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Premier épisode - Épisode précédent

Hommes de Loi -25

Glacé

Mon sang ne fait qu’un tour. Il ne peut que me reconnaître. Ou alors il a de sérieux problèmes de mémoire. Je vais lui dire quoi ? C’est terrible. Il peut faire sauter ma couverture. Pire. Il peut m’enfermer ici. Tout raconter. Je ne sais pas si j’aurai le temps de prévenir la cavalerie. Il va leur falloir du temps pour arriver jusqu’au fond du bâtiment. Entre temps n’importe qui peut me descendre. Je m’en veux d’avoir eu cette idée. Je m’en veux d’abandonner Clément.

«Mais ! Incroyable ! Qu’est-ce que tu fais là ? s’exclame Thimothée, en venant m’embrasser.

– Je… Je venais passer un entretien et…

— Avec l’autre là ? Depuis quand tu veux devenir prof toi ? s’interroge-t-il.

— Tu sais, la police ça paie pas bien et j’ai bien envie de mettre du beurre dans les épinards».

Nous sommes entourés des équipes au rez-de-chaussée. C’est sans doute pour cela qu’il agit ainsi. Si nous ne sommes que tous les deux, clairement, il va me demander pourquoi je veux devenir escort. Pire, il pourrait me parler de Clément. Tout va être tellement terrible. Mentir. Alors qu’il est là, à écouter. Ce va être horrible.

C’est alors que je me rends compte qu’ils écoutent. Ils doivent être inquiets, que je croise une connaissance ainsi. Il faut que je les rassure. Mais comment ? En répétant soudainement le prénom de Thimothée, je risque de paraître bizarre à ses yeux. Il faut que je réfléchisse et vite. Pendant ce temps-là, il semble lui aussi réfléchir, plissant les yeux à plusieurs reprises. Il est très clairement en train de me jauger.

«Tu veux que je te donner un coup de pouce ? me demande-t-il le plus simplement du monde.

– Pardon ?

— Tu sais, je bosse ici…

J’ai mon occasion, pensai-je…

— Je ne veux pas abuser de ta gentillesse Thimothée… dis-je en appuyant sur son prénom.

— Suis-moi, je t’en prie, on va en parler dans mon bureau».

Je vais rapidement être pris au piège, j’en ai parfaitement conscience. Je le suis, alors qu’il ouvre de nouveau la porte qui m’avait précisément empêché de tomber quelques minutes auparavant. Je dois trouver une explication rationnelle. Vite. Très vite. Nous nous enfonçons dans une pièce bien plus sombre que le lumineux open space. Presque inquiétante.

Le couloir débouche sur un jardinet de ville, plutôt agréable, une fontaine en son centre, et une série de bureaux. Thimothée s’engouffre dans l’un d’entre eux, toujours armé de son sourire. Je ne suis clairement plus à la portée des snipers, et j’en frémis d’avance. Thimothée ferme assez violemment la porte et m’invite à m’assoir.

«Vraiment, je peux t’aider. Je suis le numéro 4 de la boîte. Donc si tu veux éviter les entretiens intermédiaires, tu me dis.

– Numéro 4 ? Comment ça ?

— L’autre a dû te le dire, mais l’entreprise se divise en trois. Une partie soutien scolaire et cours particuliers ; une partie mannequinat et une dernière événementielle. Je dirige l’agence événementielle.

— L’autre ? Tu n’as pas l’air de l’apprécier…

– Disons qu’entre responsables on se côtoie uniquement pour rendre des comptes. Et j’aime être leur compétiteur.

— Et tu participes toi au recrutement des es… allais-je demander avant d’être interrompu.

— J’ai fait la connerie une fois de filer un coup de mains au responsable mannequinat… Résultat, la direction de la fac m’a coupé le contrat. Je lui en veux tellement. Donc crois-moi, désormais, je ne veux plus entendre parler des recrutements de mannequins ou de profs».

Son discours est bien rodé. Il doit penser que je ne sais rien. Il pourrait se laisser aller à la confidence avec moi, ce serait parfait pour compléter le discours du responsable des cours… Enfin, des cours…

«Ce n’est pas trop difficile d’expliquer que l’entreprise soit dans trois secteurs d’activité ? Après tout, ce doit surprendre les clients…

— Du tout, il y a une vraie philosophie derrière tout ça !»

Une philosophie ? Il est en train de se foutre de moi, ce n’est pas possible autrement.

«Tu peux m’expliquer ?

– Bien sûr ! On aide les jeunes qui le veulent avec des cours. Certains, malgré tout, échouent. Et on leur propose des contrats de mannequins pour les plus beaux, ou de gestion événementielle pour les autres. Tu vois, on fait de l’insertion professionnelle en fait. C’est pour ça que j’ai accepté de rejoindre l’entreprise. Ils m’ont recruté il y a quelques semaines. Je suis encore en période d’essai».

Incroyable. Il semble y croire. Ou alors… Il y croit. Et il ne sait pas.

«Tu viens juste d’arriver dans l’entreprise ? demandai-je.

— Oui, avec la rupture que j’ai traversée, dont je t’ai déjà parlé, j’avais besoin d’un nouveau départ. Donc j’ai candidaté ici. Le grand patron a apprécié ma démarche et m’a confié cette partie-là. Les événements étudiants. Comme je suis jeune et que j’ai souvent l’âge des clients, il a pensé que ce pourrait être un atout.

— C’est toute une stratégie, impressionnant… mens-je.

