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Mon âme au diable

Chapitre -06 : Dans la vallée de l’Oued

S’habitue-t-on à la magie ? Probablement, mais il faut d’abord se dire que presque tout est possible.

Voyant mon impatience, c’est d’abord les vents puis les courants qui ont été invoqués en notre faveur, permettant, sur une mer d’huile, d’atteindre la vitesse incroyable de 80 nœuds. Pour ne pas que l’équipage soit perturbé par cette vitesse plus qu’anormale, un air de flûte joué par le virtuose a été nécessaire. J’ai moi aussi été ensorcelé, car la vitesse atteinte ne m’a cette fois pas épargné du mal de mer, tandis que Symad qui montait pour la première fois sur un navire est littéralement devenu vert. Un charme de sommeil a été parfait pour permettre de se reposer, je soupçonne cependant Sylvis d’avoir écourté un peu le sortilège pour son copain, ça sent le sexe dans la cabine où nous avons dormi. Dans tous les cas on a donc atteint Alexandrie presque aussi rapidement qu’un avion, mais sans les escales, les attentes, les tracasseries administratives et avec joie ! Pour la suite du voyage, le bateau est proscrit, car trop long, l’avion aussi est à éviter si on ne veut pas payer trop cher, et je ne pense pas mes amis assez influents pour éviter à ce point les désagréments humains de la paperasse.

Évidemment la possibilité de leur faire des faux papiers est retenue, mais où est-ce qu’on trouve ça ? La réponse est simple : dans une petite ruelle après avoir suivi la baguette… j’étais franchement circonspect face aux chances de réussite, me sentant stupide de jeter en l’air ce petit bout de bois en criant la formule, me valant des regards des alexandrins. Contre toute attente – et contre quelques 3000 livres égyptiennes – mes deux amis ont désormais des papiers attestant de leur origine grecque alors que nous savons maintenant que nous pouvons utiliser ce morceau de bois. Mais probablement pour une durée très limitée puisqu’environ un quart de la branche a noirci. Bref, ne cherchons pas à comprendre, mais plutôt à avancer.

Après un passage rapide par l’aéroport pour confirmer le prix astronomique des billets avec les compagnies normales, nous avons décidé de voir ce que les petits pilotes locaux pouvaient nous proposer. De ce côté les prix sont modiques, mais impossible de se faire comprendre sur notre destination, ou alors ils ne veulent pas aller au-delà du Caire. Je ne comprends pas un traître mot de la discussion du couple qui m’accompagne, mais un des pilotes se met à parler ce que je suppose donc être du grec. Une somme encore plus faible est acceptée, mais toujours pas plus loin que la grande ville célèbre pour ses souks et les pyramides toutes proches. Soit, nous allons faire avec.

Deux heures plus tard nous sommes arrivés dans le fameux bazar de la ville, après que j’aie réussi à téléphoner à Paul. L’ensemble du trajet, je l’ai passé à lui parler, je lui ai présenté par la voix les deux nouveaux amis qui m’accompagnent puis lui m’a raconté le bonheur dans lequel il nage. Il n’a pas raconté seul de son côté étant en haut-parleur, et à la voix j’ai senti Emilio tout aussi heureux que mon ami. Je suis ravi pour lui et bientôt je vais retrouver l’extase totale. Enfin j’espère. Avant de raccrocher il me demande de prendre quelques photos, c’est vrai qu’à part Athènes je n’en ai pas du tout faites, j’ai seulement les objets en plus des souvenirs.

Sous les toiles en tissus tendus qui nous coupent de la chaleur, je découvre avec intérêt ce monde exotique qui correspond aux clichés. C’est magnifique en même temps que bruyant, coloré en même temps qu’odorant, immense en même temps que rempli… de tous les côtés les marchands vendent l’un des tapis et tissus, l’autre des souvenirs, encore un autre des épices dans des sacs ou en cône sur les plateaux, un peu plus loin de la nourriture parfois encore vivante. Il y a vraiment de tout, ça discute, ça négocie un prix, ça achète ou ça refuse. Et dans cette cacophonie, j’entends la même petite voix, de Daemon ou mon instinct, qui me dit de rester ici et de chercher. Quoi, c’est la question. Alors j’avance en laisser mes yeux traîner partout, essayer de trouver l’indice qui m’attend ici.

– On fait quoi Jean ?

– Je ne sais pas, il y a un indice ici je le sens.

– Quel indice ?

– Je ne sais pas ! Mais quelque chose qui va nous aider à trouver.

– Comme un homme qui parle l’égyptien antique ? demande Sylvis.

– Où ça ? sautais-je presque de joie.

