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HISTOIRE

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Premier épisode - Épisode précédent

Frenchies in a New World

Chapitre -09

Que le temps passe vite ! Surtout quand je vois Matt. Bon, je l’ai vu très peu depuis quelque temps, mais à chaque fois je le trouve un peu plus… désirable. Ou désireux. Il me parle davantage, il est moins gêné. Je ne sais pas si c’est grâce aux leçons qu’il donne à Thomas, mais il s’ouvre un peu plus. Enfin, il refuse toujours de venir manger chez nous, c’est un miracle qu’on l’ait convaincu de partager notre repas de Thanksgiving. À croire qu’il a peur du rouquin.

Pourtant il est tout gentil, notre Valentin ! Même lui il s’impatiente, il passe son temps à faire des petits plats pour combler mes espoirs d’avoir un invité. Mais le chaton a toujours un truc à faire quand on lui demande… Par contre, il accepte les quelques propositions de sorties que je lui fais, car on travaille d’abord avant de se détendre un peu. Désormais, je lui déballe le grand jeu, fini les vêtements old school de gentleman romantique, je la joue sexy, comme la fois où j’ai mis ce t-shirt Ask about my ninja disguise, ce qu’il a fait, et que j’ai soulevé mon haut en dévoilant l’intégralité de mon torse ainsi que la tête de ninja sur le revers de mon haut. Bien entendu, il était seul avec moi et j’ai redescendu le tissu rapidement avant de lui passer une main sur la joue pour effacer l’air béas peint sur son visage. Je ne cache plus mes envies devant lui : je lui adresse des regards langoureux avec un grand sourire. Et je mets bien évidemment mes deux bosses en avant, celle entre mes jambes et mon fessier.

Toujours est-il que chaque semaine j’ai un appel de mon troisième coach afin de savoir où j’en suis — et je raccroche rapidement, seul Valentin est au courant des détails de mes moments avec Matt, et il garde ça pour lui. L’essentiel, c’est que ça avance. Enfin, je crois.

En tout cas, à part mes plans de conquête amoureuse, j’ai aussi un plan de vengeance qui se met en place : à la dernière réunion d’enseignants, le directeur de la formation biologique m’a proposé de participer à la sortie pédagogique qui tient aussi lieu de séance de travaux pratiques et de stage avec compte-rendu. Elle est obligatoire pour les étudiants sous peine d’élimination, je trouve que c’est une bonne idée plutôt que de rester enfermés dans nos propres laboratoires ; le but est d’aller dans l’une des plus grandes fermes de l’État, pour d’une part dispenser un cours sur l’insémination en biologie animale, qui est assuré par le titulaire, et d’autre part une leçon sur l’usage des engrais biologiques sur la croissance végétale, dont je suis chargé. Or tous mes étudiants sont aussi dans le cours de bio animale…

Seule ombre au tableau : cette sortie a lieu le 28 novembre, jour de Thanksgiving. Aujourd’hui donc, juste avant le weekend prolongé. Je comprends pourquoi elle est rendue obligatoire de cette manière, sinon il n’y aurait personne, sauf les Français qui ne fêtent pas l’arrivée des colons ! Quoique, ça nous aurait été utile pour préparer encore plus de petits gâteaux. Dès que j’ai su pour la sortie, j’ai prévenu Matt, car nous allons peut-être rentrer tard. De toute façon, il sera avec Thomas, qui veillera à ne pas le laisser dévorer tout ce que nous avons préparé hier ! Entre les plats traditionnels (notamment la dinde), un peu de pot-au-feu, et d’autres spécialités plus frenchies pour ne pas être étouffé sous la masse américaine — les plats typiquement américains sont bons, mais tellement plus caloriques — il y a de quoi satisfaire toutes les papilles. Apéritifs, entrées, plats et desserts, tout ce qui se garde bien est prêt et au frigo, le saumon sera cuit à la dernière minute avec la dinde quand nous serons sur le retour. Pour faire patienter notre invité, des petits tapas — rien à voir avec le menu de fête, mais Matt adore ce qui est pimenté et les poivrons ! Et nous devons tout faire pour le contenter. Cette charge va reposer sur Thomas le temps de quelques heures, en tout bien tout honneur !

