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HISTOIRE

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Premier épisode - Épisode précédent

Jeune, riche et gâté

Chapitre -05

On peut affirmer sans trop de doute que cette finale de la Ligue Majeure a marqué l’histoire du base-ball et restera dans les annales. Le match avait été épique, le stade était resté en suspend pendant presque toute la rencontre et, au dernier moment, une explosion de joie avait accompagné l’ultime homerun de Mickael Moore. Miami battait in extremis Los Angeles, qui se couchait bonne perdante.

En parlant de coucher, Samuel, Paul et moi avions eu la journée pour nous remettre des efforts de la veille et nous étions survoltés au moment de rejoindre nos places dans le grand stadium. Paul ne nous avait retrouvés qu’à la mi-journée. Samuel et moi avions donc passé la matinée ensemble, en tout bien tout honneur, sans même évoquer ce qui s’était passé la veille. À midi, quand le cadet était entré dans la chambre, il nous avait trouvés en train de discuter et n’avait pas pu s’empêcher de rougir lorsque nous lui avions lancé des clins d’œil appuyés.

Nous quittions à présent le stade. Emportés par la foule, nous suivions la marée humaine qui déferlait dans les rues de Los Angeles, ballottés entre les cris de joie, les hurlements de déceptions, les odeurs d’alcool, de sueur et d’adrénaline. Autour de nous, les farandoles étincelantes des gratte-ciels nous enveloppaient. Nous avons finalement trouvé un petit coin tranquille, dans une ruelle adjacente, et je me suis sacrifié pour aller nous acheter une pizza. Lorsque je suis revenu, je n’ai trouvé que Samuel, seul.

– Paul est rentré, m’a-t-il dit. C’était sa première finale : toute cette agitation, ça l’a fatigué.

– Ça et la petite séance de sport en chambre de la nuit dernière, ai-je ajouté.

L’aîné a ri et m’a approuvé d’un signe de tête. Tout en mangeant nos tronçons de pizza, nous avons parcouru les grandes avenues remplies de fêtards. Samuel et moi, nous refaisions le match minute par minute, revivant un peu de l’excitation qui s’était emparé de nous à ce moment-là. Absorbé par la discussion, j’ai mis un moment à comprendre que nos pas nous conduisaient lentement mais sûrement dans le même club que la veille – et étant donné ce qui s’y était passé, je n’allais sûrement pas m’y opposer.

Une foule incroyable était massée à la porte, mais nous n’avons pas eu besoin d’attendre : Samuel s’est approché du videur – le même que la veille – et ce dernier nous a laissé entrer avec un regard mêlé de crainte et de respect. J’ai ri en me disant qu’il n’y avait pas un meilleur passe-droit que l’énorme queue de mon ami (avec un engin pareil, on peut rentrer à peu près n’importe où, sauf dans des rectums trop étroits).

Comme la veille, nous nous sommes accoudés au bar tout en poursuivant notre conversation animée. Je défendais toutes griffes dehors la performance de Mickael Moore, le héros de l’équipe de Miami, l’homme qui nous avait accordé la victoire. Samuel, lui, répétait inlassablement qu’il ne valait pas la peine qu’on le glorifie. J’étais persuadé que ce n’était que pure jalousie de la part de mon ami, mais c’était peut-être mon orgueil qui parlait pour moi.

En effet, Mickael Moore était incontestablement mon joueur préféré depuis qu’il avait intégré la ligue en tant qu’outsider. Je l’idolâtrais, et pas seulement parce qu’il était sexy. Certes j’avais fait ma puberté avec lui, et plusieurs de ses posters avaient déjà reçu le témoignage visqueux de mon affection, mais il était aussi doué avec une batte qu’il l’était avec son organe (en tout cas, je ne vous dis pas ce qu’on a pu faire ensemble dans mes fantasmes les plus fous).

Samuel s’était vite rendu compte que Moore ne me laissait pas indifférent, autant sur le plan sportif que sexuel, et j’étais persuadé que le frère de Paul, en son for intérieur, se sentait légèrement vexé de passer soudainement au second plan de mes considérations. J’étais peut-être prétentieux de penser cela, mais j’aimais croire que je comptais à ce point pour le jeune homme.

Voyant que cette discussion ne mènerait à rien, et qu’il ne parviendrait pas à faire tomber le joueur de base-ball de son piédestal, Samuel a fini par reporter son attention sur la foule de danseurs. Puisque Paul y a trouvé son bonheur hier soir, pourquoi ce ne serait pas son tour aujourd’hui ? me suis-je dit avec un petit pincement au cœur. Je ne l’aurais sûrement pas admis à l’époque, mais j’aurais souhaité qu’il trouve son bonheur en se tournant vers moi.

La veille, j’avais déjà remarqué que Samuel n’était pas du genre à danser. Il restait à l’écart, à observer la foule avec ses yeux d’un bleu acéré. Lorsqu’il trouvait une proie à son goût, il n’allait pas vers elle : il l’attirait hors du troupeau. Il ne se mêlait jamais à la foule qui se trémoussait langoureusement. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu sur le ton de l’évidence :

– Simplement parce que je ne sais pas danser, et que c’est dur de draguer en ayant l’air ridicule.

La réponse faisait sens, mais je n’ai pas pu m’empêcher de noter que c’était aussi une manière pour lui d’établir un contrôle. Il dominait toujours, même quand il n’était pas au lit ; il avait besoin que l’autre vienne vers lui, et non le contraire. Samuel était dans cette logique de soumission de l’autre, et j’avoue que ça me plaisait un peu (mais quand même pas au point de me laisser dominer, j’avais clarifié ce point avec lui la veille).

Au bout de quelques minutes, l’aîné m’a salué d’une tape sur l’épaule et s’est éloigné. Il s’est posé à l’autre extrémité du comptoir, là où il n’y avait pas grand monde. Les choses n’ont pas traîné pour lui : après seulement un ou deux instants, il parlait déjà avec un jeune homme tout juste majeur – j’ai dit «homme», mais «garçon» aurait été plus correct. C’était un petit minet, encore plus candide que Paul. Son visage lisse et pâle lui donnait un air égaré, son corps était si fin qu’il semblait presque invisible à côté de la montagne de muscles qu’était Samuel.

