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HISTOIRE

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Premier épisode

Mon âme au diable

Chapitre -02
Par où commencer mes recherches ?

Comme n’importe quel mortel des temps modernes j’interroge Google et tombe sur des tas de choses, notamment sur l’origine des démons, les formes qu’ils prennent, de nombreuses histoires allant de la simple rencontre à la possession, et caetera. Je ne trouve cependant rien qui me semble vraiment très fiable, l’essentiel des données concordant à peu près sur l’être qui a partagé ma nuit : je suis tombé dans les bras d’un succube. Ou pas, car le succube n’emporte pas l’âme de celui qu’il a séduit. Ce n’est pas non plus un dévoreur d’âme ou un buveur de sang. Mais je ne crois pas non plus que ce soit un simple démon qui réalise un vœu comme contrat contre une âme. Je passe des heures à lire des tas de sites tout aussi pertinents que Wikipédia. Alors que je commence à désespérer, je trouve également comme quoi une librairie de livres anciens peu communs est présente à Paris, avec des livres sur ce sujet. Le nom me paraît prometteur : c’est la Librairie du Feu Follet. Quoi de mieux pour trouver des ouvrages intéressants. En plus ce n’est pas très loin d’où mon ami vit, ce qui est bien je vais donc pouvoir le revoir. En même temps je vais aussi pouvoir lui apporter les affaires que je veux garder (pas grand-chose finalement).

Dès que je suis chez lui, il me prend dans ses bras et me fait tournoyer. Vu son physique il y arrive facilement. Je me suis toujours demandé comment on pouvait être en même temps si petit et en même temps épais physiquement.
– Reposes moi, j’ai le tournis !
– Mais quel ronchon ! À peine arrivé et déjà tu te plains alors que tu m’as demandé de te rendre service, dit-il en soupirant et en baissant les bras.
– C’est le temps gris, j’ai la même humeur. Puis fais pas semblant je vois ton sourire. Sinon on met où les affaires que je garde ? Elles sont dans la voiture. Le reste qui est chez moi est trié ; à jeter si c’est à la cave, le reste à vendre dans l’appart. Sers-toi dans ce qui te plait.
– Pourquoi pas, j’ai toujours voulu récupérer ton buffet ! 3000 € ça te va ?
– Hors de question que tu me payes quoi que ce soit tu me fais déjà gagner du temps !
– Boh, ça va m’occuper maintenant que je suis célibataire... chut tais-toi je suis bien mieux sans lui. Allons chercher tes affaires et fais ce que tu es venu faire à Paris.

Il est comme ça mon meilleur ami, toujours à voir le côté positif même si ça va moyen, et toujours disponible pour ses amis. Ajoutez à ça un grand sourire et une générosité incroyable… on se ressemble sur ce point même si physiquement c’est mon opposé. Je suis certes plus grand que lui, mais un brun blanc de peau et maigrichon alors que lui est presque ce stéréotype du surfeur blond toujours impeccable, musclé à souhait. Je sais ce que vous vous dites : on est deux amis qui s’entendent super bien, qui avons toujours rigolé ensemble, j’ai été attiré par un beau diable canon et musclé, on partage donc plus que de l’amitié. Et bien vous avez tout faux. On n’a pas du tout le même goût chez les mecs et surtout au niveau du lit. Lui est versa et très câlin tandis que je suis passif et un peu soumis… ça ne peut pas coller. Surtout que j’ai mon beau grand diable.

Bref, une heure plus tard je suis devant la devanture bleu nuit de la librairie, dans le quartier de Port-Royal. Je ne suis pas habitué à cette grande ville et j’ai failli me perdre, heureusement la technologie est là pour rattraper ce que l’humain ne sait plus faire seul. Je n’imaginais pas une librairie de livres anciens comme ça, même si la façade est sombre elle est assez moderne et l’intérieur est en bois clair, de même que la porte. Je rentre pour me retrouver dans une pièce aérée, loin de l’idée que je me faisais d’un endroit plein de grimoires. D’ailleurs il n’y en a pas, il y a certes des livres anciens, mais tout est normal. L’homme derrière le comptoir est aussi on ne peut plus normal et ne me renseigne pas beaucoup. J’ai l’impression qu’il est gêné, il me regarde comme si j’étais fou. C’est vrai que des passionnés de sujets de «magie noire» et autres sciences occultes avec la conviction que tout est vrai, ça a de quoi paraître dingue ou effrayant. Je sens qu’il veut se débarrasser de moi, c’est pourquoi il me conseille d’aller voir à l’abbaye de Saint Germain des Prés, la plus vieille église de Paris, où un prêtre exorciste est actuellement en séjour. Je ne reste pas plus longtemps dans la boutique puisque je le mets mal à l’aise et qu’il ne m’a rien apporté.