En parlant de Thomas, il favorise certains aspects de son nouveau travail et en néglige d’autres : la réparation de la voiture avance bien — aidé par Valentin et sous le regard de l’inspecteur des travaux en cours, quand nous ne sommes pas à la fac — et ses muscles ne dégonflent pas. Donc chaque semaine, pendant le coup de fil hebdomadaire, son patron lui rappelle ce qu’il doit faire. Un coin de la salle de sport nous permet de continuer nos cours de défense, il n’y a que si l’on veut nager qu’il faut retourner dans le centre sportif ! Le grand brun a en tout cas trouvé son rythme (mais pas encore son employé).

Le rouquin, quant à lui, semble de plus en plus distant vis-à-vis des cours. Nous avons abandonné nos soirées travails où je lui expliquais ses leçons, au profit je l’avoue de petits moments passés avec Matt… Tandis que Valentin retrouve son chéri, ou sort avec Peter et Charlie qui lui ont fait découvrir les immenses centres commerciaux américains. Je comprends pourquoi les deux roux s’entendent si bien, ils se ressemblent, sont tous les deux chauds (même si l’un plus débridé que l’autre), et ils ont le même humour au ras des pâquerettes. Charlie semble taillé dans le même bois, ce qui explique qu’il n’ait pas résisté à l’attraction de Peter. C’est vrai que si Valentin n’avait pas été si timide, en étant aussi chaud, je crois que j’aurais facilement pu devenir accro et ne pas vivre tout ce que nous avons vécu. Quoique, nos sentiments auraient été les mêmes, aussi forts qu’ils soient ce n’est pas de l’amour charnel. Et je connais Thomas, de ce qu’il m’a dit, sa dépendance a commencé assez tôt. Finalement, ça ne se serait pas fait autrement pour eux deux. Comment ça se serait passé pour moi par contre ? Bonne question. Ce qui est sûr, c’est que j’aime Matt comme aucun autre, et je ne crois pas vraiment à la théorie des amours multiples, surtout quand il s’agit du véritable amour.

En tout cas nous voilà partis de bon matin en direction d’une petite exploitation agricole. Un peu partout, même dans le bus loué pour le transport, des déguisements et les couleurs du drapeau national sont de mises, parfois légers malgré le temps frais de cette fin novembre. Mon élève préféré et moi-même avons opté pour une tenue décontractée et pratique, surtout au niveau des chaussures, hautes et permettant de ne pas se salir, on ne sait pas où l’on va mettre les pieds, à part que c’est dans une des fermes bio du secteur, où nous prenons une partie de nos produits frais. Jeans, t-shirt et chemise à carreaux — moulants — complètent notre tenue, rouge pour moi parce que ça met mes yeux en valeur à ce que m’a dit Valentin, et verte pour lui, puisque ça va si bien avec ses cheveux.

Toujours est-il que, même si le bus est parti à l’heure, nous attendons quand même des retardataires; Amérique ou France, les étudiants restent des étudiants. Ceux qui arrivent attrapent les explications au vol et récupèrent les documents du jour. Evidemment le dernier, qui ne perd pas une occasion de se fait remarquer avec sa Porsche jaune, c’est Prétentieux Premier, accompagné de sa pimbêche, heureuse d’être l’élue du moment. Pour combien de temps ? Il est comme Nicolas, dans moins d’un mois il aura changé. Bref, concentrons-nous, la journée va être longue.

Je commence par accompagner mes étudiants pendant que la propriétaire nous fasse faire la visite des lieux et qu’elle nous présente le laboratoire où ils stockent leurs engrais, ce qui se révèle être le point le plus intéressant dans la découverte d’une ferme biologique. Nous découvrons donc en direct les cuves d’engrais. Il y en a différentes sortes, et même un désherbants naturel ! Ici, il n’est pas question de glyphosate et autres pesticides. Toutes les méthodes traditionnelles sont bonnes pour éloigner les parasites, comme les oeillets entre les plants de tomates sous les serres, ou des capucines au bord des rayons pour attirer les pucerons. Valentin me jette un regard en reconnaissant les premières fleurs, un sourire en coin, et je souris à mon tour.

Sourire estompé rapidement par la bande de salopards qui n’écoute rien, trop occupé à faire les beaux. C’est dingue, ils n’ont aucune éducation et aucun respect ! Pourtant ils sont bien contents de bouffer bio ou je-ne-sais-quoi encore ! Bon, c’est vrai que, vu le peu d’attention qu’ils mettent dans mon cours, ça explique qu’ils n’écoutent pas plus en TP. Je me demande comment ils comptent valider la matière. Puis je me calme en songeant à la visite de cet après-midi.