J’ai vu mon ami l’attraper doucement par le bras et l’emmener vers l’ascenseur. Il y en avait au moins un qui allait s’amuser cette nuit, mais j’avoue que je trouvais ça un peu frustrant. Savoir que la grosse matraque de Samuel allait servir en mon absence, ça me laissait un arrière-goût amer dans la bouche. J’ai décidé de commander un autre verre pour faire passer la pilule, en me disant que si je n’effaçais pas cet air grognon de mon visage, je ne risquais pas de tirer mon coup ce soir. Alors qu’un serveur au torse sculpté m’apportait ma bière avec un sourire charmeur, une voix à côté de moi lui a dit :

– Vous le mettrez sur ma note.

Je me suis tourné pour me retrouver nez-à-nez avec un homme d’une trentaine d’années, un peu plus petit que moi, râblé, à la silhouette charpentée par de larges épaules carrées. Il sirotait tranquillement une canette de jus de fruits. Sa peau légèrement mate contrastait avec ses yeux verts. Ses longs doigts fins et ses bras épais sont ressortis lorsque les spots lumineux se sont posé sur eux. Les lumières tamisées m’empêchaient de le distinguer clairement le nouveau venu, mais j’ai cependant réussi à noter qu’une queue-de-cheval sombre ressortait par la lanière ajustable de sa casquette – une casquette blanche aux effigies de l’équipe de base-ball de Miami. Il me payait un verre et soutenait mon équipe préférée… Celui-là, je l’aimais bien d’office.

Afin d’amorcer la conversation, je lui ai demandé :

– Vous êtes-là pour le match, non ?

– On peut dire ça comme ça.

L’un des projecteurs a alors momentanément illuminé son visage, et j’ai senti mon cœur s’accélérer d’un seul coup. Mickael Moore était là, en face de moi !

– J’ai entendu comment tu m’as défendu devant ton copain, m’a-t-il dit. Je veux te remercier. Tu as l’air d’être un fan de la première heure, ça fait du bien de savoir que j’en ai eu… Au début, y’avait pas grand monde qui croyait en moi.

Je le regardais, bouche bée. Je ne savais pas comment réagir : j’oscillais entre la groupie affolée et le gars blasé qui essaye de garder un semblant de virilité. J’ai fini par choisir la deuxième option. J’ai pris mon verre, me suis accoudé davantage sur le zinc et ai entamé la discussion comme si je venais de rencontrer un vieil ami.

Nous avons parlé du match, bien sûr. Mickael m’a confié que, dans les vestiaires, l’entraîneur avait eu un sacré coup de chaud. Sans ce dernier point, il aurait sans doute été viré pour avoir échoué à faire gagner son équipe. La Ligue ne faisait pas de cadeau, il y avait bien trop d’argent en jeu. Plus je parlais avec Moore, et plus il me dépeignait un univers sombre et plein de machinations.

– Faut pas croire, m’a-t-il confessé, le base-ball c’est avant tout une affaire de fric.

Ça, je le savais très bien. Je lui ai expliqué que, pour ma majorité, mon père avait voulu acheter l’équipe de base-ball dans laquelle Mickael jouait à l’époque (qu’est-ce qu’un père multimillionnaire ne ferait pas pour combler son absence et acheter l’amour de son fils ?). Je l’avoue, à l’époque ça m’aurait vraiment ravi si les choses étaient allées jusqu’au bout. Mais mon père avait vu dans quel genre de boue le sport traînait, et il n’avait pas voulu prendre le risque qu’un jour j’échoue dans cette vase pleine de stéroïdes, de trafiques médicamenteux, d’histoires sordides et d’argent sale (comme quoi, malgré tout, il est capable de me voir comme autre chose qu’une putain de capote qui a craqué dans le vagin de ma mère, il y a un peu plus d’une vingtaine d’années).

Mickael a ouvert des yeux ronds comme des soucoupes quand je lui dis qu’à dix-huit ans, il s’en était fallu de peu pour qu’il m’appartienne. Il m’a jaugé du regard. Ça y est, il me prend pour un gamin pourri-gâté, ai-je pensé, et il n’a pas tort. J’attendais une réaction de sa part quand il m’a soudain lancé d’un air coquin :

– Quoique, t’appartenir, ça m’aurait peut-être pas déplu. Tu m’aurais fait faire quoi ?

– Tu sais, j’avais à peine dix-huit piges, j’étais saturé d’hormones. T’as eu mon âge, toi aussi, alors je te laisse imaginer…

– T’aurais joué avec ma batte, m’a-t-il dit en riant.

J’ai fait chorus en notant dans un coin de ma tête que le sous-entendu homosexuel ne l’avait pas du tout dérangé – bien au contraire, c’était lui qui s’était avancé sur le sujet. En y repensant, je me suis alors dit que la situation était pour le moins étrange. Que faisait Mickael Moore, le héros du jour, dans un lieu pareil ? Pourquoi ne fêtait-il pas sa victoire avec ses collègues ? Et pourquoi venir dans une boîte gay, lui qui était connu pour être un coureur de jupon invétéré, le genre de mec à se vanter de toutes les chattes qu’il fourrait ?

J’étais trop fatigué – et peut-être un peu trop alcoolisé – pour me poser ces questions pendant plus de deux minutes d’affilée. J’ai donc décidé de l’interroger directement (vous vous souvenez de mon petit problème de curiosité mal placée, bah il marche même quand j’ai deux grammes dans chaque poche). Après que je lui ai fait part de mes interrogations, il m’a répondu à voix basse, comme gêné :

– Ben tu vois, je suis en veine ce soir. On a gagné et tout… Alors je me suis dit que c’était l’occasion de réaliser un autre de mes rêves… J’ai toujours voulu faire ça avec un mec, mais j’ai jamais osé… Y’a eu des trucs dans les vestiaires, genre des jeux de branlettes et tout, et ça m’excitait vachement… Et puis aussi, un jour j’ai peut-être un peu sucé un pote, mais pas jusqu’au bout… Alors ce soit je veux tout essayer, et savoir ce que ça fait vraiment de se taper un mec.

