En vacances !
Retour le 20 juin.

11 juin
+43 histoires
en accès avant première.

10 juin. :
+22 histoires

VIP?
Accès avant première :
Des histoires en avance,
pour vous remercier
de vos dons

Don anonyme, en paypal ou CB

PUBLIER

HISTOIRE

SHOPPING

Premier épisode - Épisode précédent

Jeune, riche et gâté

Chapitre -06

Lorsque je suis enfin rentré à l’hôtel, j’ai trouvé Paul qui essayait désespérément de refermer sa valise. Il m’a salué d’un air enjoué. Il était avachi dans une posture complètement ridicule, à moitié vautré sur le couvercle de son bagage, avec ses cheveux en bataille qui tombaient sur son visage lisse et ses yeux gris qui brillaient d’un éclat vif – au moins il avait profité de son séjour jusqu’au bout. Il a réussi à m’arracher un sourire avec ses pitreries involontaires, même si ce n’était que pour quelques secondes.

Rapidement, mes inquiétudes sont revenues à la charge et je me suis mis à regarder autour de moi comme un animal acculé. Où était-il ? Est-ce qu’il était rentré ? Ou bien s’était-il évanoui dans la nature après avoir été surpris la main dans le sac (pour ne pas dire autre chose) ? Une part de moi espérait que la dernière hypothèse soit la bonne.

– Samuel a dit qu’il nous rejoindrait à l’aéroport, m’a lancé Paul en réponse à ma question muette. Il est passé en coup de vent un peu avant toi et il a pris sa valise. Il n’avait pas l’air de très bonne humeur… Ça veut probablement dire qu’il n’a pas tiré son coup hier soir, hein ?

J’ai regardé mon ami, assis en tailleur sur son matelas. L’innocence peinte sur son visage m’a pincé le cœur. Ses prunelles de grès me fixaient. Il était si gentil, il ne fallait pas qu’il sache. J’ai donc éludé sa question d’un geste de la main et j’ai machinalement réuni mes affaires pour boucler ma propre valise.

Plus je restais en compagnie de Paul et plus mon humeur s’améliorait. Je lui ai parlé de ma rencontre de la veille, et le cadet s’est extasié devant la casquette de Mickael Moore. Même si je ne lui ai pas tout dit de notre soirée, je suppose qu’il en a deviné une bonne partie – il n’est pas idiot, il a bien vu les traces blanches qui maculaient le tissu noir. Après ça, nous avons pris un petit-déjeuner copieux, hélé un taxi et nous nous sommes rendu à l’aéroport.

Dans le grand hall, devant le tableau des départs, Paul ne lâchait pas son téléphone des yeux. Il pestait contre son frère qui n’était toujours pas arrivé. De mon côté, je n’allais certainement pas m’en plaindre. Je n’avais pas une envie folle de me retrouver de nouveau face à lui après ce que j’avais vu la veille ; les images étaient toujours profondément imprimées dans mon esprit, et j’allais en faire des cauchemars pendant un long moment.

Lorsque j’ai vu la silhouette de Samuel se profiler à l’horizon, j’ai prétexté une envie pressante et j’ai filé en vitesse. Je ne faisais que retarder l’inévitable, mais bon… Dans les toilettes, je me suis contenté de me laver les mains, comme si elles avaient été souillées par ce qu’elles avaient pu faire avec le frère de Paul. Et soudain, malgré tous mes efforts, je n’ai pas pu retenir plus longtemps le flot d’images qui se pressaient aux portes de ma conscience ; j’ai serré si fort les paupières pour les empêcher d’apparaître que je m’en suis fait mal aux arcades sourcilières. Rien n’y faisait : mes mains se sont mises à trembler frénétiquement sous l’eau chaude, et une envie de vomir est restée bloquée dans ma gorge.

J’ai inspiré un grand coup en essayant de recouvrer mon calme.

À ce moment, la porte des toilettes a poussé un grincement strident et je l’ai vu entrer. Je lui tournais le dos. Son reflet s’est imposé dans le miroir qui surmontait les lavabos. Il a appuyé ses reins contre le bord d’un évier et m’a regardé. Une ombre commençait à lui manger le visage, le rendant plus sévère, ses cheveux courts étaient hirsutes et il sentait le vieux vestiaire de sport. Il n’avait sans doute pas eu le temps de se laver, et rien que d’imaginer son sexe encore couvert de sang, un frisson m’a secoué l’échine. J’ai tout fait pour le cacher, mais je tremblais de manière incontrôlable.

– Je suppose que tu t’attends à des excuses, m’a-t-il dit d’une voix qui se voulait douce, mais sincèrement, je ne vois pas pourquoi. Je ne t’ai rien fait, je n’ai pas à être désolé.

Je l’ai enfin regardé. Je n’arrivais même pas à le détester comme il faut. Il n’y avait que ce vide persistant en moi, un creux à la place de mon cœur. Je n’ai rien dit, je l’ai juste toisé. Il a semblé contrarié.

– Écoute, a-t-il ajouté sur un ton agacé, peu importe ce que tu as vu hier soir, je veux que tu saches qu’il était consentant. Il savait avant…

– Il savait quoi ? ai-je rétorqué, indigné. Il savait que t’allais le démolir ? Il savait qu’il allait finir à l’hosto ?

– Je l’ai vu ce matin, il va bien ! Enfin, il ne va pas si mal… Quelques points de suture, sans plus…

Samuel a fermé les yeux, bien conscient qu’il n’aurait peut-être pas dû mentionner ce détail. Il a poussé un soupir las. Il m’en voulait de ne pas comprendre son point de vue, c’était évident. J’aurais pu lui cracher au visage tellement il me dégoûtait, mais au lieu de cela, je me suis dirigé vers la sortie en lui disant :

– Je ne sais pas ce qui ne tourne pas rond chez toi, mais va te faire soigner.

