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Celui qui ne m’aimait pas

Le temps est froid et maussade aujourd’hui. Pas un seul rayon de soleil. Je ne fais pas attention à mon reflet presque effacé sur la vitre de la fenêtre du salon. Il va sans doute pleuvoir. Je n’ai pas envie de sortir et il y a des gens dehors !
Mais pour l’instant qu’est-ce que je suis bien installé. Collé au radiateur juste à côté du canapé. Position stratégique que je m’empresse d’accaparer lorsque je me lève.
Je vis avec ma sœur Adaline depuis le début de nos études. Avec ces lunettes trop grosses pour son visage rond et ses traits fins elle fait vraiment bibliothécaire. Ses cheveux châtains sont magnifiques et tombent sur ses épaules. Elle ne les laisse détachés qu’à la maison. Je trouve cela dommage.

Adaline : Armand ! On se réveille tu peux te lever s’il te plaît tu dois m’emmener à la fac.

Moi : Profiteuse... D’habitude y aller à pied ne te pose aucun problème.

Adaline : Pour une fois que je peux faire ma princesse je ne me prive pas !

Malgré son air de rat de bibliothèque Adaline n’est pas très branchée livre. Son truc c’est les maths et la physique. Elle est en deuxième année de Master en Sciences tout comme moi. À l’exception que j’ai faite de la biologie, les maths et la physique très peu pour moi. J’ai un an de plus qu’elle, mais j’ai tenté une année de médecine, quelle bêtise. Toujours est-il que ça nous a permis de vivre ensemble ces quatre dernières années. La cinquième vient de commencer, sûrement la dernière. J’ai un petit pincement au cœur rien que d’y penser.

Adaline : Il faudrait peut-être que tu te prépares les cours commencent dans 30 minutes...

Moi : Merde !

Je me précipite dans la salle de bain, mon reflet m’a renvoyé la même chose qu’hier. Un visage banal sur lequel j’ai laissé une petite barbe poussée pour essayer de ne plus ressembler à un lycéen alors que j’approche de mes 23 ans. Un corps fin et peu musclé, mais des jambes pas trop mal foutues grâce à beaucoup de marche à pied.
Je me brosse les dents et essaye d’organiser mes cheveux et c’est parti !

Sur la route Adaline me charrie encore sur ma conduite épouvantable (j’ai eu mon permis au bout de la cinquième fois).

Moi : Au moins j’ai le permis moi !

Adaline : Mais pour combien de temps encore ?

Moi : Tu veux que je te jette de la voiture en marche !

Adaline : ATTENTION !!!

Je ne l’avais pas vu, encore un génie qui décide de traverser la rue n’importe où. Heureusement je ne roule pas vite, mais je freine tellement brusquement que mes pneus crissent et j’ai bien failli renverser ce crétin. Il me fait un signe de la main et sa bouche semble dire «Taré». Plus de peur que de mal. Adaline me regarde les cheveux en bataille après toutes ces émotions.

Adaline : Tu as raison à pied c’est pas si mal finalement.

D’un commun accord nous décidons de continuer à nous rendre en cours comme nous l’avons toujours fait à l’avenir.
La journée de cours se passe normalement. Ma promotion est la même depuis 2 ans maintenant et tout le monde se connaît. Je retrouve Gwen et Marion mes camarades et amies. On fait toujours les travaux de groupe ensemble et nous sommes devenus très proches avec le temps.
Après avoir discuté pendant 1 h à la fin des cours je reçois un texto, c’est Adaline folle de rage qui m’attend pour rentrer depuis 45 minutes.

Armand : Je dois y aller les filles, le devoir m’appelle. À demain !

Gwen et Marion : À plus !

Je rejoins ma voiture avec frayeur et appréhension à l’idée de conduire à nouveau, mais je ne peux pas laisser ma voiture ici. L’idée me traverse pourtant l’esprit. Mais je me ravise, allez je vais y arriver !

