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Premier épisode - Épisode précédent

Hommes de Loi -18

GAV

En ouvrant les yeux, j’avais l’impression que j’avais réellement tiré. Si bien que j’ai du me lever et aller vérifier mon arme de service. Tout va bien, les balles sont loin du revolver. C’était bien un cauchemar. Malgré ma discrétion, Clément ouvre un œil et m’interpelle au loin, me demandant pourquoi j’étais debout. Je viens donc me recoucher et me colle à lui.

«J’ai juste fait un mauvais cauchemar.

— Tu peux me raconter si tu veux.

— Et bien… j’ai rêvé que je tirais sur le salaud qui a…

— Je t’écoute…

— Celui qui a tué Grégoire.

— Oh… Il est…

— Oui, mort. Grégoire est mort. A cause de moi.

— Pourquoi, enfin, si tu veux en parler…

— Pendant qu’on lui faisait face tous les deux, nous parlions. Nous imaginions qu’il n’avait pas d’armes. C’était faux. Profitant que je me retourne, il a tiré. Deux fois. Grégoire a eu l’excellente idée de se jeter sur moi. Il a été touché par l’une des deux balles. Moi par la seconde. Il m’a sauvé la vie, en payant le prix fort».

J’ai les larmes aux yeux, la mâchoire serrée, le regard froid et les poings tendus. Mon inconscient me joue des tours mais pour une fois il me donne de la satisfaction. J’aimerais tellement l’abattre.

«Et tu n’as rien eu, toi ?

— J’étais à l’hôpital quand ils l’ont enterré. Je n’ai même pas pu lui dire au revoir. Et je n’ai toujours pas osé aller le voir. Je n’y arrive pas.

— C’est normal mon cœur. Il ne faut pas que tu t’inquiètes. Je t’aiderai, si un jour tu te décides.

— D’ailleurs, dans mon cauchemar, il s’en était pris à tout le monde… sauf toi. Je ne supporterais pas qu’on te touche.

— Il n’y a aucune raison à cela. Et puis, n’oublie pas, l’armée m’a bien éduqué.

— Tu as raison…»

Personne n’a le droit de me le retirer. Personne. C’est mon Clément. Mais. Au fait. Il m’a appelé comment ?!

«Clément, tu as dit quoi ?

— Que je serai là pour toi.

— Non, mais, mon surnom.»

Il se met à rougir, comme un enfant qu’on aurait pris sur le fait accompli.

«J’ai dit… que… enfin… mon cœur…»

Ma main prend la sienne, naturellement. Je ne veux pas qu’il s’inquiète. Je ne le prends pas mal. Je sais qu’il a peur d’avancer trop vite. Moi aussi. Mais on a bien le droit d’être affectueux. D’être ensemble et d’en profiter. C’est tellement important et si rare. Je viens l’embrasser, dans un baiser qu’il me rend encore et encore. Puis, je le vois se raidir, et ouvrir la bouche :

«Dis-moi, Julien. Je peux te poser une question ?»

J’ai peur. Il ne doit pas me parler de l’hôpital. Je ne me sens pas capable. Pas encore.

«Tu es prêt à me parler de cet après-midi ?

— Oh oui, bien sûr ! lançai-je, soulagé.

— Je t’écoute, me dit Clément d’un air surpris par mon enthousiasme.

— Samuel a failli compter pour moi, tu le sais.

— Oui, et je me réjouis qu’il n’ait que failli, sourit-il.

— Et bien, cet après-midi, il était avec un escort boy. Je lui en veux beaucoup. Non pas parce que je veux le récupérer, je te rassure, mais parce qu’il ne m’a rien dit. Je me suis mis en colère, il n’a pas essayé de s’expliquer ou de me faire comprendre. C’est un aveu. J’aurais juste apprécié qu’il me parle. En quelques jours, il a perdu ma confiance puis mon amitié.

— Je comprends… J’aurais sans doute été comme toi. Mais pense à une chose s’il te plaît. Le plus dur, quand il s’agit d’avouer son homosexualité, c’est sans doute à un ami qui l’est et qui a été ou est attiré. J’ai eu beaucoup de mal à l’armée. J’y ai perdu un ami. Je ne voudrais pas que ça t’arrive».