– Pourquoi ? m’a-t-il lancé à la volée, un peu comme la provocation d’un enfant pris sur le fait.

Je me suis retourné et lui ai murmuré d’une voix suffocante :

– Parce que tu es un monstre.

J’ai su que j’avais fait mouche. Il s’est contracté, tous les muscles de son corps se sont immobilisés, remontés comme des ressorts. J’ai bien cru qu’il allait me frapper, mais il s’est contenté de serrer la mâchoire. Ses yeux ont étincelé à la lueur des néons avant de perdre leur éclat azuré, jusqu’à devenir ternes. Il s’est soudain détendu, vaincu. Pour une raison que j’ignorais encore, je venais de tuer quelque chose en Samuel. Je l’avais frappé. J’avais poignardé son âme.

Je ne m’en suis pas soucié, j’étais trop en colère – moi-même, je n’étais pas sûr de comprendre vraiment pourquoi. Sur le moment, rester dans la même pièce que lui me paraissait insupportable. J’ai quitté les toilettes et ai traversé le hall de l’aéroport en courant. Il a fallu le regard sévère d’un vigile pour contraindre mes jambes à ralentir.

J’ai retrouvé Paul là où je l’avais laissé. Il m’attendait et m’a fait un grand sourire lorsque je suis apparu derrière lui. J’ai eu envie de le serrer dans mes bras sans raison valable – à l’heure actuelle, je le voyais un peu comme ma bouée de sauvetage. Il m’a dit que Samuel était aussi parti aux toilettes et il m’a demandé si je ne l’avais pas croisé. J’ai secoué la tête : le moins mon ami en savait sur son frère, le mieux c’était. S’il avait eu la moindre idée des tendances sadiques de son aîné, il n’aurait sans doute pas tenu le choc.

L’avion a décollé quelques heures plus tard. D’abord coincé dans l’aéroport, puis dans une cabine pressurisée, j’ai fait tout mon possible pour ignorer la présence de Samuel, qui s’est d’ailleurs fait tout petit (comme quoi, tout arrive). Autant à l’aller il avait chauffé le steward, autant au retour il s’est vissé une paire d’écouteurs sur les oreilles, s’est installé derrière Paul et moi, et n’a rien dit de tout le voyage. Encore une fois, son frère a mis ce comportement sur le compte de sa frustration sexuelle – tant mieux, dans un sens.

De mon côté, j’ai discuté avec le cadet. En me rapprochant davantage de lui, j’avais l’impression de créer une bulle de protection qui excluait l’aîné de mon univers. Paul appréciait cette proximité établie de fil en aiguille, et j’avoue que moi aussi. Je brisais les dernières barrières entre nous et je découvrais encore plus mon jeune ami.

Une fois en confiance, Paul a sorti son carnet et m’a montré ses croquis. Ce gosse avait du talent, c’était incroyable. Ses traits étaient parfaits et incroyablement saisissants. Il dessinait aussi bien les objets que les animaux, mais ce qu’il réussissait le mieux, c’était sans aucun doute les corps humains (des nus, pour la plupart, inutile de le préciser). Il y avait bien sûr une majorité d’hommes, si réalistes que ma tige s’est réveillée dans mon caleçon, malgré mes efforts de la veille ; mais Paul avait également su retranscrire toute la beauté et la volupté du corps féminin. Dans les deux cas, les formes, les muscles, et les postures suggestives éveillaient en moi des sensations douces et agréables – quelque chose de tranquillisant.

J’ai demandé à Paul où il trouvait ses modèles. Il m’a répondu que pour les femmes, quelques-unes de ses amies avaient accepté de poser en sachant qu’elles ne risquaient pas de finir dans son lit. Pour les hommes, il m’a confessé en rougissant qu’il avait trouvé ses modèles sur internet, dans des pornos. Toutefois, certaines de ses figures les plus saisissantes me rappelaient les ouvriers qui travaillaient chez lui, souvent torse nu en période de canicule.

Dieu sait qu’il avait dû en passer des heures à dessiner en s’astiquant le manche, le petit artiste. Rien que pour ça, je sentais monter en moi l’envie de poser pour lui. Mais, alors que je ressentais cette attirance physique pour Paul, j’ai revu malgré moi les images de la nuit précédente, et j’ai compris que je ne pourrais plus jamais coucher avec le cadet sans repenser à l’aîné – les deux étaient bien trop liés dans mon esprit. Paul devrait donc se contenter d’un ami, fervent admirateur de son travail.

Lorsque nous avons enfin atterri à Miami, j’ai eu l’étrange surprise de trouver le chauffeur de mon père garé devant l’aéroport (je croyais qu’on l’avait congédié, celui-là). Quelque chose ne collait pas… J’ai dit au revoir à la va-vite, intrigué, ce qui m’a aussi évité de traîner trop près de Samuel. Je l’ai salué d’un simple d’un signe de la main, tandis que Paul m’a donné une accolade chaleureuse. Lui, je le reverrais pour ses leçons de maths, mais j’espérais bien ne plus jamais avoir affaire à son cinglé de frère.

Je suis monté dans la Bentley et le chauffeur m’a ramené chez moi sans un mot – il n’était pas payé pour parler, et encore moins pour faire la causette au fils du patron.

*

Alors ça, si je m’y attendais !

Le jardin laissé à l’abandon depuis des semaines s’était miraculeusement relevé de ses cendres grâce aux bons soins d’une armada de jardiniers. Les femmes de ménage s’affairaient partout dans la villa comme de petites fourmis, et même ma chambre avait été nettoyée de fond en comble. Une bonne odeur de cuisine flottait dans l’air et m’a attiré jusqu’aux fourneaux.

