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Premier épisode - Épisode précédent

Hommes de Loi -20

Croisé

Le soudain changement de ton du jeune blond, dont je ne connais toujours pas le prénom, m’inquiète. Pourquoi désigne-t-il Clément du doigt ? Pourquoi se met-il à trembler en parlant de mon non-compagnon ? Pourquoi veut-il me parler ? Clément n’est bien évidemment pas lié à toutes ces affaires. De toutes manières, ce jeune n’aurait jamais réagi ainsi si c’était le cas. Mon esprit s’emballe en quelques secondes, comme d’habitude.

«Tu peux. Sinon, je n’aurais pas cherché à vous protéger, toi et ton ami.

— Disons que moi aussi je suis de votre côté…

— Je ne saisis pas, pour être franc avec toi…

— J’aime les garçons moi aussi…

— Quel est ton prénom ? lui souris-je.

— Adrian, Monsieur.

— Moi c’est Julien, alors dès lors que nous parlerons de ce sujet, tu peux utiliser mon prénom.

— D’accord M… Julien».

Je ne peux retenir ma bouche de s’étendre, face à cette situation tellement inattendue. Il semble si impressionné soudainement. La peur de tout à l’heure a disparu pour laisser place à une gêne. Il faut que je comprenne ce qu’il attend de moi désormais.

«Explique-moi Adrian. Pourquoi m’en parler ?

— Je vous ai vu vous rapprocher et vous embrasser, tout à l’heure. J’ai senti en moi une sorte de chaleur moite se répandre. Une forme de jalousie. Non pas parce que je souhaitais vous embrasser vous ou votre copain, mais parce que moi, jamais personne ne m’a embrassé. Jamais personne ne m’a regardé tel qu’il le fait avec vous.

— Permets-moi cette parenthèse avant de revenir à toi. Que veux-tu dire par le regard de Clément ?

— Il vous dévore des yeux en permanence. Il a l’air fou amoureux. Il me fait penser à mon père quand il regarde ma mère, malgré les années de mariage.

— Tu vois ça, toi qui es extérieur ?

— Oui, Julien.

— Merci de cette précision. Revenons à toi. Tu n’as jamais eu de premier baiser donc ?

— Jamais rien eu, tout simplement. Je n’ai pas embrassé, je n’ai jamais été embrassé. Je n’ai jamais serré un autre corps masculin contre le mien, du moins pas par affection et encore moins par amour. Mes bras sont toujours restés vides, ou bien pleins de mon chagrin inconsolable.

— Ce que tu dis me touche beaucoup… Je te comprends. Mais Adrian, comment puis-je t’aider ?

— En fait, si tout ça n’est jamais arrivé, c’est parce que personne ne le sait…

— Tu n’as pas fait ton coming-out, c’est bien ça ?

— Non… se met-il à rougir.

— A strictement personne ?

— C’est ça… Je n’ai jamais réussi à en parler. Sauf aujourd’hui. Parce que ça m’a rendu bizarre de vous voir comme ça…

— C’est la première fois que tu vois deux hommes s’embrasser ?

— Euh… souffle-t-il alors qu’une couleur pourpre commence à gagner ses joues.

— A part dans le porno, bien sûr, éclatai-je de rire.

— Alors, non, me dit-il timidement mais en ayant un sourire coquin aux lèvres.

— Je comprends… Ecoute, je ne sais pas exactement comment t’aider, ni même si je le peux. Mais nous pouvons discuter, essayer de faire en sorte que tu t’assumes. Si tu veux.

— Je reconnais que je ne sais pas comment faire. Ni comment vous m’aiderez. Mais déjà je ne suis plus tout seul à garder le secret.

— Tu me fais porter le fardeau à moi aussi, c’est ça ? lui dis-je avec ironie.

— Oui ! s’exclame-t-il.

— Je l’accepte. On pourra réfléchir à tout ça. A qui tu vas le dire en premier, et comment. Peut-être que Clément pourra nous aider. Si tu acceptes.

— Oh oui, bien sûr !

— Attention à ne pas mettre trop d’entrain quand je parle de lui, il est à moi ! lui lançai-je en le menaçant avec mon doigt, tout en souriant évidemment.

— Promis !»

J’allais lui proposer de discuter avec Clément et moi dès ce soir, quitte à ce que nous restions un peu au commissariat. Puis je me souviens, brutalement, qu’il est surtout le témoin dans une sombre affaire qui relie désormais bien trop d’enquêtes en cours. On ne peut pas prendre le risque que son témoignage tombe à l’eau parce qu’il serait trop proche des équipes de police. Je lui dis :

«Ecoute Adrian. Je dois te dire quelque chose. Tant que l’affaire n’est pas bouclée, je n’ai pas le droit de te parler en-dehors des interrogatoires, d’accord ?

— Ah bon… dit-il le visage se fermant peu à peu.

— Oui, pour ta sécurité et celle de ton ami aussi.