Je n’en croyais pas mes oreilles – Samuel avait dû glisser un truc dans mon verre pour me faire halluciner. Il voulait s’envoyer en l’air avec un mec, et il venait me dire ça à moi, le type qui a passé sa puberté à recouvrir la gueule postérisée de Mickael Moore avec son jus. Je voulais me le faire, c’était sûr. J’allais me le faire ! Je ne pouvais pas laisser une occasion pareille. Il fallait que je réalise mon fantasme, parce que je n’aurais pas de deuxième chance.

Tout à coup, sans vraiment contrôler me gestes, encouragé par l’alcool et la testostérone, j’ai posé une main sur la cuisse épaisse et musclée qui se trouvait à quelques centimètres de la mienne. Mickael m’a souri, et je me suis penché pour lui murmurer à l’oreille :

– Quelque chose me dit que tu vas exaucer ton vœu ce soir.

– Et quelque chose me dit que je ne vais pas être le seul à combler mes fantasmes, a-t-il rétorqué.

Il a posé à son tour une main sur ma cuisse et l’a lentement remontée jusqu’à mon entrejambe. Il s’est glissé dans la manche de mon short et a palpé mon paquet à travers mon caleçon. Lorsqu’il a serré ma tige, il l’a trouvé dure et gonflée – elle était déjà comme ça depuis un moment, et j’avoue que j’avais de plus en plus de mal à me retenir. Imitant le geste de Mickael, j’ai à mon tour remonté ma main sur sa peau couverte de petits poils sombres, et j’ai senti le tissu de son short serré qui se tendait lentement mais sûrement. Il m’a jeté un regard brillant de désir et m’a demandé avec un air de défi :

– Alors, t’en dis quoi ? On se fait un petit match tous les deux ?

Il n’a pas eu besoin de le répéter deux fois. Je me suis levé, j’ai laissé un pourboire au barman (tant pis pour ses beaux pecs et son cul sexy, il devrait se contenter de servir encore quelques mojitos) et je me suis dirigé vers l’ascenseur, mon idole sur mes talons.

Dans la cabine, mieux éclairée que la boîte, j’ai enfin eu le loisir de le détailler. Son t-shirt moulait à souhait son corps épais – plus épais que celui de Samuel. Ses larges jambes, ses bras musclés, ses pectoraux proéminents et ses abdominaux saillants ressortaient sous l’éclairage des halogènes. En règle générale, je n’aime pas tellement les hommes aux muscles trop prononcés (pas de commentaire en ce qui concerne Samuel, s’il-vous-plaît. Il est très grand, ça étire sa carrure… Et puis quand on est face à un type aussi bien monté, on n’a pas le droit de faire la fine bouche). Bref, j’avoue que j’étais prêt à faire une exception pour mon héros (Mickael hein, pas Samuel… Non, non, pas Samuel, je vous assure). J’allais dévorer ses belles tablettes de chocolat jusqu’à m’en rendre obèse.

Nous sommes enfin arrivés au dernier étage après une ascension qui m’a paru interminable. Une fois dans le couloir, je me suis empressé de trouver une chambre sans miroir – je préférais éviter qu’on nous observe, voire qu’on nous filme. Il y avait eu assez d’histoires de sex tape dans le monde du sport, et je ne voulais pas mettre Mickael dans l’embarras. Ce soir, il était à moi et à personne d’autre : j’allais lui permettre de fêter sa victoire en l’envoyant au septième ciel, je voulais qu’il passe une soirée inoubliable.

Il a verrouillé la porte derrière nous et s’est approché de moi. Un peu hésitant, il a penché son visage pour presser ses lèvres contre les miennes. Il s’est d’abord contenté de ce simple contact et, peu à peu, il a entrouvert la bouche pour que l’on se rejoigne. Sa langue a rencontré la mienne et il s’est détendu. Plus le temps passait, plus il mettait de la fougue dans ce baiser, allant jusqu’à se coller contre moi, dressé sur la pointe des pieds pour atteindre mon visage. Je sentais que son corps râblé commençait à monter en tension. Ses muscles se contractaient et son sexe gonflait contre ma cuisse. Le mien, quant à lui, était sur le point de faire éclater ma braguette.

D’un geste, j’ai retiré le t-shirt de Mickael, dénudant ainsi ses muscles tannés par le soleil. Il était imberbe, à l’exception des quelques poils qui entouraient les auréoles cuivrées de ses tétons. Je me suis décroché de ses lèvres voraces pour aller titiller ces merveilles avec la pointe de ma langue. J’ai pu voir le frisson qui a parcouru son corps athlétique lorsque j’ai étalé ma salive sur la peau hypersensible de ses mamelons. D’une main, j’ai défait sa ceinture avant que son boxer ne craque définitivement, et, de son côté, il m’a retiré mon t-shirt et a laissé ses doigts se promener sur mes muscles, certes moins prononcés que les siens, mais tout aussi agréables. Il a pris mes propres tétons entre son pouce et son index pour les pincer gentiment, ce qui m’a arraché un léger soupir de contentement.

En douceur mais avec fermeté, il m’a fait comprendre ce qu’il voulait en passant ses mains sur mes épaules afin de m’agenouiller devant lui. J’ai saisi la bande de tissu qui faisait le tour de sa taille et, d’un coup sec, j’ai baissé son pantalon et son caleçon. J’ai libéré sa queue, dure comme un roc. Elle n’était pas très longue (en même temps, à côté de Samuel, la plupart des mecs ont des cure-dents entre les jambes), mais elle se rattrapait par son épaisseur ; les longues veines qui s’étiraient sur sa peau sombre palpitaient et la secouaient par à-coups ; son gland fuselé s’étirait sous mon nez et répandait une odeur prononcée tandis que de grosses gouttes de mouilles écartaient déjà les bords du méat – la longue fente me laissait penser que notre joueur devait être un éjaculateur hors-pair.