Adaline : Et bien quand même ! Ce n’est pas trop tôt ! Tu pourrais me prévenir quand tu prévois de rester jusqu’à pas d’heure j’aurais eu le temps de rentrer en marchant !

Moi : Désolé

J’enclenche ma marche arrière, je recule et... Paf.

Moi : Paf ?

Adaline : Oh mon dieu !

Moi : Quoi quoi ?

Adaline : Je crois qu’il y avait quelqu’un !

Moi : Oh non c’est pas vrai !

Nous sortons catastrophés de la voiture pour voir si je n’ai pas tué quelqu’un. Le pauvre bougre se relève en s’appuyant à la voiture et semble plus sous le choc que blessé.

Adaline : Vous allez bien ?

Victime de mon incapacité au volant : Ça va... Vous avez failli m’écraser espèce de malade !

Et là je le reconnais, le même type que ce matin ! Un grand brun aux yeux noirs. Il doit faire une tête de plus que moi. Les cheveux courts et frisés. Il est vraiment beau. Et en colère, très en colère aussi !

Beau brun en colère : Attendez, je reconnais votre voiture ! Encore vous ! C’est quoi votre problème ? Vous voulez me tuer !?

Visiblement il va bien puisqu’il semble sur le point de m’attraper pour m’en coller une. Adaline s’interpose et essaye de le calmer.

Adaline : Excusez-nous monsieur. Mon frère vient juste d’avoir son permis de conduire et il n’est pas très doué.

Moi : Merci...

Beau brun en colère : Oui j’avais remarqué. Il faut l’enfermer celui qui a bien voulu vous le donner !

Marlgré son attitude encore bien agressive je devine qu’il se calme.

Moi : Je suis désolé je n’avais pas regardé et vous êtes passé pile au moment où je reculais et...

Beau brun en colère : Et vous m’avez percuté !

Moi : Désolé...

Beau brun en colère : Déjà ce matin vous aviez essayé...

Il commence à sourire, je crois que le ridicule de la situation commence à lui sauter aux yeux. Comme aux miens d’ailleurs. Mais je n’ose pas sourire de peur qu’il le prenne mal. Il a l’air musclé et je veux éviter de me retrouver avec un œil au beurre noir.

Beau brun en colère : Putain qu’elle journée pourrie ! Ah ah !

Il commence à rire. Adaline et moi nous regardons incrédules devant ce type visiblement à cran.

Adaline : Vous êtes sûr que tout va bien ?

Beau brun en colère : Oui, pas de soucis. J’ai juste un peu mal à la jambe, mais ça ira. Vous savez, au bout de la deuxième tentative de meurtre vous pouvez me tutoyer. Je m’appelle Mathieu.

Il s’appelle Mathieu, ce prénom et ce visage resteront gravés dans ma mémoire. Pourquoi ? Est-ce parce que j’ai failli l’écraser ? Non. Enfin si peut-être un peu. Mais surtout parce qu’il vient de me regarder dans les yeux pour la première fois et que je suis incapable de me rappeler la suite des événements. Tout s’est arrêté, le temps, les sons, mon cœur. Il n’est pas beau, il est magnifique.

Lorsque je reprends mes esprits cet instant est passé. Il n’est plus là. Mathieu est parti. Et je n’ai rien dit. J’ai souri bêtement jusqu’à ce qu’il ait fini de discuter avec Adaline sur le parking. Nous sommes rentrés à 20 km/h pour ne pas avoir d’accident même si les coups de klaxon étaient nombreux d’après elle.

Adaline : Armand tout va bien ?

Moi : Oui, ça va. Je ne conduirai plus jamais de ma vie.

Adaline : Sage décision.

Elle rit, range ses affaires dans sa chambre et revient avec le visage illuminé.

Adaline : Alors comment tu l’as trouvé ?

Moi : Quoi ? Qui ça ?