La fermière demande un volontaire pour aider à arroser ses plantes avant de nous libérer pour aller manger: deux étudiants se proposent et je décide de rester aussi en abandonnant les moins motivés pour qu’ils rejoignent le bus ou leur voiture. L'un des rouquins tient compagnie à l'autre: pour une fois, Valentin parait enjoué, surement parce qu’il est heureux de “travailler”. Et ça nous permet de discuter avec un des employés qui nous a rejoints: il nous a reconnus, comme nous sommes des clients habituels qu’il voit au marché. Il nous propose de faire nos courses sur place pour une fois, et nous pouvons même bénéficier d'une petite réduction. Je préviens Thomas pour qu'il vienne nous récupérer, il nous faut le coffre de la voiture. Le brun est ravi, je lui donne une excuse pour conduire, éviter son cours d'anglais et voir son bébé avant l'heure prévue. En soi, l'anglais ne le gêne pas, mais il préfèrerait n'avoir qu'un cours par semaine. Et ça tombe bien, car le rouquin adore conduire.

Je retrouve le reste de la classe et soupire, Prétentieux Premier est encore en train de crâner dans sa voiture tapageuse. Il continue de faire des remarques désobligeantes sur les lieux et ceux qui y travaillent. C’est en fin d’après-midi, quand nous entrons dans la grange avec une vache mise à l’écart, que nous croisons le vétérinaire. Après avoir (re)vu des notions de cours, voilà venu le moment de passer à la pratique. Une insémination de bovin va avoir lieu, mais de manière non naturelle; c’est le groupe du matin qui a eu le droit au spectacle d’une insémination faite par un taureau en rut. En un sens je suis soulagé, ce n’est pas parce que c’est la nature que je veux voir qui que ce soit se reproduire devant moi. Et à priori un bon nombre d’étudiants - pour ne pas dire tous - ont préféré ne pas voir l’acte non plus, uniquement les explications préliminaires. Cette fois, donc, c’est “manuellement” que la bête va être fécondée. Le médecin commence par passer le gant, quand nous entendons plus ou moins distinctement :

– Pourquoi on demande pas au rouquin bouseux de le faire ? Il serait ravi, et je suis sûr que c’est hyper simple.

Son groupe ricane. C’est bon, j’en ai marre, je vais me le faire. Des cons comme ça tu leur exploses la gueule pour leur apprendre le respect. Si Thomas n’avait pas été en couple il l’aurait défoncé, et pas juste son petit nez, qui est d’ailleurs en train de reprendre une couleur normale. Quoique… j’ai une meilleure idée :

– Puisque tu es si malin, viens le faire.

Je me tourne vers lui et le fusille du regard, retiens mes pulsions meurtrières en écoutant ce petit ange interne qui me fait utiliser mon cerveau, et m’empêche de noyer ce gros con dans la bouse qui tapisse le sol. Le docteur a retiré le gant et lui tend, visiblement il approuve ma punition. Il va probablement me détester après ça, mais il faut faire rentrer le respect dans son éducation. Il s’approche donc, contraint, après avoir essayé de refuser. Mais c’est moi le prof, et s’il ne veut pas une note éliminatoire à ce TP… Il enfile donc le gant, le recouvre de vaseline, prend l’échantillon de sperme taurin qu’il doit déposer dans l’appareil génital de l’animal et commence à rentrer son bras. Tout se passe bien, je vois quelques élèves qui prennent discrètement en photo son air dégouté - je le punis sur le moment, mais certains ne vont pas le laisser oublier cette humiliation. Je souris d’un air sadique quand, au moment de retirer le bras, une flatulence sonore retentit et qu’il se prend une éclaboussure de déjection. Son visage pincé de princesse outrée mériterait une photo souvenir, même un gay qui subit une faciale surprise a un visage moins amusant.

En tant qu’enseignant, je ne peux cependant pas laisser les élèves qui sortent ostensiblement leurs téléphones.

– Rangez vos téléphones ou c’est un devoir demain. Go, filez, et plus vite que ça.