J’ai commencé par effleurer la pine avec mes lèvres. Mon haleine brûlante a provoqué de puissants soubresauts le long de la tige, les poils sombres qui entouraient le sexe et recouvraient les bourses se sont hérissés. J’ai ensuite déposé quelques baisers délicats sur sa pointe turgescente et, en écartant bien les mâchoires, j’ai englouti le sommet de cette bite. Je lui ai donné de grands coups de langue ; le muscle chaud et humide a glissé sur la peau soyeuse et, d’un geste expert, sa pointe a récolté le pré-sperme qui suintait – comme un apiculteur avec ses ruches, sauf que j’ai préféré savourer sur place ce nectar salé, plutôt que de le mettre en pot. Mickael n’a pas pu retenir un râle viril.

– Oh putain, s’est-il écrié, les meufs elles ne font pas ça aussi bien ! Et tu peux me croire, j’ai de l’expérience dans ce domaine. Vas-y mon gars, astique ma batte !

Je ne me suis pas fait prier. Je me suis aperçu que j’étais heureux de retrouver les plaisirs simples d’un organe de taille raisonnable, plutôt que de devoir encore sucer l’énorme chibre de mon ami. Inutile de dire que je l’ai chouchouté, ce bel engin. Je l’avais imaginé un millier de fois dans mes fantasmes (et pour le coup il ressemblait plus à celui de Samuel, mais je ne pensais pas que ça puisse exister, à l’époque). Je le suçais, le léchais, et par moment je le relâchais pour aller gober les deux couilles qui pendaient lourdement dessous. En bon récoltant, je savais que le vrai nectar ne s’obtient qu’au prix de nombreux efforts, et c’est pourquoi j’ai redoublé d’ardeur lorsque j’ai ravalé le pieu gorgé de sang de mon idole.

De temps à autre, mon nez touchait la touffe de poils frisés qui surplombait le sexe de Mickael. L’odeur m’enivrait. Malgré la douche qu’il avait dû prendre dans les vestiaires, je décelais encore les traces du match – la sueur d’une finale de Ligue, la sueur du héros qui avait marqué le point décisif. Il méritait de se faire sucer comme un roi, c’est pourquoi j’ai mis mes mains de part et d’autre de ses cuisses épaisses comme des troncs d’arbre et, dans un geste frénétique, je me suis empalé sur sa bite. Elle a glissé contre mon palais et, couverte de salive, elle n’a eu aucun mal à passer ma glotte pour s’enfoncer dans ma gorge. Mon idole a lâché un cri de bonheur, sa verge a enflé et j’ai bien cru que le moment fatidique était arrivé, mais il a su se contrôler.

Lorsque j’ai recraché son chibre, il a pris ma tête entre ses mains et m’a renfoncé sa tige sans crier gare. Il m’a baisé la bouche comme l’hétéro qu’il était. Il me prend pour sa pute ou quoi, me suis-je dit en songeant à me rebeller. S’il veut faire ça, il n’a qu’à aller le demander à l’une des salopes qui lui courent après, si tant est qu’elle accepte une telle chose. J’ai alors compris que c’était là ce que Moore appréciait sans doute : pouvoir me faire ce qu’aucune femme n’aurait toléré. Il savait que je l’admirais, il savait que je le désirais, et il en profitait, entraîné dans sa frénésie sexuelle. Il transpirait comme un bœuf, la testostérone dégoulinait sur son corps luisant, et ça m’excitait au plus haut point. J’ai donc décidé de le laisser me déboîter la mâchoire à grands coups de bite – non sans me promettre qu’il allait récolter la monnaie de sa pièce.

Pour ne pas être en reste, j’avais dégrafé ma ceinture, baissé ma braguette, tiré mon bel engin, et je l’astiquais patiemment en le préparant pour la revanche – et ce match-là, j’allais le jouer à fond.

Après un petit moment, j’ai enfin senti que les cuisses de Mickael se resserraient et se contractaient. Son sexe s’est tendu dans ma bouche, son bassin s’est contracté, ses muscles se sont raidis, et les giclées chaudes se sont étalées sur mon palais avant de couler dans ma gorge. Son sperme était extrêmement visqueux – c’était presque comme manger un chewing-gum. Je me suis délecté de cette gelée royale que j’avais récoltée après une épreuve harassante, mais pas désagréable. Le goût salé a persisté un long moment et les filaments qui pendaient au bout de son gland se sont accrochés à l’émail de mes dents.

Il s’est excusé en prétextant qu’il ne s’était pas senti venir. Bah bien sûr, ai-je pensé, sarcastique. Mec, tu parles à un type qui a une bite et qui la dégorge, lui aussi. Garde plutôt tes excuses pour les filles que tu arroses, on ne me la fait pas à moi. En guise de remerciement, je l’ai embrassé à pleine bouche et lui ai transféré une bonne partie de sa purée. Je ne me suis détaché de lui que lorsqu’il s’est décidé à l’avaler. Il a fait une petite grimace en riant. Il m’a caressé le visage pour me remercier d’avoir toléré ses coups de boutoir et, en tirant la langue, il m’a dit :

– C’est bizarre comme goût, mais c’est quand même pas si mauvais…

– T’en avais jamais goûté ? Même pas le tien ?

– Une fois j’ai voulu, mais j’ai vu une meuf sur internet qui disait que c’était vraiment dégueu de faire ça… Franchement, maintenant que je l’ai fait, je ne comprends vraiment pas pourquoi elles m’en veulent quand je leur décharge en pleine gueule.

– Oh crois-moi, tu vas bientôt comprendre.

C’était à mon tour de lui montrer de quoi j’étais capable. Je l’ai agenouillé d’un coup sec. Étrangement, son corps large et carré s’est plié à ma volonté et, avant même qu’il n’ait le temps de protester, il s’est retrouvé avec mon gros gland dans la bouche. Malgré tout, j’y suis allé plus doucement que lui. La mienne était plus longue, tout aussi épaisse et plus compliquée à avaler, surtout pour un mec qui n’avait jamais vraiment sucé. Je devais faire preuve de la même pédagogie que celle que j’avais exercée sur Paul la première fois (et je dois dire que je ne suis pas mécontent du résultat, quand on voit comment ce petit gars se débrouille aujourd’hui). Cependant, Mickael n’était pas un jeune homme tout juste sorti de la puberté : sa majorité, il l’avait atteint depuis un moment déjà, et il savait comment faire du bien à un gland – ne serait-ce que parce qu’il en possédait un, lui aussi. Il avait des années de sexe au compteur. On lui avait sans doute fait plus d’une pipe, sans parler des centaines d’heures de branlette qu’un mec dans la trentaine peut cumuler. Ce n’était sûrement pas un débutant, même s’il était hétéro.