Adaline : Ben Mathieu quelle question. Tu aurais plus en renverser un plus moche tu sais. Mon prof de thermodynamique par exemple. Ça m’aurait beaucoup arrangé d’ailleurs.

Moi : Arrête ce n’est pas drôle. J’aurais pu le tuer !

Adaline : Tu feras plus attention la prochaine fois et il t’a dit que tout allait bien. C’est très gentil à lui de ne pas t’avoir cassé la gueule.

Moi : Ce n’est pas faux.

Adaline : Tu crois qu’il arrivera à quelle heure ?

Moi : Comment ça quelle heure ?

Adaline : Ben pour le dîner !

Moi : Quel dîner ? Il va venir ? Ici ? Quand ? Pourquoi ?

Tant de choses me sont passées sous le nez pendant mon coma post coup de foudre !

Adaline : Tu poses trop de questions ! Je lui ai proposé de manger à la maison pour faire connaissance et aussi pour éviter qu’il ne porte plainte pour homicide. En plus, il n’avait pas l’air d’aller bien.

Moi : C’est vrai... Bonne idée en tout cas ! Tu vas préparer quoi ?

Adaline : Oh non, tu ne vas pas t’en tirer comme ça ! C’est toi qui vas préparer à manger ! Tu cuisines mieux que moi et c’est toi le coupable !

Moi : Pas du tout !

En fait, si. Adaline est douée pour faire de la pâtisserie, mais la cuisine c’est une autre histoire. Je cache mon immense bonheur à l’idée de le revoir, Mathieu... À cet instant je bénis la sociabilité de ma sœur qui a le contact facile avec les gens contrairement à moi qui suis plutôt introverti.

Moi : Quand doit-il venir ?

Adaline : Demain soir ! Tes cours finissent tard, mais je termine à 16 h ça me laissera le temps de faire les courses. Tu rentreras pile à l’heure pour cuisiner. J’espère qu’il n’arrivera pas trop tard.

Moi : Super ! Vous n’avez même pas convenu d’une heure d’arrivée. Il faudra que je fasse quelque chose de rapide.

Adaline : Il a dit qu’avec son boulot il n’avait pas d’horaires fixes. Il arrivera quand il pourra. Tu étais là quand il l’a dit je te rappelle.

Moi : Je n’étais pas vraiment là je dois dire...

Adaline : Comment ça ?

Moi : Non rien.

J’évite son regard interrogateur et rentre dans ma chambre pour me coller devant mon bureau. Adaline devinera facilement mon attirance pour notre invité de demain, mais je ne veux pas qu’elle s’emballe. Surtout qu’il est fort probable qu’il soit attiré par elle. Il faudra que je fasse attention. C’est sûrement pour cela qu’il ne s’est pas énervé tout à l’heure. Adaline est très belle, ni trop petite ni trop grande. Mince, mais avec des formes. Des yeux verts magnifiques. C’est sans doute ça. Il faut que je l’oublie. Inutile d’espérer. L’idée de passer la soirée avec Mathieu draguant Adaline me fait mal au cœur. Mais c’est comme ça. Je regarderai de loin et ne dirai rien. Si ça se trouve il est à son goût aussi.

Le lendemain, après avoir passé la nuit à me demander comme j’allais me comporter ce soir au dîner pour ne pas paraître ridicule je me lève difficilement et me prépare en avance. Je suis déjà à bout. En plus Adaline a pris la place stratégique ce matin. Notre appartement est très sympa et tout neuf. Le lino imitation parquet est similaire dans toutes les pièces et le salon qui fait aussi salle à manger est très lumineux grâce à la grande fenêtre qui donne sur un petit parc en face de notre résidence. Nous y sommes très bien.

Moi : Bonjour, je suis prêt !

Adaline : Tu es en avance !

Moi : Une certaine jeune femme a envahi mon espace personnel ! J’ai donc dû me réfugier dans la salle de bain !

