PAUSE

Le garçon derrière la machine a besoin de repos, de vacances...
Rendez-vous fin septembre ;)

PUBLIER

HISTOIRE

SHOPPING

Premier épisode - Épisode précédent

Frenchies in a New World

Chapitre -06

Je vois Thomas qui sort enfin des douches pendant que Valentin fait des longueurs. Il vient me voir avec un air pensif, ce qui m’étonne, car il devait être en train de se faire plaisir sous la douche il y a, à peine quelques secondes. Il se laisse couler dans l’eau et me rejoint avant de dire :

– C’est demain la soirée d’Halloween à la fac ?

– Oui. Tu as mis du temps qu’est-ce que tu as fait ?

– J’ai croisé Peter. Il m’a dit qu’on devait y aller, mais il n’a pas voulu me dire pourquoi. Je pense qu’il a les mêmes problèmes que Valentin, mais il n’a pas non plus voulu m’en parler, il m’a juste donné un numéro de téléphone pour qu’on s’inscrive. J’ai envoyé un sms au gars, j’ai donné nos noms, il m’a dit « OK à demain ».

– Attends, Peter t’a donné le numéro d’un des organisateurs de la soirée ?

– Ouais.

– Pourquoi il ne l’a pas fait avant ? Bon, l’essentiel, c’est qu’on va pouvoir y aller.

– On va pouvoir aller où ? demande Valentin qui s’arrête à côté de nous.

– À la maison, car j’ai envie de te câliner en boxer, mais là y a des gens, tu ne veux pas, si ?

Le rouquin lève les yeux au ciel et saute dans les bras de son chéri. Pour un peu on l’entend presque ronronner ! Un petit chat roux pour le grand brun, et j’espère avoir bientôt mon petit chat blond…

Mais tiens, j’y pense, il doit bientôt aller en cours ! Je presse mes amis de s’en aller, ils comprennent mon impatience et me disent que je n’ai qu’à filer retrouver mon p’tit mec. Je rentre donc à l’appartement pour changer de sac et vais vite retrouver ce cher Matt. J’en oublie presque mes clés dans la serrure, le petit Spiderman rouge accroché me fait de l’œil alors que je descends la première marche — comme quoi ce cadeau est très utile ! Je cours sur la distance qui me sépare de la fac en quatrième vitesse. Pour le croiser, je ne dois pas trainer : si je ne suis pas assez rapide, il essaie de m’éviter. Mais je connais son horaire de bus, avec un chauffeur réglé à la minute près.

Je déboule dans le hall au moment où sa petite tête blonde disparait au fond du couloir. Je traverse un amphithéâtre pour espérer le rattraper de l’autre côté et lui couper la route. Il défie du regard celui qui a osé se mettre en travers de son chemin avant de baisser les yeux.

– Bonjour Matt, ça va ? Je me demandais, tu veux manger avec moi ce midi ? Il faut que tu profites un peu des vacances quand même, il y a juste hier où tu as bien voulu qu’on aille se promener.

Il marmonne d’une petite voix sans me regarder :

– Il faut que je travaille.

– Oui, mais pour manger ce midi. Je te laisse travailler après.

– D’accord.

Il essaye de me fuir encore une fois. Pourquoi est-ce qu’il est comme ça ? Il a quand même le temps de travailler, il ne m’a pas sans arrêt sur le dos.

En tout cas, je l’attends devant la salle quelques heures plus tard pour notre repas. Dès qu’il sort, il me voit et s’approche. Je lui fais la bise en avançant l’excuse qu’on ne l’a pas faite ce matin. Le contact avec sa peau m’a électrisé et il semble tout aussi perturbé que moi. Nous sommes interrompus par ma collègue qui lui donne les cours, et elle nous demande où l’on va manger. Comme je semble peu décidé et Matt encore pensif, elle nous conseille le pizzaiolo quelques rues plus loin. L’idée me plait et le petit blond accepte, nous nous y rendons donc immédiatement.

Le serveur qui nous accueille est presque une réplique de Thomas, en moins grand et moins impressionnant. Il nous installe à une table pour deux devant la baie vitrée, nous profitons du léger soleil automnal. Je suis surtout aveuglé par l’étoile qui me tombe dans les yeux, et j’ai l’impression que ma chemise blanche révèle ma peau par jeu de transparence. Nous choisissons notre plat — vu que je lui offre le repas, il prend juste une pizza alors que je choisis des pâtes au pesto et une calzone — puis nous mangeons tout en discutant.

– Tiens, au fait, j’ai pensé à toi, j’ai acheté des vêtements DC et marvel. Et ton petit porteclé est super utile, j’ai failli oublier mes clés ce matin !

– Oh ben je suis content si ça te plait. Et tu les mettras pour me montrer ?

– Avec plaisir, tu veux voir ça tout de suite ?