Peter me fait un clin d’oeil, il a bien vu mon sourire amusé, je leur dis non, mais pense oui. Derrière moi, j’entends quelque chose du genre “mon père en entendra parler”. Je lui réponds en français, histoire de bien montrer mon dédain :

– Dis ce que tu veux à ton père. C’est le risque quand tu es à la campagne, et surtout quand on a des tp avec des animaux. Tu as bien rigolé quand c’était la dissection de seiche, et que certains élèves se sont pris l’encre. Accepte le retour de bâton.

– You fucking bastard…, vous avez fait exprès.

C’est le vétérinaire qui vient à ma rescousse, même s’il n’a probablement pas compris le morceau dans la langue de Molière :

– Tu as surtout dû appuyer sur l’abomasum, qui fait partie de l’intestin. Tu as de la chance de ne pas être couvert de bouse !

Prétentieux Premier s’en va, furieux, alors que je laisse échapper un petit ricanement. C’est plus fort que moi. Je remercie la fermière et le médecin et vais dans la cour. La Porsche rugit et file sur la petite route, elle se décale tout de même un peu face à la Ford qui approche. L’autre groupe arrive, les étudiants commencent à se disperser pour rentrer, certains en voiture, d’autres en bus. Je ne fais plus attention à tout ça, car je vois la petite tête blonde qui sort de la voiture. J’entends Valentin qui félicite Thomas pour sa ponctualité.

– Un petit copain n’arrive jamais en retard mon rouquin, ni en avance d’ailleurs. Il arrive précisément à l’heure prévue.

Ils se prennent dans les bras alors que je m’approche de Matt. Je cède à une pulsion, je le prends dans mes bras - comme je l’ai fait plusieurs fois depuis quelques semaines sans qu’il ne s’en plaigne - et l’embrasse aux commissures des lèvres.

– Je suis content de te voir. Et aussi que tu aies accepté de manger avec nous. Enfin.

Il rougit légèrement avant de répondre :

– Oui, Thomas n’arrêtait pas de me harceler pour ça, et j’ai cru comprendre que j’étais très attendu alors me voilà.

– T’étais presque plus attendu que le Messie, lui lance Thomas. Après ne t’inquiètes pas, on n’est pas très croyants, sauf si on considère mon bébé comme le dieu de la cuisine et moi le dieu du sexe.

Je marmonne un “prétentieux” tout en pensant qu’effectivement ce n’est pas tout à fait faux quand on connait la dévotion avec laquelle on dévore les petits plats du rouquin, qui est aussi divin lorsque Thomas et lui s’envoient en l’air : ils se montrent leur vénération chacun à leur façon, mais c’est bien le passif qui est le maitre au lit, plus que le grand actif qui passe pourtant pour le mâle dominant aux yeux des gens…

Le temps de charger les courses dans le coffre - ça rentre tout juste - et nous montons en voiture. Le rouquin conduit, Thomas à côté de lui. Je suis à l’arrière avec mon petit blondinet, et je frôle sa main à chaque virage. Je la saisis carrément quand un abruti nous coupe la route, forçant notre conducteur à freiner d’un coup sec. Je jette un regard rassurant à Matt, s’il y a bien un chauffeur meilleur que les autres, c’est le rouquin ! Ou moi, mais ce n’est pas ma voiture.

Le reste du trajet se passe sans accroc et nous essayons de faire parler Matt, de le faire rire, bref, de le mettre à l’aise. Et si Thomas le taquine de manière gênante, mon petit blond ne se laisse pas démonter et il répond en rougissant. Ils sont déjà complices, c’est un bon point pour le faire venir plus souvent avec nous. Surtout que Valentin ne semble plus lui en vouloir de la petite claque suite au baiser volé… De toute façon je connais mon frérot comme ma poche, il veut mon bonheur et il voit que Matt… eh bien il peut m’apporter tout ce que je n’ai pas. Donc j’ai son soutien absolu pour faire accepter au chaton une relation durable. Si c’est possible, ce qui ne fait pas beaucoup de doute vu les regards que j’intercepte dans le rétroviseur… Mon coeur bat plus vite et j’ai envie de l’embrasser.

Les lumières de la ville s’allument et sont cachées lorsque nous rentrons dans notre parking. Exceptionnellement, l’ascenseur nous accueille pour gravir les six étages et Matt découvre notre chez nous. Ou du moins, redécouvre, car il est déjà venu. Mais cette fois, il est un peu plus conscient et pas spécialement pressé de fuir. Il se met à l'aise, comme nous, et attend timidement qu'on lui dise quoi faire. Sauf que c'est notre invité, il a juste à profiter. Trois mecs aux petits soins pour lui, pas mal non?