— C’est dommage…

— Je sais, mais je n’ai pas le droit de te faire prendre de risques, tu comprends ?

— Oui oui, ne vous inquiétez pas…

— Au fait, j’ai une question à te poser.

—… ?

— Tu es amoureux ? Je veux dire, tu as quelqu’un en vue ? demandai-je en imaginant très bien que son ami était peut-être pour lui bien plus que cela.

— Du tout… Je pense que ça m’aiderait pourtant. Mais non. Personne. Et puis, personne ne s’intéresse à moi… ».

En prononçant ces quelques mots, Adrian se met à pleurer. Il fond en larmes même. Que c’est dur. Tellement difficile de le voir comme ça, abattu. Je me lève, m’assois sur le bureau et met ma main sur son épaule. Y voyant sans doute un signal positif, le voici qui se jette dans mes bras et pleure à présent sur mon épaule. Je suis complètement désemparé ! Qu’est-ce qui lui passe par la tête ?!

Mon bureau étant transparent, Clément voit parfaitement qu’un jeune garçon vient de se blottir contre moi. Il me décroche un sourire amusé, constatant parfaitement que je ne suis pas à l’aise. Il arrive, ouvre doucement la porte, et lance :

«N’essaie pas de me piquer mon mec, toi. Il aime les jeunes mais quand même !»

Adrian se relève alors d’un bond, et commence à se confondre en excuses :

«Je ne… Non ce n’est pas ça… Enfin… Désolé Monsieur…»

Clément, évidemment amusé, lui ébouriffe les cheveux et le rassure :

«T’inquiète donc pas, je plaisante. Par contre, si tu m’appelles encore Monsieur alors qu’on a tout juste 3 ou 4 ans de différence, là je vais m’énerver !»

J’ai de la chance, finalement. Il a toujours le mot pour détendre la situation, tout en mettant sa touche personnelle et son humour un peu décalé. Cette jalousie, sous couvert d’humour, me plaît. En quelques mots, j’explique à Clément la situation, qui accepte bien entendu de l’aider, mais seulement quand tout sera bouclé.

Adrian nous quitte donc avec regret, déposant une bise sur la joue de Clément, qui l’a acceptée avec plaisir, tandis qu’il n’ose pas s’avancer vers moi. Je lui tends ma main, qu’il saisit, et l’attire vers moi à mon tour, pour qu’il comprenne que nous serons là. Parti, j’ai un pincement au cœur. J’ai été ce gamin, qui ne pouvait parler à personne. Moi, à sa différence, je haïssais les couples que je croisais. Ils avaient ce que je n’avais pas. C’était injuste. Je ne pleurais pas, j’étais en colère. En colère contre eux. Surtout contre moi, je m’en voulais d’être comme ça. Je n’ai pas eu le courage d’en parler, moi. Si on ne m’avait pas tendu la main, j’aurais probablement sauté depuis un pont. Mais ça, personne ne l’a su. Clément, en reprenant la parole, me sort de ces pessimistes pensées :

«Je suis presque jaloux de cette accolade tu sais…, me défie-t-il.

— Et là, tu es toujours jaloux ?» lui lançai-je en saisissant son bassin pour l’attirer contre moi et déposer mes lèvres le long de sa barbe mal rasée. Elle me pique, mais je ne résiste pas à l’envie de me frotter à lui. J’aurais pu rester ainsi des heures, mais Clément, encore, brise l’instant en me chuchotant à l’oreille :

«Je sais que tu ne vas pas être content mais… J’ai dit à Samuel qu’on irait boire un verre à l’hôtel ce soir pour discuter.

— Quoi ?! Tu as fait quoi ?! Mais de quoi tu te mêles ?!

— De ce qui me regarde parce que ça concerne mon Julien.

— Non mais pas du tout. Ca m’a perturbé, je sais que tu en as pâti, mais ce n’est pas une raison ! J’ai pas du tout envie de passer ma soirée à parler de ça, alors que je pourrais rester avec toi.

— Moi, je te promets que tu m’auras le reste de la nuit, chuchote-t-il alors que sa langue parcourt mon cou.

— Je vais réfléchir.

— Trop tard, il est déjà en route ! ».

Il m’annonce ça, victorieux, sachant que je ne répondrai pas et ne répliquerai pas, son corps me faisant bien trop d’effet. Je n’ai plus le choix. Nous descendons désormais et prenons nos voitures respectives pour rentrer. Je n’arrête pas de repenser à ce qu’a dit Adrian. Il a l’air fou amoureux. Et moi, je suis quoi ? Amoureux, juste ? Ou pas ? L’idée me hante, quand je vois Clément déjà attablé avec Samuel visiblement moyennent à l’aise. Il ne recule devient rien.

Je m’assois, les regarde tous les deux et avale d’une traite le verre qui m’était destiné. Il me faut bien ça pour supporter tout ce que je vais entendre. Je ne sais même pas quoi lui dire. Clément, en véritable maître de cérémonie, brise la glace :

«Bon, Samuel. Tu tiens à Julien ?