Une demi-heure plus tard – et un mauvais sens de métro – je suis devant l’imposant édifice qui présente différents types de construction, et rapidement je suis en présence dudit prêtre. Je me dis d’abord que j’ai de la chance puisque je l’ai croisé alors qu’il allait rentrer par la porte principale, il m’a demandé de lui dire rapidement ce que je lui voulais, je lui faisais perdre du temps alors qu’il devait, en tant que prêtre invité, aller parler pour la messe du jour. Une fois devant lui à sa hauteur, je le détaille légèrement avant de baisser les yeux. Le visage sévère, les yeux noirs comme la robe qui constitue son vêtement, c’est à mon tour de ne pas être à l’aise. Je me sens jugé alors que je n’ai rien dit, comme s’il connaissait mes attirances. Ce qui me vaut un regard comme si j’étais le diable en personne alors que je n’ai même pas raconté mon histoire. Je pense que je vais éviter de lui narrer ce qui m’est arrivé… je m’excuse de l’avoir interrompu et rentre dans le bâtiment après lui pour m’installer sur une chaise au dernier rang et j’écoute son sermon de manière beaucoup moins attentive que les autres personnes présentes dans l’église. Mais pourquoi je suis rentré à sa suite ? Il doit parler depuis quinze minutes que déjà cela me semble faire des heures. Ma tête oscille de droite à gauche alors que j’essaie de lutter contre l’endormissement, empêché par le mal de tête venu à cause de la forte odeur d’encens. Un bruit cristallin attire mon attention alors que la voix du père me semble lointaine. Le monde me semble flou quelques instants le temps que mes yeux se réadaptent à la semi-pénombre due au mauvais temps. Alors que mon regard se porte vers la gauche entre les piliers, il me semble voir quelqu’un qui me fait signe par l’ouverture d’une petite porte qui doit donner sur la partie interdite aux visiteurs de l’abbaye. Oui il y a bien quelqu’un, et quand je lui pose silencieusement la question si c’est bien moi qu’il appelle en me montrant du doigt, ses gestes s’amplifient pour approuver et il ouvre la porte un peu plus. Je profite que tout le monde se lève pour me faufiler et suis cet étrange personnage un peu voûté le long des couloirs de pierres. Il est constamment à une vingtaine de mètres de moi, habillé d’une sorte de robe de bure en tissu grossier, marron et usée, une corde à la taille et le capuchon sur sa tête. J’ai presque l’impression de voir sa silhouette trembler, mais je pense que mes yeux me jouent des tours à cause du manque de luminosité. Rapidement je descends des marches à sa suite et la lumière diminue de plus en plus. Après une dernière porte, c’est dans la crypte que j’ai atterri.