Il se débrouillait bien. Il titillait mon gland avec sa langue, se glissait dans l’entrée du méat, sous mon frein, suçait ma hampe et parvenait même à l’avaler même jusqu’au trois quarts (un exploit que Paul n’avait pas à son palmarès lors de notre première leçon). Cependant, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’il ne savait pas s’y prendre aussi bien que Samuel. J’ai alors revu le bel apollon qui partait avec son petit minet – ils devaient bien s’éclater tous les deux. Alors moi aussi, j’allais m’offrir une nuit torride avec l’homme de mes rêves.

Mickael était excité, son sexe reprenait du volume entre ses jambes. Il réalisait son fantasme, il se faisait un mec. Il passait ses mains sur mes abdos, appréciait leurs formes, remontait jusqu’à mes pectoraux – qu’il arrivait à peine à atteindre – et tirait sur mes tétons. À mesure qu’il découvrait mes zones érogènes, qu’il comprenait comment exciter un autre mec, mon sexe enflait dans sa bouche. À plusieurs reprises, il a manqué de s’étouffer avec ma bite, mais il a vite repris son souffle pour se remettre à la tâche sans traîner. De lui-même, il est venu caresser mes testicules, plus épais que les siens, qui pendaient dans leur gros sac de peau chaude. Il les a soupesés, malaxés, a glissé ses doigts derrière et a appuyé doucement au niveau de ma prostate – une groupie avait sûrement dû lui faire ça un jour. Ç’a été un moment intense, il m’a arraché un râle fiévreux, mais il en fallait plus que ça pour me faire juter. Ses doigts ont donc continué donc leur progression et ont fini par atteindre la zone sensible, cachée entre les poils qui couvraient ma raie. À l’instant où il a effleuré ma rosette, j’ai retiré mon sexe. Il était là, à genoux, la mâchoire pendante, interloqué.

– Quoi ? m’a-t-il dit d’un air contrit. Je croyais qu’il fallait dilater son partenaire avant d’entrer ? Sinon ça risque de te faire vachement mal, non ?

– Et tu sais comment dilater un trou ? lui ai-je demandé sur un ton un peu agressif.

Il a secoué la tête, surpris. Je l’ai relevé, l’ai amené jusqu’au lit et, avant même qu’il ne comprenne ce qui se passait, je l’ai mis à quatre pattes sur le drap, le cul en l’air. Il n’a réagi qu’après que j’aie écarté ses deux belles fesses musclées.

– Arrête, s’est-il exclamé, le deal c’était…

Je l’ai coupé :

– Le deal c’est que tu découvres ce que ça fait de s’envoyer en l’air avec un mec. Ça sert à rien si c’est juste pour que tu me pénètres comme tu le fais avec les meufs. Tu vas voir, ça c’est bien mieux – enfin, à ce qui paraît.

Moore venait de comprendre qu’il était tombé sur un actif, alors qu’il espérait s’enfiler un gentil petit passif. C’est souvent une erreur que les gens font avec moi, alors qu’il n’y a aucune raison pour ça (sauf quand un mastodonte de presque deux mètres me fait de la concurrence). Avant qu’il ne proteste davantage, j’ai enfoui mon visage dans sa raie poilue. Elle sentait encore la sueur et le mâle. J’ai fouillé la forêt vierge avec ma langue et, lorsque j’ai atteint sa rondelle, Mickael s’est soudain cambré en poussant un petit cri.

– Oh putain c’est quoi ce truc ! C’est…

Alors que ma langue glissait sur le petit bouton de chair et commençait déjà à l’écarter, mon partenaire a hoqueté et a pris quelques secondes pour profiter des nouvelles sensations qu’il expérimentait, avant de finir sa phrase :

– C’est trop bon ! La vache, j’adore !

À partir de ce moment-là, j’ai su que j’avais soumis mon beau joueur de base-ball. Rien de mieux qu’un petit léchage de rondelle pour transformer le plus viril des hétéros en vraie petite salope. À présent, je pouvais lui faire tout ce que je voulais, il ne protesterait pas, j’en étais sûr.

J’ai donc léché mon index avant de l’introduire dans son boyau étroit. La rosette élastique s’est d’abord contractée, avant de se détendre pour laisser passer mes phalanges. Mickael a lâché un soupir brûlant et m’a laissé travailler ses sphincters jusqu’à ce que je puisse introduire un second doigt dans son cul, ce qui l’a fait râler encore plus fort. Il prenait un pied d’enfer, je le sentais – et ce n’était pas encore fini. Il bougeait son bassin et se tenait prêt à encaisser quelque chose de plus gros que mes doigts – c’est tout juste s’il ne me demandait pas de l’enfiler sur-le-champ. Sa peau rougissait à mesure que son excitation montait, des filets de sueurs le long de son échine jusque dans les creux formés par ses muscles tendus. Ses pectoraux se gonflaient au rythme de sa respiration saccadée, entrecoupée de gémissements aigus.

Mes doigts lui ont limé le fion pendant un petit moment, et j’ai noté au passage que son sexe reprenait de la vigueur : il se redressait de plus en plus et se gorgeait de nouveau. Mais c’est qu’il aime vraiment ça, le salaud, me suis-je dit. Si ça continue, il va finir par supplier ses collègues de l’enfiler dans les vestiaires. Son gland pointait de nouveau, dur et foncé, et son méat ne demandait plus qu’à expulser son sperme gras et collant encore une fois. De ma main libre, j’ai empoigné cette merveilleuse batte pour la branler dans un geste frénétique du poignet, tandis que mon sportif bougeait son cul pour prendre encore plus de plaisir. Enfin, alors que la tension gorgeait son membre épais et qu’il râlait comme jamais, il m’a presque crié :

– Vas-y, prends-moi ! J’te veux dans mon cul ! Enfile-moi ta grosse bite et lime-moi !

