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Premier épisode - Épisode précédent

Hommes de Loi -12

Maison

«Madame la procureure, j’ai bien eu votre appel téléphonique.

- Julien, vous êtes sur le trajet du commissariat ?
- Pas encore, je vous avoue qu’à 6 heures, je suis encore dans ma chambre.
- Oui, c’est vrai… dit-elle avec ce que je pense être un sourire gêné. N’y allez pas, et rejoignez-moi dès que vous le pouvez chez moi. Je n’ai pas déménagé depuis votre mutation. Je vous offre le petit-déjeuner.
– Euh… Très bien Madame la Procureure.
- Isabelle ira très bien. A tout à l’heure», raccroche-t-elle alors.

J’avoue être perturbé. Pourquoi faudrait-il que nous échangions en dehors du tribunal ou du commissariat ? J’étais allé chez elle il y a quelques années pour fêter la fin d’une affaire, c’était vraiment très sympathique. En raccrochant, je redécouvre les SMS de Samuel, et me décide enfin à les ouvrir. Je suis assez surpris d’ailleurs. Ce sont des messages à la fois d’incompréhension, puisque j’ai quitté le commissariat sans dire un mot à Samuel, juste après la conversation avec les Thomas ; d’excuses, encore, et surtout de confidence, puisque je lis sur ces derniers messages qu’il n’arrive pas à trouver le sommeil. L’ultime mêle les trois sentiments :

Je me demandais pourquoi tu ne répondais pas, excuse-moi Julien, j’avais oublié que ce soir tu étais occupé. Je ne comprends pas cette insomnie honnêtement, et je ne pense même pas à Lukas, sauf à t’en parler maintenant… avant que tu ne le fasses. Je vais prendre un somnifère, à demain Julien !

Je n’arrive pas à m’en vouloir de l’avoir délaissé. Pourtant, il n’a visiblement rien remarqué de ma réaction et de la distance que j’avais mise dès que les sons composant le mot hétéro sont sortis de sa bouche. Malgré l’innocence dont il fait encore preuve, je m’en tiendrai à ma décision, je dois mettre davantage de barrières entre lui et moi désormais.

En terminant de m’habiller, je lui envoie un SMS :

Salut Samuel. En effet je n’avais pas mon portable avec moi. Ne prends pas trop de saloperies non plus. La journée va être longue. D’ailleurs, ce matin je suis absent. A plus tard. J.

Au moment d’appuyer sur envoyer, je me rends bien compte que je suis froid. Pas même un désolé. Je ne sais pas faire. Et encore moins avec quelqu’un à qui j’avais ouvert mon cœur sans pour autant que ce ne soit réciproque d’ailleurs, je sais peu de choses sur lui. C’est ainsi. Il a reçu le SMS.

Sur le trajet qui me conduit chez la procureure, je pense à la nuit que j’ai passée. J’ai beaucoup trop bu, définitivement. Je ne m’en prendrai qu’à moi-même. A Clément aussi. D’ailleurs, ce Clément… Quand je lui ai dit que nous n’étions qu’un coup d’un soir, son baiser n’a jamais été aussi langoureux. En réalité, je ne m’inquiétais pas vraiment de son comportement, mais plutôt du mien. Ai-je, et surtout, aurai-je, envie de le revoir ? De plus qu’une relation sympa où nous nous faisons plaisir ? Le jour même où je décide de reprendre une vie sexuelle plus active (et donc plus frivole ?), je rencontre mon beau militaire. Enfin, ex.

Je m’interpelle moi-même sur mon comportement sexuel d’ailleurs. Moi qui suis si doux habituellement, y compris pour une rencontre éphémère, Clément a réveillé chez moi d’anciens fantasmes légèrement plus… durs. C’est aussi ça qui m’inquiète chez lui, ce passage si rapide du soft au hard, du romantisme à la sauvagerie. Une chose est sûre, je ne regrette rien.

