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Premier épisode - Épisode précédent

Hommes de Loi -27

Retrouvé

Nos langues et nos lèvres dansent entre elles, alors que mon corps quitte le sol. Clément me serre contre lui et m’emporte dans cette valse continuelle. Je suis complètement transporté. Nous avons passé les étapes une à une. Comme si c’était normal. Peut-être parce que ça l’est. Si j’avais su que tout pouvait être si simple parfois. Si évident.

Notre idylle momentanée se termine lorsque l’on frappe à ma porte. En me retournant, je découvre Adrian, qui affiche un sourire immense. Décidément, il nous surprend toujours, sans indiscrétion, mais avec curiosité sans doute.

«Excusez-moi, mais, je voulais vous remercier».

Clément, en levant un sourcil, me fait part de son incompréhension.

«Adrian est l’un des jeunes qui nous a permis de savoir que Thimothée était mêlé au réseau lyonnais. Et son ami et lui étaient protégés le temps que nous puissions mettre hors d’état de nuire les personnes concernées.

— Et puis aussi…

— Et Adrian est homosexuel. Il nous a vus nous embrasser alors il s’est permis de venir nous voir.

— Tu veux en voir plus ? éclate de rire Clément, rendant le visage d’Adrian complètement pourpre.

– Disons plutôt qu’il a encore du mal à s’assumer… Il est venu chercher des conseils auprès de moi et, n’étant pas forcément le mieux placé, j’ai pensé que nous pourrions en parler ensemble.

— M’assumer, je commence… Mais en parler non… Il n’y a que vous… lâche doucement Adrian.

— Pourquoi tu ne te sens pas capable de le conseiller ? m’interroge Clément, curieux.

— Parce que je n’ai pas, comme toi, ton sens de la communication. Surtout, j’ai eu du mal à te dire ce que je pensais, n’osant pas me l’avouer. Alors…»

Clément sourit, comprenant mes arguments. En s’asseyant, je le vois prendre un air très sérieux, ainsi qu’une grande respiration.

«Tu vois Adrian, aujourd’hui je m’assume et tout le monde sait que je suis gay. Je n’ai ni honte, ni peur. Quand j’étais encore ado, c’était différent. Non pas que j’avais peur ou honte, non. Seulement, je ne savais pas qui j’étais, et pourquoi ça m’arrivait. La différence entre les autres et moi ne me gênait pas, ne me choquait pas. Elle était juste une surprise. Paradoxalement, c’est en rentrant à l’armée que je me suis accepté. Ou du moins j’ai accepté d’être moi. J’y ai compris que si l’on n’était pas authentique, au clair avec soi, rien ne pouvait advenir. Rien.

— Ce qui me fait peur, c’est de les perdre.

— Qui donc ? demandai-je.

— Mes parents, mes amis, ma sœur…

— Quand vivras-tu alors, Adrian, si tu restes muet ? Je veux juste que tu comprennes qu’ils ne sont pas toi. Et qu’un jour tu ne pourras plus tenir, plus résister, plus faire face. Ni à eux, ni au monde, ni à toi.

— Mais c’est difficile quand on est seul…»

Ce n’était pas Adrian qui venait de répondre. C’est moi. Seulement moi, qui suis en train de transférer sur le jeune adulte toute ma tristesse passée. Clément se tourne vers moi, alors qu’Adrian semble quelque peu surpris.

Le regard de mon homme est rempli de lumière, comme pour me rappeler que je ne suis plus seul. Cette si difficile période, alors que la solitude rongeait tout mon être, faisait ressortir mon absence. Je n’étais pas là. Je n’étais pas moi. Je n’étais qu’une ombre. C’est la mort de Grégoire qui m’a fait comprendre que je devais vivre. Il aura fallu attendre quasiment mes trente ans pour que j’y parvienne.

«Seul ou non, je sais que sortir de l’ombre, de son ombre finalement, est difficile. Parler. Beaucoup. A nous. Puis aux personnes en qui tu as le plus confiance. Bien sûr, je pourrais te donner des dizaines de conseils, pour sonder l’ouverture d’esprit de tes proches ; ou encore pour doucement apprendre à connaître ce qu’on appelle le milieu gay. Mais je pense qu’il n’y a qu’une voie, la tienne, qui t’est propre.

— Je crois comprendre, réfléchit Adrian.

— Et un jour, crois-moi, quelqu’un sera là. Il prendra soin de toi».

I care. Je n’arrive pas à me sortir cette phrase, cette chanson de la tête. C’est tellement facile de dire ça. Quand on ne vit pas une telle situation, de vivre à deux, on imagine que c’est inaccessible. Les autres ont l’air de nous rassurer, de se débarrasser de nous en affirmant que notre tour viendra. Mais c’est vrai. Un jour, tout change.

Les visages de Clément et d’Adrian se sont illuminés à l’écoute de cette phrase. Pour des raisons différentes, évidemment ; mais dans une synchronisation qui me fait plaisir. Clément pose sa main sur ma jambe tandis qu’Adrian se relâche sur sa chaise, jusqu’à présent si droit.

Je propose donc de descendre boire un café, pour clôturer ce court échange. Nous pourrons le reprendre plus tard, éventuellement. Pour l’instant, je dois terminer une enquête. En espérant que Samuel ait trouvé ce qu’il cherchait. J’avais beau l’oublier, plongé dans les yeux de Clément, je l’écoutais tout de même. Pour Stéphane, nous devons y parvenir.