Comment refuser quand c’est demandé si gentiment. J’ai retiré mes doigts, laissant un vide que ce trou décontracté voulait à tout prix combler, et je me suis précipité vers le minibar. J’y ai pris plusieurs bouteilles de lubrifiant ainsi que des préservatifs. Sans traîner, j’en ai enfilé un sur mon chibre tandis que Mickael s’astiquait frénétiquement le manche devant moi. Voir ses muscles épais et noueux qui s’agitaient, luisants et contractés, ça m’excitait davantage. Mon gros membre, raide et vigoureux, tapait si fort contre mes abdos que j’ai bien cru qu’il allait me fêler une côte (bon, j’abuse encore, mais les mecs voient ce que je veux dire… Et puis quand on bande, on se prend un peu pour superman avec un super-chibre). Mon gland était turgescent, à tel point que j’en avais presque mal. Je lubrifiais rapidement ma longue hampe et, sans perdre un instant, je me suis jeté sur le cul dilaté du beau Moore.

Il s’est allongé sur le lit, les cuisses écartées, et je me suis introduit en lui comme un couteau dans du beurre tendre – pas de doute, je lui avais vraiment bien cuisiné la rondelle. Il a serré ses jambes autour de mon bassin, et je me mis à le limer, doucement d’abord, puis plus rapidement, tout en caressant ses pectoraux et ses abdominaux en nage. Il gémissait et s’agrippait à mes bras. Son boyau chaud se contractait autour de ma grosse pine, mes couilles claquaient contre ses fesses. J’ai empoigné ses propres bourses, qui pendaient mollement sur ma queue en mouvement et, de mon autre main, j’ai imprimé un mouvement de va-et-vient frénétique à sa verge raide. Il criait comme un dément et je faisais chorus malgré moi. La chaleur passait de son corps au mien par l’intermédiaire de son cul, j’avais l’impression qu’on venait de me mettre sur le bûcher (à une époque, il y en a qui l’aurait fait sans hésiter, mais j’avoue que je préfère largement m’enflammer en sodomisant un beau sportif plutôt que de finir comme cette pauvre Jeanne).

En pleine pénétration torride, alors que son rectum comprimait ma tige et nous procurait à tous les deux un plaisir indescriptible, je lui ai retiré sa casquette dans un mouvement fougueux et j’ai libéré ses longs cheveux bruns. Ils se sont déployés en cascade pour venir encadrer son visage taillé à la serpe. Ils s’harmonisaient si bien avec ses yeux noisette et sa barbe de trois jours. Tous mes fantasmes de jeune gay en rut remontaient depuis les tréfonds de ma puberté – sauf que maintenant je savais vraiment baiser, et je ne m’en privais pas. J’embrassais régulièrement les lèvres fines de mon beau Moore entre deux soupirs. Il passait ses mains dans mon dos et sur mes reins pour rythmer mes coups de bite, ou bien il laissait ses doigts s’égarer sur mon torse humide tandis que nous soufflions tous les deux. Par instants, son corps se soulevait de lui-même, obéissant presque par réflexe à un spasme orgasmique.

Après un long moment à lui ramoner le conduit dans cette position, je me suis allongé sur le drap trempé, à la place du sportif. Les cuisses écartées, j’ai saisi la base de mon gourdin, l’ai dressé et Mickael est venu s’empaler sur ma pine, toujours aussi raide. Il a fait travailler ses cuisses musclées en alternant les va-et-vient verticaux et horizontaux. Moi, allongé de tout mon long, je me contentais de recevoir ses baisers, ses caresses, et de me tortiller sous l’effet électrisant du plaisir. Parfois, lorsque le rythme ne me convenait pas, j’empoignais mon idole par les hanches, je soulevais mon bassin, et je lui ramonais son petit trou avec toute la vigueur dont un gars de mon âge était capable. Mais la plupart du temps, je me suis laissé faire. Le visage de Mickael était extatique, ses yeux levés vers le plafond, ses doigts qui pinçaient ses tétons et ses lèvres entrouvertes dans un cri permanent.

Enfin, alors que les draps rendaient l’âme et que nos deux corps brûlants ne pouvaient pas en supporter plus, il a poussé un cri torride et son sexe dur comme un roc a expulsé une quantité astronomique de semence blanchâtre. Elle s’est écrasé mon torse, s’y répandant en gros paquets collants. Il ne s’était même pas touché, et son visage rougi par l’effort s’est détendu tout à coup, à bout de forces. Un liquide clair coulait le long de mon sexe et son rectum relâché palpitait autour de ma tige. Je me suis retiré lorsque son orgasme anal s’est estompé. J’ai demandé à mon amant de s’agenouiller devant moi, j’ai retiré la capote usée par les va-et-vient, et j’ai placé mon gland brûlant sur ses lèvres. Il ne m’a fallu qu’un tout petit coup de langue sur le méat pour que je lâche mon jus, plus liquide que le sien, mais très abondant et odorant. Mickael l’a lapé, comme un chat l’aurait fait avec une soucoupe de lait, et il est même allé jusqu’à en récupérer avec sa main pour prolonger le plaisir. Il se léchait encore les doigts alors que je me reculais, vidé.

Nous nous sommes écroulés sur le lit. Nos torses haletants se soulevaient, accompagnant notre respiration saccadée. Nos mains couraient sur nos corps, nous prolongions l’acte par des caresses tendres et affectueuses, plongés dans l’admiration mutuelle de nos muscles fermes et puissants. Après quelques instants, la voix atone de Mickael m’a murmuré dans le creux du cou :

– Eh ben ça s’était du sport… J’ai des potes qui feraient bien de venir s’envoyer en l’air avec toi plutôt que de soulever de la fonte…

Il s’est penché, a attrapé sa casquette, a récupéré un peu de sa semence qui s’était logée dans mon nombril et entre mes abdominaux, et il l’a étalé sur l’intérieur du tissu. Il a même pris la peine d’essuyer son gland humide dessus, y laissant de belles traînées blanchâtres, avant de la poser sur mon torse.

– Tu l’as largement mérité, cette casquette, s’est-il exclamé. Dis-toi que c’est un peu comme un autographe, mais avec mon jus… Un souvenir pour la nuit que tu m’as fait passer.