Il me montre ce que je suppose être un homme vu la corpulence, mais entièrement recouvert d’une djellaba ainsi que d’un turban lui cachant le visage. De nombreux foulards colorés le couvrent également, certains servant à priori de pochons. Alors que je le regarde, son regard se pose sur moi, des yeux jaunes brillants qui me fouillent, m’analysent, lisent en moi comme un livre ouvert. Je suis pétrifié alors qu’il s’approche en continuant à braquer ces lucioles sur moi. Il me tend un morceau de papier et un collier/clé en forme de scarabée en marmonnant toujours dans la même langue, mon bras se soulève seul pour qu’il dépose ces objets dans ma paume. Puis il fait un signe de la main, une ânkh se trace de la même couleur que ses yeux et il disparaît dans un coup de vent. C’est une fois qu’il a disparu que je suis à nouveau libre de mes mouvements.

– Il s’est passé quoi ? dis-je en regardant ma main tendue où sont posés les deux «cadeaux».

– Et bien il s’est présenté comme un génie du désert, t’as donné une carte et la clé du tombeau que tu dois visiter. Il a par contre dit de faire attention, car la cape d’Hadès risque d’attirer de la magie autour de nous, il ne faut pas qu’on se fasse piéger dans un mirage.

– Et c’est tout ? Il n’a pas arrêté de parler tout le long.

– Je crois qu’il marmonnait des incantations pour se protéger et nous protéger, la magie des dieux grecs est plus puissante que de simples djinns, mais attise la convoitise.

– OK donc maintenant on peut y aller ? On a encore du chemin, s’impatiente Sylvis

– Oui allons-y, concluais-je.

Direction le centre ville pour pouvoir trouver de quoi continuer notre route. L’agence de voyages nous trouve un guide compréhensif – surtout après un air de flûte – qui nous conduira rapidement dès demain dans la Vallée des Rois. Je ne sais pas pourquoi la rencontre avec le génie m’a épuisé, on profite donc des offres spéciales de l’agence pour dormir dans un palace cinq étoiles avec vue sur le Sphinx et les pyramides de Gizeh. On va profiter d’une suite immense, piscine sur la terrasse, jacuzzi dans la salle de bain, mais avec un grand lit unique ; je veux qu’il y en ait deux pour que le couple puisse s’amuser tranquillement, mais la réponse me surprend : ils ne dorment pas autant que moi donc un petit air pour me bercer et me faire dormir plus profondément va leur permettre de s’amuser sans perturber mon sommeil.

– Vous ne comptez pas profiter de moi hein ?

– Eh pas bête ! On peut s’amuser avec notre humain de compagnie, ricane Symad.

– Étrangement avant de t’avoir toi j’aurais bien voulu, mais ça ne me dit plus rien, soupire Sylvis d’un air faussement désolé.

– Bon bah laissons le dormir tranquillement…

– Si tu veux lui mettre ta branche, de toute façon il dormira donc ne pourra pas protester.

– J’ai quand même le droit d’avoir un avis non ? Interdit de me toucher !

– Oui de toute façon c’est plus amusant que toi tu prennes ma branche, s’amuse Symad en mettant une petite tape sur le postérieur de son satyre.

Je soupire, soulagé, avant de prendre un bon bain relaxant puis de me glisser sous les draps. Je ne pense pas qu’une musique soit nécessaire pour me faire dormir vu mon état de fatigue, elle me permet juste de rejoindre plus rapidement les bras de Morphée – quoique non, vu que c’est un dieu masculin je dois uniquement aller dans le monde des rêves. Mon passage onirique est d’ailleurs peuplé d’étranges visions du désert, surtout celle d’une oasis piégeant les voyageurs. La sensation persistant au réveil, j’en parle à mes deux amis qui prennent l’avertissement au sérieux, partant du principe que j’ai dû faire un rêve prémonitoire. Oui, mais peut être pas, c’est la première fois que ça m’arrive. Sylvis me dit qu’un des effets de la magie et surtout du sommeil comme il me l’a fait est d’ouvrir la conscience ce qui fait occasionne parfois ces réactions.

Il est donc 9 h quand nous arrivons devant les grandes pyramides pour prendre des photos le temps que notre guide arrive avec son 4x4. Nous faisons partie d’une caravane de quatre voitures qui ont la même destination, mais le départ n’est qu’à 10 h. Je prends donc le temps d’aller devant le fameux Sphinx, chaque pyramide, prenant en même temps les deux créatures fantastiques seules ou tous ensembles. Je partage les photos avec Paul qu’il découvre avant la rencontre en direct leur beauté surnaturelle. Enfin après avoir vu des elfes incroyablement beaux, je crois que nous ne pouvons plus être étonnés.

En montant dans la voiture, je crois voir le même génie qu’hier qui me fait signe d’être prudent, je le remercie d’un signe de tête. Le périple jusque dans la vallée de l’Oued débute calmement, nous suivons la route à travers le désert. Pour ne pas avoir trop un choc thermique en descendant de la voiture dans 8 h nous demandons au chauffeur de ne pas mettre la climatisation, simplement les fenêtres ouvertes et des sprays d’eau en plus de nos nombreux litres emmenés. Symad s’asperge légèrement toute les trois minutes, il ne supporte pas si bien que ça l’atmosphère étouffante – et il est encore tôt.