Elle me regarde d’un air espiègle un sourire sadique se dessinant sur ses lèvres.

Adaline : Et elle ne s’en excuse pas du tout le radiateur est à température PAR-FAITE. Quelle dommage que tu aies loupé ça !

Moi : Sale Morue !

Adaline : Espèce de Thon !

Depuis longtemps maintenant nous aimons nous insulter en utilisant un langage... Maritime ! Ça change et c’est plus drôle je dois l’avouer.
Suite à ce charmant échange frère/sœur, elle fonce dans la salle de bain pour se préparer et nous partons à la fac. Sur le chemin nous discutons du repas que nous allons servir a un parfait inconnu dont nous ignorons tout des habitudes alimentaires.

Adaline : C’était une erreur ! On ne sait rien de lui. Si ça se trouve c’est un tueur en série et il a fait exprès de se placer derrière la voiture pour qu’on l’invite chez nous et qu’il nous tue !

Moi : Euh... c’est peut-être un peu risqué comme méthode. Mais j’avoue qu’un coup à boire ou un resto ça aurait été plus simple.

Adaline : Je l’appelle pour annuler ?

Moi : Tu as son numéro ???

Adaline : Ben oui ! Il me l’a donné hier au cas où il ne trouverait pas notre adresse.

Mes craintes d’hier se confirment. Il est malin le Mathieu. Obtenir le numéro de ma sœur aussi facilement... Enfin si on peut considérer que se prendre une voiture est facile. Bref ! J’avais raison en tout cas. Il a dû craquer sur Adaline. Même si ça me fait mal quelque part ça me soulage. Pas de stress. J’espère juste qu’il n’est pas lourd ou homophobe. Adaline a déjà rompu à cause d’un crétin qui me trouvait «contre nature». Elle avait beaucoup souffert à l’époque et je ne peux m’empêcher de me dire que si j’avais été différent sa vie, nos vies auraient été plus simples.
Mais les choses sont ce qu’elles sont. C’était un con. Espérons que ce garçon soit plus mature et ouvert.

Adaline : Alors ?

Elle me sort de mes pensées.

Moi : Quoi ?

Adaline : J’annule ?

Moi : Non, mais demande lui au moins dans quelle fourchette horaire il a prévu d’arriver que je me fasse une idée du temps que j’aurais. Et demande lui s’il aime le poulet.

Adaline : D’accord.

Elle rédige son SMS et l’envoie. Je prévois ma recette de ce soir. Rien d’extraordinaire. Du poulet avec des poivrons et du riz. Simple, efficace. Tout le monde aime le poulet. Sauf s’il est végétarien. J’espère que non je ne suis pas du tout inspiré.
Adaline ressort son téléphone de sa poche. Apparemment il a répondu.

Adaline : Il espère pouvoir venir entre 19 h et 20 h. Il adore le poulet.

Super ! Tout semble s’organiser comme il faut.

Adaline : Et il veut savoir si tu seras là aussi.

Moi : Ah bon ?

Adaline : C’est vrai que l’on n’a pas dit que l’on vivait ensemble.

Moi : Et il pensait passer la soirée juste avec toi.

Mon cœur se serre. Ça fait mal. L’impression d’être de trop. Je suis vexé. J’essaye de ne rien montrer.

Moi : Au pire, je prépare la bouffe rapidement et je m’en vais. Si tu veux passer la soirée avec lui je n’y vois pas d’inconvénients.

Non, mais quel connard! Je n’en reviens pas ! Quel idiot je suis. Mes derniers espoirs le concernant sont morts ! J’aurais mieux fait de l’écraser tant qu’à faire ! Pourquoi est-ce que ça m’énerve autant ? Je ne le connais pas et pourtant je voudrais tellement qu’il... Quoi ? Qu’il quoi au juste ?..

Adaline : Non tu n’es pas mon serviteur t’es malade ou quoi. En plus toute seule toute la soirée avec lui. Il est beau, mais quand même !