Clément est si affectueux, sensible aussi. J’ai une chance immense de l’avoir. Pour seule réponse, je l’embrasse tendrement et essaie de me rendormir. Clément a déjà réussi, alors que je n’y parviens pas. Alors je pense, je repense. Et j’oublie.

Le matin, alors que Clément dort encore, je m’habille et, cette fois-ci, descends récupérer le petit-déjeuner prévu pour nous. En le ramenant dans la suite, je réussis à ne pas réveiller l’homme qui est dans mon lit. Je veux absolument le surprendre. Je saisis donc le pot de confiture, et commence à en passer sur ses lèvres. Il adore ça. L’odeur du sucre, sans doute les quelques morceaux que sa langue parvient à récupérer, tout ceci le fait doucement émerger.

Il me regarde et s’empresse de m’embrasser, me rendant malgré moi une partie de mon cadeau. Nous ressemblons à deux clowns mal maquillés, ce qui le fait rire. Il est beau quand il rit : il déploie ses bras, ses lèvres, ses joues. Il compte de plus en plus pour moi. Et je crois savoir que c’est également le cas de son côté.

D’un signe de la main, je l’abandonne et lui souhaite une bonne journée. Il me sourit. Je suis comme dans une bulle le temps du trajet, mais suis vite ramené à la réalité quand je vois qu’Isabelle est installée dans mon bureau. Il faut dire que le sien est malheureusement en piteux état. Elle vient me faire la bise, me demande des nouvelles et me tend un dossier.

«J’ai deux choses à vous dire Isabelle, avant, commençai-je.

— Je vous écoute.

— Un sujet personnel et un sujet professionnel.

— Le personnel d’abord.

— Je souhaitais simplement vous annoncer que j’avais rencontré quelqu’un. Il compte pour moi. Et je voulais vous avertir que je tenais à profiter de lui. Cet été m’a servi de leçon.

— Je veillerai à ce que vous puissiez avoir une vie privée saine, je vous le garantis. D’autant plus que vous devriez être en arrêt maladie actuellement, alors personne n’a réellement le droit de vous imposer quoi que ce soit.

— Je savais que vous me comprendriez.

— Si je vous dis que je suis très heureuse pour vous et que ma curiosité me pousse à vous demander si je le verrai un jour, que me répondez-vous ?

— Que nous aurons l’occasion. Promis».

Pour la première fois notre complicité s’accentue. Elle vient déposer une nouvelle bise contre ma joue, scellant une amitié naissante. J’en suis comblé, vraiment.

«Hélas, revenons au professionnel» reprend-elle.

Je décide donc de lui raconter l’épisode d’hier après-midi, cet homme qui nous suivait, tout en omettant l’incident lié à Samuel. Horrifiée, elle s’emporte presque de ne pas avoir été avertie par le parquet en charge de l’assassinat de Stéphane. Nous sommes mis à l’écart. C’est tout autant normal qu’humiliant. Nous ne pouvons pas l’interroger, le rencontrer. Tout nous est interdit.

Samuel frappe alors à la porte, et rougit en me voyant.

«Bonjour à tous les deux, je voulais juste vous prévenir que nous avons interpellé deux jeunes hommes sur le campus. Le président de l’université avait porté plainte pour harcèlement, menace de mort et dégradation des locaux. Ils étaient en train de tagguer les murs des amphithéâtres quand deux de nos hommes en civil les ont interpellés. Je voulais savoir si vous vouliez les interroger.»

Pour moi, tout cela n’était qu’un fait divers qui effectivement relève de la brigade de Samuel. Et je n’ai clairement pas envie de m’y associer. La procureure fait la sourde oreille, toujours remontée contre les secrets de Samuel et Stéphane. Si elle savait.

«Je te laisse mener ça avec ton commandant de rattachement, merci Samuel».

Son visage s’est renfermé lorsqu’il a entendu ma phrase. En fermant la porte, la procureure le retient pour lui dire qu’elle descendait avec lui. Elle devait envisager des poursuites. Je reste ici, seul. Je pense aux enquêtes que je devrais diriger, me rendant bien compte que l’intérim que je suis censé assurer n’a plus de sens depuis la mort de Stéphane.