Je lui fais un sourire un peu coquin, je m’imagine lui montrer mon boxer Superman. Ses yeux me fixent, comprennent quel est le vêtement en question et il rougit en ayant cependant une petite lueur dans le regard. Amusement ou désir ? Il a détourné les yeux avant que j’aie pu identifier le fond de sa pensée.

Nous mangeons en silence alors que je regrette presque d’avoir fait cette blague tendancieuse, on parlait bien avant que je la fasse — on a tellement de points communs, même si on a fait des études différentes. J’insiste pour qu’il prenne un dessert et un chocolat chaud, je sais qu’il adore ça autant que moi. Et sa langue se délie enfin, il me parle de son placard à balai dans Hell’s kitchen ainsi que de la petite vieille qu’il aide. Une Italienne dont les pasta sont un régal selon lui. Je rigole, je n’ai pas la chance d’avoir un cuisinier qui sait les faire !

Après le repas, nous nous promenons dans la rue tranquillement — alors qu’il doit rentrer travailler, m’a-t-il dit — quand il murmure qu’il écrit. De petites histoires sur un site, alors je prends note pour aller le lire plus tard pour et continuer d’apprendre des choses sur lui. Plus je lui parle, plus je le trouve intelligent, et plus je tombe sous son charme. Comme si c’était encore possible de l’adorer davantage.

Nous nous arrêtons le temps de manger une glace, je le regarde attendri alors qu’il en a au coin des lèvres. Et j’en profite pour lui essuyer avec le pouce un côté de la bouche avant de le lécher langoureusement. J’ôte ensuite la crème glacée de sa commissure droite et lui présente mon pouce. D’un coup de langue timide il récupère sa glace, rougit, puis demande à rentrer. J’insiste pour que nous terminions. Je me mets à discuter de ses cours comme si l’instant coquin n’avait pas eu lieu, il se décrispe. Et c’est lui qui revient sur un autre sujet coquin…

– Tu as vraiment des vêtements de superhéros ?

– Ce n’est pas des vêtements comme on l’entend, mais plutôt des sous-vêtements…

– Oui, mais tu en as vraiment ou c’était une blague ?

– J’en ai vraiment oui, tu me crois pas? Tu as peut-être les mêmes. En tout cas j’en porte un là.

J’adore son air gêné et coquin en même temps - il me fait penser à un autre petit mec timide tiens, mais encore plus en ayant l’air d’un chaton perdu qui me crierait “câline-moi” tout en ne le voulant pas - ça le rend tellement mignon…

Il me tire de mes pensées alors qu’il se lève, je n’ai même pas entendu ce qu’il vient de dire. Je bondis sur mes pieds et lui attrape le poignet doucement. Il se tourne vers moi, je lui colle prestement une bise sur chaque joue et m’exclame :

– Attends Matt ! Je t’ai pas donné mon numéro si tu as besoin de me joindre pour les cours, si tu veux, ou pour n’importe quoi d’autre.

Il accepte ma requête et me donne son numéro. Je le laisse s’en aller et paie notre gouter avant de lui envoyer un message. J’hésite à lui envoyer un selfie de moi, mais je ne veux pas qu’il imagine que je suis vaniteux. Je fais donc une capture d’écran de son premier texte : je commence à le lire et commente “ça y est tu as un nouveau fan”. Qu’est-ce qu’il écrit bien… Je passe le reste de l’après-midi chez le glacier à dévorer chaque ligne qu’il a écrite, à imaginer sa frimousse concentrée sur chaque ligne, chaque tournure, chaque mot. Je cherche aussi le sens caché derrière ses histoires, je veux découvrir ses sentiments au moment de l’écriture.

C’est un message de Valentin qui me pousse à arrêter ma lecture passionnante pour rentrer. Il est plus de dix-neuf heures et il s’inquiète de ne pas avoir de nouvelle. Je me hâte donc de rejoindre mes amis - en bus pour continuer à lire tranquillement. Je manque d’ailleurs de rater l’arrêt auquel je suis censé descendre, je saute sur le trottoir au moment où les portes se ferment. Par prudence, je vais attendre d’être confortablement installé à la maison au lieu de risquer des maladresses. Lorsque je m’assois dans le canapé, le lecteur qu’est mon rouquin me demande d’ailleurs ce qui me passionne à ce point : je ne parle même pas de mon chaton ! Mon explication le rassure, je ne dis rien sur ma journée, car je la continue virtuellement. Ce qui est amusant, c’est que nous lisons tous les deux sur la même application, mais que je viens de découvrir aujourd’hui. Nous comparons nos lectures pour se rendre compte que les deux sont fantastiques, juste la sienne parle d’un humain amoureux d’un démon, simplement nommée Mon âme au diable. De mon côté, rien de gay, mais le peu que je lui fais lire lui donne à son tour l’envie de se plonger dans les lectures de Matt - qui a un sacré succès : nous sommes d’accord sur le fait qu’il pourrait devenir connu !