Sur la table de la cuisine, j’ai trouvé un mot officiel frappé du tampon de la compagnie de mon père. Ce cher paternel, toujours incapable de me parler en face ! Mais apparemment il s’était repris en main, c’était déjà ça. Dans un long courrier, il m’expliquait qu’il était parti pour Tokyo après la révision de la procédure divorce – j’avais complètement oublié qu’il avait fait appel de la décision. Sans la moindre considération pour mes sentiments personnels, la lettre m’expliquait comment une armée d’avocats hors de prix avait ruiné la faible femme qu’était ma mère (ça reste à voir), elle qui avait si lâchement tenté de détruire l’empire financier de mon géniteur.

Je ne me souciais pas de leurs problèmes. Ils n’avaient jamais été là pour moi, alors qu’est-ce que ça pouvait bien me faire ? Ma mère continuait de couler des jours heureux en se reposant sur la fortune d’un de ses amants, et mon père venait de récupérer les quelques millions qu’elle avait voulu lui prendre – une goutte d’eau dans l’océan de pognon qu’il possédait. Et moi, dans tout ça, je me retrouvais avec une nouvelle carte bleue, laissée par mon père à mon intention, puisqu’il ne serait pas présent pour mon anniversaire (pour changer un peu…).

Le compte en banque dont j’étais désormais l’heureux propriétaire était crédité d’une belle somme à plusieurs zéros (beaucoup de zéros) – c’était comme gagner à la loterie, mais en mieux. Mon père m’avait écrit qu’il assurait ainsi mon éducation et que j’étais libre de m’inscrire dans l’université de mon choix, publique ou privée. En ce qui concernait les dossiers d’inscription, clôturés depuis plusieurs mois pour tous les étudiants du pays, il m’apportait une solution toute cuite : il me suffirait de lui communiquer le nom de l’université de mon choix, et il se chargerait de favoriser mon intégration grâce à une généreuse donation.

Il ne me restait plus qu’une chose à faire : décider où je voulais étudier – et je n’avais que quelques semaines pour cela.

Dans les jours qui ont suivi mon retour, je me suis échiné à planifier étape par étape mon petit voyage. Il fallait que je réserve des vols, que je trouve des hôtels, que je contacte certains doyens pour qu’ils m’autorisent à visiter leur campus en dehors de la période scolaire… Je n’ai eu que peu de temps pour repenser aux événements de Los Angeles – j’ai tout de même pris le temps d’accrocher la casquette de Mickael Moore au-dessus de mon lit. Et il faut bien le dire, passer mes doigts sur le tissu rugueux, figé par la semence du beau joueur, sentir son odeur de mâle, la sueur qui avait ruisselé sur ses muscles grâce à moi, tout cela m’excitait à tel point que je me suis astiqué le manche à plusieurs reprises en repensant à ces bons souvenirs.

Malgré mes nombreuses occupations, je me suis fait un devoir de ne pas rater ma leçon avec Paul. Je l’avais laissé devant l’aéroport et je voulais le revoir. Il me manquait ce petit, avec son air de ne pas y toucher, alors qu’en fait… Je l’ai revu en train de tringler son partenaire contre le miroir sans tain. Et puis, inévitablement, je me suis souvenu de l’énorme sexe que j’avais eu en main – et en bouche – pendant ce temps, et j’ai frissonné.

Comme convenu, je me suis retourné chez les Longnight pour retrouver Paul. Nous étions encore en plein été, la chaleur était intense, et les jardiniers étaient toujours à pied d’œuvre pour que les buissons soient impeccablement taillés. J’ai bien eu un peu de peine pour eux, mais j’étais trop sur mes gardes pour prêter attention à leurs corps puissants et à leurs belles musculatures. Je faisais tout mon possible pour rester calme, mais au fond de moi, j’étais terrorisé à l’idée de me retrouver de nouveau face à Samuel. J’avais passé beaucoup trop de temps à enfouir des visions d’horreur dans mon subconscient, et je ne voulais pas les voir ressurgir.

Avec une certaine ironie, j’ai sonné à la porte en priant de toutes mes forces pour que le vieux majordome austère vienne m’ouvrir. Enchâssé dans son éternel costume sombre à col monté, peu importe la température, il s’est matérialisé devant moi et m’a observé avec ses petits yeux plissés, quasi-reptiliens. Une fine pellicule de sueur brillait sur son front dégarni, mais il ne bronchait pas.

Il m’a lancé un regard dédaigneux et m’a fait comprendre qu’il désapprouvait ma tenue légère – un débardeur qui laissait voir mes bras musclés et un short (trop) court. Il n’y avait pas besoin d’être médium pour savoir ce qu’il pensait : ce n’était pas approprié pour donner des cours à un jeune garçon tout juste majeur. J’ai ignoré le regard accusateur en songeant que, s’il avait su ce qu’on avait fait tous les deux, il serait probablement mort d’une syncope.

J’ai pénétré dans le grand hall frais du manoir. Le majordome m’a planté au milieu des mosaïques en me disant d’une voix monocorde que Paul n’était pas dans sa chambre et qu’il allait essayer de le trouver.

Alors que je patientais, je sentais la tension monter en moi. Je pensais arriver et monter me réfugier directement dans la chambre du jeune homme. Mais de rester-là, exposé, ça ne me rassurait pas. À chaque seconde qui passait, je risquais un peu plus de tomber sur Samuel.

Mais, contre toute attente, j’ai alors fait la connaissance d’une autre personne.

Un homme, assez grand, vêtu d’un costume trois-pièces, est arrivé dans le hall et m’a serré la main avec passion. J’ai d’abord sursauté en croyant voir Samuel. Il faut dire que Mr Longnight ressemblait comme deux gouttes d’eau à son fils aîné. Il avait les mêmes yeux bleus – tout de même moins saisissants que ceux de sa progéniture – les mêmes cheveux bruns coupés courts, la même mâchoire carrée. Lui aussi était grand et son corps dessinait le même V que Samuel – celui qui avait rendu le jeune homme si charmant à mes yeux. La ressemblance avec Paul était nettement moins marquée, mon élève devait tenir de sa mère.

