter ce beau château : il ne pouvait s’empêcher d’en admirer la beauté. Mais il fut bien surpris de trouver une porte sur laquelle il y avait écrit : APPARTEMENT D’ABEL. Il ouvrit cette porte avec précipitation, et fut ébloui de la magnificence qui y régnait ; mais ce qui frappa le plus sa vue fut un cabinet rempli de godes. « On ne veut pas que je m’ennuie, dit-il tout bas ; si je n’avais qu’un jour à demeurer ici, on ne m’aurait pas fait une telle provision ». Cette pensée ranima son courage. Il vit ensuite un petit panneau : SOUHAITEZ, COMMANDEZ.

« Hélas ! dit-il, en soupirant, je ne souhaite rien que de voir mon pauvre père, et de savoir ce qu’il fait à présent » : il avait dit cela en lui-même. Quelle fut sa surprise, en jetant les yeux sur un grand miroir, d’y voir sa maison, où son père arrivait avec un visage extrêmement triste. Ses trois frères venaient au-devant de lui, et malgré les grimaces qu’ils faisaient pour paraître affligés, la joie qu’ils avaient de la perte de leur frère paraissait sur leur visage des deux autres. Un moment après tout cela disparut, et Abel ne put s’empêcher de penser que la Bête était bien complaisante, qu’il n’avait rien à craindre d’elle. À midi il trouva la table mise et pendant son dîner il entendit un excellent porno, quoiqu’il ne vît personne. Il se branla plusieurs fois et mangea avec appétit.

Le soir, comme il allait se mettre à table, il entendit le bruit que faisait la Bête, et ne put s’empêcher de frémir. « Abel, lui dit ce monstre, voulez-vous bien que je vous bouffe le cul pendant votre souper ? Vous êtes le maître, répondit Abel en tremblant. » Il présenta son cul, et la Bête y tourna et retourna sa longue et épaisse langue de chien, avec tant d’adresse et d’impétuosité qu’Abel jouit du cul violemment. Puis ils se rassirent.

-       « Dites-moi, n’est-ce pas que vous me trouvez bien laid ?

-       Cela est vrai, dit Abel, car je ne sais pas mentir ; mais je crois que vous êtes fort bon baiseur.

-       Vous avez raison, dit le monstre ; mais outre que je suis laid, je n’ai point d’esprit : je sais bien que je ne suis qu’une bête.

-       On n’est pas bête, reprit Abel, quand on croit n’avoir point d’esprit : un sot n’a jamais su cela.

-       Mangez donc, Abel, lui dit le monstre, et après je vous la mettrai au cul. »

La dernière bouchée avalée, Abel vit l’énorme bite poilue, grosse, veineuse et coulante de mouille ; il craignit pour son cul, et effectivement crut défaillir en la sentant le perforer. Mais la Bête sut si bien y faire, et le ramona avec une telle science, qu’Abel jouit trois fois sur la table, avant que la Bête sortant de son cul labouré et ruisselant, ne lui foute dans la bouche et ne l’abreuve de litres de foutre chaud, dans un vacarme terrible. Epuisé, Abel se rassit avec fort mal au cul, et la Bête, tranquille, lui fit face.

-       « Tâchez de ne vous point ennuyer dans votre maison ; car tout ceci est à vous ; et j’aurais du chagrin si vous n’étiez pas content.

-       Vous avez bien de l’endurance, lui dit Abel ; je vous avoue que je suis bien content de votre bite ; quand j’y pense, vous ne me paraissez plus si laid.

-       Oh ! que oui, répondit la Bête, j’ai une bonne bite, mais je suis un monstre.

-       Il y a bien des hommes qui sont plus monstres que vous, dit Abel, et je vous aime mieux avec votre figure que ceux qui, avec la figure d’hommes, cachent un cœur faux, corrompu, ingrat et baisent comme des puceaux.