– Merci de m’avoir suivi grand seigneur, me dit-il d’une voix âgée, un murmure presque, sorti d’un autre temps et d’un autre monde.
– Euh bah, de rien, en quoi je peux vous aider ? Pourquoi on est venu ici il fait froid !
Je frissonne.
– Ma présence est plus forte ici et vous auriez eu l’air étrange à parler seul. Du moins c’est ce que les gens de votre temps auraient cru.
– Pardon ?
– Les autres gens ne voient plus la magie seigneur Jean.
– Comment est-ce que vous savez mon nom ?
– Je ne sais pas comment vous expliquer. Il y a une marque sur vous, vous en avez croisé un, et un puissant. Oh pardon je manque à tous les usages de savoir-vivre, je ne me suis pas présenté : Frère Jacques.
– Mais de quoi vous parlez ? Je ne comprends rien. Et pourquoi vous parlez bizarrement ?
– J’ai quel âge selon vous ?
– Euuuuh – je le regarde attentivement, ses yeux creux, le visage émacié, une barbe blanche – au moins 80 ans ?
– Je suis venu au monde en l’an de grâce 830. J’ai servi ici aux cloches jusque l’incendie qui a détruit une partie du lieu en l’an 869. En ce temps-là on croyait à la magie et au Malin. Sombre époque… les forts s’en prenaient aux faibles et de nombreuses créatures foulaient librement la terre. C’en est un qui a lancé le feu, un démon. Hélas m’étant endormi… je ne sais qui il était quand il m’est apparu, certains sont bien plus anciens que les religions récentes. Il m’a dit que tant que ma chanson vivrait, je resterais là, entre les deux mondes.
– Vous êtes un fantôme ?
– Je ne sais pas trop, je n’ai jamais étudié tout ça. Même si j’ai encore prise sur le monde, je ne peux quitter l’enceinte de ce lieu. Tenez, prenez ça, vous pourrez accéder à la bibliothèque du Vatican, vous pourrez peut-être trouver des informations pour vous aider dans votre quête. Et si par grande fortune vous pouviez me libérer…
– Merci beaucoup ! Je ferai mon possible pour vous.

Cette conversation irréelle s’arrête soudainement alors que le fantôme m’ouvre un passage secret permettant de sortir dans le parc à côté de la bâtisse – vide et sombre, le temps s’est écoulé incroyablement rapidement – je soupire. Il faut maintenant que je parte pour l’Italie. Mais je me sens épuisé, je vais d’abord rentrer dormir. Alors que les réverbères s’allument, j’entends une voix d’enfant par une fenêtre :
– Frère Jacques, frère Jacques, dormez-vous ? Dormez-vous ? Sonnez les matines, sonnez les matines, ding ding dong.
C’est sur que si je ne l’aide pas, il en a encore pour mille ans de plus !

Le lendemain en me réveillant, j’ai encore une fois l’impression d’avoir rêvé. Les évènements de la veille me revenant en mémoire avant que je sois rentré pour dormir sur le canapé de mon ami me font me lever et chercher dans les poches de mon manteau. Il y a bien ce bout de parchemin et le médaillon donnés par frère Jacques. Je sursaute quand une main se pose sur mon épaule, j’ai le nez au niveau du nombril de mon ami vêtu d’un simple jogging. Je louche presque sur ses abdos – pas aussi parfait que mon divin partenaire – avant de lever les yeux sur lui.
– Bonjour Jean, j’espère que tu as bien dormi, tu es rentré tard.
– Ouais je me suis encore perdu et j’ai fait un bout du chemin à pied.
– Ahah, mais quand est-ce que tu sauras te diriger ? J’imagine que tu as oublié de manger donc tu meurs de faim.
Mon ventre qui gargouille lui donne immédiatement raison. Il soupire avant de me prendre sous le bras pour me conduire dans sa petite cuisine.
– Comment veux-tu être bien dans ton corps si tu ne manges même pas comme il faut ?
– Tu sais très bien que je ne cuisine pas aussi bien que toi, maugréais-je
– Tut Tut Tut, ce n’est pas une excuse. Je t’ai proposé de t’apprendre tu as refusé.
– Tu es un ami merveilleux et ne pas apprendre à cuisiner me donne une excuse pour venir manger tes délicieux plats.
– J’apprécie la flatterie, tu t’en sors pour cette fois-ci. Maintenant, mange, me dit-il en posant une énorme assiette avec des céréales, des noix et de la banane.

J’avais oublié qu’il s’était mis à manger un petit déjeuner spécial pour le sport ! Alors que je chipote, ayant peur de goûter ça, lui dévore sa part et me demande ce que je vais faire maintenant.
– Bah je ne sais pas si tu as vu, mais ce que j’avais dans les mains ça doit me permettre d’aller en Italie.
– Ce vieux médaillon rouillé ? Mouais. Et tu y vas comment ?
– En avion serait mieux, je n’ai pas encore eu mon chèque sur mon compte donc…
– Tiens le mec avec qui Antoine m’a trompé est italien, à ce que j’ai compris il devait repartir aujourd’hui. Lui s’est excusé, car il ne savait pas qu’il avait affaire à un mec en couple. Je vais lui demander de te payer le voyage.