Et il y a Thimothée. Mon inconnu qui a paisiblement passé une partie de sa nuit avec un vrai-faux couple qui l’a dérangé à force d’ébats trop puissants. La situation est tout de même déconcertante. Il a l’air d’être un mec sain, c’est déjà une bonne nouvelle. Ce soir, je lui proposerai d’aller boire un verre pour que j’en apprenne plus sur lui. D’ailleurs, je vais lui laisser un message sur Grindr un peu ironique.

Je retrouve enfin la rue de la procureure et me gare le long du grand mur blanc qui sépare sa villa du trottoir. En cherchant mon portable dans les poches de ma veste, je sens une espèce de carton. Une large carte de visite. Celle de l’hôtel. Quelques mots écrits, suivis d’un numéro de portable, au verso :

Si jamais tu veux m’appeler sans passer par le roomservice. Je te laisse faire le premier pas, je ne veux rien t’imposer. Clem’

Tout se bouscule dans ma tête. L’envie de revoir Clément, évidemment. N’est-ce pas trop rapide ? Ne suis-je pas en train de substituer Clément à Samuel ? Je ne veux pas le manipuler. Surtout, je me surprends de la facilité avec laquelle je parviens à oublier Samuel. Peut-être parce que je ne l’ai pas encore revu. Ou surtout parce que je n’avais pas encore de sentiments, j’étais simplement attiré. Ce doit être cela.

Bref, le portail s’ouvre sans intervention de ma part, la procureure a dû voir que j’étais arrivé. Je grimpe les quelques marches qui mènent à l’entrée, tandis qu’elle m’attend avec plusieurs plateaux déposés sur sa terrasse. Elle se lève et vient m’embrasser sur la joue :

«Merci, Julien, de votre diligence habituelle. Il était impératif que nous échangions.

- C’est si grave pour que nous évitions de nous voir au Palais ? dis-je avec un ton et une syntaxe qui tranchent d’avec les siens.
– Disons que la probabilité d’être seuls était réduite».

Après m’avoir servi un café et proposé quelques viennoiseries, elle reprend :

«Débutons par le point positif. Les rancœurs qui persistaient au commissariat, dont nous avons tant parlé, sont sur le point de disparaître définitivement. Le commandant qui les attisait est poussé à la retraite par la hiérarchie.

– Quelle heureuse nouvelle, je n’avais pas envie de bosser avec lui.
- Je m’en doutais. J’ignore pour le moment qui le remplacera, mais vous assurerez l’intérim.
- Très bien Madame la Procureure.
– Isabelle quand nous sommes en privé.
- D’accord, Isabelle, dis-je gêné. Quelle brigade commandait-il ?
- L’Antigang.
- Ce n’est pas une mince affaire… Je ne sais pas si je dois vous remercier.
- C’est bien pour cela que je me suis intéressée de près aux dossiers en cours. Notamment le suivi d’un réseau assez malsain.
– C’est-à-dire ?
- La BRI surveille trois individus suspectés d’appartenir au réseau qui gère le milieu de la nuit… des étudiants. Notamment des écoles de commerce. Or la BRI pense que ce réseau permet également de recruter des professionnels de l’escorting, hommes et femmes. La brigade appuie là-dessus les stups et la Brigade de Répression du Proxénétisme.
- Ce n’est pas un cadeau, Isabelle.
- Je n’ai pas fini, Julien… Ce réseau est également présent à Lyon. Et qui était le duo chargé du suivi, d’après vous ?
- Je ne connais personne à Lyon, désolé.
- Stéphane était élève-magistrat aux côtés du juge, tandis que Samuel faisait un stage chez la répression du proxénétisme».

C’est une bombe qui vient d’exploser dans ma tête. Le substitut et Samuel se connaissent depuis des mois. Je repense à la comédie qu’ils nous servent au quotidien. C’est hallucinant.

«Que comptez-vous faire, Isabelle ?