Après un rapide repas, nous finissons donc la journée sur le canapé à lire. Valentin posé dans les bras de Thomas, qui regarde la télévision - ce qui déconcentre le rouquin dans sa lecture - et moi la nuque appuyée contre les jambes de mon p’tit frère. Une bonne soirée calme et agréable avant d’aller dormir.

Je passe une nuit agitée. Je rêve de la soirée à venir. J’y retrouve Valentin et Matt, mais pas de la façon à laquelle je m’attends : mon chaton blond se trouve être celui qui harcèle mon rouquin. Je me réveille en sueur au moment où Valentin me jette un regard et me dit “tu vois comment est celui que tu aimes?” Les rêves sont étranges, et même si je sais que Valentin n’apprécie pas tellement Matt, c’est uniquement parce qu’il est parti de manière impolie et surtout qu’il m’a mis une claque…

Je me lève et vais dans le salon; je croise Thomas à poil qui se dirige vers la salle de bain. Il me sourit et me fait un clin d’oeil.

– Prépare pas le petit déj’ de suite, Valentin s’est rendormi, on a fait des bêtises une bonne partie de la nuit.

– Thomas, tu ne peux pas te passer de sexe, c’est fou !

– Attends d’avoir un mec qui t’excite et t’aime plus que tout toi aussi, on verra si tu peux te contrôler et te retenir de lui sauter dessus sans arrêt.

Je soupire, il a raison. Je ne discute pas plus et le laisse aller se laver. Je regarde mon téléphone : Un message de Matt : “Tu veux bien m’accompagner pour acheter des chrysanthèmes ? Ma voisine en a besoin pour le jour des morts.”

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je suis habillé et prêt à rejoindre mon blondinet. Je préviens le brun qui sort de la douche, et je précise que je serai de retour avant ce soir. Je cours rejoindre mon petit blond au marché local : autant joindre l’utile à l’agréable, surtout que je sais qu’il y a un fleuriste - c’est là que Thomas se procure de temps en temps les bouquets pour son amoureux.

Je manque de heurter mon rendez-vous alors qu’il débarque en même temps que moi au coin de la rue. Pour ne pas que ce rapprochement involontaire soit inutile, je le presse doucement dans mes bras quelques secondes et lui fais la bise aux commissures des lèvres. Il ne proteste pas et commence à me parler des fleurs qu’il lui faut; il m’explique combien c’est important, et me remercie de l’accompagner. Je le laisse dérouler sa pensée alors qu’il me parle de sa voisine - celle qui fait si bien les pâtes - et que nous avançons entre les allées des petits producteurs. La conversation se met à tourner sur ma manière de faire les courses : il est surpris que je n’aille pas dans un de ces immenses centres commerciaux qu’on peut trouver. J’hausse les épaules et réplique que ce n’est pas parce que j’ai les moyens que je dois forcément aller au plus cher, que la petite supérette est moins loin, sans compter que j’ai toujours adoré venir au marché. Je me mets à parler de celui de mon petit village avec ma Mémé, puis de celui de la petite ville non loin de la capitale française où nous avons fait nos études. C’est à son tour de m’écouter en me dévorant des yeux.

Je ne sais pas pourquoi l’odeur de sucré mêlée à la friture nous attire en même temps. Même en Amérique, il y a des vendeurs de churros sur les marchés, et nous voilà à en dévorer une double portion (pour une somme bien plus modique qu’en France, c’est souvent du vol pour de la farine, de l’eau et du sucre…). Je trouve trop mignon la manière dont il dévore les longs bâtons chauds et se met plein de sucre autour de la bouche. Puis, voyant que je l’observe, me jette un regard en disant “bah quoi, j’ai faim!”. Je prends une serviette en papier et essuie sa bouche tendrement. Dieu qu’il est mignon et j’aurai bien embrassé ses lèvres sucrées plutôt que les essuyer !

Devant le stand de la fleuriste, nous trouvons les inflorescences qu’il voulait. Dès qu’il a le dos tourné, je prends une tulipe chamarrée et donne le dollar qu’elle coute à la jeune femme, puis la glisse dans le sac du blondinet sans qu’il ne le remarque. En revanche, il remarque la main qui se pose sur son épaule, quand je lui propose de prendre avec lui le repas de midi. Nous quittons le marché pour nous perdre dans Greenwich Village, avant de trouver un petit resto créole. Je n’ai jamais mangé de plats de cette culture, et j’aime l’aventure culinaire. Bien entendu, on prend garde de ne pas manger trop piquant, même si mon rayon de soleil se fait piéger et ne prend pas un plat doux : son joli minois vire au rouge après quelques bouchées. J’échange donc avec lui le plat - que nous refusons de jeter, surtout qu’il a insisté pour payer sa part - et j’ai rapidement un coup de chaud. Ou bien est-ce son t-shirt échancré qui me rend incandescent? Il a enlevé son sweat, et j’ai aperçu son ventre plat. Je crois que je vais aussi enlever le mien, je suis limite fiévreux !