Impossible de protester, je me retrouve 4 h plus tard dans un avion en direction de Rome avec le dénommé Emilio qui me fait probablement le même cinéma d’excuse qu’à mon ami et m’assure qu’il est à mon service. Je ne l’écoute pas je décide de dormir, j’ai insisté pour revenir en France dans trois jours, il ne va pas falloir traîner dans ma recherche.
Moins de deux heures plus tard j’ouvre les yeux, mon voisin n’est pas là. Il arrive quelques minutes après un steward qui lui fait un clin d’œil. Il me jette un regard mi-désolé mi-amusé alors que l’avion entame la descente avant l’atterrissage.
– Tu veux aller où déjà ?
– Au Vatican.
– Je t’accompagne.
– Pas la peine.
– J’insiste, ton ami m’a fait jurer de veiller sur toi jusqu’à ce que tu repartes et il m’a dit de te dire qu’il était inutile de protester.

Et voilà, j’ai un garde du corps pendant trois jours. Il va m’entendre quand je vais rentrer... Bon OK l’avantage est d’avoir un chauffeur privé et un superbe hôtel où j’ai posé mon maigre sac. J’ai enclenché un minuteur dès le moment où je suis descendu de l’avion, plus que soixante-trois heures avant mon retour, le temps passe toujours tellement vite ! Je stresse et ce n’est pas Emilio qui m’aide à éviter ça à vouloir me faire visiter. Je le brife rapidement sur le but de ma venue, inutile de détailler. Il paraît déjà dubitatif sur ma possibilité d’entrer dans le fameux endroit interdit aux simples gens, mais se propose de m’aider dans mes recherches. J’accepte pour ne pas subir le même cas que tout à l’heure et vu son sourire ce n’était pas vraiment une question. J’ignore une fois de plus le trajet et les immeubles jusqu’à être dans l’endroit où je vais pouvoir accéder aux informations me permettant de trouver mon chéri.

Je regarde un peu autour de moi. Nous sommes dans une vaste salle circulaire principalement en pierre blanche comme on le voit sur les bâtiments au-dehors, un grand tapis étouffe le son de nos pas et des tentures aux murs complètent le décor. Très peu de monde passe dans cette zone qui «accueille» les visiteurs que je suppose rares vu l’air surpris de l’homme face à nous. Lorsque Emilio lui dit en italien l’objet de notre venue, je vois son expression qui exprime le refus. Mon garde du corps se tourne vers moi – le terme lui convient parfaitement vu sa carrure, il est au moins aussi épais que mon ami et a une tête de plus que moi – confirme l’impression que j’ai eue : on refuse de nous laisser accéder aux archives secrètes. Je sors avec peu d’espoirs les deux objets qu’on m’a donnés, qui me semblent miteux sous la blanche lumière. Le regard de l’homme qui nous empêche de trouver des informations me paraît moqueur, lui aussi se demande pourquoi je sors deux bibelots de ma poche. Il prend quand même le temps de regarder mes babioles et se fige d’un coup. Il saisit son téléphone et se met à parler à toute vitesse à un interlocuteur invisible. Qui se révèle quelques instants plus tard être un cardinal je suppose d’après la couleur de sa robe. Évidemment il parle en italien et c’est mon garde du corps qui me traduit. Je suis donc en possession du sceau des bibliothécaires et d’une relique des templiers. Qui eût cru qu’un petit parchemin tout défraîchi pouvait être si important ?

Toujours est-il que sur la demande pressante d’Emilio nous sommes maintenant dans les fameuses et secrètes archives du Vatican. L’homme qui nous a conduits ici et qui semble être une copie vivante de Frère Jacques demande pourquoi nous sommes venus. Pour remercier celui qui m’a permis d’accéder à ce lieu, je décide de chercher d’abord les informations pour lui. De toute façon, les deux cas concernent des démons.