-       Si j’avais de l’esprit, reprit la Bête, je vous ferais un grand compliment pour vous remercier ; mais je suis un stupide, et tout ce que je puis vous dire, c’est que je vous suis bien obligé ».

Abel n’avait presque plus peur du monstre ; mais il manqua mourir de frayeur, lorsqu’il lui dit : « Abel, voulez-vous être mon mari ? » Il fut quelque temps sans répondre : il avait peur de provoquer la colère du monstre en le refusant ; il lui dit pourtant en tremblant : « Non, la Bête ». Dans ce moment ce pauvre monstre voulut soupirer, et il fit un sifflement si épouvantable, que tout le palais en retentit ; mais Abel fut bientôt rassuré, car la Bête lui ayant dit tristement, « adieu donc, Abel », elle sortit de la chambre en se retournant de temps en temps pour le regarder encore. Abel, se voyant seul, sentit une grande compassion pour cette pauvre Bête. « Hélas ! disait-il, c’est bien dommage qu’il soit si laid : il ramone si bien ! »

Il passa trois mois dans ce palais avec assez de tranquillité. Tous les soirs la Bête lui rendait visite, lui pilonnait la rondelle pendant le souper et chaque fois Abel en chialait presque de bonheur et découvrait de nouveaux talents dans ce monstre. L’habitude de le voir l’avait accoutumé à sa laideur ; loin de craindre le moment de sa visite, il regardait à sa montre pour voir s’il était bientôt neuf heures, car la Bête ne manquait jamais de venir à cette heure-là. Il n’y avait qu’une chose qui faisait de la peine à Abel, c’est que le monstre, après s’être copieusement vidé les burnes, lui demandait toujours s’il voulait être son mari, et paraissait submergé de douleur lorsqu’il lui disait que non.

Il dit un jour :

-       « Vous me chagrinez, la Bête ; je voudrais pouvoir vous épouser, mais je suis trop sincère pour vous faire croire que cela arrivera jamais. Je serai toujours votre coup du soir ; tâchez de vous contenter de cela.

-       Il le faut bien, reprit la Bête ; je me rends justice, je sais que je suis bien horrible, mais je vous aime beaucoup ; cependant je suis trop heureux de ce que vous voulez bien rester ici vous faire démonter ; promettez-moi que vous ne me quitterez jamais ».

Abel rougit à ces paroles ; il avait vu dans son miroir que son père était malade de chagrin de l’avoir perdu, regrettant à mourir sa bouche experte sur son gland, et le brave fils souhaitait de le revoir.

-       « Je pourrais bien vous promettre, dit-il à la Bête, de ne vous jamais quitter tout à fait ; mais j’ai tant d’envie de revoir mon père, que je mourrai de douleur si vous me refusez ce plaisir.

-       J’aime mieux mourir moi-même, dit ce monstre, que de vous donner du chagrin. Je vous enverrai chez votre père, vous y resterez, et votre pauvre Bête en mourra de douleur.

-       Non, lui dit Abel en pleurant, j’aime trop votre bite pour vouloir causer votre mort ; je vous promets de revenir dans huit jours. Vous m’avez fait voir que mes deux frères sont mariés, et que mes trois autres sont partis pour l’armée. Mon père est tout seul, souffrez que je reste chez lui une semaine.

-       Vous y serez demain au matin, dit la Bête, mais souvenez-vous de votre promesse. Vous n’aurez qu’à mettre le gode d’or dans votre fion en vous couchant, quand vous voudrez revenir. Adieu, Abel. »

La Bête soupira selon sa coutume en disant ces mots, et Abel se coucha tout triste de la voir affligée.