Elle le trouve beau, moi aussi. Et je n’arrête pas de penser à ce crétin qui ne m’aime pas, qui ne m’aimera jamais. Oublie, il y en aura d’autres. Ce ne sera pas lui.

Moi : On verra comment ça se passe ce soir. Si tu l’apprécies tu pourras le réinviter et j’irais passer la soirée avec Gwen et Marion.

Adaline : Attends, il est mignon, mais je ne veux pas sortir avec lui moi.

Moi : Quoi ? Mais pourquoi tu lui as donné ton numéro alors ?

Adaline : Je voulais être gentille !

Moi : Je ne veux pas t’affoler, mais j’ai bien peur que tu lui plaises.

Adaline : Rentre tôt ce soir ! Je lui dis que tu seras là !

Elle rougit et s’empresse de lui réponde. La situation est assez loquace quand on y pense. Un mec va se rendre chez une fille ce soir sans savoir qu’il n’a ses chances qu’avec son frère qui a failli le tuer. S’il espérait sortir avec Adaline c’est raté. Je suis très heureux d’apprendre qu’elle ne veut pas sortir avec lui. Très heureux.

Adaline : Il a répondu «Super, à ce soir alors. Passez une bonne journée.»

Moi : Ce «Super» qui veut dire en réalité tant pis. Ah ah !

Adaline : Ça aurait été super gênant sans toi.

Une belle soirée s’annonce. Qui arrive bien trop rapidement à mon goût. Le revoir me donne mal au ventre. Mais pourtant je souris comme un idiot sur le chemin du retour de la fac. En arrivant, à peine j’ouvre la porte qu’Adaline fonce dans l’entrée. Elle prend un ton très sérieux et met sa veste.

Adaline : J’ai complètement oublié d’acheter des bières, je fonce en acheter. Il est déjà là il vient d’arriver.

Moi : Il est là ?

Adaline : Oui ! Vas-y il est vraiment sympa !

Moi : Non, mais je dois cuisiner et je ne suis pas prêt et...

Adaline : Et rien du tout je ne vais pas le chasser ! À tout de suite je me dépêche !

Moi : Non s’il te plaît ne me laisse pas seul avec lui tu sais que j’ai horreur de ça !

Adaline : Tu survivras !

Elle claque la porte et descend les escaliers à toute vitesse d’après les bruits que j’entends.
Je suis tétanisé. Il est là, à 10 mètres de moi. Dans notre salon. Debout. Il dit «Bonjour», un verre d’eau à la main. Oui il faut effectivement acheter des boissons.

Moi : Bonsoir. Désolé pour tout ça. Je ne bois pas et ma sœur qu’à l’occasion donc...

Mathieu : Ce n’est rien. Votre appart’ est très beau. La vue de la cuisine est superbe.

La cuisine se trouve au bout du salon en angle, elle est toute petite, mais il y a une fenêtre qui donne sur une bonne partie de la ville. Comme nous sommes au troisième étage c’est vrai que la vue est belle.

Moi : Oui j’adore ! D’ailleurs c’est ce qui m’a fait craquer pour cet appartement.

Mathieu : Ta sœur m’a dit que tu allais cuisiner.

Moi : Oui elle est plus pâtisserie et moi cuisine. Tu t’es remis de l’incident.

Mathieu : L’incident ? Tu veux dire quand tu m’as percuté?

Moi : Euh, oui.

Mathieu : Ça va, je ne suis pas en sucre !

Il a l’air mal à l’aise, moi aussi. Je pense qu’il devine mon anxiété. Adaline je t’en supplie dépêche toi.

Moi : Je vais préparer la nourriture.

Mathieu : Tu as besoin d’aide ?

Moi : Non ça ira merci !

Mathieu : Tu es sûr ?

Moi : Oui oui ! Tu peux t’asseoir sur le canapé je t’en prie fais comme chez toi.