Comme j’ai apporté de quoi manger, on se lance dans les recherches. Ce qu’on trouve est passionnant, entre des faits rapportés, des histoires complètes, il y a des siècles de connaissances entreposées ici et oubliés, car personne n’y croit plus. C’est vrai que de nos jours, toutes ces histoires sont devenues du folklore, des légendes. J’en effleure à peine la surface, mais je me mets à penser d’un œil différent à ces histoires de magies qu’on nous racontait enfant.

Lorsque nos provisions sont épuisées, je n’ai rien trouvé de bien probant pour mon cas tandis que j’ai la solution pour mon fantôme. Le démon en question qui lui a jeté la malédiction est joueur, elle peut être brisée en disant les paroles du sortilège à l’envers. Il faut donc que je revoie mon fantôme pour savoir quel sort a été prononcé exactement. Je suis épuisé et Emilio aussi. Il propose d’aller dormir, surtout que ça fait finalement plus de vingt-quatre heures que les recherches ont commencé. Vingt-sept heures avant mon vol annonce ma montre. Je me fais traîner hors du bâtiment en récriminant, on ne va pas avoir le temps ! Mais une fois dehors, l’air du soir me fait sentir que je suis épuisé et que ça fait bientôt deux jours que je n’ai quasiment pas dormi. Mes yeux se ferment à moitié sur le petit trajet jusqu’à l’hôtel. Ils se rouvrent face aux lumières éblouissantes de la réception et commencent à se refermer quand on arrive dans la chambre. Ou plutôt devrais-je dire la suite vu la taille, tout dans une seule pièce sauf la salle de bain, et bien évidemment gigantesque. Par contre il n’y a qu’un lit. Emilio appelle immédiatement la réception. Et revient vers moi avec un air contrit, on a réservé trop tard pour une chambre on doit faire avec celle-ci. Je me lave dans la salle de bain qui est presque aussi grande que mon ancien appartement. La douche – à l’Italienne évidemment – me fait un bien fou avant que je tombe sur le lit comme une masse. Le matelas de ce lit king size est juste ultra confortable, je mets un réveil pour dans six heures, pas une minute de plus. Emilio me rejoint uniquement vêtu d’un boxer. Ses pectoraux proéminents, ses tablettes sculptées, ses épaules larges, exactement comme ce qu’on imagine sous son costume.

– Par contre j’espère que ça ne te gêne pas, mais je dors toujours à poil, dit-il de sa voix grave qui me semble légèrement séductrice.
– Tu fais comme tu veux moi je reste habillé. Bonne nuit.

Avec ça c’est clair, mon ton froid et le fait que je lui tourne le dos vont lui enlever toute envie non ?

– Et donc tu es célibataire toi ?
– Donc un mec te fait comprendre qu’il ne veut pas coucher avec toi tu espères quand même ?
– Bah je n’ai pas compris ce que tu cherches vraiment pour toi… Puis ton ami était en couple, mais toi non, puis t’es plutôt mignon, j’aime bien les crevettes dans ton genre aussi. Je suis sûr que tu es bon au lit.
– Je suis célibataire, car celui que je cherche est un démon ou une créature magique ou je ne sais pas quoi encore. On est ici pour trouver des infos sur lui. Il est hors de question que je couche avec un autre que lui, car il était parfait sexuellement et physiquement. OK toi t’es pas mal et si je ne l’avais pas rencontré je me laisserais peut-être tenter, mais là c’est mort. Par contre tu serais le style de mon ami si tu es versa.
– Je ne suis pas sûr qu’il m’apprécie beaucoup vu que j’ai couché avec son mec…
– Je pense qu’il a compris que tu étais quand même un mec bien sinon il t’aurait pas laissé m’accompagner. Puis ça allait mal dans son couple, tu n’étais certainement pas le premier avec qui son mec l’a trompé.
– Et toi tu m’aimes bien ?
– Moi je n’en ai rien à faire même si tu es sympa. Bonne nuit.