Une fois le vêtement retiré, je vois le blondinet qui fixe mon nombril avant de détourner le regard, gêné d’être pris en flagrant délit de voyeurisme. Même si je me suis déshabillé rapidement, j’ai fait exprès de dévoiler un peu les arguments : sans qu’il ne puisse m’accuser de quoi que ce soit, je viens effectivement de faire une tentative de séduction. Puis, comme à chaque fois après un coup de ce genre, je repars sur un sujet léger. Comme si de rien n’était. C’est quand même terrible de ne pas pouvoir y aller franchement pour ne pas l’effrayer. Bon, l’essentiel, c’est qu’on passe de super bons moments, et le fait qu’il me demande de se voir est une avancée, non?

À la fin du repas nous payons chacun notre menu, je me suis retenu de dire à la jeune femme que je réglais tout, mais l’expression de Matt m’en a dissuadé, même si je n’aime pas le voir débourser quelques dollars qui pourraient être utilisés autrement. Dans la rue, il s’excuse et demande à filer, surtout que nous sommes tout proche d’Hell’s Kitchen, son quartier. Je le regarde s’éloigner et soupire, il me laisse en ne m’ayant fait qu’un seul bisou sur la joue, et je n’ai même pas eu le temps de lui répondre. Je me demande ce qu’il dira quand il verra la fleur.

Je prends mon temps pour rentrer à pied, perdu dans mes pensées. Pourquoi me repousse-t-il alors que je vois que je lui plais? Ou est-ce que ce n’est qu’une impression? Peut-être que je suis trop vieux pour lui… Je shoote dans la canette de soda qui traine sur le trottoir et lâche un soupir de plus. Faut-il que je lui dise clairement que je l’aime, au risque qu’il me rejette? Ou me contenter de cette amitié un peu plus coquine et intime chaque fois que je le vois? Que me dirait mon rouquin… “Ne lâche pas l’affaire tant que tu n’es pas sûr de ses sentiments pour toi” probablement. Cette fois, je prends une grande inspiration. Évidemment que je ne vais pas abandonner. Je pense par contre à ce qui approche. Avoir pensé à Valentin me rappelle notre amusement de ce soir : la soirée d’Halloween, organisée par les Kappa Theta, les sportifs sans cervelle et aux muscles probablement plus proéminents que leur paquet. Et qui ramassent quand même à la pelle bon nombre de conquêtes.

Je frissonne, imagine sans peine que Nicolas, Thomas et moi aurions pu faire partie d’un groupe de ce genre si nous n’avions pas été bien éduqués - surtout moi, si on juge le palmarès des deux autres, qui doit se rapprocher de celui de ces vantards testostéronés. Enfin, à ce que j’en sais, ce ne sont pas ces écervelés qui posent problème à notre rouquin. Aussi bêtes qu’ils soient, leur réputation est largement vérifiée et fidèle à leur moto, quelque chose du genre “bite ou chatte, tant que tu offres ton trou, bienvenu(e) parmi nous”. Si je ne m’abuse - et si j’en crois les rumeurs - leur chef est d’ailleurs un coureur de caleçons, dommage pour ces demoiselles en chaleur ! Donc ce n’est pas d’eux que vient la menace, ou alors c’est que le rouquin a un prétendant obstiné qui n’accepte pas de se faire repousser.

Je rentre enfin avec mes courses et les range dans la cuisine quand le grand brun débarque dans la cuisine.

– Alors ça s’est bien passé avec Matt?

– Oui, on a trouvé ce qu’il voulait, fait deux-trois courses et mangé ensemble. Il n’est pas là Valentin?

– Il est parti où tu sais. On se déguise en quoi nous d’ailleurs?

– Ah oui, j’y avais pas pensé…

– On peut s’habiller comme on veut non?

– Ouais je pense, tant qu’on est déguisé.

– Alors passe moi ton t-shirt Superman, j’ai mon Lois Lane à sauver.

– Il risque d’être un peu petit pour toi.

– Pas petit, moulant, c’est ce qu’il faut, rigole le brun. Par contre toi, il faut un truc qui cache ton visage, histoire que tu n’aies pas d’élève qui découvrent que leur prof est ultra sexy.

– Et tu proposes quoi, grand malin?

– Euuuuh, tu as toujours ta vieille blouse de TP? Tu peux te déguiser en Dr Sexy. Un masque et une charlotte pour cacher le visage, le torse à l’air, tu vas voir que personne ne va prêter attention à autre chose que le tissu blanc ouvert sur ta peau.