Après l’amer breuvage, Adrian nous quitte et rejoint son ami qui l’attendait dans le hall depuis le début. Je suis soulagé de pouvoir les laisser partir ainsi, mais aussi qu’Adrian soit venu me parler. Je n’avais jamais osé agir de la sorte. C’est lui qui a raison. Comme prévu, Clément a été parfait. Je ne doutais pas de lui.

J’entends non loin les chaussures à talons d’Isabelle. De plus en plus proches. Son visage jusqu’alors crispé s’ouvre en croisant nos regards. Elle s’approche, visiblement pressée :

«Julien, montez avec moi, on veut vous parler.

– On ? Qui on ?

— Vous verrez bien, mais c’est urgent».

Clément, avec des yeux de cocker, me laisse partir. Je dois, après tout, finir mon enquête.

***

«Je refuse, désolé»

Il est hors de question que j’accepte ce cérémonial. Une médaille, d’un ordre qui m’échappe. Comme si j’étais entré dans la police pour obtenir un bout de métal. Je ne suis pas de ceux qui apportent une importance à ces décorations. Le moins du monde. Ce serait m’attribuer des mérites que je n’aurais pas. Le mérite ! Le voilà l’ordre. Chevalier de l’ordre du mérite. Et puis quoi encore.

Isabelle sourit. Elle le savait. Depuis le bureau du commissaire, la représentante du ministère s’agace au téléphone : le ministre de l’Intérieur a décidé de me rendre hommage, d’une façon ou d’une autre.

«Plutôt que de chercher à me mettre en avant, qu’il dise à son collègue de la Justice de nous laisser tranquille, lançai-je.

— Que voulez-vous dire, demande, piquée, la fonctionnaire du ministère.

– Disons, reprend Isabelle, que le Garde des Sceaux est agacé que notre opération ait mis à mal une infiltration au sein du même réseau.

— Et ils envisagent un blâme pour les équipes judiciaires, je trouve ça révoltant, hurlai-je.

— Si je parviens à convaincre le Ministre et ses équipes d’abandonner toute cette histoire, vous acceptez la médaille ?

— C’est une forme de chantage, c’est ça ? interrogeai-je.

— Un simple échange de procédés… Vous savez, ça ne compte peut-être pas pour vous cette médaille, mais vos collègues, les jeunes policiers, les jeunes tout courts, ils peuvent être sensibles à vos actes…»

Elle vient de titiller ma curiosité. Après tout, je pourrais peut-être accepter. Pour l’exemple. Simplement pour montrer à ces ordures que nous les traquons. Pour donner envie. Pour rassurer. Je ne sais pas, je dois en parler avec Clément. Ce n’est pas si simple dans ma tête. J’ai besoin de lui en parler. Lui expliquer me permettra d’y voir plus clair. Et son avis me permettra de trancher.

Face à mon silence, le commissaire met fin à la conversation et me propose d’aller répondre aux journalistes amassés dans la salle de conférences. Autant j’ai encore une marge de manœuvre au sujet de la médaille, autant je suis cerné par la presse. Je ne pourrai pas leur échapper. Impossible.

Je descends très lentement les marches jusqu’au rez-de-chaussée. Mon envie diminue au fil du temps. Je vais demander à Clément où il est.

Mon cœur, s’il te plaît, rejoins-moi. Je dois répondre aux journalistes. Je n’ai pas envie…

Je m’arrête au deuxième étage pour essayer de trouver Samuel qui, lui aussi, a le devoir de leur répondre. Et si, par la même occasion, il pouvait me voler la vedette, je ne dirais pas non. Personne. Je regarde par la fenêtre. Clément est contre sa voiture, en train de regarder au loin. Samuel, lui, fume plus loin.

Je reste planté contre la fenêtre, à les regarder. Pourquoi faut-il que je descende ? Je ne veux pas ressasser ce moment éprouvant. Je ne sais même pas ce que je peux leur répondre. Leur dire que Samuel a couché avec un escort pour rentrer en contact avec eux ? Que Thimothée est un infiltré qui m’a dragué ? Cette histoire n’a ni queue ni tête. On me l’aurait racontée, j’aurais crié au mensonge.

J’ai besoin d’un nouveau café, que je m’empresse de faire couler près du bureau de Samuel. Le deuxième étage est pour le moins sombre. Je comprends qu’il n’y reste pas souvent. Toujours à nos côtés, ou à échanger avec Isabelle. Et sûrement avec Clément maintenant. Qui ne m’a pas encore répondu d’ailleurs. Je m’installe sur une chaise trouvée là, les pieds sur le bureau.

J’attends.

***

«Alors, cette première fois, ça t’a plu ? dit-il avec un clin d’œil.

— Je devrais te répondre que non, vu que tu ne m’as pas touché !

— C’est toi qui t’es jeté sur moi lorsque j’ai simplement décalé mon boxer. Je ne pouvais pas deviner que tu étais affamé ! Encore un clin d’œil.

– Disons qu’à force d’entendre tout le monde parler de fellation, je me suis dit qu’il ne fallait pas mourir bête.

– Heureux d’avoir fait avancer ta connaissance du corps masculin !» Toujours un clin d’œil.

Adrian le regarde avec amusement. Ce n’est pas si mal, finalement. Il a bien fait de laisser son ami rentrer seul quand il l’a croisé avec un des lieutenants de police. Il a même joui en même temps que lui. Mais Adrian a arrosé le mur des toilettes, tandis que lui a fait disparaître les traces directement dans sa bouche. Pour une première fois, il ne l’a pas raté.

«Depuis que je t’ai vu, je savais que tu étais une salope en puissance.

— Je suis à toi quand tu veux, Clément».

JulienW

jw04@gmx.fr

Suite de l'histoire

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