La sonnerie de mon téléphone nous tire du sommeil. Je pense qu’on va avoir besoin de potion magique pour être efficace aujourd’hui. L’hercule qui partage la chambre avec moi est prévenant et fait livrer le petit déjeuner directement. Le grand plateau bien garni est vide en peu de temps et le café notre anti sommeil. C’est parti pour continuer les recherches. Le soleil n’est pas levé et je ne profite toujours pas des lieux, j’ai un seul objectif en tête. Il reste moins de vingt heures avant le départ. Malgré l’heure très matinale, on croise celui qui nous a accueillis avant-hier, il a l’air surpris de nos mines épuisées, mais déterminées.

Même si je ne suis pas beaucoup avancé par ce que nous trouvons aujourd’hui, je trouve des cas d’apparitions semblables à la mienne, mais aucune des victimes n’a eu l’air aussi accrochée que moi je le suis. Je trouve un petit manuscrit contenant des témoignages du même genre, mais avant que j’aie le temps de lire plus que la première page, je suis interrompu par Emilio.
– Tu ne veux pas qu’on sorte manger je crève la dalle ? J’en peux plus de cette pièce renfermée qui sent le moisi sérieux. Je t’emmène manger au resto pour que tu profites un peu du paysage.
– Attends j’ai trouvé un super truc !
– C’est bon il va pas s’envoler, tu le mets là, puis hop tu laisses un mot «ne pas toucher», me dit-il en prenant un papier et en inscrivant les trois mots.

Puis il me prend sur son épaule sans me laisser le temps de réagir et me repose seulement quand on risque de recroiser du monde. Il m’emmène alors que je proteste dans un restaurant situé en hauteur pour profiter de la vue sur la ville et le Castel Sant’Angelo. Sous son costume de garde du corps je découvre un jeune homme cultivé, son argent venant de la grande entreprise familiale qu’il dirige en partie. Je profite d’un délicieux repas gastronomique dans un cadre superbe, style ancien, mais tout propre, bois et pierres. Je suppose les couverts en argent et les verres en cristal vu le prix des plats. Il y a aussi des décorations en verre qu’Emilio me dit venir de Murano, c’est vraiment superbe. Ma tête choquée devant les prix le fait sourire, je fais la même tête quand mon meilleur ami l’avocat me fait découvrir un grand restaurant. À priori Emilio connaît bien celui-ci, car il m’aide à traduire les noms des plats et me conseille pour que je me décide ; et me dit de ne pas m’occuper du prix. Même si j’ai du mal à lâcher ma montre pour le temps qui s’écoule je passe un super moment avec lui, il me raconte sa vie. À la fin du repas il me remercie de l’avoir écouté, il ne croise pas souvent de mecs de la «plèbe» qui n’ont pas des idées le concernant, que ce soit sexuel ou pour son argent. Il insiste d’ailleurs pour me donner une carte, mais avec ses infos personnelles, vu qu’il navigue souvent entre la France et l’Italie il aimerait qu’on se revoie, me propose d’être mon guide si je veux visiter son pays. Il est tellement agréable que j’accepte en souriant. Je précise juste que la prochaine fois que je le vois c’est moi qui paye le resto.

Je profite un peu plus du trajet ce coup ci et surtout des jardins qu’on traverse pour rejoindre notre sous-sol sombre qui lui n’a pas bougé et est toujours si peu accueillant. En soulevant le papier pour vérifier que personne n’a touché à mon livre, je constate qu’un deuxième a été glissé. Qui a bien pu nous aider dans notre recherche, je n’ai parlé à personne à part Emilio de ce que je voulais trouver. Enfin ce n’est pas grave, deux livres ça fait chacun le nôtre. Et tant mieux, car il reste à peine onze heures avant mon avion. Le temps de lire les épais volumes et de prendre des notes, il est l’heure de partir à l’aéroport après avoir récupéré nos affaires à l’hôtel. Est-ce que je sais comment le trouver ? Non. Qu’est-ce que j’ai appris ? Qu’il est plus ancien que ça, car dans les légendes que j’ai lues, il apparaît plusieurs fois dès l’Antiquité. Mais comme plusieurs histoires parlent de la forêt de Brocéliande en lien avec lui au Moyen-âge, je vais d’abord aller là-bas. Sans oublier de prendre mon ami, on ne sait jamais sur quoi on peut tomber dans ces bois…