C’est l’horreur ! Je commence à couper les poivrons et je ne dis rien. Il est assis sur le canapé je crois qu’il me regarde. Ou pas. Il est sur son téléphone peut-être ?
Je me risque à jeter un coup d’œil. Zut ! Il me regardait, il m’a grillé ! Il est beau ! Je me concentre sur mes poivrons.

Mathieu : Vous vivez ici tous les deux depuis combien de temps.

Parfait un sujet normal, sans ambiguïté !

Moi : Depuis quatre ans maintenant. On entame la cinquième année.

Mathieu : Et ça ne pose pas trop de problèmes ?

Moi : Non, on s’est toujours très bien entendu Adaline et moi. Et toi tu vis en colocation aussi ?

Mathieu : Non j’ai un petit appartement au centre-ville. Bien placé, un peu vieillot, mais pas cher donc je n’ai pas à me plaindre. Et puis c’est mieux pour l’intimité.

L’intimité ! Il veut dire quoi là. Je m’emballe. Il me regarde encore ? Je tente une nouvelle fois un coup d’œil discret. Raté ! Il me regardait encore. Il est toujours trop beau. Trop près. Il se lève. Il s’approche. Trop près j’ai dit !

Moi : En famille il n’y a pas trop de problèmes d’intimité. On ne se connaît alors pas de soucis ! Hé hé.

«Hé hé» Non mais c’est quoi ce rire! Je vais mourir je crois ! Il se tient debout contre le mur derrière moi. Il doit me regarder là. Adaline tu fais quoi bordel !

Mathieu : Oui, mais quand tu es en couple ou que tu as un rendez-vous tu n’as pas forcément envie que ton frère ou ta sœur soit là.

Est-ce qu’il me fait comprendre qu’il veut que je dégage pour pouvoir être «intime» avec Adaline ?! Quel connard ! Beau connard, mais connard quand même.
Piqué au vif par sa remarque je lui réponds un peu sèchement.

Moi : Oui, mais parfois quand un mec bien lourd veut se taper ta sœur, tu peux servir de tampon pour ne pas qu’il lui tienne la jambe toute la soirée tu vois ?

Je me retourne, il sourit. Il y a une petite étincelle de malice dans ses yeux sombres. Je fonds, je perds toute confiance en moi et je n’ai qu’une envie c’est d’être Adaline pour pouvoir lui sauter dessus. Il a un T-shirt blanc un peu moulant, mais pas trop. Un col en V qui laisse apparaître le haut de son corps musclé. Je détourne le regard. Je suis sûr que je suis rouge comme une écrevisse. Je me détourne de ce dieu grec et commence à émincer les blancs de poulet. Je sors une casserole dans laquelle je verse un filet d’huile d’olive, je fais revenir un oignon, je mets les poivrons et la viande. Adaline ne devrait plus tarder. Il ne dit plus rien. Moi non plus. Il m’énerve.

Mathieu : Tu sais...

Le bruit de la porte qui s’ouvre. C’est Adaline, Dieu merci ! Avant que je n’aie eu le temps de me réjouir de son arrivée je sens une étreinte forte, mais brève. Son corps est serré contre le mien. Je sens ses abdos dans mon dos, dans le creux de mes reins je sens son... Érection !
Son souffle est tout proche de mon visage.

Mathieu : Tu es très mignon quand tu t’énerves.

Et en à peine une seconde il relâche son étreinte et se dirige vers Adaline encore dans l’entrée. Comme si rien de tout cela n’était arrivé il est tout sourire, il l’aide à ranger les packs de bière à côté du frigo.

Adaline : Ça va ? Tu as l’air bizarre.

Moi : Euh, oui ça va. J’ai bientôt fini !

Adaline : Super ! Tu vois il est sympa !

Moi : Oui très.