- Le parquet de Lyon comme la PJ m’assurent qu’ils ne sont pas en couverture.
- Donc c’est encore plus inquiétant.
– Exactement. Je n’aime pas qu’on me mente, même par omission.
- Le problème est simple. Soit ils n’ont pas voulu nous faire part de leur passé commun pour pouvoir travailler ensemble. C’est regrettable, je mettrai un blâme à Samuel, mais c’est préférable. Soit il y a plus grave, auquel cas ils mettent tout le monde en danger.
- Nous sommes d’accord. Je réfléchis à tout cela. Vous reprenez du café ?»

Alors qu’Isabelle rentre dans la maison, j’essaie de ne pas penser à ces deux menteurs pendant quelques minutes et fais un message à mes deux hommes nocturnes.

À Clément : Je crois que vous avez laissé tomber une carte dans ma chambre, Monsieur l’hôtelier. Il faudra venir la récupérer à la fin de votre service. D’ici-là, bon courage pour votre journée. J.

A Thimothée : Je ne sais pas toi, mais j’ai passé une belle nuit. Originale, certes. Plaisir de t’avoir vu. Je te dois un apéritif pour nous excuser du bruit. J.

Évidemment, je n’ai pas oublié que Thimothée, avant de voir Clément dans ma chambre, était bien plus charmeur. Mais pour le moment, j’ai le cas Bauer – Vaughan à régler.

***

Pendant ce temps, au tribunal

***

«Je n’ai pas encore eu l’occasion d’en parler à Julien, se lamente Samuel.

- Tu es sûr de toi ? Tu peux lui faire confiance ? répond le substitut.
– Écoute Stéphane. Je n’en peux plus. Je n’ai pas dormi de la nuit à cause de ça. Je n’aime pas lui mentir. Cette enquête va être reprise à Paris, ils le sauront à un moment ou à un autre.
- Je sais, mais j’ai tellement peur d’être balancé.
- Tu crois vraiment qu’ils en sont capables ?
- Je suis rentré dans la justice pour traquer ce genre de mecs. Je n’imaginais pas une seule seconde que l’une de mes premières expériences tomberait sur eux. Qui aurait pu croire qu’après mes études à Lyon j’allais y être renvoyé auprès d’un juge.
- Tu ne réponds pas à ma question.
- Je n’en sais rien honnêtement.
- Alors il faut qu’on parle à Julien et à la procureure.
- Leur dire quoi ? Que je dois me dessaisir de cette affaire ? Ils vont me demander pourquoi !
- Parce que tu as déjà travaillé sur le sujet à Lyon et que tu ne peux pas te permettre de recommencer.
- Ce n’est pas crédible, au contraire.
- Donc on doit leur dire».

Le substitut ne répond plus. Il a la tête entre les mains, alors que son téléphone fixe ne cesse de sonner. Samuel ne l’avait jamais vu comme ça. Il ne savait plus quoi faire, lui non plus. Mais au moins avait-il pris la décision de parler à Julien. Bien sûr, il est son Commandant et Samuel risque une sanction. Mais l’essentiel est qu’il l’apprenne par le concerné.

«Tu préfères qu’ils l’apprennent par une rumeur, par un témoin ou par la presse ?!

- Tu délires.
- Tout à l’heure tu avais peur d’être balancé, et maintenant je délire. Il faut savoir. Moi j’ai pris ma décision.
- Et alors ?! s’emporte Stéphane. Que veux-tu que je leur dise ? Madame la Procureure, Commandant, vous allez enquêter sur un réseau de proxénétisme dont le principal témoin est sous vos yeux.
- Arrête, tu peux le présenter différemment.
- C’est ça. Je ne te retiens pas».

Hétéro menteur, Samuel met dangereusement en jeu la relation qu’il a avec Julien... Qui lui-même découvre Clément... N’hésitez pas à me dire ce que vous imaginez pour la suite, peut-être que vous aurez de bonnes intuitions ! ;)

JulienW

jw04@gmx.fr

Suite de l'histoire

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