Il reste trois heures avant mon avion. Emilio me fait donc rapidement visiter en voiture quelques monuments célèbres de la ville, je pourrais au moins dire que je suis passé devant photo à l’appui. Le Colisée, le château st Ange, tout ce qui est accessible un minimum en voiture pour prendre des photos d’assez près. En plus il connait pleins de détails sur les monuments c’est incroyable, le fait de visiter en voiture de luxe n’est pas déplaisant également même si j’ai peur de salir le cuir. D’ailleurs une fois qu’on arrive vers l’aéroport, il me dit que je semble gêné. Bah en même temps je ne suis jamais monté dans une voiture si luxueuse. Il éclate de rire en me disant de me mettre à l’aise et de ne pas avoir peur de salir, une fois à l’arrêt il me montre des taches sur le siège arrière. Son clin d’œil me fait comprendre de quel type de taches il s’agit. Le temps de faire enregistrer les bagages il ne me laisse pas, pas plus quand on passe les portiques de sécurité.

– Euh tu es pas censé ne pas les passer vu que tu ne prends pas l’avion ?
– Je vais te conduire jusqu’au sas de ton avion pour être sûr que tu ne te perdes pas.
– Pffff je ne suis pas si incapable que ça…

Il me semble voir un billet se faire glisser à l’agent de sécurité pour le laisser passer, il me fait un clin d’œil. Sérieusement, j’ai l’impression d’avoir assisté à une scène de film. Mon sac à la main, nous patientons que le départ de mon avion soit annoncé, il reste à peine un peu plus d’une heure. Mon garde du corps me propose un café, m’oblige plutôt quand je veux refuser. Mais bon, la discussion est tellement agréable avec lui. Jusqu’à ce qu’il me dise un truc qui me fasse rougir et me fasse baisser les yeux de gêne.
– Quand même c’est bien dommage qu’un démon t’ait ensorcelé, si jamais tu changes d’avis et veux un humain je suis là moi.
– Euh, Emilio t’est super, mais je pense que c’est mieux qu’on soit amis…
– T’es quelqu’un de bien, tu me remballes de manière sympa. Enfin ce n’est pas que ça qui fait que tu es quelqu’un de bien hein, nombreux sont ceux qui auraient profité d’une occasion comme celle-là pour avoir un riche héritier…
– Je m’en fous de l’argent, franchement ça m’a trop gêné tout ce que tu as fait pour moi.
– Ouais, tu es un véritable ami c’est pour ça. Oh, tu rougis encore c’est trop mignon.
– J’ai besoin d’aller aux toilettes…

Bah même là il m’a accompagné ! Non, mais il a peur que je me noie dans le lavabo ou quoi ? En plus devant les urinoirs j’ai encore une fois de plus été rouge pivoine quand mon short m’a échappé et que je me suis retrouvé les fesses à l’air. Lui est mort de rire et me complimente sur mes jolies petites fesses. Pendant que je me lave les mains il joue avec une mèche de mes cheveux en soupirant, pourquoi un ptit mec bien comme moi n’est pas libre dit-il. J’allais répondre que je n’ai rien de séduisant, mais mon reflet dans le miroir a meilleure mine que d’habitude. Je pense que c’est mes hormones qui me font ça et le fait que je sois heureux et amoureux.

En sortant des toilettes, l’embarquement pour Paris est annoncé. Emilio me conduit jusqu’à la porte 7 avant de me serrer dans ses bras et de me dire d’être prudent. Il reste à la même place jusqu’à ce que je disparaisse de son champ de vision après lui avoir fait un dernier signe d’au revoir. Il me fait le signe «appelle-moi» avant que je monte dans l’avion après avoir montré mon billet à l’hôtesse. Évidemment que je vais lui donner des nouvelles, c’est grâce à lui si mes recherches sont fructueuses.

L’avion décolle et je regarde avec regrets la ville qui disparaît, je m’imagine aux bras de mon chéri avec mes deux amis à visiter leurs deux villes respectives...

Pititgayy

pititgayy@gmail.com

Suite de l'histoire

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