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Hommes de Loi -23

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Chez Marc et Favian Thomas.

Marc vient de rentrer de Madrid, dans l’idée de développer de nouvelles sociétés en Espagne, quitte à s’implanter dans tout le pays. Cette pensée était devenue une obsession qui amuse Favian. Ce dernier, de son côté, a aussi des vues sur la péninsule ibérique. Il avait envie depuis des mois de se recentrer sur l’écriture. Suivre Marc en Espagne serait peut-être un moyen de retrouver l’inspiration. Bien sûr, ils continueraient à traverser l’Atlantique et à vivre à Paris. Mais son enthousiasme pour redécouvrir le mode de vie espagnol était grandissant.

Quoi qu’il en soit, Marc est enfin là, satisfait de retrouver son logement. Favian ne rentrera que ce soir, le temps que Marc range ses affaires. Mais c’était croire que Favian pouvait résister à son mari. Ces quelques jours de séparation, indolores pour d’autres couples, étaient un déchirement pour eux. Favian est là, couché, à le regarder amoureusement.

Marc est tout à la fois surpris, amusé et attendri. Après des années de mariage, rien n’avait changé entre eux. La vitesse à laquelle ils vivaient leur vie était un moteur, finalement. Comme si deux modes les habitaient : leurs activités – ensemble ou non, mais souvent en présence de l’autre – qui accéléraient en permanence, d’un côté, et de l’autre, leur vie de couple, comme suspendue dans le temps.

Marc avançait doucement sur son conjoint, retirant un à un les boutons de sa chemise, sa ceinture, son pantalon… Bref, Favian avait réussi, malgré la fatigue, à réveiller l’envie de son mari. Après une douche à deux méritée, la discussion revient sur ce séjour hispanique. Marc ne parvient à cacher son plaisir, décuplé à l’idée de se lancer dans cette nouvelle aventure. Quant à Favian, il reste arcbouté sur son projet :

«Tu penses que l’on pourra leur en parler bientôt ?

— Laisse-moi finaliser la création des sociétés là-bas, et je te garantis que je téléphone à Julien», le rassure Marc.

***

Au même moment, au commissariat

«Maintenant que tu as retrouvé raison, tu vas tout nous expliquer».

Le ton d’Isabelle était ferme, redevenu sérieux et froid après avoir fait craqué Diego. Nous n’étions plus qu’elle et moi avec lui.

«Et je te conseille d’être précis et complet, sinon on saura rajouter quelques lignes à ton CV carcéral, lui lançai-je.

— C’est bon, j’vais tout vous dire. J’ai redoublé. Tous mes potes sont passés. Y a que moi qui suis resté comme un con. Et ces connards m’ont zappé. Ils m’envoient chier quand je veux adhérer à leur asso, ils veulent même pas que je participe à l’orga. Ils m’ont humilié comme si on se connaissait pas. Alors je voulais me venger. Qu’ils plongent. Je savais que le discours passerait pas. J’ai même incité la fille-là à aller voir la directrice.

— Donc ton numéro homosexuel, c’était pour…

– Pour éviter qu’on me grille. C’est que des puceaux, ils ont même pas 18 ans, ça aurait pu me retomber dessus.

— Tu vois le résultat, siffle Isabelle.

— Écoute, je vais être clair. Ce que tu as fait, tu vas le payer. Mais je pense qu’un juge pourrait être de ton côté.

— Et comment ? Ch’ui foutu.

— Pas si on ne retient que le bizutage, sourit Isabelle.

— C’est possible ça ?

— Si tu acceptes de témoigner sur ce qu’on t’a fait l’an dernier, quitte à dénoncer les 3èmes années, et ce que tu as vu lors de ce week-end, commentai-je.

— Pourquoi ça vous intéresse ?

— Et toi, ça t’intéresse ? demandai-je.

— Ouais, j’en ai rien à foutre d’eux».

On avait obtenu ce qu’on voulait, c’est l’essentiel. Bien sûr, il y a peu de chances que tous les responsables ne soient coincés. Mais, déjà, nous avons répondu à l’inquiétude de cette étudiante. Et surtout j’espère que nous pourrons donner une leçon à tous les étudiants. En venant simplement nous voir, en expliquant les humiliations que Diego avait subies, il aurait évité d’être condamné lui aussi, comme ses harceleurs. La vengeance est décidément malsaine.

L’étudiante et la directrice sont soulagées, nous le voyons clairement sur leur visage. Ce qui n’était pas prévu, en revanche, c’était la foule de journalistes qui, en ce moment-même, cherche à conquérir le Palais. Isabelle me regarde, surprise, alors que les voitures se multiplient dehors. Samuel, particulièrement mal à l’aise d’avoir incriminé le mauvais Diego et de ses bourdes à répétition, me propose de téléphoner à l’étudiant qui lui avait montré la vidéo pour savoir si la même cérémonie avait lieu à l’école.

Non, justement ! Ce sont les étudiants de l’association qui, cherchant à défendre leurs camarades «injustement incriminés» par la police, avaient prévenu les médias qui ont sauté sur l’occasion. 1ère, 2ème, 3ème années, ils étaient tous là ; et notamment les actuels et anciens responsables de l’association des étudiants. Servis sur un plateau d’argent. Nous ne pouvions pas rêver mieux. Isabelle, hilare, prépare son plan machiavélique :

«Nous allons recevoir l’association dans la salle de conférences ; et les journalistes dans la salle de presse habituelle. Tous les hommes sur le pont, aucun d’entre eux ne doit sortir et, surtout, se douter de quoi que ce soit».