Quand il se réveilla le matin, il se trouva dans la maison de son père, et ayant sonné une clochette qui était à côté de son lit, il vit venir la servante qui fit un grand cri en le voyant. Le bon homme accourut à ce cri, et manqua mourir de joie en revoyant son cher fils ; il banda aussitôt et se fit pomper le dard avec allégresse, se purgea bien les couilles, et ils se tinrent emboîtés plus d’un quart d’heure. Abel, la bouche encore juteuse, pensa qu’il n’avait point d’habits pour se lever ; mais la servante lui dit, qu’elle venait de trouver dans la chambre voisine un grand coffre plein d’étoffes toutes d’or, garnies de diamants. Abel remercia la bonne Bête de ses attentions ; il prit le moins riche de ces habits, et dit à la servante de serrer les autres, dont il voulait faire présent à ses frères ; mais à peine eut-il prononcé ces paroles, que le coffre disparut. Son père lui dit que la Bête voulait qu’il gardât tout cela pour lui, et aussitôt les habits et le coffre revinrent à la même place.

Abel s’habilla, et pendant ce temps on fut avertir ses frères qui accoururent avec leurs maris. Ils étaient tous deux fort malheureux : l’aîné avait épousé un gentilhomme, beau comme l’Amour ; mais il était si amoureux de sa propre figure qu’il n’était occupé que de cela depuis le matin jusqu’au soir, se doigtait et se branlait devant la glace, et méprisait la beauté de son mari. Le second avait épousé un homme qui avait beaucoup d’esprit ; mais il ne s’en servait que pour des scénars compliqués et des préliminaires interminables, et son mari s’impatientait tout le premier. Les frères d’Abel manquèrent de mourir de douleur quand ils le virent habillé comme un prince, et plus beau que le jour. Il eut beau les sucer, leur lécher le fion, les éponger, rien ne put étouffer leur jalousie, qui augmenta beaucoup quand il leur eut conté combien il était heureux niveau cul. Ces deux jaloux descendirent dans le jardin pour y gronder tout à leur aise, et ils se disaient :

-       « Pourquoi cette petite pute est-elle plus heureuse que nous ? Ne sommes-nous pas plus aimables que lui ?

-       Mon frère, dit l’aîné, il me vient une pensée, tâchons de l’arrêter ici plus de huit jours ; sa sotte Bête se mettra en colère de ce qu’il lui aura manqué de parole, et peut-être il le dévorera.

-       Vous avez raison, mon frère, répondit l’autre ; pour cela il lui faut faire de grandes caresses. »

Ayant pris cette résolution, ils remontèrent, et baisèrent avec tant de tendresse leur frère, qu’Abel en pleura de joie. Quand les huit jours furent passés, les deux frères se vidèrent si généreusement les couilles, et firent tant les affligés de son départ, qu’il promit de rester encore huit jours.

Cependant Abel se reprochait le chagrin qu’il allait donner à sa pauvre Bête, qu’il aimait de tout son cœur et par tout son cul ; et il s’ennuyait de ne plus la sentir dans son fion. La dixième nuit qu’il passa chez son père, il rêva qu’il était dans le jardin du palais, et qu’il voyait la Bête couchée sur l’herbe et prête à mourir, qui lui reprochait son ingratitude. Abel se réveilla en sursaut, et versa des larmes. « Ne suis-je pas bien méchant, disait-il, de donner du chagrin à une Bête qui a pour moi tant d’énergie et de foutre ? Est-ce sa faute si elle est si laide et si elle a peu d’esprit ? elle baise bien, cela vaut mieux que tout le reste. Pourquoi n’ai-je pas voulu l’épouser ? je serais plus heureux avec elle que mes frères avec leurs maris. Ce n’est ni la beauté ni l’intelligence d’un mari qui rendent un homme content, c’est la bonté du caractère, la solidité d’une bite, la générosité des couilles, et la Bête a toutes ces bonnes qualités ; je n’ai point d’amour pour elle, mais j’ai de l’estime, de l’amitié, et le cul bien ouvert rien qu’à sa pensée. Allons, il ne faut pas la rendre malheureuse ; je me reprocherais toute ma vie mon ingratitude ». À ces mots Abel se lève, se fourre le gode dans le cul, et revient se coucher.