Au bout de deux heures nous faisons une pause et regardons de loin les familles de touristes, rouge écrevisse, se plaindre de la différence de température. En même temps s’ils avaient fait comme nous… À vue de nez si on se fie aux gros clichés, il y a une famille allemande, une Américaine et une Espagnole. Il n’y a que nous qui faisons tache à ne pas venir discuter, ils se parlent entre eux malgré la barrière de la langue, nous, nous restons dans la voiture toutes portes ouvertes. Au moins nous attirons les regards par notre étrangeté, mais pas par l’anormalité de mes compagnons. Et puis on n’est pas obligé de se mêler aux gens si ?

Une fois qu’on repart, je sens mon instinct qui hurle que quelque chose approche. Qui s’amène à grands pas au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans le désert. Je ne sens plus la présence de Daemon, il ne va pas nous porter secours en cas de pépins.

Au deuxième arrêt, toujours ce même sentiment, mais rien n’arrive. Deux nouvelles heures passent. Et je sens d’un coup une alarme dans mon cerveau, une sorte de lumière. Je suis donc à l’affût du moindre signe comme les deux tourtereaux. Je crois que nous les sentons tous au même instant. D’abord, un moment de vide, un grand silence. Puis dans ma poche quelque chose remue, je vois sortir la clé scarabée qui essaie de s’envoler par la fenêtre. Symad la rattrape et l’enferme dans un des bidons d’eau qu’il vient de boire. Notre chauffeur ne semble s’être rendu compte de rien et continue de rouler quelques instants avant que son talkie-walkie annonce une pause imminente, surtout vue le nuage de sable qui s’approche. Après un tournant, une immense oasis pleine de verdure apparaît et toutes les voitures s’y arrêtent. D’autres touristes y sont déjà, empêchant l’accès à la petite route, profitant de la grande étendue d’eau entre les arbres. Je trouve très bizarre que la tempête de sable se soit arrêtée en une sorte de cercle autour de l’oasis.

Étant la dernière voiture de la file, je vois en premier les autres touristes descendre alors que leur chauffeur dépasse les véhicules stationnés, bloquant définitivement le passage. Tous courent vers le point d’eau dont les eaux d’un magnifique turquoise sont très tentantes… Sylvis et Symad semblent tout aussi attirés et commencent déjà à sortir de la voiture quand je regarde l’état des véhicules devant nous. Poussiéreux, usés par le désert, ils sont là depuis un certain temps.

– Arrêtez, ne descendez pas, on est dans le mirage il faut repartir tout de suite !

– Tu dis n’importe quoi Jean, viens te baigner avec nous, je suis sûr que l’eau est fraîche !

– J’ai hâte de tremper mes sabots dans l’eau, s’exclame Sylvis en se déshabillant ce qui ne semble pas choquer notre conducteur qui ouvre à son tour la portière.

– Non ne sortez pas ! Vous ne voyez pas que ce n’est pas normal ?

Je rattrape mes deux amis et les installe sur leur siège, bloque la porte avec la sécurité enfant.

– Chauffeur ! Je vous paie le double si on repart immédiatement ! Le triple si on arrive dans une heure à destination ! criais-je de désespoir en le voyant s’avancer.

Mes amis tentent de ressortir de la voiture, que faire… Je suis soudain bousculé par notre guide.

– Le triple hein ? Accrochez-vous mes p’tits touristes.

Incroyable, l’appât du gain plus fort qu’une magie probablement vieille de cinq millénaires voire plus… Je ne m’étonne plus que l’humain ait relégué tous les contes de magie au placard, ce sont les personnes avec des vices de ce genre qui ont contribué à massacrer les dragons – s’il n’y en a plus et je ne compte pas vérifier. Sur le coup ça m’arrange alors que nous démarrons en trombes, secoués par la tempête comme si elle ne voulait pas qu’on lui échappe. Mais c’est peine perdue alors que le moteur de la voiture rugit et file entre les doigts de cette oasis qui doit piéger un nombre incroyable de personnes, seulement une quinzaine aujourd’hui au lieu de la vingtaine que comptait notre groupe.

Une heure plus tard alors que nous arrivons près de Louxor et que je demande à l’homme de s’arrêter, car nous sommes assez proches du point sur la carte donné par le djinn, il semble réaliser qu’il manque les trois autres voitures. Il n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé, pas plus que de la demande expresse. Je lui donne le double de ce que nous avons payé initialement, mais comme la réduction avait réduit la course par trois… En tout cas il ne s’émeut pas trop de la disparition des autres guides, ils n’étaient pas collègues, presque concurrents à ce que je comprends. La chance m’a fait tomber sur le plus avare ce qui s’est révélé être une bonne chose. Les deux amants eux ont très bien conscience de ce qui vient d’arriver et me remercient de ma réaction lucide : dire que c’est l’humain sans la moindre magie en lui qui a sauvé tout le monde ! Je suis fier de moi, même si c’est un pur hasard et que je ne comprends pas comment j’ai résisté. Le manque de mon diable est plus fort que la promesse d’une petite eau ?