Je ne suis pas enchanté par l’idée, mais c’est sûr que tous les autres étudiants ont préparé leur déguisement depuis longtemps déjà, il ne doit pas rester grand-chose dans les magasins spécialisés. Et je ne veux surtout pas que mes élèves croient que je me dévergonde dans ce genre de soirée... Je fais donc un passage éclair à la pharmacie pour me trouver les deux accessoires, auxquels j’ajoute un tensiomètre que je porterai éteint au bras et un stéthoscope. Au pire, ça me permettra toujours de jouer au docteur avec Matt plus tard…

Le temps de nous habiller et de parfaire nos déguisements - surtout moi, car je n’ai pas pour habitude de me promener à moitié à poil - la nuit est tombée. Nous nous rendons donc sur le campus pour rejoindre le seul bâtiment animé ce soir, le siège des Kappa Theta et de la soirée. Les autres fraternités ont leur porche décoré pour l’occasion, mais aucune ne rivalise en terme de décoration ou d’animation. C’est aussi une manière d’imposer leur suprématie, ce sont eux les plus nombreux, les plus riches, les plus tapageurs, et les plus frimeurs…

La façade est couverte de lumières orangées, de citrouilles, de fausses toiles d’araignées, et de toutes sortes de clichés halloweenesques. À côté de l’entrée, on trouve un faux cercueil avec un vampire à l’intérieur, enveloppé dans la fumée d’un générateur de faux brouillard. La porte ouverte laisse aussi échapper cette vapeur opaque, accompagnée d’éclairs tantôt bleus, verts, rouges. Un squelette à tête de citrouille nous barre la route alors que nous pénétrons dans la demeure et nous interpelle en anglais :

– Vos noms et cartes d’identité.

Je sors ma carte et d’un regard je constate que Thomas sort aussi la sienne. Le temps que le garçon - il doit à peine avoir plus de dix-huit ou dix-neuf ans - nous trouve sur sa liste, je jette un oeil alentour. À ce que je comprends, les bizuts sont les “serveurs”, ils veillent à ce que les “invités” s’amusent et ils portent tous cet accoutrement mi-squelette mi-citrouille.

– Bon, où est mon bébé? s’impatiente Superman.

– Je ne sais pas, viens on va essayer de le trouver après avoir fait comme tout le monde : pris un verre. Tu as de l’alcool à volonté et tu ne penses même pas à en prendre?

– Je n’en ai pas bu depuis plus de deux mois, et je m’en porte pas plus mal, c’est mon bébé que je veux ! Putain il est où bordel, je m’inquiète là !

Je ressens la même peur que Thomas, dans une soirée pleine d’étudiants bourrés, que peut-il arriver comme dérives à notre protégé?

Nous faisons le tour du rez-de-chaussée sans le trouver, et surtout je ne reconnais aucun élève que j’ai pu avoir, j’ai l’impression que ce ne sont que de futurs avocats. J’interpelle l’un des jeunes qui transporte des gobelets sur un plateau au-dessus de sa tête de courge orange.

– Hey, y a pas tout le monde ici, ça se passe comment la fête?

– C’est par filière, t’es dans laquelle? Si t’es sportif c’est au dernier étage avec les Kappa.

Je n’aime pas du tout le regard effrayé qu’il me lance, à croire que tous les bizuts subissent des horreurs aux soirées d’intégration, avant de devenir les tortionnaires des suivants...

– Je suis en sciences.

– Ah, c’est au deuxième, et vous arrivez pile à l’heure pour l’attraction de la soirée.

Je ne le laisse même pas finir, j’entraine Thomas derrière moi dans l’escalier que nous montons quatre à quatre. Je commence enfin à voir des têtes familières, mais toujours pas de roux, ni le nôtre ni Peter…

– Ladies and gentlemen, la soirée privée des sciences va commencer !

Thomas me regarde, perdu. Punaise faut vraiment qu’on lui donne des cours d’anglais, il ne va pas rester indéfiniment dans l’inconnue avec cette langue !

Mais avant que je ne puisse lui dire quoi que ce soit, la lumière éclaire une petite estrade et nous découvrons Prétentieux Premier, entouré de sa clique.

– Hey les gens ! Alors on s’éclate bien? J’ai un nouvel amusement pour vous : nos jolies ginger citrouilles vont se donner à vous dans ce jeu qu’on connait tous! Mais quoi de mieux que quand c’est encore plus salissant ?

La foule se met à crier tandis qu’un rideau dévoile deux tubes remplis de… boue ? En y regardant attentivement, on y trouve des déchets, et le yeurk de la foule est explicite. Cela ne leur fait pas perdre pour autant leur joie et leur empressement est évident : il veulent faire tomber les deux victimes dedans en visant les cibles qui activent les mécanismes des sièges à bascule.. Le temps que je vois tout ça, je me tourne vers Thomas pour lui expliquer, mais il semble avoir compris le principe du jeu, et surtout ses yeux lancent des éclairs tout en étant horrifiés par ce qu’ils voient.