Le paternel m’a donc serré la main en souriant de toutes ses dents (un peu comme le gars dans le pub pour dentifrice). Il m’a remercié pour l’aide que j’apportais à son fils (s’il savait…). Il m’a confié qu’il trouvait ça très généreux de ma part de continuer à travailler, surtout maintenant que je pouvais recommencer à vivre aux crochets de mon père. D’abord surpris qu’il soit aussi bien informé sur ma situation, je me suis souvenu qu’il était dans le Conseil d’Administration – autrement dit, mon père était son patron. Ce gars m’aurait sucé simplement pour que je dise du bien de lui, et comme ça j’aurais eu le privilège de me faire pomper par tous les mecs de la famille. Intérieurement, j’étais mort de rire rien que d’y penser.

Le majordome est revenu et, comme une ombre silencieuse, il a attendu que son patron ait fini de parler avec moi avant de m’informer que monsieur Paul était quelque part dans le jardin, mais où précisément, il n’en avait pas la moindre idée. Super, le coup de l’aiguille dans la botte de foin – surtout vu la taille du jardin ! Mr. Longnight m’a serré une fois de plus la main et m’a dit qu’il partait rejoindre mon père à Pékin (tiens, ce n’était pas Tokyo ?).

Son larbin à l’allure de croque-mort m’a reconduit jusqu’à la porte et m’a souhaité bonne chance pour retrouver le «jeune monsieur Longnight». J’ai préféré me dire que j’avais rêvé, mais il m’a semblé qu’un petit sourire sardonique venait de fendre les lèvres sèches du majordome. J’allais en avoir pour la journée à retrouver Paul.

Je me suis donc mis à sa recherche en priant pour ne pas avoir à passer sous les fenêtres de Samuel, ou pire, le croiser dans la forêt qui servait de jardin à cette famille. J’ai déambulé un moment dans les allées parfaitement ratissées et j’ai eu le loisir d’admirer les buissons taillés à la perfection. Ce n’était plus du jardinage, c’était de l’art. Et je vous confesse que les artistes étaient à croquer.

Par cette chaleur, les jardiniers avaient presque tous fait tomber la chemise, et ils exposaient ainsi leur torse musclé et doré par le soleil, couvert d’une fine pellicule de sueur. La plupart d’entre eux avaient clairement du sang latin – ils venaient sans doute d’Amérique du Sud, comme ceux qui travaillaient chez moi – et ça ne faisait que les rendre encore plus caliente. Voir tous ces bras fermes manier les sécateurs, ces mains rugueuses fouiller la terre pour en extraire les graines, ça me donnait envie de mettre un peu de ma semence dans leur terreau personnel, de les planter avec ma grosse branche pour qu’ils en récoltent toute la sève, de faire éclore mon gros bourgeon entre leurs belles fesses musclées (eh ouais les gars, on est poète ou on l’est pas, qu’est-ce que vous voulez).

Alors que j’évoluais au cœur de ce jardin des délices, j’ai fini par trouver un sac, posé au pied d’un grand chêne. Sur la racine la plus proche, j’ai ramassé un crayon de bois ainsi que le carnet à croquis de mon ami. Il avait été négligemment retourné et laissé là, ouvert face contre terre. Je me suis demandé ce qui avait bien pu pousser Paul à abandonner son précieux livre. J’ai donc regardé la page sur laquelle il avait commencé à dessiner : les traits y serpentaient pour esquisser un corps large et musclé, couvert par ce qui semblait être une salopette, mais qui ne cachait absolument rien de l’anatomie du sujet.

Je commençais à avoir une petite idée de ce qui avait bien pu se passer. Paul aimait prendre les jardiniers comme modèles – et je le comprenais parfaitement, le coquin. J’ai comme l’impression qu’il va tailler autre chose qu’un crayon, ce petit gars, ai-je pensé en imaginant la situation dans laquelle il pouvait se trouver.

Je n’ai pas eu besoin d’imaginer très longtemps. J’ai cherché autour de moi et j’ai vu s’agiter le large feuillage d’un buisson, non loin du muret qui délimitait la propriété des Longnight. Je me suis approché discrètement et une série de petits bruits me sont parvenus – des sons étouffés qui se répétaient à un rythme régulier.

J’ai contourné les feuilles et me suis caché derrière un vieux chêne. Depuis mon point de mire, j’avais une vue dégagée sur une scène pour le moins inédite. Je l’ai enfin trouvé, c’est déjà ça, me suis-je dit, même s’il ne m’a pas l’air très disposé à faire des maths.

À califourchon sur un corps imposant, Paul faisait entrer et ressortir son pénis avec fougue entre deux belles brioches rebondies. Il limait le cul de son partenaire et son corps puissant se contractait sous l’effort. L’homme, sans doute l’un des jardiniers, était à quatre pattes, les fesses relevées et offertes. Paul passait ses mains sur la peau bronzée en soupirant. Chacun des muscles du passif se contractait dès que le jeune homme entrait en lui. Le cadet n’y allait pas violemment. Au contraire, il prenait le temps d’apprécier la pénétration avant de se retirer pour mieux revenir.

Il en avait fait des progrès, mon élève. Dire que quelques semaines plus tôt, il arrivait à peine à me sucer, et maintenant il savait parfaitement prendre le cul d’un mec qui devait avoir au moins dix ans de plus que lui. Il n’en avait pas l’air avec son visage angélique, mais avec ses beaux yeux et sa pine raide, il pouvait soumettre n’importe quel gars, même le plus baraqué.

Il a glissé ses mains autour du buste de son partenaire, a caressé ses pectoraux saillants et l’a enculé plus profondément tout en lui pinçant les tétons. Jusque-là, je n’avais vu de cet homme qu’un dos musclé et une cascade de cheveux bouclés, mi-longs, qui tombaient sur son visage et s’agitaient à chaque coup de reins. Paul lui a fait relever la tête en tirant sur la pointe de ses mamelons, et j’ai enfin compris pourquoi les cris paraissaient si étouffés. Le petit gars lui avait collé son caleçon dans la bouche. Comment je savais que c’était celui de Paul ? Il n’y avait que lui pour porter des sous-vêtements à l’effigie de Superman. Et pour l’instant, je devais bien avouer qu’il se comportait comme un super man – ce n’était pas le jardinier qui allait me contredire.