Mon portable se met à vibrer, c’est un SMS d’Isabelle : «venez, s’il vous plaît. C’est étrange».

En descendant les escaliers tranquillement, je pense pour la première fois à quitter la PJ. J’ai atteint un grade correct. Je pourrais peut-être me détacher ailleurs. Pourquoi pas l’IGS. Je n’aime pas la police des polices, mais au moins je serais tranquille. Ou passer dans le privé. Je dois y réfléchir. J’aime mon métier, mais peut-être plus assez. Pas assez pour prendre des risques inconsidérés.

«Regardez Julien, ils sont terrifiés, dit Isabelle en me montrant ces deux gamins de tout juste 19 ans.

— Par quoi ?

— Certainement pas par nous. Ils veulent rester dans les locaux. Dès que nous abordons leur sortie, ils se crispent et se regardent horrifiés. Je ne comprends pas.

— Deux enfants qui font des conneries dans leur fac, c’est ce qui vous inquiète ?

— Ne soyez pas cynique, Julien, je vous en prie. Regardez-les, parlez-leur».

Je rentre donc dans la salle d’interrogatoire. Les deux me regardent comme si j’étais un extraterrestre.

«Je vais être clair, je n’aime pas être dérangé par deux idiots qui dégradent les bâtiments publics. Donc vous allez ressortir et vous prendre des travaux d’intérêt général. Compris ?

— Mais… déjà ? lâche l’un des deux.

— Quoi, tu veux aller en prison ? Faire un tour chez les violeurs ? Trouve d’autres moyens d’attirer l’attention de tes parents et fous moi la paix tu veux ? Allez, dehors».

Samuel, désorienté, demande alors à la procureure à quel jeu joue Julien. Impassible, Isabelle lui répond : «aucun, il est juste exceptionnel. Comme toujours».

«S’il vous plaît, non, par pitié !!! s’écrie le deuxième.

— Mais vous avez peur de quoi, bordel ? C’est quoi votre problème ?

— C’est… c’est compliqué…

— Ouais, et moi en bon con de flic je comprends rien. Barrez-vous, dis-je en ouvrant la porte pour sortir.

— On est en danger, il faut nous protéger, lance le blond.

— Ils vont nous tabasser sinon, se met à pleurer le brun.

— Qui ? Et pourquoi ? demandai-je.

— On a fait appel à une société privée pour organiser l’intégration des étudiants… continue le blond.

— Ca a mal tourné…

— Explique, lui balançai-je.

— Pendant la soirée, avec l’alcool, on a fait un jeu pour élire les plus beaux mecs et les plus belles filles de la promo, m’explique le blond.

— Le problème c’est que la société en aurait profité pour distribuer des cartes de visite. D’une agence de mannequins.

— Et en plus on a retrouvé des gars de leur société dans les toilettes avec des filles…

— Conséquence, m’impatientai-je.

— Le président de la fac a refusé de payer la prestation, et a rompu le contrat avec la société, qui faisait aussi du soutien scolaire. Maintenant ils s’en prennent à nous, un mec nous a menacés. Les menaces de mort, c’est eux aussi. Nous on a juste taggué en plein jour pour se faire embarquer. S’ils nous voyaient ici, on était morts, termine le brun.

— Ok, et vous pourriez reconnaître des personnes dans tout ça ?

— Le prestataire et des serveurs, oui.

— On va faire un portrait-robot. Samuel !» criai-je.

Il ne vient pas, je vais donc le chercher. Croisant mon regard, il se ressaisit et les conduit avec l’agent qui s’occupe des identifications. Il est bizarre. Je questionne la procureure sur son comportement, sur cette absence :

«Quand ils ont parlé de la société de soutien scolaire, il a fait un pas en arrière. Je ne sais pas pourquoi.»

J’abandonne et vais les rejoindre. Le blond a déjà terminé son portrait-robot. Celui du prestataire. Je l’imprime et observe le visage.

Ce n’est pas vrai. C’est une blague ?!

 

JulienW

jw04@gmx.fr

Suite de l'histoire

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