– Putain les salauds ! Je vais les buter !

Avant que je ne puisse le retenir, le mastodonte fonce à travers la foule, bousculant tous ceux qui se tiennent sur son passage; il ne fait pas plus attention aux protestations qu’aux gens. Je profite du tunnel qu’il ouvre entre les étudiants et découvre après lui la raison de sa colère - et je partage immédiatement son indignation, même si je pense qu’il n’a pas tout saisi.

Des deux garçons à tête de citrouille, l’un est Valentin, et à en juger par le physique je pense que l’autre est Peter. Notre rouquin est parfaitement reconnaissable du fait de ses tatouages exposés. Les deux garçons sont nus, seul un petit jock couvre leurs parties, ou plutôt une espèce de string. Sur leur torse, en grosses lettres blanches, rouges ou noires, des insultes telles que Slut, cocksucker, whore, cumdump, et autres joyeusetés ont été inscrites… La moins pire étant Gayinger. Comme si être roux était une insulte.

– Qui veut être le premier à salir nos petites pédales ? s’égosille Prétentieux Premier.

À priori lui, car il envoie une balle avec une redoutable précision sur la cible et la touche en plein centre malgré la difficulté. Il n’a pas choisi le plus proche, mais celui qui l’énerve probablement le plus avec son air gentil et son éducation bien supérieure malgré son “manque” d’argent comparé à des privilégiés. Le siège s’affaisse et la citrouille tatouée coule dans la bouillie infâme, se débat pour s’en extraire et remonter. Un des assistants de prétentieux le repousse et il s’étale à nouveau. Nombreux sont ceux qui rigolent, augmentant la cadence d’avancée du brun. Sans la voir, j’imagine sa tête furieuse : il y en a un qui va morfler.

Alors que le châtain se tourne vers les premiers rangs pour donner les sphères afin de viser les cibles, il voit Thomas qui arrive vers lui. Heureusement, avec la lumière qu’il se prend dans les yeux, il ne voit pas le visage de celui qui s’avance vers lui, plein de fureur.

– Ah nous avons un impatient, remettre les déchets à leur place te tente hein ?

Il tend le bras à Thomas avec une boule dans la main, mais il la retire quelques instants plus tard alors que la locomotive sifflante de rage débarque dans la lumière et lui saute dessus avec un rugissement. Ses yeux moqueurs expriment un instant la terreur qu’il éprouve avant de se faire recouvrir par le héros qui le jette au sol.

La cour du “chef” rapplique vite, un seul poing a le temps de lui arriver dans la figure avant qu’ils n’essaient tous de maitriser la bête sauvage qui habite Superman. Il se relève et fait valser comme des poupées de chiffon ceux qui tentent de lui bloquer les bras, au moment où je monte sur la scène.

– Bande d’enculés ! Vous avez touché à mon mec, je vais vous arracher les couilles !

Malins, ou surtout doués d’un instinct de survie même s’ils ne parlent pas tous français, certains battent en retraite; je pose une main sur le bras de Thomas, qui se tourne vers moi, prêt à m’en coller une. Heureusement, il me reconnait et stoppe son poing fermé, je voyais déjà ma tête se fracasser contre le tube en verre. Il attrape Prétentieux Premier encore sonné au sol - je vous déconseille de chercher des noises au grizzly dans une telle situation, le mec au sol a le nez de travers et il saigne alors qu’il n’a encaissé qu’un seul coup. Thomas s’approche de Peter et monte sur l'escabeau pour lui tendre le bras, et l’aider à quitter son perchoir sans qu’il touche l’amas informe. Une fois qu’il a “sauvé” le premier rouquin en détresse, Thomas ramasse le gosse de riche pour le balancer tête la première dans la poubelle transparente. Puis il se tourne vers la deuxième et aide son chéri dont les mains glissent sur les parois à en sortir. Il donne un dernier coup à celui qui essaie à son tour de s’extraire avant de se tourner vers la foule.

– Le premier qui touche à ces deux-là je lui fais bouffer mon poing ! hurle-t-il.

Je fais la traduction en anglais avant de leur souhaiter une bonne soirée et une joyeuse Halloween.

Nous descendons de l’estrade et cette fois tous s’écartent. Ils ont compris leur douleur au premier passage, et ils esquivent l’odeur en plus des coups. Dans le couloir, hors de la grande salle, Thomas attrape un bizut et grogne à mon intention :

– Demande-lui où il y a des douches.