Toujours est-il que nous sommes presque à côté du Nil donc profitons d’une petite baignade moins dangereuse. Symad est tellement en besoin d’eau qu’il se plonge entièrement alors qu’il n’est pas déshabillé. Le sac avec les objets ! Vite, je le remonte et lui retire le sac avant de le laisser barboter comme il le veut. Je vérifie que rien n’a été abîmé, vois soudain la cape elfique. Peut-être peut-elle couper le petit arbre de la chaleur ? Une fois sorti de l’eau il s’en couvre et semble moins souffrir du soleil brûlant. Parfait. Le reste des objets n’a pas bougé, j’ai surtout eu peur pour la perle. Mais elle est toujours là et n’a pas changé. Le seul objet qui a changé est la baguette en acacia, elle est à présent verte avec une petite racine et quelques feuilles.

– C’est marrant ça me fait penser à l’histoire de la branche d’un arbre. Une branche avait été prise sur un arbre, un jour celui-ci a été coupé. Le possesseur de la branche qui passait par là avec la branche sur lui l’a vu se transformer en arbrisseau qui a reformé le vieil arbre une fois replanté à la même place, raconte Symad.

– Oh la racine s’allonge ! m’écriais-je en lâchant la tige.

– Ce doit être l’eau du Nil qui entraîne la pousse rapide. Mais elle doit nous aider à trouver le tombeau, pas se planter ici. Mon biquet, tu veux pas la charmer qu’elle nous y amène ?

– Avec plaisir ! J’avais justement un petit air à tester, normalement c’était pour les serpents, mais bon, dit-il avec un clin d’œil en saisissant son instrument.

Dès qu’il se met à jouer, la plante se met à ramper au sol. S’il s’arrête pour boire, elle s’arrête aussi, commençant à se déshydrater. On l’arrose donc légèrement pour qu’elle reverdisse avant que la marche continue alors que l’arbre grandit de plus en plus. Il fait environ quatre mètres quand il s’arrête devant une dune de sable qui paraît un peu pentue.

– Arrosez-le avec tout ce qu’on a, demande Symad, l’arbre a soif.

– Tout ? Mais on va boire quoi ?

– On va trouver j’en suis sûr, aller Jean, tu ne peux pas laisser mon frère mourir de soif !

J’obéis donc et verse tous les bidons que nous avons avec nous. Les yeux fixés sur le tronc comme s’il allait gagner le double de taille, je ne remarque pas qu’en fait la croissance doit être interne. Un glissement se fait entendre alors que la dune coule et est désormais remplacée par un gros rocher d’où deux fissures laissent maintenant de l’eau s’écouler jusqu’au pied de l’arbre.

– Il nous remercie de l’avoir ramené chez lui et nous rend encore plus qu’on ne lui a donné, ce n’est pas mieux ? me regarde de ses yeux noirs le bouleau enroulé dans ma cape.

– Si si, mais il faut le voir pour le croire…

– Tu n’es toujours pas habitué à la magie, pourtant tu es dans une histoire qui en est remplie, c’est fou !

– Il faut du temps pour s’y faire je présume, soufflais-je.

C’est vrai que maintenant je suis soulagé de la tournure des évènements, surtout qu’entre les deux fissures il y a un léger renfoncement trapézoïde, comme une porte coulissante, avec en plein milieu un emplacement. C’est le moment d’utiliser notre clé.

Surprise de plus ! Une fois enfoncé dans la porte, il y a un déclic et l’insecte se remet à bouger, se détache de la serrure et s’envole alors qu’une grande ouverture se forme. Un roulement comme des engrenages se fait entendre alors que la porte s’enfonce dans le sol et s’arrête d’un bruit sourd. Je fais un bond en arrière avec mes deux compagnons quand une nuée de scorpions s’échappe de la porte et s’enfonce dans les fissures de la roche, poursuivie par une douce lumière jaune-orangé. De l’intérieur de ce qui semble être un long tunnel, des alcôves dans le mur est le siège de statues tenant un bol rempli de feu. Du peu que j’en connais, il me semble reconnaître quelques dieux égyptiens, notamment Anubis et sa tête de chien, Bastet et sa tête de chat, Horus en faucon scribe… Ils n’ont pas l’air classés par importance, par contre toujours un dieu en face d’une déesse. Les statues sont tellement réalistes que j’en suis un peu effrayé, j’ai peur de rentrer et qu’elles s’animent. En plus de ces grandes statues il y a de nombreux hiéroglyphes sur les murs, encadrant des dessins représentant la création du monde selon les Égyptiens, ainsi que les premiers millénaires de leur existence. La magnificence des fresques me pousse à rentrer, je ne remarque même pas que la porte se referme doucement alors que nous venons de dévaler les deux milles premières années de l’Égypte. Le couloir semble ne pas s’arrêter tandis que les alcôves ont rétréci, place de ces mêmes vasques pleines de flammes dorées. Nous continuons donc d’avancer.