À peine fut-il dans son lit, qu’il s’endormit, et quand il se réveilla le matin, il vit avec joie qu’il était dans le palais de la Bête. Il s’habilla magnifiquement pour lui plaire, et s’ennuya à mourir toute la journée, en attendant neuf heures du soir ; il se combla les orifices en essayant tous les godes du cabinet ; mais l’horloge eut beau sonner, la Bête ne parut point. Abel alors craignit d’avoir causé sa mort ; il courut tout le palais en jetant de grands cris : il était au désespoir.

Après avoir cherché partout, il se souvint de son rêve, et courut dans le jardin vers le canal, où il l’avait vue en dormant. Il trouva la pauvre Bête étendue sans connaissance, et il crut qu’elle était morte. Il se jeta sur son corps, sans avoir horreur de sa figure ; et sentant que son cœur battait encore, il lui lécha ses grosses couilles velues, fit bander le chibre énorme, qu’il suça avec amour. La Bête ouvrit les yeux, et dit à Abel :

-       « Vous avez oublié votre promesse ; le chagrin de vous avoir perdu m’a fait résoudre à me laisser mourir d’abstinence ; mais je meurs content, puisque j’ai le plaisir de vous sentir sur ma bite encore une fois.

-       Non, ma chère Bête, vous ne mourrez point, lui dit Abel, vous vivrez pour devenir mon époux ; dès ce moment je vous donne mon cul et ensuite ma main, et je jure que je ne serai qu’à vous. Hélas ! je croyais n’avoir que du désir pour votre bite, mais la peine que je sens me fait voir que je ne pourrais vivre sans vous ».

À peine Abel eut-il prononcé ces paroles que la Bête le retourna dans l’herbe et lui releva le cul ; il le mit à l’air et le harponna sans relâche des heures durant, faisant couiner et jouir à répétition son bel amant, et déchargeant litre sur litre dans son fion, explosé par sa bite ravageuse. Quand il sortait son pieu pour laisser s’écouler les flots de foutre, Abel se tournait pour lui gober le gland avec des lèvres affamées.

-       « Oh oui, laisse-moi te nettoyer, priait Abel.

-       Goûte à ton cul, salope, je te l’ai bien douché de jus !

-       Vas-y, détruis-moi la gorge et puis encore le cul, mon beau mâle ! gémissait Abel, en se couchant et relevant les cuisses.

-       Je vais tellement te viander la rondelle que tu pourras plus marcher, ptite pute ! ; reprends donc un bon coup de poutre ! tiens ! »

Et Abel se fit déboîter encore des heures et la Bête lui fit la misère en grognant et le traitant de tous les noms. En tournant la tête, secoué par les coups de reins monstrueux, il vit le château brillant de lumière : les feux d’artifices, la musique, tout lui annonçait une fête ; mais toutes ces beautés n’arrêtèrent point sa vue, il se retourna vers sa chère Bête dont le piston le faisait gueuler. Quelle fut sa surprise ! la Bête avait disparu, et il ne vit plus qu’un prince plus beau que l’Amour, en train de le besogner sans cesse ; les poils s’estompaient, le corps devenait celui du plus athlétique des princes. « Tu m’as libéré du sort, salope, je vais te donner tout le jus de mes couilles ! » Il décula et s’agenouilla sur le torse d’Abel qui ouvrit la bouche et se prit plein la face un flot de sperme crémeux et odorant. Le prince le remercia en se finissant dans sa bouche puis se faisant nettoyer la queue. Quoique cette bite extraordinaire méritât toute son attention, Abel ne put s’empêcher de demander où était la Bête. « C’est moi la Bête, lui dit le prince ; une méchante fée m’avait condamné à rester sous cette figure jusqu’à ce qu’un beau garçon consentit à m’épouser en m’appelant « mon beau mâle », et elle m’avait défendu de faire paraître mon esprit. Ainsi il n’y avait que vous dans le monde aimant assez la bite pour vous laisser troncher puis être touché par la bonté de mon caractère ; je vous offre ma couronne. » Sur ce il se tourna et présenta son cul, et Abel, agréablement surpris, lui dégusta la rondelle avec une gourmandise telle qu’il ne sentit pas la fatigue au bout d’une heure à tourner sa langue dans ce fion admirable et humainement poilu.