Il est resté encore un petit moment à mes côtés, puis s’est levé et a commencé à se rhabiller. Toujours allongé sur les draps froissés, je me suis tourné vers lui et lui ai demandé :

– Alors, tu recommenceras avec d’autres mecs ?

– Honnêtement, c’était génial, et j’ai éprouvé tellement de choses… Mais je crois que je vais surtout m’en tenir à limer de la chatte. Après rien ne m’interdit de me titiller la rondelle, maintenant que je sais que c’est aussi bon.

Il m’a gratifié d’un clin d’œil, a pris mon visage entre ses mains, m’a embrassé fougueusement et s’en est allé avant que son empreinte ne s’efface de mes lèvres. Après que la porte s’est refermée, je me suis retrouvé seul dans une chambre en désordre qui sentait fortement le mâle en rut, avec comme souvenir une casquette de l’équipe de Miami dédicacée au sperme. Je n’ai pas pu retenir un fou rire. C’était plus nerveux qu’autre chose, mais j’en avais bien besoin. Ensuite, je me suis rhabillé à mon tour, ai essayé de remettre un peu d’ordre dans la pièce, ai pris mon cadeau et je suis parti. Mes gestes étaient mécaniques, mes jambes roides avançaient malgré elles et j’avais encore le souffle court. J’étais toujours dans cet état post-coïtal qui vous donne l’impression que la terre entière flotte autour de vous, qu’une vitre opaque vous sépare du reste de l’univers.

J’ai pris l’ascenseur, je suis descendu de plusieurs étages et, une fois sorti, j’ai mis quelques secondes à me rendre compte que je n’étais pas au bon endroit. J’avais involontairement appuyé sur le bouton des sous-sols. Je me suis d’abord dit que ça devait être un parking sous-terrain, mais j’ai vite réalisé que j’étais on ne peut plus loin de la vérité.

Les murs rouges étaient couverts d’une épaisse moquette insonorisée, décoré avec des chaînes, des fouets, et tout un tas d’autres instruments dont je ne connaissais pas la fonction – même si je m’en doutais bien (quand on voit des machins avec des clous, ou des trucs en cuir, on se doute bien que ce n’est pas pour laver les vitres). J’avais déjà entendu des rumeurs au sujet des donjons, sans en avoir jamais vu un seul. Les gars de l’internat en parlaient souvent, et certains avaient même voulu tester. Personnellement, je m’en étais tenu à ce que je savais faire, c’est-à-dire limer des culs, baiser des bouches et sucer des bites. J’aime les hommes, leurs formes, leur carrure, leur sexe (même pas besoin de le préciser), mais je ne cherche pas la souffrance de l’autre, je ne prends pas mon pied de cette façon. Je respecte ceux que ça excite, mais autant vous le dire franchement, ce n’est pas mon délire. Je préfère largement une relation où les deux partenaires sont égaux, et où ils s’offrent librement l’un à l’autre, sans entraves.

Toutefois, curieux de nature, je me suis aventuré plus loin dans le couloir. Des images traversaient mon esprit, des souvenirs, des rêves, des rumeurs qui circulaient à l’internat, le tout mélangé au cœur de l’épais brouillard qui m’embrumait encore le cerveau après la partie de jambes en l’air avec Mickael. Cette vitre mentale atténuait les bruits qui me parvenaient. Des sons étouffés se frayaient un chemin à travers le bois épais qui composait toutes ces vieilles portes. Discrètement, j’en ai entrouvertes quelques-unes, mais je n’ai rien vu de très clair.

Arrivé à la dernière porte, des cris plus distincts se sont fait entendre. Ils m’ont glacé le sang. Des hurlements étouffés. Des sanglots. Des cris gutturaux dignes d’un film d’horreur. Le froid qui me paralysait l’échine m’empêchait d’avancer. Je me suis fait violence et, après quelques secondes de tétanie, j’ai trouvé le courage d’ouvrir la porte, sans la moindre discrétion cette fois, parce qu’à en juger par les bruits qui me martelaient les tympans, quelqu’un était en danger. Ce que j’ai vu m’a alors cloué sur place – je venais d’être frappé par la foudre.

Un jeune garçon incroyablement fin était accroché à des chaînes par les poignets. Ses bras étaient levés par un système de poulies et ses jambes étaient entravées par une longue barre noire qui les lui écartait presque de force, ouvrant un passage entre ses fesses dont la chair rougie était tuméfiée. Ses cris étaient étouffés par un bâillon équipé d’une boule – si j’avais eu l’esprit moqueur à ce moment-là, j’aurais probablement pensé qu’il ressemblait à un cochon de lait, avec sa pomme dans la bouche. Son visage émacié, déformé par la souffrance, était écarlate. Des flots incessants de larmes chaudes creusaient des sillons de douleurs sur ses joues lisses. Il ne prenait aucun plaisir, c’était évident. S’il avait pu parler, il aurait sûrement imploré son bourreau, il l’aurait supplié de mettre un terme à ses souffrances.

Presque malgré moi, mes yeux sont descendus vers l’énorme chibre qui défonçait littéralement le cul de ce pauvre garçon et lui déchirait sa rondelle probablement virginale. Caché derrière cette chose, le partenaire en question râlait, s’enfonçant comme une bête dans le petit corps blanc, déchirant à chaque passage le rectum ensanglanté. Un couteau qui s’enfonce dans la chair de sa victime, voilà l’image qui s’est imposée dans mon esprit. Les gouttes vermeilles qui serpentaient entre les veines de l’énorme hampe m’ont donné envie de vomir. J’ai dû mettre ma main devant ma bouche, autant pour étouffer le choc que pour retenir un haut-le-cœur.

Mon esprit fonctionnait au ralenti devant une telle horreur. J’ai mis quelques secondes à comprendre, et alors l’univers s’est écroulé autour de moi. Les murs de la pièce se rétractaient, ils cherchaient à m’emprisonner, et moi je suffoquais, opprimé. Ce jeune garçon. Cet énorme sexe. Ces testicules sombres, poilus et épais. Ces soupirs rauques et virils. Et même ces jambes que j’apercevais, longues, musclées… Son nom m’a échappé, mais ma voix s’est tu dans ma gorge avant que je n’arrive à la dernière syllabe.