Alors que les encadrements mélangent hiéroglyphes et lettres grecques, les fresques racontent les rencontres entre les deux peuples, puis avec les Romains. De quand date la construction de ce temple pour pouvoir décrire plus de cinq millénaires d’Histoire ? Le plus amusant étant que d’un côté c’est l’histoire des hommes qui est représentée, sur le mur d’en face c’est plutôt l’histoire des dieux, des héros et des créatures magiques.

On débouche soudainement dans une grande salle carrée, totalement vide à l’exception des trois portes symétriques, une au centre de chaque mur. Les couloirs sont sombres, bien plus que cette immense salle où l’on a débouché presque par hasard vu la durée de la descente. Sur les immenses murs, des scènes mythologiques avec différentes créatures, certaines inconnues. Au sol et au plafond, des fresques encore, donc une qui remue mon cœur : sur une terre primitive sans homme, il me semble voir l’apparence de mon diable.

– Eh Jean, regarde, tu ne trouves pas qu’on dirait que c’est nous là ?

Je regarde la petite fresque juste à la sortie du couloir que nous venons d’emprunter, effectivement les petits personnages dessinés devant une porte noire, un arbre et les deux fontaines font étrangement penser à nous avant qu’on entre. Qui a bien pu construire cet endroit aussi ancien, mais avec de tels détails ? Et par où doit-on aller maintenant ? En s’approchant des trois portes on voit un petit texte en grec, le même à chaque porte. Mes amis le traduisent, c’est une énigme :

«D’où tu viens tu ne pourras ressortir, une des trois te permettra de t’enfuir. La deuxième te conduira dans une tourmente infinie, la troisième te perdra avant de te faire trouver Neferty».

– Qui est Neferty ? demandais-je

– Aucune idée, ce n’était pas un prêtre d’un pharaon ? interroge Symad.

– Je n’en sais rien, j’étais pas né moi !

– Bon, bon, c’est pas grave, concentrons-nous sur quelle porte choisir, ne vous disputez pas.

– Oui, mais laquelle est laquelle ? On a même pas notre branche pour nous guider, tu ne peux pas faire quelque chose toi avec ta flûte ?

– Non désolé, je suis impuissant à trouver un chemin mon coquelicot.

– Il y a forcément un indice sur les numéros de la porte non ? réfléchissais-je.

– Bah ça parle que la première est pointée par le soleil levant, mais je ne vois pas le lien… hésite Sylvis.

– Le soleil se lève à l’Est, peut-être que la porte à l’Est est la première ?

– Et en plus regardez la porte de droite à un soleil qui se lève, ça serait logique ! Tu es génial Jean ! s’exclame Symad.

Nous prenons donc la porte à gauche de la salle et suivons un long couloir toujours couvert de signes et descendant en pente douce, débouchant au bout de plusieurs centaines de mètres sur une caverne. Un pont enjambe un abîme noir dont on ne voit même pas le fond. De grandes stalactites pendent du plafond, je ne m’attendais pas du tout à voir quelque chose de ce genre dans cet endroit. Nous traversons prudemment le gouffre sur le mince espace, de l’autre côté le chemin continue, parfois incliné vers la gauche, parfois vers la droite, parfois tournant totalement à 90°.

– Arrête-toi ! hurle d’un coup Sylvis.

Je me fige alors qu’une énorme lame me passe juste devant le nez.

– Il y avait noté attention aux pièges et j’ai entendu un clic quand tu as posé le pied…

Je remercie mon ami cornu de m’avoir sauvé la vie alors que notre avancée est maintenant ralentie par la méfiance de tomber sur d’autres pièges. On s’arrête également au moment où de chaque côté du couloir lisse une trouée dans le mur est visible, deux statues d’un côté, une de l’autre, les bras tendus comme pour une accolade.

– Je pense qu’il faut leur faire un câlin non ?

Un roulement derrière nous nous fait prendre les statues dans les bras alors qu’une roche de la forme d’un tonneau et prenant l’entièreté du couloir passe en nous frôlant les fesses, si on ne s’était pas arrêté en hésitant jamais ce piège n’aurait été passé… En plus une lumière douce s’est allumée sur les statues et leurs yeux semblent sourire comme heureuse d’avoir un peu de chaleur dans ce tombeau vide de présence. Avec hésitation, nous reprenons notre route.