Ils allèrent ensemble au château, pour baiser encore jusqu’au soir, et le prince avait gardé tous les talents et toute l’endurance de la Bête, et niquait toujours plus bestialement Abel, qui se sentait plus soumis que jamais à pareil étalon. Le prince était si ravi d’avoir retrouvé son corps qu’il se laissa lécher des orteils aux lobes d’oreilles par la langue avide d’Abel, toujours reconnaissant des coups de queue si juteux qu’il prenait depuis des heures. Et au souper, Abel manqua mourir de joie en trouvant, dans la grande salle, son père et tous ses frères, que la belle dame, qui lui était apparue en songe, avait transportée au château. « Abel, lui dit cette dame, qui était une grande fée, venez recevoir la récompense de votre bon choix : vous méritez de trouver toutes les qualités réunies en une même personne. Vous allez devenir un grand roi ; pour vous, messieurs, dit la fée aux deux frères, je connais votre cœur, et toute la malice qu’il renferme ; devenez deux pompes à foutre statufiés, mais au cul et à la bouche intacts, et conservez toute votre raison sous la pierre qui vous enveloppera. Vous demeurerez à la porte du palais de votre frère, et je ne vous impose point d’autre peine que d’être témoins de son bonheur, pendant que les gueux du village viendront se soulager les burnes à longueur de journée dans vos trous de petits merdeux. Vous ne pourrez revenir dans votre premier état qu’au moment où vous reconnaîtrez vos fautes : mais j’ai bien peur que vous ne restiez toujours statues. On se corrige de bien des défauts ; mais c’est une espèce de miracle que la conversion d’un cœur méchant et envieux. » Au père, elle garantit des pipes à foison et le renvoya chez lui. Quant aux trois frères du premier lit, elle leur permit de passer une dernière nuit avec Abel, si le prince le permettait, avant de leur donner de jolis maris attentifs à leur bien-être. «  Je peux bien leur accorder une nuit, dit le prince, et même je vais me joindre à eux pour le baiser sévère et donner à ses frangins quelques secrets pour soumettre à leurs moindres désirs leurs futurs époux ; monte te vider le cul et te mettre en position, salope ! ».

Abel obéit aussitôt, se vida le cul des flots de sperme qui y restaient, pour remettre les compteurs à zéro et se mit en levrette sur le lit. Le prince regarda d’abord les trois frères le baiser à tour de rôle et puis ensemble, en observant leur manière de faire, la bite raide qu’il se branlait. Puis il prit Abel en main, et le défonça si fort, si longtemps et si bien, que les frères ouvraient de grands yeux étonnés et rebandés à exploser. Le prince alors leur dit de le rejoindre pour le baiser à quatre, et Abel ne cessa plus de gueuler comme une truie, ravagé à deux bites ensemble dans chaque trou. Au matin, ils remercièrent le Prince pour cette formation d’exception, et la Fée les envoya auprès de leurs futurs époux, déjà occupés à déguster la bite de leur père, comblé de bonheur par ces trois langues.

A ce moment, la fée se doigta la chatte en proférant d’obscures formules magiques, ce qui transporta le couple dans le royaume du prince. Ses sujets le virent avec joie ; et il y épousa Abel, qui vécut avec lui fort longtemps et dans un bonheur de foutre parfait, car la fée avait allongé leur vie d’autant de jours qu’ils auraient d’orgasmes.

mike

cherchebiberon64@hotmail.fr

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