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Premier épisode - Épisode précédent

Hommes de Loi -26

Emporté

«Oh oui, désolé. J’ai rencontré Samuel sur une application et il m’avait d’abord donné Julien comme pseudo, puisqu’il était discret. C’est juste un réflexe».

Thimothée termine sa phrase en me faisant un clin d’œil appuyé, amical, au regard de son patron ; mais qui pour moi prend un sens totalement différent. Il vient de sauver ma peau. Littéralement. Enfin. Ce n’est pas sûr. Il faut encore qu’il accepte cette version. Et son regard ne laisse rien présager de bon.

«Intéressant… Je pensais pas qu’on pouvait devenir amis après un plan cul, ricane-t-il, encore et toujours.

— Enfin, c’est que… commençai-je à balbutier.

— J’y pense. Vous pourriez vous les faire à deux.

– Comment ?! m’étranglai-je.

— Il faut arrêter de berner le petit Tim là. Je vous verrais bien en vrai-faux couple d’escorts. Les clients adoreraient. Deux pour le prix d’un. Enfin, non, pas vraiment ! s’étouffe-t-il.

– Je ne… dis-je en regardant Thimothée qui reste impassible et, surtout, silencieux.

— Ne fais pas cette tête Thimothée, il fallait bien que tu le saches un jour. Bienvenue dans le monde réel ! Ton pote ne veut ni être prof ni être mannequin. Non, il veut être escort. Coucher même. Il me l’a dit. Je suis sûr que vous auriez plein de clientes et de clients tous les deux… Tant que ça me ramène mon fric…»

Thimothée ne bouge toujours pas. Rien. Comme cassé de l’intérieur. C’est assez surprenant de réagir ainsi. Peut-être pas après tout. Je n’en sais rien, moi je suis venu ici en connaissance de cause. Et j’ai assez pour faire tomber tout le réseau parisien, puisque le big boss vient d’appeler le responsable mannequinat.

Il s’est tourné pour passer son appel, mais nous pouvons parfaitement entendre leur discussion puis qu’il répond à de potentiels clients, très intéressés pour des défilés. Et dire que Marc et Favian sont dans la mode. Je leur raconterai à l’occasion, pour savoir si c’est monnaie courante de se servir du mannequinat comme couverture. Peut-être pas d’ailleurs, je ne suis pas sûr que ce soit très pertinent de ma part de leur demander ça.

Thimothée sort enfin de son mutisme, en me regardant droit dans les yeux. Son regard a changé. Il ne semble ni surpris, ni déçu, ni choqué, mais davantage à la recherche d’une explication au creux de mes pupilles. Nos regards se déconnectent quand nous entendons frapper à la porte de verre. Sans doute le responsable. Je ne prends pas la peine de me retourner, alors que le patron lance un «entre, vas-y» toujours au téléphone.

Une main se pose sur mon épaule. Je suis agacé. Vraiment. Il me prend déjà pour son morceau de viande. Je détourne la tête vers Thimothée qui, lui, a complètement changé de visage. Pourquoi ? Il me perturbe décidément beaucoup. Il ment sur notre rencontre, ne réagit pas en apprenant qu’il travaille pour des truands et, maintenant, est pétrifié.

La main me lâche et je vois une arme dans la seconde. Je lève la tête, à mon tour abasourdi. Ce n’est pas un des hommes du réseau. C’est Samuel. Avec un casque, un gilet pare-balles et toutes les protections nécessaires. Mais c’est bien lui. Une arme à la main. Qu’il vient de poser sur la tempe de notre interlocuteur.

Surpris, il lâche son téléphone, tandis que d’autres hommes entrent dans la pièce. Evidemment. Que je suis idiot. J’ai trouvé le moyen d’oublier que j’avais appelé les renforts. Ils ont mis du temps à arriver, c’est certain. Mais ils sont là. Samuel en tête. Sa main se crispe d’ailleurs. Le stress j’imagine. Ou… Non !