Les journalistes attendent patiemment, alors que nous faisons mine d’écouter les questions et revendications des étudiants. Entendre ceux-là mêmes qui, il y a quelques jours, alcoolisaient et humiliaient leurs camarades, défendre désormais leurs droits est une ironie impure. C’est Isabelle qui ouvre les hostilités :

«Mesdames, Messieurs, j’entends. Sachez que nous allons relâcher vos camarades. Leurs témoignages ont été précieux, ainsi que les captures vidéo. Nous savons désormais que votre association est le repère de l’humiliation, du harcèlement, de la dégradation et de la déchéance. Elle sera dissoute après le jugement, et vous, Monsieur, en tant que Président, vous serez présenté à un juge».

Nous savions qu’il n’était pas présent lors du week-end. Sauf sens sacrificiel absurde, il devrait réagir.

«Quoi ?! Mais j’ai rien fait moi ! C’est lui qui est en charge du WEI !!»

Ainsi débute la longue série des délations.

«Moi je fais que chapoter, j’ai pas forcé les gens à boire. C’est eux, là, qui ont attaché les mecs.

— Tu plaisantes ? Toi tu les as mis à poil avec tes défis !

— J’ai juste fait comme l’an dernier, demande à Damien, c’est lui qui m’a appris.

— Et puis chacun son tour, c’est normal, moi l’an dernier on m’a dessiné sur le corps et j’ai encore des cicatrices… !»

Un à un, ils sont en train de se dénoncer, de raconter des pratiques, y compris des années précédentes. Autrement dit, le réseau se dépèce de lui-même, s’effondrant peu à peu, dans une lutte acharnée afin de savoir qui avait commis le pire. Nous jubilions, jusqu’à ce que je fasse signe aux gardiens de la paix présents de leur mettre les menottes et de les embarquer. Nous avons assez pour les garder et, surtout, je suis convaincu qu’ils continueront à nous raconter, loin du regard des autres.

Isabelle se décide à rejoindre les journalistes, me demandant de l’accompagner. Je refuse : ces charognards ne s’intéressaient même pas au fond de l’affaire, à la fragilité d’une jeune fille, au harcèlement collectif ou encore à une erreur judiciaire, comme l’association leur avait annoncé. Non, il leur suffisait d’obtenir un scoop ou une exclusivité. Isabelle, reine incontestable de la communication publique, leur jette un discours flamboyant sur le bizutage et le harcèlement. Elle est et restera toujours impressionnante.

Son image se diffuse sur toutes les télévisions, sur les réseaux sociaux, sur Internet. Elle est en train de devenir la proc’ anti-bizutage au regard des médias et des internautes. Même le Ministère de l’Enseignement Supérieur a pris contact avec elle pour la remercier et lui proposer une rencontre, qu’elle a évidemment acceptée. Les plateaux télé voudraient la recevoir, mais c’est bien entendu impossible. Quant à moi, quelques journalistes citent mon nom, Isabelle m’ayant mentionné.

Mon portable vibre : Clément m’appelle. Je quitte la salle et répond :

«Oui mon cœur ?

— Je t’ai vu sur Twitter, vous êtes des stars !

— À ce point-là ? rigolai-je.

— Je t’assure, vous êtes devenus des justiciers ! Il y a même des hashtags qui émergent ! #ProcureureCasares, #AntiBizutage, #BalanceTonBizuteur et, le meilleur, # Daviau. D’ailleurs, je suis jaloux, des filles disent qu’elles veulent se faire arrêter par un jeune Commandant ! Elles ne t’ont pas vu, mais fantasment déjà.

— Tu n’as rien à craindre, je te rassure.

— Je sais, mais je n’avais pas l’habitude que mon petit-ami soit une star, je vais devoir m’y faire !» éclate-t-il de rire.

Mon petit-ami. Quels délicieux mots.

***

Après avoir rassuré Samuel sur les quelques erreurs qu’il a pu commettre et, surtout, après avoir embrassé Isabelle pour ce coup triple, je rentre à l’hôtel. On coince l’harceleur de l’étudiante, on fait tomber le réseau et en plus notre affaire prend une tournure publique. Je ne pouvais rêver mieux. Ce sujet me tient vraiment à cœur.

À peine arrivé que Clément vient m’embrasser, me disant combien il est fier de moi. Heureux que je sois reconnu pour mes efforts. Quant à moi, j’en profite pour m’excuser pour ces moments un peu spéciaux ces derniers temps. Nous venons de nous mettre en couple et, malgré ça, j’étais peu présent, presque distant. Alors que je commençais à m’enliser dans mes excuses mêlées d’explications, il me saisit par les hanches et m’emmène simplement boire un verre de vin.

Il est grand temps que je lui parle de mon projet. Il n’y a qu’un moyen de démanteler le réseau de proxénétisme de Lyon. Hors de question que Samuel y aille. Il est tétanisé. Il sera trop sanguin. Il a commis trop d’erreurs. Et il est sur cette foutue liste. C’est à moi d’y aller, à sa place, en me faisant passer pour lui. Au fur et à mesure que j’explique mon intention à Clément, son visage se tend. Il n’est pas anxieux, pas fermé, mais attentif. Je pensais qu’il refuserait.

«Si c’est moi l’ancien militaire, c’est bien toi le héros.»

JulienW

jw04@gmx.fr

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