Après quelques minutes, Paul s’est retiré, au bord de l’orgasme. Il s’est débarrassé du préservatif plein de mouille et a relevé son partenaire en lui ôtant son bâillon de fortune. L’homme était plus grand et plus large que lui ; il l’a enveloppé dans ses bras forts et hâlés tandis que Paul caressait ses biceps, se plaquait contre les pectoraux imberbes et luisants, frottait son bassin contre la verge sombre de son partenaire, embrassait les tétons à peine plus foncés que le reste de son corps et collait son ventre contre les abdominaux taillés à la serpe. Le bel Hispanique a avancé ses lèvres pâles et mon élève les a happées avec envie. Les deux langues se sont mêlées dans un baiser langoureux.

L’ouvrier a titillé le frein du jeune homme avec le bout de son doigt, et Paul a gémi quand l’homme lui a empoigné le sexe à pleine main. Alors que son partenaire étalait les filets de mouilles qui coulaient sur la hampe juvénile, Paul a attrapé ses belles fesses bronzées, les a écartées et a enfoncé deux doigts dans le trou encore ouvert de son employé. Ce dernier a caressé les bourses de Paul tout en laissant échapper un râle viril, puis il est allé faire pression derrière le sac de peau, au niveau de la prostate. Le cadet a poussé un cri et a copieusement éjaculé sur le bas-ventre du jardinier, répandant même du foutre blanc sur son sexe en érection.

Paul s’est agenouillé et a commencé à lécher la verge du jardinier. La tige, gorgée de sang latin, avait pris des proportions admirables ; la grosse veine qui tendait le pieu turgescent enflait presque démesurément, tout comme le gland foncé et noueux qui terminait cette bite appétissante. J’avais souvent entendu dire que les latinos étaient bien membrés, mais je ne l’avais encore jamais constaté par moi-même (comme quoi, les rumeurs sont parfois fondées). La colonne de chair veineuse était luisante et recouverte d’un mélange de pré-sperme, de salive et de jus ; notre hispano s’était branlé pendant que Paul lui ramonait le conduit, sans aucun doute. Les bourses du tailleur de haie remontaient sous sa queue et lui donnait l’apparence d’une arme chargée, prête à tirer son coup.

Mon élève lapait à présent son propre sperme avec un mouvement de langue incroyablement excitant. Dans mon coin, je n’y tenais plus ; mon caleçon comprimait ma bite et j’en avais presque mal. J’ai laissé tomber mon short et j’ai sorti mon sexe raide. J’ai craché dans ma main et me suis masturbé en soupirant. Cela faisait déjà deux fois que je jouais les voyeurs, mais j’avoue que ça ne me gênait pas. J’aimais voir mon élève à l’œuvre pendant que je me caressais le gland, la hampe et les bourses. Ma tige coulissait facilement entre mes doigts, me procurant des sensations électrisantes. Mon sexe mouillait sans peine (il faut dire que ça faisait un petit moment que je n’avais pas déchargé, avec tous ces préparatifs).

Paul a sucé son beau jardinier pendant un moment. Parfois, il passait ses doigts sur le bas-ventre musclé de l’employé, ébouriffait la fine ligne de poils sombre qui descendait du nombril jusqu’au pubis, récupérait les restes de son propre sperme et l’étalait sur le pénis de son partenaire avant de le reprendre en bouche. Ce gosse aimait faire l’amour, et le jardinier n’allait sûrement pas s’en plaindre. Son visage se modelait au rythme de la fellation. Il bougeait à peine le bassin, et laissait plutôt faire la langue désormais experte de Paul. Le jeune homme avançait et reculait avec une aisance admirable, il salivait sur le pieu sombre et le lubrifiait soigneusement pendant que le latino grognait de contentement en laissant parfois échapper un «que bueno» d’encouragement.

Après quelques minutes, le jardinier a retourné Paul et a fait pression sur sa petite rondelle, ce qui a fait crier le cadet. L’Hispanique a alors pris un malin plaisir à lui enfourner son caleçon dans la bouche (c’est ce qu’on appelle un juste retour des choses, je crois). Il a ensuite humecté l’un de ses doigts avant de retourner caresser le petit bouton de chair rose. Il l’a d’abord massé avant d’y introduire ses phalanges rugueuses. Paul s’est dandiné sur le doigt en en réclamant davantage. Il a écarté ses fesses briochées et a invité son employé à lui labourer un peu plus le fondement. L’Hispanique ne s’est pas fait prier pour dilater un peu plus la rondelle élastique et faire passer un second doigt dans le boyau étroit – enfin, plus si étroit, si j’en juge par la facilité avec laquelle mon élève encaissait. Dire qu’à une époque son conduit me rayait le casque…

Tout en lui limant le cul avec deux doigts, le jardinier se caressait les pectoraux, se pinçait les tétons et déversait un flot d’obscénité dans sa langue maternelle – ce qui excitait son jeune partenaire et le conduisait lentement vers le septième ciel. J’observais la scène tout en faisant coulisser mon pieu turgescent entre mes doigts. Je faisais des efforts surhumains pour ne pas pousser le moindre soupir ; les sensations que me renvoyait mon gland étaient si plaisantes, j’ai bien cru que j’allais me trahir, mais Paul était trop occupé à se faire limer le fion pour prêter attention à ce qui l’entourait.