Je me lève d’un bond, de peur que Samuel ne tire. Il me regarde furtivement et secoue la tête. Alors que les hommes de la BRI sont en train de le menotter, Samuel prend le menton de son pire ennemi dans sa main, et lui assène un coup de poing monumental. Ce n’est pas très malin de sa part. Mais je le comprends, après tout. Si j’avais l’assassin de Grégoire devant moi, je ne sais pas de quoi je serais capable.

Thimothée aussi est embarqué, alors que le désormais ensanglanté chef du réseau ne dit rien. Il sait parfaitement que tout ce qu’il pourrait dire se retournerait contre lui. Ce n’est sans doute pas la première fois qu’il a affaire à nous. Mais aujourd’hui, toutes les preuves sont enregistrées. Quant à Thimothée, je parlerai à Isabelle tout à l’heure. Il a quand même menti pour me sauver. Même si je ne comprends pas vraiment pourquoi.

Je suis toujours assis, tandis que les hommes de la BRI, que je suis censé commander, quittent les lieux. Des mains viennent se poser sur mes épaules, j’imagine qu’il s’agit d’Isabelle. Ou du commandant. Bref, de ma hiérarchie qui vient me soutenir. Je crois que j’en ai besoin. Vraiment. Et de retrouver Clément. Oui, c’est de lui dont j’ai besoin.

«Tu m’as privilégié à ton enquête… Et ça, c’est…»

Il est là. Juste là. Je commence à me retourner, mais ses mains me rassoient et empêchent ma tête de pivoter pour le regarder.

«J’ai tout entendu, Julien. Tout. Je suis resté là. Isabelle a accepté. Et je suis désolé»

Je l’entends doucement soupirer, alors que de minuscules gouttes viennent s’écraser sur mon cou. Il pleure… Mais pourquoi…

«Quand tu as dit que tu n’avais jamais eu de succès. J’ai repensé à tout ce que nous nous sommes dit. Je suis désolé de ne pas l’avoir vu avant. Désolé de ne pas avoir remarqué combien chacune de tes confidences était difficile. Désolé d’avoir oublié que tu n’es pas comme les autres»

Il continue à pleurer et, alors que j’allais commencer à parler, ses doigts viennent sur mes lèvres pour m’en empêcher.

«Tout ce que tu as dit, c’était bien trop naturel, bien trop spontané. Tu as dû le penser au moins un jour dans ta vie. Et ne serait-ce que ça me rend malade. Je te le promets Julien, tu n’auras plus à le penser. Parce que tu as du succès. Avec moi. Parce que tu vas pavaner. A mon bras. Parce que tu vas impressionner. Moi. Parce qu’on continuera à faire l’amour, et tout ce que tu voudras, tant qu’on sera ensemble».

Je me lève, alors qu’il relâche doucement la pression sur mes épaules. Je lui fais donc face, les yeux rouges moi aussi. Il a raison. Même en étant à ses côtés, je me sens parfois perdu. Ce n’est pas sa faute, contrairement à ce qu’il pense. C’est juste moi. Moi, ma vie, ma façon de la vivre. Je ne veux pas qu’il s’en veuille.

Et en même temps ses mots sont terribles. Terriblement beaux. C’est donc ça que je suis pour lui. Je ne demande que ça après tout. Je place doucement ma main sur sa joue pour essuyer ses larmes qui continuent à se former au creux de son œil. Il la saisit, tendrement, et me regarde désormais fixement.

«Je t’aime».

***

Nous venons, à l’instant, de rentrer au commissariat. Nous avons pris notre temps, profitant de ces instants ensemble. Je n’ai pas revu Samuel ou Isabelle. Je suis juste dans un état second depuis que Clément m’a dit qu’il m’aimait. Je ne lui ai pas encore répondu, mais ma réponse était éloquente, alors que mes lèvres venaient s’écraser sur les siennes pour danser une valse encore inconnue. J’espère qu’il ne m’en veut pas d’être resté silencieux.

Il est à mes côtés, dans mon bureau, souriant. Sa présence ici me rassure. L’arrestation a fait grand bruit, alors les médias, qui connaissaient déjà le chemin, sont en route. Cette fois-ci, je n’échapperai pas au crépitement des flashs et à la multitude de questions. Mais Clément sera là. Je le sais.