Rapidement nous réchauffons les tortillas et sortons les entrées. La cuisson de la dinde est lancée, au moins une heure avant de pouvoir manger le vrai repas. D'ici là, nous allons prendre notre temps et ne pas trop nous remplir l'estomac. Valentin insiste pour cuisiner deux desserts en supplément, comme s’il n’y en avait pas assez ! À six mains, ça va assez vite, du moins assez pour que notre invité ne s’ennuie pas.

J'adore le regard de Matt. Il étudie notre lieu de vie avec un regard enfantin, un peu comme un chaton curieux. Quand je lui propose de s'assoir sur le canapé, il le fait avec un soupir de satisfaction. Son appartement est-il si sommaire qu'un peu de confort provoque chez lui une réaction pareille ? Valentin amène la soupe de tomates pour nous réchauffer pendant que je sors des couvertures. Thomas et son bébé d'un côté sous l'une, Matt et moi sous l’autre. Je me lève plusieurs fois pour aller chercher tout ce qu'il nous faut, vérifier les cuissons, allumer la télévision... Le rouquin raconte comme Prétentieux Premier a eu le droit à un cours de biologie animale, assez salissante, ça nous fait bien rire, à tel point que mon téléphone m'échappe des mains. Je me baisse pour le ramasser, et j'entends Thomas qui taquine le petit blond sur le fait que ses yeux fixent mon cul. Il rougit, mais le brun n'en a pas fini avec lui.

– Mais dis donc, c'est quoi ce fond d'écran ? Petit coquin !

Matt cache son écran, qui s'est éclairé alors qu’il recevait un message. Il a viré au rouge. Il se lève pour répondre, Thomas l'attrape et lui ôte le téléphone des mains pour me le montrer. Je m'empare de l'objet et le rend à son propriétaire avec un sourire en coin. Alors comme ça, il a mis notre photo d'Halloween en fond d'écran. Juste un bout. Plutôt juste un mec. Il baisse les yeux, un peu honteux. Je lui caresse la joue et m'assieds à côté de Thomas pour qu'il ne soit pas embêté. Nous reprenons notre repas.

Je me colle contre lui sous la couverture, sa main se pose sur ma cuisse avant qu’il ne réalise ce qu’il est en train de faire et qu’il ne la ramène entre ses jambes. Il se pelotonne quand même contre moi, il tremble légèrement. Il a froid ? Je glisse mon bras par-dessus son épaule et lui transmets ma chaleur. Quand les plats sont prêts, je vais lui chercher un de mes sweats, un peu grand, mais comme ça il sera bien au chaud. Et il sera environné par mon odeur. Je jurerais qu'il a fait une pause en enfilant le pull, et pas uniquement pour chercher la sortie. Lui aussi il sent bon, sa petite tête blonde contre moi a entrainé un gonflement entre mes cuisses. Il m'a totalement ensorcelé...

Une fois passé à table, il mange avec appétit malgré la part copieuse qu'il a déjà engloutie avant. Mais où est-ce qu'il met tout ça ? Ça fait plaisir en tout cas de voir qu'il apprécie ce qu'on a préparé pour lui. Je discute avec lui, nous sommes dans une petite bulle pendant que les deux autres se chamaillent gentiment. J'imagine qu'il se passe des choses sous la table, et ça me donne une idée. Je fais du pied à Matt, qui sursaute avant de laisser s’établir le contact entre nos corps. Qu'est-ce qu'il est mignon ! J'ai envie de l'embrasser... voire même un peu plus vu la bosse dans mon pantalon. Je suis partagé entre l'envie de lui montrer l'effet qu'il a sur moi, et une forme de retenue au cas où il serait encore trop tôt pour ça. Je reste les fesses sur ma chaise car le rouquin et son mec s'occupent du service. La valse des desserts ravit tout le monde, quels que soient les gouts et les préférences de chacun, entre les crèmes brulées, le brownies avec sa crème anglaise, des fraises à la chantilly, un clafoutis à la rhubarbe, des cannelés, des muffins avec différents gouts... À un moment, je note que Valentin a remarqué mon jean tendu, je lui fais signe de se taire et de ne pas vendre la mèche.

– Merci beaucoup de m’avoir invité, si j’avais su que ce serait aussi délicieux, je serais venu plus tôt, surtout pour diner en aussi bonne compagnie.