Mon corps est en feu, je vais exploser. Mon cerveau ne tient plus en place. Qu’est-ce qu’il vient de se passer j’ai rêvé ou c’était réel ? Je dois garder une certaine constance pour le reste de la soirée. Je n’arrive plus à le regarder. Il discute avec Adaline, impassible. Mec, t’es sérieux ?

La soirée se termine dans le calme même si j’ai l’air ailleurs pendant presque tout le repas. Mathieu et Adaline ont terminé leur assiette. Bon signe, ce que j’ai préparé était convenable. Ils discutent encore un moment et vers 23 h il s’en va.

Mathieu : Merci beaucoup pour ce soir c’était très bon. Il faudra que l’on se refasse ça une prochaine fois.

Adaline : Avec plaisir, n’est-ce pas Armand ? Armand ?

Moi : Oui bien sûr !

Adaline lui fait la bise et part faire la vaisselle. Il ne reste que lui et moi dans l’entrée. Il s’approche et me dit tout bas.

Mathieu : Tu vois avec un peu d’intimité en plus, la soirée aurait été encore meilleure.

Sans même me laisser le temps de répondre il m’embrasse. Et pas le petit bisou non avec la langue. Mon cœur s’accélère, ma respiration aussi. C’est bref, mais génial ! Je ne veux pas qu’il s’arrête, mais il s’écarte et me dit en souriant.

Mathieu : J’ai donné mon numéro à ta sœur. N’hésite pas à le lui demander. Ça me plairait beaucoup de te revoir.

Et il est parti. Je ne pense plus qu’à lui. Lorsque je ferme la porte encore dans un nuage de plaisir et de bonheur, Adaline m’appelle depuis la cuisine.

Adaline : Ah te voilà ! Bon qu’est ce que tu as ?

Moi : Comment ?

Adaline : Tu as été bizarre toute la soirée !

Moi : Désolé je l’avais mal jugé.

Adaline : Toi qui pensais qu’il voulait me draguer ! Il est resté très poli et sympa. Il est adorable !

Moi : Oui.

Adaline : J’espère qu’il va nous rappeler bientôt pour la prochaine fois.

Moi : Prochaine fois ?

Adaline : Oui la prochaine soirée. Enfin si tu veux bien participer parce qu’aujourd’hui tu n’étais pas là ! Ces derniers temps tu es vraiment à l’Ouest !

Une prochaine soirée. J’ai encore loupé un épisode ! Mais à ma décharge il m’a pris au dépourvu. Je sens encore ses bras autour de moi, sa chaleur et sa langue dans ma bouche. Non il ne faut pas y penser !
C’est ridicule je ne le connais même pas. Il faudrait que je parle avec lui. Son numéro !

Moi : Tu pourras me passer son numéro pour que j’organise ça avec lui.

Adaline : Oui pas de soucis ! Il est sur mon téléphone.

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne dis rien de ce qu’il s’est passé à Adaline. Nous finissons de tout ranger. Je me lave et vais me coucher. J’ai son numéro. Je regarde mon téléphone, seule source de lumière dans ma chambre plongée dans l’obscurité.
Je lui écris ? Juste un message.

Texto Moi : Salut, c’est Armand.

J’écris autre chose. Non ! Trop risqué ! C’est bien ça ! Je rajoute «bonne nuit» et je l’envoie.
Mon cœur bat à tout rompre. Il me répond rapidement, mais ça semble durer des heures.

Texto Mathieu : Bonne nuit Armand. À très vite j’espère. ;)

Un sourire de 4 km de long se dessine sur mon visage. Je ne sais pas si je vais dormir, mais en tout cas ça va être une bonne nuit ! J’imagine mille et une façons de l’aborder, des raisons pour lui envoyer un message et lui parler. Apprendre à le connaître, le voir, le sentir près de moi. C’est possible ça ? D’être autant attiré par quelqu’un que l’on connaît si peu. Je m’en fiche ! J’ai l’impression d’être sur un nuage et j’adore. À très vite Mathieu !

ArmAda

Suite de l'histoire

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