— Oui… Vraiment.

— En plus tu l’as secouru deux fois il paraît.

— J’ai juste fait mon travail, répond Samuel en baissant les yeux.

— Oh, c’est tout ? C’est pour ça que tu te moques tellement de son avis sur toi que tu as accepté mon invitation ?

— Non, évidemment… Samuel a à présent les larmes aux yeux. Je frappe l’épaule de Clément, qui me fait signe qu’il n’a pas voulu l’attrister.

— Ecoute Samuel, commençai-je.

— Non. Je suis tellement désolé. Des faux espoirs. De ce que j’ai pu dire qui t’a laissé croire que… Dès le début, j’ai su que tu étais gay, avec ton lapsus qui m’avait fait rire. Mais je sais pas… Peut-être que j’étais content de savoir que j’étais séduisant. Et puis tu m’as pris sous ton aile. J’ai peut-être eu peur que tu redeviennes un simple chef. Je sais pas. Tout est si flou. C’était bien d’être avec toi, d’enquêter ensemble, de boire un verre ensemble. Je voulais t’inviter chez moi comme promis et puis tout s’est bousculé.

— Tu me l’aurais dit ce soir-là ?

— Probablement, oui…

— Et bien moi j’avais prévu, le soir du procès de Lukas, de t’annoncer que tu me plaisais. Quand tu as dit que tu étais hétéro, je suis revenu ici. Je n’avais pas encore de sentiments pour toi donc finalement j’étais plus déçu de m’être trompé que malheureux. Et ce soir-là un beau serveur m’a fait du rentre dedans.

— Fais attention, je vais être jaloux ! rigole Clément.

— Comme tu l’as compris, c’est lui le serveur, souris-je.

— Donc vous vous connaissez depuis quelques semaines maintenant ? demande Samuel.

— Exactement.

— Et ensemble depuis quand ?» continue-t-il.

Un silence s’installe, tandis que Clément élude en proposant d’aller boire un verre dans notre suite, vu que le hall se vidait. Je trouve que c’est une bonne idée, et nous montons. Dans l’ascenseur, l’alarme du réveil de Samuel s’enclenche, tandis que je reconnais Love is a losing game. Avec lui, en effet, j’ai perdu. Avec Clément, nous allons gagner. Notre conversation a duré quelques heures encore, avant que j’interdise à Samuel de rentrer avec tant d’alcool dans le sang. Le voici s’endormant alors sur le canapé. Il est mignon. Mignon comme un enfant. Mon regard a changé sur lui.

Clément n’a pas oublié sa promesse. Sa main vient se faufiler dans mon boxer avant même que je ne sois totalement allongé, et sa langue commence à s’activer sur mon torse. Il n’oublie aucun recoin, de mes tétons déjà durs sous l’excitation qui monte aux contours de mon nombril. Il me malaxe chaque lobe comme si notre dernière expérience lui avait plu. Je sais que c’était le cas. Son regard a un mélange d’envie terriblement sauvage, de romantisme malgré tout et d’affection. Peut-être même d’amour. Je ne sais pas.

Alors que j’allais agripper mon amant pour lui donner une impulsion sur mon membre déjà vibrant, je me souviens que Samuel est là. Faisant signe à Clément en direction du canapé, il me regarde et pose un index sur ses lèvres. Compris. Soyons silencieux. Je n’aurais de toute façon pas pu me passer de sa langue entourant le sommet de mon (son, désormais ?) jouet. Il rigolerait presque, s’il n’avait pas la bouche pleine, en voyant la difficulté que j’ai à ne pas gémir. J’aime ce qu’il me fait et j’ai envie de le crier au monde entier. Comme s’il l’entendait, je lui demande de continuer, d’accélérer, de ne jamais s’arrêter.

Alors que je suis sur le point de jouir, je compte prendre le relais et, pour la première fois, il me jette un regard noir. Mais… Il enserre mon sexe comme jamais, c’est impressionnant, ce qui a le don de me faire lâcher la pression. Clément continue, comme si de rien n’était. Je le vois déglutir, toujours ses yeux plantés dans les miens. Une fois terminé, il n’arrête pas. Non, il continue de jouer avec sa langue. Enfin, il remonte et, avant de se lever, me glisse à l’oreille «merci de ne pas m’avoir oublié». Il me surprend de plus en plus, et je regarde son postérieur se diriger vers la salle de bain.

En revenant, l’haleine fraiche, il vient caler sa tête dans mon cou et respire contre ma peau. Le sentir si proche de moi fait accélérer mon rythme cardiaque. Mais… moi aussi alors ? Moi aussi je ressens une sorte de chaleur moite. Mais ce n’est pas de la jalousie. Non, c’est positif, c’est enjoué, c’est beau. Moi aussi j’ai soudainement 19 ans.

«Tu veux bien de moi ?»

 

JulienW

jw04@gmx.fr

Suite de l'histoire

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