– Avec plaisir Matt, tant mieux si ça t'a plu. Et oui, il fallait venir plus vite, tu étais attendu avec impatience, lui répond Valentin avec un grand sourire.

– Je dirais même désiré, ajoute Thomas.

– Tais-toi Thomas.

J'ai toujours peur qu'il l'effraie, c'est pas possible. On a bien progressé, il accepte mes contacts, des petits bisous. Quand est-ce que j'aurai un peu plus ? Bonne question.

Nous décidons de faire la vaisselle tous ensemble, puisque Matt insiste pour nous aider. Je suis au lavage, lui s’occupe du rinçage, Thomas essuie et Valentin range. Nos mains se frôlent, se caressent, j'ai des frissons. Et je souris comme un con dès que je le regarde. Il a un peu la même réaction d’ailleurs, sauf que son sourire est trop mignon, mon coeur rate des battements et je manque de lâcher ce que j’ai dans les mains pour le prendre contre moi malgré mes mains mousseuses. La vaisselle est terminée avant que je m’en rende compte et nos deux amis s’isolent dans leur chambre. Je reviens sur le canapé pour finir le film et Matt me rejoint. Je profite de la page de publicité pour aller me laver, cinq minutes suffisent ! Alors que je viens de sortir de la cabine, le chaton toque à la porte au moment où je l’ouvre, avec juste la serviette sur la taille.

– Ah, euh, je pensais que c’était les toilettes…

– Tout est au même endroit… Tu as bien amené de quoi te changer ? Tu peux te laver quand tu veux, tu sais .

J’ai comme l’impression que son regard s’est logé vers mon nombril, et son pantalon se tend. Je le contourne, le frôle, mais fuis pour ne pas qu’il voie ma serviette tendue … Une fois dans la chambre, elle tombe même au sol avant que la porte ne se referme sur un petit blond aux yeux fixés sur mes fesses.

Je prends le temps de me calmer et de m’habiller. Un peu mécaniquement, j’enfile les premiers vêtements que je trouve dans l’armoire avant de retourner sur le canapé. L’eau arrête de couler, je fais mon possible pour ne pas l’imaginer nu, alors que je pourrais être en train de le sécher. Quelques minutes passent, j’ai les yeux fixés sur l’écran quand il vient à côté de moi, s’assoit, un peu raide, et se tourne vers moi. Je prends une grande inspiration, prêt à entendre qu’il veut rentrer chez lui, ce qui voudrait dire que j’ai été trop loin.

– Ton t-shirt est génial.

Je baisse les yeux pour découvrir le costume de Captain America imprimé sur mon haut. Je fixe ensuite le regard de Matt pour le contempler, une étincelle dans ce bleu pur et innocent. Enfin pas si innocent, car l’étincelle cache un désir. Je pose la main sur sa joue et descends mes paupières sur mes prunelles vertes. J’avance lentement vers lui. Je m’arrête quand nos lèvres se frôlent, puis j’attends de voir s’il a la même réaction que l’autre fois.

Sauf qu’il vient tout contre moi, comme pour chercher ma chaleur, et nos lèvres valsent doucement. Son baiser est un peu timide, il n’a sans doute jamais embrassé. Je prends son visage entre mes mains et prolonge ce moment de tendresse. Je l’allonge, donne plus de chaleur à son corps frêle. Je respire son parfum, sa peau exhale sa propre odeur sucrée, plus enivrante que l’amande de mon savon. Je pose mes lèvres dans son cou, tout en douceur; il tremble, je comprends que c’est sa première fois. Il ne doit pas avoir peur avec moi, je vais tout faire pour rendre ce moment magique. Ses mains glissent sur ma peau, soulèvent mon vêtement. Je me redresse et l’enlève devant son air hébété. Je fais glisser le sien, viens embrasser son corps pâle que je trouve magnifique, telle une statue de marbre vivante. C’est un mélange de câlins et d’excitation que je lui donne, je cherche à sensibiliser toutes ses terminaisons nerveuses, à les surcharger. La réaction dans son pantalon est celle que j’espérais : il est raide et les pulsations semblent me supplier d’ouvrir pour le libérer. Je glisse d’ailleurs la main dessus et il m’imite, ce qui lui fait peur quand il prend en main l’étendue du morceau.