Tout a soudain pris fin. La réalité a repris le dessus. Le minet meurtri a cessé de hurler. Les soupirs se sont estompés lentement. Le visage de mon ami a émergé, nimbé par l’obscurité partielle de la pièce. Il ressemblait à Samuel, il avait son apparence, son corps, mais c’était un animal qui me faisait face, une bête surprise au moment où elle soulageait ses pulsions les plus viscérales et les plus barbares.

Son visage luisant de sueur, habituellement si attirant, était déformé par la rage et… le plaisir ? Non, il ne prenait même pas son pied à détruire ce pauvre innocent. Ce n’était pas une question de sexe : c’était un besoin de souffrance. Il devait se soulager en faisant mal à l’autre avec ce qu’il avait sous la main – un énorme organe génital, désormais transformé en véritable instrument de torture.

Je le savais un peu pervers, mais je ne l’aurais jamais imaginé un seul instant capable de blesser son partenaire. Pas comme ça en tout cas, pas de manière délibérée… En se rendant compte de ma présence, il s’est retiré en vitesse. Sa victime a poussé un dernier cri (j’espère de soulagement) tandis que des gouttelettes rouges venaient s’écraser sur le sol froid. Il s’est relevé, un peu groggy et étonné d’avoir été surpris ainsi, en plein… Je ne sais même pas comment appeler ça !

Il s’est dirigé vers moi, nu. En temps normal, je lui aurais sauté dessus, mais à ce moment-là je n’avais qu’une seule idée en tête : le fuir. Dans cette pièce sombre, avec ce long sexe ensanglanté, ses muscles suintants, son visage déformé, l’obscurité qui recouvrait sa peau luisante, il me terrorisait. J’ai voulu refermer la porte et m’enfuir avant qu’il ne m’atteigne, mais il a quand même eu le temps de m’attraper par le bras. Il l’a serré dans sa poigne de fer. Je me suis dégagé d’un coup sec. Je n’étais pas un pauvre minet vulnérable, ni une crevette sans un gramme de muscle. Si Samuel voulait me faire du mal, il allait trouver un adversaire à sa taille.

Il m’a regardé alors que je reculais dans le couloir. Malgré le manque de clarté, j’ai vu ses prunelles bleues qui scintillaient. J’y ai lu un millier de choses, je n’en ai pas compris la moitié, mais je savais qu’il ne fallait pas en parler, pas même à Paul – surtout pas à Paul. Personne ne devrait jamais savoir que Samuel était une bête remplie de haine et de violence. Mais moi je le savais à présent et, malgré moi, je me suis demandé si ça l’affectait ou s’il s’en fichait.

Ses yeux acérés me fixaient toujours. Ils ne me demandaient pas pardon, ils n’imploraient pas ma pitié : ils assumaient, tout simplement, avec cet orgueil et cet aplomb qu’on ne trouve que chez un enfant pris la main dans le pot de confiture, et qui a quand même le culot de nous dire que ce n’est pas lui (sauf que là, Samuel ne pouvait pas me dire que c’était le chat qui avait démoli ce malheureux minet).

Je regardais le jeune homme. Son charme s’était évaporé, il était tombé en morceaux sur le sol. Sa carapace venait de voler en éclats. Il me dégoûtait. Il a clairement vu tout le mépris que j’avais pour lui et, comme si je l’avais frappé avec, il a vacillé l’espace d’un instant, le temps pour moi de tourner les talons. Il m’a suivi dans le couloir, toujours nu, son érection retombant mollement contre sa cuisse. Il ne me poursuivait pas, et pourtant il cherchait encore à m’atteindre – à me ramener vers lui.

Juste avant que la porte de l’ascenseur ne se referme, j’ai trouvé le courage de dire d’une voix rauque que j’allais appeler une ambulance pour le pauvre malheureux qu’il venait de déchirer.

Je me souviens à peine d’avoir quitté la boîte de nuit ce soir-là. Seul le journal de mon téléphone m’a confirmé que j’avais bel et bien appelé les urgences. Je crois que l’ambulance est arrivée quelques minutes après mon départ ; il me semble avoir croisé des lumières et une sirène stridente. J’ai erré un long moment dans les rues surpeuplées de Los Angeles. J’étreignais toujours la casquette de Mickael dans une main. Comment cette soirée avait-elle pu être aussi heureuse, et tourner aussi mal en quelques secondes ? Est-ce que la vie se moquait de moi ?

Je ne suis pas rentré à l’hôtel, par peur peut-être – la peur de Paul, qui aurait lu en moi sans la moindre difficulté. Je suis allé sur la plage pour m’enterrer dans le sable chaud. Après plusieurs heures passé dans cet état de semi-catatonie, je me suis rendu compte que la marée montait. Les vagues salées sont venues lécher mes chaussures, et l’océan tout entier s’est irisé lorsque le soleil a franchi l’horizon. Je me suis laissé emporter par toutes ces couleurs, ces sons, ces odeurs. Une idée puérile m’a alors traversé l’esprit. J’ai fait un vœu, et je me suis aperçu que de grosses larmes roulaient sur mes joues.

Aujourd’hui encore, je ne sais pas vraiment pourquoi.

* * *

Bonjour ou bonsoir à tous. Un peu comme d’habitude, je remercie tous ceux qui m’ont lu, ainsi que ceux qui ont pris la peine de m’écrire (je découvre des personnes géniales, et j’en suis ravi ^^). Ca me fait vraiment plaisir de savoir qu’autant de gens apprécient ce que j’écris, parce que c’est avant tout pour les lecteurs que je le fais (sinon à quoi bon aligner autant de chapitres aussi longs). Je ne vais pas vous refaire mon laïus sur le fait que j’aime beaucoup avoir vos retours pour savoir ce que vous pensez du texte, ça commence à devenir redondant. Ceux qui en font et/ou veulent en faire sont toujours les bienvenus ^^ Et même si c’est la reprise et que j’ai beaucoup de boulot de mon côté, je vais essayer de garder le rythme pour que vous puissiez profiter le plus régulièrement possible de cette petite saga :) Voilà, bonne journée/nuit à tous, et à bientôt ;)

Matt

matthieuGat@gmail.com

Suite de l'histoire

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