Alors que nos regards ne se lâchent pas, Samuel et Isabelle entrent dans mon bureau.

«Julien, alors, remis ?

— Parfaitement, Isabelle. Parfaitement. Et vous, que donnent les interrogatoires ?

— Tout le monde balance tout le monde ! Ils sont tellement effrayés par la prison qu’ils nous donnent même des noms lyonnais. Bref, le démantèlement prendra sans doute plus d’ampleur que prévu.

— Y compris notre ricaneur ? demandai-je.

— Hélas, non, muet, toujours. L’enregistrement audio que vous avez fait nous permettra sans problème de l’inculper. D’autant plus qu’il conservait sur son ordinateur la liste des escorts. Nous pouvons donc facilement remonter jusqu’à eux et leur demander de témoigner.

— Et Thimothée ?

— Je voulais vous en parler… Disons que j’ai été en même félicitée et durement réprimandée par le Ministère…

— Je ne comprends pas…

— Thimothée est de chez nous… Nous venons de mettre fin, malgré nous, à une infiltration qui durait depuis quelques semaines.

— C’est donc pour ça qu’il était dans mon hôtel ! se réveille Clément.

— Et qu’il a disparu en apprenant que j’étais dans la police moi aussi, marmonnai-je.

— Sans oublier qu’il vous a tiré d’une mauvaise situation, à la fin…

— C’est exact… Je le remercierai tout à l’heure.

– Moi aussi. Pour d’autres raisons» réagit Clément.

Isabelle rougit. Elle allait continuer à parler de lui, mais, finalement, s’arrête. Il faut dire que les paroles de Thimothée à l’égard de mon petit-ami sont clairement désobligeantes. Il a toutes les raisons de lui en vouloir, évidemment. Mais ce n’est pas le moment de se venger. L’urgent est de coincer un maximum de membres du réseau, et surtout de trouver qui a tué Stéphane. Pour l’instant, rien n’est clair de ce côté-là. Isabelle me sourit et s’en va sans un mot, mais Samuel reste lui.

«Merci Julien… Et merci Clément aussi».

Il vient devant nous et passe un bras autour de chacun d’entre nous, nous resserrant de fait. Voir Samuel dans cet état, à tenter de nous prendre dans ses bras, c’est à la fois attendrissant et inquiétant. Je suis un peu perturbé, je le reconnais. Je ne sais même pas que répondre. Si ce n’est passer à mon tour ma main dans son dos pour lui montrer que je n’avais fait que ce qui me semblait juste.

«L’un des escorts a parlé de Stéphane. Ils s’échangeaient des messages. Mais sur une carte SIM fournie par l’autre ordure. Donc il a tout vu. Et aurait fait des SMS à Stéphane. Donc on va pouvoir demander à avoir accès à ses affaires».

Je n’ose toujours rien répondre. Je suis décidément muet aujourd’hui. Bien trop. J’ai fait une erreur tout à l’heure. J’aurais dû lui répondre. Je dois lui répondre. Clément a le droit de savoir. De savoir que je l’aime aussi.

«Et puis on espère retrouver l’arme dans l’attirail qui était dans le sous-sol, tu aurais vu ça…»

Je n’écoute plus Samuel. Il m’a perdu depuis longtemps, très clairement. Je ne pense plus qu’à Clément. Seulement lui. Uniquement lui. Face à ce silence, c’est Clément qui répond à Samuel que nous espérons aussi que tout s’éclaircisse au plus vite. Et surtout que je devais me reposer. Il essaie de me trouver des excuses alors que mon absence est due à sa présence. Samuel sort en souriant timidement et, à peine la porte fermée, je saute au cou de Clément :

«Je t’aime Clément. Tellement. Vraiment, je t’aime».

Encore cette valse entre nos lèvres. J’y prends tant de plaisir. L’embrasser en le regardant dans les yeux. Je découvre une nouvelle facette du bonheur.

JulienW

jw04@gmx.fr

Suite de l'histoire

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