Mon ami a fini par se détendre suffisamment pour que son partenaire puisse lui introduire un troisième doigt. À ce stade, Paul aurait presque pu prendre tout l’avant-bras musculeux tellement il se dandinait. Plus on lui en donne, plus il en réclame, le petit cochon. À croire qu’ils sont tous insatiables dans cette famille, ai-je pensé. Ce n’est qu’après quelques minutes de ce traitement intensif que le jardinier a retiré ses phalanges, laissant derrière lui rondelle si ouverte que je pouvais voir l’intérieur du boyau depuis mon poste d’observation. Paul était tellement dilaté que j’ai craint un instant qu’il ne sente rien au moment de la pénétration ; j’ai bientôt réalisé que je me trompais. Le tailleur de haie a vite attrapé une capote dans sa besace et il a planté son gros tuteur dans le cul béant du pauvre Paul (je dis pauvre, mais il ne serait probablement pas de mon avis s’il lisait ça).

Le visage juvénile s’est d’abord légèrement crispé, preuve qu’il a bien senti quelque chose, puis une fois que le gros chibre a pris possession des lieux, le jeune homme s’est détendu. Vu la taille de l’engin, j’aurais dû me douter qu’il le sentirait passer. Les épaisses couilles foncées du jardinier venaient claquer contre les fesses rebondies de mon ami, qui poussait des gémissements étouffés par superman (franchement, il faut que je pense à lui acheter de nouveaux caleçons pour son prochain anniversaire). L’employé lui enfonçait sa tige de manière frénétique ; il bourrinait les fesses blanches de mon élève, sans pourtant faire preuve d’une trop grande violence. Il prenait un rythme de croisière assez exigeant, mais rien d’insupportable pour Paul, qui avait été préparé comme il faut. Le petit gars encaissait comme un chef et prenait clairement son pied, à en juger par la tige qui se tendait entre ses jambes.

L’Hispanique suait comme un bœuf. De grosses gouttes roulaient sur sa peau hâlée, son torse luisait, son visage était recouvert par une pellicule humide, ses tétons étaient si pointus qu’il aurait pu percer une baudruche avec, ses abdos se contractaient à un rythme incroyable. Il jurait en espagnol et ne retenait plus ses râles – si ses collègues étaient passés à proximité, ils l’auraient sans aucun doute entendu. Par chance, il n’y avait personne dans les parages, si ce n’était un pervers qui se branlait (votre serviteur, au cas où ça vous aurait échappé).

À un moment, le jardinier a attrapé Paul par les reins, a serré son bassin entre ses bras musclés et l’a presque soulevé. Il collait son bas-ventre contre le dos du jeune homme et faisait rouler ses muscles sur la peau blanche. Les corps en nage lubrifiaient le tout, et même d’où j’étais je pouvais sentir l’odeur de mâle qui émanait du couple – surtout par cette chaleur.

Je me branlais de plus en plus vite, crachant sur ma queue pour fluidifier le mouvement. Je caressais mon gland, l’enveloppais dans cette ouate biologique, et je rêvais du petit cul de Paul, de son intérieur chaud et serré. J’aurais aimé le baiser à la place du jardinier, et il faut bien dire que ce fantasme tournoyait dans mon esprit perverti – mais ça n’irait pas plus loin, plus jamais, je me l’étais juré. Aussi ridicule que ça puisse paraître…

J’ai soudain eu une montée de plaisir si puissante que j’ai cru que mon cœur allait s’arrêter. Mes tétons se sont durcis sous mon débardeur, ma respiration s’est accélérée, mon bassin s’est crispé, mes doigts se sont resserrés autour de ma bite, et j’ai dû m’enfoncer un poing dans la bouche pour étouffer mon cri et ne pas révéler ma présence. Alors que la sève montait à toute allure dans ma tige, j’ai lâché cette dernière pour placer ma paume devant mon gland et éviter que la sauce ne gicle jusqu’aux pieds des amants (qu’est-ce que vous voulez, quand on éjacule comme un cheval… Ouais ouais, je sais, je suis un gros prétentieux. Venez constater par vous-même si vous ne me croyez pas !). Bref, j’en étais où ? Ah oui, mes doigts couverts d’un foutre épais et crémeux. Je me suis essuyé contre l’écorce du vieux chêne. Je vous entends déjà crier au gâchis, mais tant pis : je peux bien bouffer du jus pendant un rapport pour exciter mon partenaire, mais je ne suis pas du genre à bouffer le mien sans raison. J’avais envie de baiser et j’étais en chaleur, mais pas à ce point (même si je reconnais que c’est très loin d’être dégueu).

De l’autre côté des buissons, l’hispano se retirait en haletant. Ses soupirs étaient entrecoupés par des «me corro» prometteurs. Paul a à peine eu le temps de soupirer avant de se retrouver de nouveau à genoux. Le jardinier a poussé un cri sauvage alors que les lèvres du jeune homme s’approchaient de son gland. Son corps puissant s’est contracté une dernière fois au moment où j’ai vu la purée blanche et épaisse qui éclaboussait le visage juvénile. Le cadet a léché cette sauce collante avec un certain appétit et l’a faite rouler sur sa langue avant de se relever pour se suspendre au cou de son partenaire. Il l’a embrassé et les deux hommes en rut ont pu se délecter de cette sauce latine, si grasse et odorante. D’un geste distrait, Paul passait encore ses doigts sur les abdos roides du jardinier tandis que celui-ci caressait les belles fesses bombées de son jeune partenaire. Il leur a donné une petite claque en riant, a renfilé sa salopette et s’est éloigné en faisant un signe de la main à son amant.

Paul est resté un moment assis sur l’herbe, nu comme un ver. Il touchait encore ses lèvres par instant (eh oui, le sperme ça peut laisser un arrière-goût assez prononcé). J’ai regardé le petit gars qui profitait encore de cette impression béatifiant qu’est l’orgasme. Il a passé ses doigts entre ses fesses pour palper sa rondelle dilatée, et a lâché un soupir de contentement. De mon côté, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander si c’était la première fois qu’il se faisait enfiler par la branche d’un des jardiniers – après tout, depuis que je l’avais dépucelé, il s’était montré assez vorace au niveau sexuel. J’étais sûr que Samuel ne lui avait jamais rien fait, puisqu’il n’avait pas fini à l’hôpital, donc il avait bien dû trouver de la satisfaction ailleurs. En tout cas, ce n’était sûrement pas moi qui allais lui reprocher d’être aussi ouvert.