Le couloir est bientôt remplacé par un escalier en colimaçon qui monte, le piège de tout à l’heure étant tombé dans le sol au pied de la première marche. Il y a une lettre sur chaque marche, mais ce n’est pas du grec, ni des hiéroglyphes, probablement des lettres mésopotamiennes d’après mes amis. Je ne sais pas pourquoi je compte le nombre de marches que nous montons, perds le compte vers 250 quand je commence à avoir le tournis. Alors que je m’assois en m’appuyant contre le mur, celui-ci pivote et je tombe les fesses dans une salle au sol un peu sableux. Un vent froid passe alors que le satyre a décidé de voir jusqu’où continuait l’escalier. On entend distinctement un claquement alors qu’il revient en courant en disant que l’escalier s’arrête rapidement et semble muré, nous rentrons donc dans cette salle. Incroyable que la suite de notre trajet soit découverte par mon manque de sport !

Alors que l’on fait le tour de la salle pour trouver une issue, l’accès d’où nous venons se ferme et les bruits reprennent. Deux choses arrivent alors simultanément : en haut du mur en face de nous, une ouverture se forme, ainsi que dans le plafond. Du sable se déverse de la deuxième et je commence à paniquer : l’ouverture est trop haute pour qu’on y accède et je n’ai pas envie de mourir étouffé ! Mes amis conservent cependant plus leur calme que moi et remarquent que la pièce est en trompe-l’œil, simplement en montant sur les épaules de l’un d’entre nous l’ouverture est accessible. Vu que je suis le plus grand et le plus lourd, c’est moi qui fais monter mes amis en premier. Symad est incroyablement léger et rentre dans le petit boyau sombre, nous dit de vite le rejoindre. Sylvis me fait mal en m’escaladant, ses sabots sont tellement durs. Le sable m’arrive à la taille alors que le deuxième disparaît. Je commence à me sentir compressé, le sable monte de plus en plus vite ! Mes amis me tendent la cape puisque je n’ai pas pensé que j’avais une corde dans mon sac – ça me revient alors que je me fais hisser à mon tour – je suis donc dans le sombre tunnel sain et sauf. Il me faut cependant un peu de temps pour m’en remettre et me débarrasser de tout le sable entré dans mes vêtements.

Une fois que l’on reprend notre exploration, c’est cette fois-ci à quatre pattes. On ne voit pas grand-chose à part la lumière derrière nous éclairant doucement et diminuant au fur et à mesure que le tunnel avance en une pente qui semble s’accentuer. Jusqu’à ce que j’entende le chef de file dire «attention ça glisse» et que nous soyons entraînés par la pente comme sur un toboggan. Dans le noir, un fin tunnel, tête en avant, je perds toute dignité et hurle de toutes mes forces devant la vitesse qu’on prend, glissant sur le ventre. La descente est cependant brève alors que l’on déboule en trombe sur une sorte de gros matelas. Du fait que nous étions très proches, j’atterris la tête la première sur les fesses du satyre.

– Oh oui Jean, continue, mais mets plutôt ta tête de l’autre côté, s’amuse-t-il en levant son bassin.

– Eh oh, personne n’y touche à part moi sinon gare à ta flûte ! prévient Symad

On se met à rire tous les trois. Puis on regarde où nous sommes. Sur un surplomb rocheux avec des escaliers – encore – mais qui descendent simplement avec un angle droit jusque dans un labyrinthe. Une grande porte entre les jambes d’un dieu assis sur un trône, sceptre et fouet croisés sur sa poitrine, est à priori la seule issue de cette salle. Ayant encore de la batterie dans mon téléphone je prends une photo du labyrinthe visible dans son ensemble pour essayer de suivre le chemin plus facilement. J’adore la tête surprise de mes acolytes qui me demandent quelle magie est-ce. C’est vrai qu’ils n’ont pas forcément fait attention à toute la modernité présente dans mon monde.

Arrivé en bas des escaliers, l’inscription écrite rapidement, comme un rajout sur la roche, montre clairement que tout est fait pour que seuls nous trois puissions réussir : «Bravo Jean, tu es presque digne. Encore deux épreuves. N». Qui est ce N ? Il a l’air de nous connaître ou du moins moi puisque c’est le premier message de ce genre que l’on trouve. En tout cas suivre la carte est d’une facilité pour ne pas se perdre. Même si d’un coup ça fait tilt dans mon esprit : nous sommes perdus et pas moyen de retourner en arrière, mais pas si perdu que ça puisque nous allons dans la bonne direction. J’ai un frisson de joie malgré le poids que je sens dans mon sac, le manteau que j’ai obtenu va m’apporter du malheur si nous perdons trop de temps… dix jours se sont écoulés depuis que je l’ai eu. J’ai besoin de toute la chance possible !

D’en haut, le dédale ne semblait pas si étendu, mais une fois dedans on s’en rend bien compte. Grâce à mon astuce, nous approchons de la sculpture imposante qui semble nous observer avec sévérité. Cet acte très utile aura par contre eu raison de la vie de ma batterie, l’appareil s’éteint alors que nous atteignons la trouée. Avant de la prendre, pris d’une crainte face à cette représentation verdâtre, nous nous inclinons respectueusement. Quand je regarde le visage statique j’ai l’impression de voir une étincelle d’amusement dans ses yeux, mais je me secoue la tête et une fois que j’examine plus attentivement, il n’y a que le visage stoïque. Je suis donc mes amis sans chercher plus loin.