— D’ailleurs, peut-être que l’on pourrait travailler ensemble. Imagine, tu donnes des cours et en même temps tu me secondes pour les soirées. Je ne dirais pas non à l’idée de passer plus de temps avec toi, tu sais…»

Au fur et à mesure qu’il dit cette phrase, il s’avance vers moi. Je retrouve son sourire charmeur et carnassier. Le même que lorsque j’avais ouvert la porte, nu, à l’hôtel. Mais Clément n’est pas là. Il ne l’arrêtera pas. Je suis perdu. Si je le repousse, je risque de mettre en l’air l’enquête. Si j’accepte, il ne va clairement pas s’arrêter là. Sa main vient de se poser sur mon cou, il attend une réponse pour venir m’embrasser.

«Désolé Thimothée, je suis en couple. Si ton coup de pouce a un prix, je préfère me débrouiller seul.»

Il s’arrête net. Retire sa main. Je l’ai heurté, je le vois. Tant pis. Je ne veux pas sacrifier Clément sur l’autel de la vengeance ou du ressentiment. Il me regarde, visiblement déçu.

«Je ne savais pas que tu t’étais mis avec lui. Il te mérite pas, annonce-t-il son visage fermé.

— C’est à moi d’en juger, tu crois pas ?

— Le problème c’est lui. Enfin, bref. Je peux te présenter au big boss maintenant si tu veux. Par contre, il vaudrait mieux que tu dises que la partie mannequin t’intéresse. Sinon il s’en foutra. A moins que ça aussi, ce soit trop pour le pauvre petit cœur de Clément.

— Si tu dois m’en vouloir d’accepter ton offre, je ne veux pas… tentai-je, au risque de perdre son offre : je dois le garder en soutien dans l’entreprise.

— C’est bon, t’es pas le premier à me recaler. Au moins toi c’est parce que t’es en couple. Allez, viens, je t’emmène».

Nous sortons ensemble. Il marche à côté de moi. Il est là, son sourire a disparu. Il est crispé. Je joue avec le feu. Je me trompe peut-être. Il est peut-être de connivence. Et s’il m’amenait à l’abattoir et non voir son patron. J’ai presque envie d’appuyer sur le GPS qui est dans ma nuque. D’ailleurs, pour l’instant, personne ne m’a fouillé. Je n’ai pas croisé de gardes du corps. Si, tiens. Là-bas. On doit approcher. Je m’apaise. Il ne m’a pas menti. Maintenant, j’espère qu’ils ne verront rien.

Thimothée les regarde et d’un claquement de doigts ils nous laissent passer. L’un des deux m’observe, de travers, mais Thimothée le fusille du regard. Nous avançons dans une antichambre, alors qu’un bureau aux murs en verre est devant nous. Un homme, assez grand, fin, élancé s’approche et ouvre.

«Tu veux quoi Thimothée ? Je suis occupé.

— Vous présenter une recrue VIP qui veut être prof et mannequin. Je pense qu’on peut lui épargner les entretiens intermédiaires, je le connais personnellement. Si vous avez le temps.

— Ah ouais ? Je vais le recevoir. Tu peux partir. Merci» lance suspicieux le big boss.

Thimothée, refoulé pour la deuxième fois, est clairement vexé. Il allait ouvrir la bouche, mais la porte derrière lui s’est ouverte avant. Les deux gros bras se vengent et lui font signe de partir. Vite. Moi j’entre, précédé par mon hôte au regard perçant.

«Vraiment con ton pote…

— C’est que…

— Des semaines qu’on l’a embauché et il a toujours pas remarqué que les trois quarts des recrues n’étaient ni sur les podiums ni avec des élèves. J’espère que toi, tu n’as pas froid aux yeux, ricane-t-il.

— Je sais ce que je veux oui.

— Et pourquoi tu veux te taper mes clients ? A part pour le fric.

— Pour me venger. J’ai jamais eu de succès avant. Maintenant j’ai juste envie de pavaner à leurs bras, de les impressionner, dans me montrer avec eux, de coucher, oui de coucher, de les dominer s’ils le veulent, de les occuper.

— Pas prude en plus. Il est bon le Thimothée. Donc tu sais à quoi t’attendre. Ton prénom ?

– Totalement. Samuel, mens-je pour éviter les problèmes.

— Je laisse le soin à un autre de vérifier si tu es aussi performant que ce que tu annonces. Mais t’as la flamme dans tes yeux. Donc c’est oui.

— Merci, j’ai plus envie d’attendre et…

— Déjà, première règle, tu la boucles. Et si un client pose trop de questions, tu me le dis. Je règlerai le problème.

– Comment ?

— Je t’ai dit de la boucler. Les clients bavards je trouve toujours des moyens de les faire taire. Et ce sera pareil avec toi».

Et il ricane. Encore. Il prend une arme dans un tiroir. Merde ! Je fais quoi ?

«Tu vois, quand on parle trop, je fais ça».

Il met son arme sur mon front et mime un tir. Au même endroit que Stéphane. J’en peux plus. Je prends le risque. Tant pis.

«Ne vous inquiétez pas vous ne serez pas déçu».

Au même moment, Thimothée frappe et, autorisé, entre : «J’ai vu votre message, j’ai prévenu le dernier recruteur pour l’entretien. Julien, tu peux venir ? ».

«Tu m’avais pas dit que tu t’appelais Samuel toi ?!»

J’appuie sur un des micros. Mais c’est trop tard.

JulienW

jw04@gmx.fr

Suite de l'histoire

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