Après quelques minutes, j’ai remonté mon short, me suis éloigné suffisamment et me suis mis à crier «Paul ! ». J’ai entendu du bruit dans les taillis (quelle surprise) et la tête du jeune homme a émergé entre les feuilles, les cheveux en bataille et piqués de brindilles, et les genoux encore un peu terreux.

Je lui ai dit que j’avais trouvé ses affaires au pied d’un arbre. Je lui ai tendu son sac et en ai profité pour lui rendre son carnet. Il l’a ouvert à la page de son croquis inachevé et y a trouvé une marque de mon admiration pour son dessin – une petite goutte qui était restée collée sur mes doigts. Désormais, une trace bien blanche gondolait le papier. Le jeune homme a rougi, comme à son habitude (à croire qu’il avait toujours honte de ses ébats), mais ni lui ni moi n’avons évoqué ce que j’avais vu ou ce qu’il venait de faire.

Nous nous sommes installés dans l’herbe pour la leçon du jour, même si Paul n’avait plus besoin de moi, admettons-le. Il avait bien progressé, et internet pouvait sans problème combler les quelques lacunes qu’il lui restait. Je venais quand même lui donner des cours parce que j’aimais passer du temps avec lui – et pas seulement pour le plaisir de le mater en train de tirer son coup. Il était vraiment sympathique et toujours de bonne humeur. À ce qu’il m’en avait dit, il n’avait pas beaucoup d’amis au lycée : son père avait insisté pour le mettre dans l’enseignement public afin qu’il côtoie la plèbe, mais ça n’était pas concluant. Les autres ne l’aimaient pas à cause de son argent, et il ne savait pas s’il pouvait se fier au peu de copains qu’il avait. De surcroît, il avait appris que certains d’entre eux ne s’étaient rapprochés de lui que pour passer entre les cuisses de son cher frère.

Un frisson a parcouru mon échine à la mention de Samuel. Je n’osais pas imaginer ce que les camarades de Paul avaient dû endurer. L’air de rien, je lui ai demandé si ces soi-disant amis étaient revenus vers lui après avoir obtenu ce qu’ils voulaient. Paul a secoué la tête : il était persuadé qu’ils ne l’appréciaient pas, et qu’ils n’avaient jamais désiré que le gourdin fraternel. Le pauvre, s’il avait su… J’espérai au fond de moi qu’il n’aurait jamais à subir les rumeurs de sadisme que pourraient répandre les victimes de Samuel, car les nouvelles se colportent facilement dans une salle de classe, et encore plus dans un amphithéâtre. Toutefois, je me suis rassuré en me disant que Samuel devait avoir un moyen d’éviter cela, pour que personne ne s’en soit jamais plaint – et surtout que Paul n’en ait jamais eu vent.

En parlant des études, la conversation a rapidement dévié sur mon futur départ. J’ai dit au cadet que je serais absent pendant quelques semaines, et il a été déçu d’apprendre qu’il ne me reverrait que peu de temps avant la rentrée scolaire. Alors que je le consolais en passant mes mains sur ses larges épaules musclées, il m’a lancé un regard suppliant avec ses yeux de grès et m’a demandé :

– Est-ce que je peux venir avec toi ?

Il avait dit ça d’une petite voix, presque comme s’il m’avait demandé quelque chose d’obscène (ça, il l’avait déjà fait). J’allais lui dire que non, puis j’ai réalisé que lui aussi devait entrer à l’université dans quelques mois. Il s’était déjà inscrit sur le campus de Miami, mais il a braqué sur moi ses prunelles claires, baignées dans la lumière de l’été, et j’ai senti mon cœur fondre lorsqu’il m’a dit que ça lui ferait une occasion d’avoir un premier contact avec le monde universitaire. Avec ce regard de chien battu, il savait qu’on ne pouvait rien lui refuser.

J’ai acquiescé presque malgré moi : ce serait l’occasion de passer du temps ensemble, et si je pouvais le soustraire à l’influence néfaste de son frère, l’espace de quelques semaines, je n’allais pas m’en priver. Le visage de Paul s’est fendu en un large sourire. Il s’apprêtait à me sauter au cou, mais je l’ai retenu et lui ai dit :

– Deux conditions, mon gars : la première, c’est que ton père doit être d’accord.

– Pas de problème, il le sera – de toute manière il s’en fiche.

– Et la deuxième, c’est que toi et moi, on y va en amis. On ne couche pas ensemble.

Paul a hésité une seconde. Il devait vraiment avoir envie que je lui prenne sa rondelle, mais je m’y refusais toujours. Je ne voulais pas qu’il vienne avec cette idée en tête – après, si en cours de route j’arrivais à oublier Samuel et les images traumatisantes auxquelles il était associé, eh bien j’étais sûr que Paul ne dirait pas non à une petite partie de jambes en l’air.

Le jeune homme a fini par céder. Il peut être persuasif, avec sa belle petite gueule, mais je sais aussi négocier un contrat – je dois tenir ça de mon père. Il s’est plié à mes conditions. J’ai donc passé le reste de l’après-midi à lui exposer le planning. Les journées allaient être chargées et on n’aurait sûrement pas le temps de faire beaucoup de tourisme. Malgré cela, j’étais content d’avoir quelqu’un pour m’accompagner dans cette aventure.