La salle suivante est pleine de miroirs qui nous reflètent à l’infini. Sur un piédestal au centre, une simple tablette explique l’épreuve :

«Tous les reflets sont vrais pour un œil non averti»

On suppose donc qu’il faut observer les reflets. Mais tous semblent parfaits en tout point, je ne dois pas avoir un œil averti… je déteste le jeu des erreurs.

– Venez voir celui-là n’est pas pareil ! s’exclame le sylvain.

Le miroir dans le coin de la salle et renvoyant une image parfaite de la salle ne me paraît pas plus anormal que les autres et renvoie l’image de nous trois sans imperfections. Je fais part de mon hésitation.

– Mais enfin Jean tu vois pas ? Regarde la porte dans le miroir, il a des caractères au-dessus, et pas sur celle-ci ! T’es vraiment pas attentif.

Je reconnais que mon ami est dans le vrai, nous essayons donc de voir à entrer dans le faux reflet de la salle où nous sommes. J’ai comme l’impression de traverser une petite cascade d’eau fraîche alors que nous sommes dans la copie quasi parfaite de la salle que nous venons de quitter. Une fois l’embrasure de la pièce passée, nous atterrissons dans une salle bien plus spacieuse, colorée, avec de hauts piliers, un trône noir et doré au bout. Deux portes noires encadrent le trône, un sphinx en sort alors qu’on avance. Sa tête de femme est braquée sur nous et ses yeux semblent amusés de nous voir. Elle passe une longue langue entre ses dents – ses crocs plutôt – puis sur une patte d’où elle sort les griffes. Son corps de lionne est prêt à bondir, ses ailes pour le moment repliées.

– Et bien, qui voilà ? J’ai une énigme pour vous et vous pouvez tous les trois tenter une réponse. Si vous avez tous tort, je vous tue. Si vous voulez abandonner, je vous laisse repartir par la porte de gauche. Si vous réussissez, ce sera à droite. Voulez-vous tenter ?

– Je ne suis pas venu jusqu’ici pour rien ! Posez-moi votre fichue énigme !

– Impatient hein ? La voilà : Plus j’ai de gardiens moins je suis gardé, moins j’ai de gardiens, mieux je suis gardé. Qui suis-je ?

– De l’or ? proposais-je.

– Mais non Jean c’est bien plus simple ! C’est un secret ! corrige Symad.

Le sphinx me regarde avec un sourire mi-compatissant mi-moqueur qui signifie «si t’étais seul je t’aurais bouffé» et nous laisse passer la porte. Encore une immense sculpture d’un dieu est présente, celui à tête de Chacal, Anubis, tenant dans ses mains une grande balance. Sur le plateau en contact avec le sol, une plume dans ce qui semble être du bois est visible. L’autre est vide dans l’air. En plein milieu de la salle il y a un sarcophage avec, tout autour, des scènes représentant mes deux amis et moi-même perdus dans le tombeau avec nos différentes épreuves : le gouffre, le câlin aux statues, la pièce ensablée, le toboggan, le labyrinthe, les miroirs et le sphinx. Il y a même une représentation de moi, assis sur le second plateau de la balance. Je suppose que c’est ce que je dois faire, je grimpe donc sur l’objet en laiton.

Un bruit de chaînes se fait entendre alors que le socle où je suis posé cède sous mon poids et soulève la plume. Le bruit de chaine s’intensifie alors que l’énorme lustre en bronze fournissant la lumière à la pièce s’écroule sur le tombeau, le brisant sous l’impact, projetant des morceaux de pierres dans tous les coins sauf dans notre direction. Un simple sarcophage en bois est révélé, et je manque de tomber dans les pommes en le voyant s’ouvrir.

Bien que couvert de bandages, celui qui sort de ce cercueil n’en paraît pas moins très bien conservé. Couvert d’une toge égyptienne blanche en lin un peu usée par le temps, il semble être un prêtre ou un dignitaire important.

– Mes amis ! Que je suis content que vous soyez enfin arrivés ! Je n’en pouvais plus de moisir dans ce tombeau !

– Mais qui êtes-vous ? osais-je, ne connaissant pas cet homme.

– Neferty, prêtre devin, pour vous servir. On m’a enfermé ici après que j’ai dérobé le sceptre de pouvoir au pharaon imposteur, qui me jugeait fou d’avoir ces visions de chars sans chevaux ou de pyramide carrée bien plus haute que les nôtres.

– Comment savez-vous qui nous sommes ?

– Oh je vous ai vu ! J’aurais tellement aimé vous laisser des indices en Italie, ou en Allemagne, pour que vous veniez plus vite. Mais bon, le sceptre m’a accordé l’immortalité, je n’allais pas me plaindre pour un mois alors que je suis enfermé depuis trois millénaires n’est-ce pas.