Il me semble reconnaitre le garçon que j’ai déjà accosté tout à l’heure, qui fronce le nez au vu de la puanteur due au mélange et comprend la question de Thomas sans que personne ne lui explique. Nous le suivons au troisième étage, dans un couloir qui semble donner accès à des chambres - certaines avec la porte ouverte et parfois avec des occupants en pleine action. Je ne suis pas surpris, ça confirme le cliché sur le sexe et l’alcool des soirées étudiantes. La pièce carrelée à laquelle il nous donne l’accès est parfaitement propre et Thomas se met à nettoyer son bébé.

– C’est son petit copain? me demande le jeune homme.

– Oui Teddy, sois pas stupide. Tu sais où sont nos affaires pour qu’on s’habille ? lui répond Peter.

Le dénommé Teddy disparait dans le couloir le temps que le brun nettoie le roux, puis il revient avec deux sacs déchirés, que j’identifie comme étant ceux des deux victimes de Prétentieux Premier. Les vêtements à l’intérieur sont aussi un peu en lambeaux, mais ils couvriront toujours plus leurs propriétaires qu’ils ne le sont pour le moment. Nous remercions le petit squelette qui s’en va en nous faisant un sourire.

– Peut-être on le sort de là aussi non? demandais-je à Peter.

– Don’t worry, son frère est un des leaders des Kappa, s’il lui arrive des broutilles y aura des représailles, du même style que ce qu’a fait le boyfriend de Valentin. C’était amazing ! Et merci so much !

Thomas l’entend et lui dit que ce n’est rien.

– Mais si chéri, c’était incroyable ! T’es mon héros… et désolé je t’ai tout sali.

– Ce n’est pas grave bébé, j’aurais pu t’embrasser là-bas si je n’avais pas été si furax.

Le couple se colle sous l’eau pour se bécoter. Je regarde le t-shirt étroit de Superman qui s’humidifie et rend encore plus visible ses muscles proéminents. S’ils n’avaient pas des spectateurs, je pense qu’ils auraient couché ici pour se remercier et se remettre de ces émotions. J’entends Peter marmonner un “so cute”, puis le duo devant moi semble se souvenir d’où ils se trouvent. Valentin récupère une serviette et essuie Thomas tandis que ce dernier fait la même chose. Puis le rouquin s’habille et nous partons.

Dans la rue, mon téléphone vibre, je décroche sans regarder le contact :

– Allô ?

– Allô, Damien ? Je… c’est Matt. Tu es allé à la soirée d’Halloween ?

– Oui, mais uniquement parce que Valentin avait quelques soucis, on rentre là. Et ça me fait penser que je t’ai pas donné de bonbons pour Halloween, désolé chaton.

– Même si c’est très gentil, tu as pas le droit de me donner un surnom mignon ! Tant pis pour les bonbons on a… passé une bonne journée. Mémé te dit merci pour les fleurs, et… merci pour la mienne.

– De rien ! Je suis content si ça t’a plu.

– Oui… bon, je vais bosser mon cours, j’ai un devoir à la rentrée. Bonne soirée. Et… tu m’enverras une photo de ton… de vos déguisements ?

Je ricane doucement pour ne pas qu’il m’entende.

– Je t’envoie ça dès qu’on est à la maison, il fait un peu frais et Thomas est tout mouillé. Bonne soirée toi aussi, bisous !

Il raccroche en marmonnant un dernier “merci”. Je rattrape les trois mecs devant moi au coin de la rue sous un lampadaire, l’autre rouquin aussi nous souhaite une bonne soirée. Il fait la bise à tous, de manière sensuelle, mais il n’a plus ce regard coquin qu’il me faisait. À croire qu’il a entendu ma conversation, ou qu’il s’est trouvé un mec. Je dirai à Valentin de lui demander.

Le temps de rentrer, je parle de la demande de Matt aux deux autres, qui acceptent immédiatement et se moquent gentiment du lapsus de mon blondinet. J’ai droit à un commentaire de Thomas :

– Il va le croquer rapidement son docteur ! Il aura deux gros bonbons avec une longue sucette après Halloween, ça marche quand même.

Le temps de remettre d'aplomb nos effets - j’enlève la charlotte, car là je n’ai pas besoin de cacher mes cheveux - et de rendre la citrouille sexy avec un peu plus de vêtements, j’envoie une belle photo avec deux mecs torses nus et un dont le vêtement est presque inutile. J’ai beau attendre, je n’ai pas de message en retour, alors je vais me coucher. J’imagine que la photo lui plait et qu’il est occupé à faire des bêtises…

Pititgayy

pititgayy@gmail.com

Suite de l'histoire

Autres histoires de l'auteur : Vive l’armée ! - Bon prêt en liquide - Les chemins de fer - À deux sous le sapin - L'inconnu du train - Je (me) décoince (avec) mes amis - Le pompon du marin - Frenchies in a New World - Mon meilleur ami et moi dans les bois - Mon ami l’escort - Au fond on ne change pas - L'inconnu de la poste - Remis à ma place - Le mec idéal - Rendez-vous particulier - Lost in Cocktown