Alors que le soleil déclinait à l’horizon, j’ai raccompagné Paul jusqu’à sa chambre. En redescendant le grand escalier, j’ai aperçu la silhouette haute de Samuel qui traînait dans la cuisine. «Traîner» était le mot juste : il semblait tirer son corps comme s’il portait tout le poids du monde sur ses épaules. Ses cheveux, habituellement fixés par un gel, étaient en bataille, et une barbe crasseuse lui mangeait le visage. Il portait un vieux jogging et un t-shirt rapiécé. Il n’avait plus rien de sexy. Ses bras semblaient agités de tics nerveux et ses jambes, pourtant aussi musclées qu’à l’accoutumée, semblaient avoir du mal à le porter. Il ressemblait vraiment à l’animal que j’avais vu l’autre soir à L.A.

Je me suis glissé le plus discrètement possible dans le hall, mais il m’a quand même remarqué. Ses yeux, désormais ternes, éteints, destitués de leur bleu, se sont braqués sur moi. Il y avait de la haine dans ce regard, mais ce n’était pas moi qu’il détestait. Il détestait ce que je savais, ce secret qu’il ne pouvait pas effacer de ma mémoire. J’étais désormais relégué aux rangs des choses qu’il avait cassées et qu’il ne pouvait pas réparer avec son argent, son beau sourire et ses (anciens) airs charmeurs.

Et derrière la haine, il y avait de la peine…

Mais je ne voulais rien savoir, j’étais trop jeune et trop idiot pour cela. Je me suis contenté de claquer la porte en m’enfuyant dans les rues brûlantes de Miami.

* * *

Bonjour/bonsoir à tous. Voilà, c’était la sixième partie, très attendue si j’en crois les mails que j’ai reçus. Je sais que la fin du chapitre précédent vous avait un peu laissé sur le c**, beaucoup ne s’attendaient pas à ça, certains ont eu peur que ça dérive sur du «hard». Je vous rassure, le texte va toujours rester soft. En tout cas je vous remercie tous pour votre fidélité, j’ai très récemment découvert que je venais d’entrer dans le top trois du mois, et c’est grâce à tous ceux qui me lisent. Vous semblez être nombreux à apprécier le format du texte, qui mêle à la fois des scènes de fantasmes et une histoire (la preuve, Samuel a choqué bon nombre d’entre vous ^^). Donc je vous remercie tous, encore une fois, et bien sûr un grand merci aussi à ceux qui prennent le temps de m’écrire un petit mail de retour, c’est toujours très encourageant et ça me permet de sonder vos impressions (avec Samuel, j’ai par exemple constaté que mon effet de surprise marchait plutôt bien : D).

Voilà ^^ Encore merci à tous et à bientôt pour la suite (j’essaie de poster régulièrement, même si je passe un peu ma vie à courir dans tous les sens ^^).

Matt

matthieuGat@gmail.com

Suite de l'histoire

Autres histoires de l'auteur : Le dépuceleur de Venise - Jeune, riche et gâté - Le Seigneur de l'anal - Le cirque itinérant - Nuit nordique

DROIT D'AUTEUR, TEXTES INSCITANT A LA HAINE, IMPLIQUANT DES MINEURS...
MERCI DE ME LE SIGNALER : CYRILLO@CYRILLO.BIZ

Cyrillo.biz ne revendique aucun droit sur les textes publiés.
Les textes publiés ont tous été envoyés directement à cyrillo.biz
Les auteurs sont libres de retirer leurs textes sur simple demande à cyrillo@cyrillo.biz

Cyrillo holidays
à propos des histoires Cyrillo

Dernière mise à jour publique

10 juin 2019

Nouvelles (15)

Trio fist Tétonmaso
Trianon Jako
Nynpho avec mon voisin Nymph
L’Homme est vulnérable Rogue
Ancien camarade sur Grindr Louisallenk
Mon voisin black Gregmrs
Découverte de mon côté gay Alb29
Petite salope -01 Lopamecsxl
Petite salope -02 Lopamecsxl
Petite salope -03 Lopamecsxl
Petite salope -04 Lopamecsxl
Vive l’armée ! Pititgayy
Comment j’ai dépucelé Hotcalvin
Le patron du centre médical À 19
Leçon particulière Frank

La suite (7)

Leçon particulière -02 Frank
Les sket -03 Kifflesket
Mon demi-frère hétéro -06 Oldyano
Le copain de ma fille -02 Jeanmarc
Moment de détente -03 Amical72
Moment de détente -04 Amical72
En «beurette» -02 Hamiasamira

Juin 2019

Nouvelles

Le porte à porte Jeanmarc
Ballade en VTT Femelle
Mon pote Nathan0
Une nuit en Tunisie Fisturo
Histoire de Hammam Dd38
Vengeance Femelle
Jonathan Théo

La suite

Mes potes du lycée -02 JuSP7766
Soumission & Domination -531 Jardinier
Soumission & Domination -532 Jardinier
RETOUR AUX HISTOIRES 2018
2017 - 2016 - 2015 - 2014 - 2013 - 2012 - 2011 - 2010 - 2009 - 2008 - 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 - 2001

IMPORTANT
Rêve ou réalité, ces histoires ne sont pas un art de vivre
Elles ne doivent pas te faire oublier les dangers d'une relation sexuelle sans protection :
Les maladies sexuellement transmissibles.
Faites comme les gens qui aiment la vie, leurs proches :
PROTEGE-TOI ET METS DES CAPOTES!

Chercher :

Plan du site

Home page

Accueil

Cyrillo

Blog de Cyrillo - Contact - Twitter

Histoires

Ecrire une histoire - Top Auteur - Lire les dernières histoires - 2018 - 2017 - 2016 - 2015 - 2014 - 2013 - 2012 - 2011- 2010 - 2009 - 2008 - 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 - 2001

Photos

Amateurs - Bazard à teubes - Mon Cul

Shopping

Sex shop

Dial

Le service Chat n'est plus proposé car le fournisseur cesse son activité.
Le service n'est donc plus proposé sur ce site. Pour contacter le service chat : zone-dial.com

Merci!
Faire un don juste pour aider (Simple et anonyme)