– Le sceptre accorde l’immortalité ? demandais-je intéressé.

– Non, il obéit à la magie de son créateur, Osiris. C’est lui qui m’a offert ce cadeau en échange des services que je lui ai rendus. Il vous permettra avec la formule d’ouvrir la porte vers l’Archonte.

– C’est… il est tombé amoureux d’un archonte ?!? Bégaie Sylvis.

– C’est quoi un archonte ?

– C’est ce qui foulait le sol avant les dieux, avant toute créature. Pas étonnant qu’il ait été enfermé ! Vous pensez que c’est une bonne idée de libérer une telle chose ?

Je suis blessé de voir le satyre parler ainsi de celui que j’aime.

– Le monde n’a plus rien à craindre de lui, même s’il peut encore influer dessus, ses pouvoirs ont bien été limités. Plus personne ne croit en lui de toute façon, de nouveaux dieux l’ont remplacé. C’est ce qui a permis à Osiris de l’enfermer il y a plus de sept millénaires. Oh, il s’est échappé à chaque fois que les principales religions ont changé, mais depuis l’an mil, quand il arrive à sortir c’est une simple journée où il peut s’amuser, mais si faible… il n’y a que dans son royaume où il est tout puissant.

– Et où est son royaume ?

– Où il est enfermé et où tu veux te rendre Jean, ne fait pas le bêta, se moque gentiment la momie.

J’ai soudain peur de me rendre dans un piège. J’y vais, mais je vais lui offrir sur un plateau mon corps et une porte de sortie. Les trois paires d’yeux qui m’observent comprennent à quoi je pense, Neferty m’explique donc qu’en me vêtant de la cape d’Hadès il n’aura aucun pouvoir sur moi, ce n’est pas seulement pour échapper à cette prison, tandis que le sceptre sera uniquement utilisable pour ouvrir le portail me conduisant à lui.

Après ces petites explications nous retournons dans la salle avec le trône et Neferty s’y installe en nous demandant de nous mettre à ses côtés. Il appuie en même temps avec ses coudes et ses mains sur les plaques composant les accoudoirs du trône, le plafond s’ouvre avec un doux frottement tandis que, tel un lustre de pierre, le trône et la dernière rangée de marches pour y accéder se soulèvent. Devant nous, tel un film se déroulant du bas vers le haut pour occuper l’ascension, se déroule l’un des plus grands passage de l’histoire égyptienne, ou du moins le plus connu, celui de la Reine Cléopâtre. Voir une représentation plus que parfaite de cette grande reine montre à quel point son nez est aussi beau que ce que l’on raconte. Mais je n’en reviens pas de voir tous ces morceaux d’Histoire que le prêtre n’a pas pu connaître. Son explication est qu’il a tout vu en rêve, lui ou un prêtre devin de son temple. C’est à la fois choquant et merveilleux que toute l’Histoire soit rassemblée en un endroit. Je fais quand même part de ma curiosité sur le fait que nous apparaissons, mais pas l’histoire des humains dans la suite de l’Égypte antique. Sa réponse est simple : c’est un tombeau égyptien, il n’a de lien qu’avec ce qui se passe en Égypte ou qui y est lié. Je suis l’exception puisque je viens de divers endroits. Je ne relève pas, mais il paraît gêné quand il prononce ces mots, je viens pourtant bien de plusieurs endroits avant d’être venu ici.

Une fois que le film se termine, nous sommes à nouveau dans la première salle que nous avons vue avec les quatre couloirs. Celui qui doit être celui que nous avons emprunté pour descendre est bloqué par une statue que je reconnais maintenant comme Osiris, qui soulève sa couronne et en retire un sceptre qu’il me tend.

– Il faut que tu ailles sur un lieu qui est un point de croisement pour pouvoir faire ton invocation, m’informe le prêtre. Tu vas pouvoir envoyer tes amis directement à Brocéliande puis ouvrir la porte vers ton chéri. Le plus près… ah oui, ça doit être entre les pattes du sphinx de Gizeh.

Nous le remercions alors qu’il décide de nous accompagner jusqu’à la sortie. Qui consiste en une grande montée puis une sorte de petit wagonnet : il nous avoue avoir rêvé de montagnes russes, j’espère qu’il ne compte pas nous donner des sensations fortes mon estomac ne va pas supporter ! Mais je suis une fois de plus trop effrayé pour rien puisque nous descendons simplement en ligne droite, certes très rapidement, mais sans secousses. J’arrive même à m’endormir après toutes ces émotions intenses.

Quand je me réveille le jour se lève entre les grandes pyramides. Quoi ??? Je regarde autour de moi, oui, nous sommes bien revenus au Caire, enfin plus précisément dans la zone historique. Symad et Sylvis sont présents, endormis, mais Neferty a disparu. Des traces dans le sable partent en direction de la ville.

J’espère qu’il ne va pas créer de problème comme dans le film les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec...

Pititgayy

pititgayy@gmail.com

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