DROIT D'AUTEUR, TEXTES INSCITANT A LA HAINE, IMPLIQUANT DES MINEURS...
MERCI DE ME LE SIGNALER : CYRILLO@CYRILLO.BIZ

Cyrillo.biz ne revendique aucun droit sur les textes publiés.
Les textes publiés ont tous été envoyés directement à cyrillo.biz
Les auteurs sont libres de retirer leurs textes sur simple demande à cyrillo@cyrillo.biz

à propos des histoires Cyrillo

Dernière mise à jour publique

22 aout 2019

Nouvelles (20)

Douche salle de sport Noprise2tete
Sexe à l'armée -01 Martin
Sexe à l'armée -02 Martin
Sexe à l'armée -03 Martin
Sexe à l'armée -04 Martin
Sexe à l'armée -05 Martin
Sexe à l'armée -06 Martin
Sexe à l'armée -07 Martin
Sexe à l'armée -08 Martin
Excitantes retrouvailles Max
Aller en club tout seul Jh30du11
Un boss plus que pervers Private78
Le vigneron Romain
Fratrie « de Wintzt » Calinchaud
Mon voisin hétéro ? Étalon
Un magnifique voyage Passifsensuel
10 ans en arrière Bad boy
Weekend dans le sud Chopassif
La Première Fois de Mon Pote Molgax
Capotes et jus Barn

Aout 2019

Nouvelle

Abdou Romain
L’école de danse Noah93
Hétéro, juste ce qu'il faut Hugo
What a TØS Sexaddict49
Première hard Tours37
Plan à 3 en extérieur Sylou69
Fouille révélatrice à l’aéroport KarlJ
La piscine Quentin94
Un sauna de verre Glaudoun
Défonce au camping Heysi37
Pauvre Cyrillo Romain
Mes dépucelages -01 XXL
Mes dépucelages -02 XXL
Le fils du shérif -01 Matt
Le fils du shérif -02 Matt
Le fils du shérif -03 Matt
Faire durer le plaisir Frank
Faire durer le plaisir -02 Frank
M Renart
M -02 Renart
Amoureux de Dimitri Chopassif
Prof de sport Victobg
Lost in Cocktown Pititgayy
Il m’offre son c... Seithan
Jardinier bien bâti Virilbgmuscle06
Mes années de fac Louisallenk
Toilettes publiques Hugo
Anniversaire de mon beauf Linox
La Cage d’escalier Éric
Révélation au club de natation WhiteKnight
Mehdi, le livreur de pizza Pol
Les vices de l’internat Lloh
Le volleyeur et le rugbyman Dolto
Chienne à rebeu Larbin
Nils -01 Renart

La suite

Passion en toutes lettres -17 Romain
Passion en toutes lettres -18 Cyrillo
Passion en toutes lettres -19 Romain
Passion en toutes lettres -20 Cyrillo
Passion en toutes lettres -21 Romain
Passion en toutes lettres -22 Romain
Passion en toutes lettres -23 Cyrillo
Passion en toutes lettres -24 Romain
La grosse bite de mon beauf -08 Ghost writer
Un étudiant appliqué -07 Amical72
Un étudiant appliqué -08 Amical72
Un étudiant appliqué -09 Amical72
Un étudiant appliqué -10 Amical72
Un étudiant appliqué -11 Amical72
Amour inaccessible -05 Miangemidemon
Nils -02 Renart
Mariage pour tous -13 Yan
Mariage pour tous -14 Yan
Le cul -02 chuuuut17
RETOUR AUX HISTOIRES 2018
2017 - 2016 - 2015 - 2014 - 2013 - 2012 - 2011 - 2010 - 2009 - 2008 - 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 - 2001

IMPORTANT
Rêve ou réalité, ces histoires ne sont pas un art de vivre
Elles ne doivent pas te faire oublier les dangers d'une relation sexuelle sans protection :
Les maladies sexuellement transmissibles.
Faites comme les gens qui aiment la vie, leurs proches :
PROTEGE-TOI ET METS DES CAPOTES!

Chercher :

Plan du site

Home page

Accueil

Cyrillo

Blog de Cyrillo - Contact - Twitter

Histoires

Ecrire une histoire - Top Auteur - Lire les dernières histoires - 2018 - 2017 - 2016 - 2015 - 2014 - 2013 - 2012 - 2011- 2010 - 2009 - 2008 - 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 - 2001

Photos

Amateurs - Bazard à teubes - Mon Cul

Shopping

Sex shop

Dial

Le service Chat n'est plus proposé car le fournisseur cesse son activité.
Le service n'est donc plus proposé sur ce site. Pour contacter le service chat : zone-dial.com

Merci!
Faire un don juste pour aider
(Simple et anonyme)
Ne donne pas accès aux pages "avant-première"