– Ne t’en occupe pas, c’est ton plaisir qui compte mon chaton.

Je me mords les lèvres en me rendant compte que je viens de dire à voix haute le surnom par lequel je le nomme devant Valentin. Mais il n’a pas l’air de relever, il pince un de mes tétons entre ses doigts, constate l’effet que ça a entre mes jambes. Il m’adresse un petit regard coquin, alors je laisse courir ma bouche sur ses aréoles, ce qui le fait gémir bien plus que moi. J’ouvre patiemment son jean, il le remarque quand je commence à le descendre. Il s’y accroche, alors mes lèvres remontent sur les siennes pour le détendre. Une de ses mains vient sur mon épaule alors que ma langue taquine la sienne. Je finis de baisser le tissu et tombe entre ses cuisses. Je le regarde d’un air coquin :

– Laisse-toi faire, s’il te plait. Il y a trop de pression, je vais t’aider à la relâcher avant d’aller dormir, tu n’y arriveras pas dans cet état. Et il faut bien te remercier d’être venu.

Il essaie de me retenir, mais j’ai déjà fait sauter le dernier rempart entre ma bouche et son morceau, qui se dresse bien droit, avide, fier et humide. Je pose ma main brulante dessus, décalotte son gland. Il rougit, comme s’il y avait une gêne. Je ne vois pas en quoi, il est bien gâté ! Pas loin de moi, même. Il achève - si ce n’était pas déjà le cas - de me faire tomber amoureux de lui. Tout son corps me plait, il est sexy et excitant. Je lèche donc la petite perle de mouille qui suinte du méat à cause de l’excitation que je lui donne. J’engloutis ensuite plus rapidement la suite de sa verge, m’étouffe un peu à cause de ma gourmandise, en voulant tenter la gorge profonde trop précipitamment, surtout après notre gros repas. Je reprends donc ma pipe de la même manière que je l’ai embrassé et caressé : tendrement, avec la volonté de lui donner du plaisir.

Je fais tourner ma langue sur son bonbon rose doux comme de la soie, étale consciencieusement ma salive sur son frein et au-delà. Je caresse ses bourses qui me semblent bien pleines - il ne se donne même pas un peu de plaisir de temps en temps ? Uniquement du travail ? Heureusement que je suis là pour penser à lui alors… Je caresse tout son corps, découvre certaines zones sensibles, d’autres chatouilleuses. Plusieurs fois son sexe tressaute, son ventre se creuse et le sac de peau contenant sa virilité se soulève, alors je ralentis pour qu’il se calme avant de reprendre encore plus langoureusement. Tout rouge, il hoquète, il est diablement mignon. Oui c’est le mot. Je vendrais mon âme sans hésiter pour l’avoir. Heureusement que l’histoire que Valentin lisait l’autre fois n’est qu’un roman…

Je laisse le petit diable exploser de plaisir, il en avait vraiment besoin apparemment. Il jouit un peu plus rapidement que je ne le pensais, je reçois ses deux premiers jets sur le menton, le reste s’étale sur son corps mince. Je me retiens de l’avaler - on verra ça plus tard - et l’essuie avec mon t-shirt, le rhabille alors qu’il reprend sa respiration. Il se blottit dans mes bras, je le porte dans mon lit et reste tout contre lui. Je dépose des baisers partout sur son visage tellement je suis heureux. Je vais passer une deuxième nuit avec lui, c’est merveilleux…

D’un coup, je pense à quelque chose :

– Tu veux faire le Black Friday avec nous demain ?

– Je dois rentrer voir Mémé, désolé, marmonne-t-il d’une petite voix. Bonne nuit sweetheart. Ou sweetie. Oui c’est bien sweetie…

– Bonne nuit chaton.

Je dépose un chaste baiser sur ses lèvres et m’endors avec ce mec que j’adore tout contre moi...

Pititgayy

pititgayy@gmail.com

Suite de l'histoire

Autres histoires de l'auteur : Vive l’armée ! - Bon prêt en liquide - Les chemins de fer - À deux sous le sapin - L'inconnu du train - Je (me) décoince (avec) mes amis - Le pompon du marin - Frenchies in a New World - Mon meilleur ami et moi dans les bois - Mon ami l’escort - Mon âme au diable - Au fond on ne change pas - L'inconnu de la poste - Remis à ma place - Le mec idéal - Rendez-vous particulier

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Kader -15 Cédric T
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