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Premier épisode - Épisode précédent

Hommes de Loi -21

Dénoncé

Je n’ai pas pu résister. Lui résister. Il est là, devant moi, ses yeux plantés dans les miens, remplis de surprise. J’ai fait une connerie, sûrement. Je suis allé trop vite. C’est moi qui lui avais dit que je ne voulais pas qu’on se trompe, que la vitesse pourrait être fatale, qu’il n’y a rien de pire que ces couples qui se disent je t’aime en quelques jours. Savent-ils seulement ce qu’est l’amour ? C’est ce que je disais. Avant. Avant de l’avoir rencontré.

Bien sûr tout a commencé par de l’alcool. Oui, le sexe a précédé les sentiments. Ce n’est pas la plus belle manière de se rencontrer. Mais y en a-t-il seulement une ? Faut-il continuer à nous faire croire qu’un jour un bel inconnu se retournera et viendra déclarer sa flamme ? A la fois on moque les couples qui finissent ensemble en quelques jours et à la fois on voudrait qu’un coup de foudre nous tombe dessus, qu’on se marie et qu’on finisse notre vie avec cette même personne.

C’est tellement absurde. Je n’ai pas à rougir de la manière dont j’ai rencontré Clément. Oui, c’était un soir où j’étais triste. Oui, nous avons beaucoup bu. Oui, il y a eu une tension charnelle et sexuelle entre lui et moi. Mais depuis. Après la rencontre, il y a la vie. La présence. Le quotidien. Le partage. La découverte. Ce n’est pas une rencontre qui définira notre relation. C’est ce que nous en faisons.

Surtout, je ne lui ai pas dit je t’aime. Je n’ai pas soudainement fait bousculer notre relation dans une autre dimension. Je lui ai juste demandé s’il voulait bien de moi. Si le jeune homme qu’il est, avec son physique charmeur, son charisme sans doute lié à sa profession, avec son caractère forgé à l’armée, avec son autonomie impressionnante et surtout avec son indépendance, si tout ce jeune homme donc, était prêt à m’accepter.

Qu’à mon tour je sois présent, que je sois là, un peu plus, au quotidien, avec et pour lui. Que nous sortions, ensemble, et plus seulement pour nous découvrir. Que nous apprenions à vivre à deux pour peut-être nous rendre compte que nous nous aimons. Peut-être. Je n’ai jamais été amoureux. Je ne sais pas ce que c’est, moi non plus. Peut-être que je le suis déjà, dans ce cas j’imaginais ce sentiment tellement plus fort. Peut-être que je ne le suis pas, et que je ne le serai jamais avec lui. Mais peu importe. Je veux savoir.

Les yeux dans le vague le temps que toutes ces pensées se mêlent et viennent mourir au creux de ma conscience, je me rends compte que Clément n’est plus là. Non, il n’est plus sous mes yeux. Ni sur le lit. Ni dans la suite. Il n’est plus là. J’allais lui parler. Lui parler de la dernière chose qu’il ne sait pas. Et il n’est pas là.

J’aurais envie de réveiller Samuel, pour qu’il me réconforte. Non, c’est une mauvaise idée. Je me tourne plutôt vers la salle de bains, m’appuyant sur les murs pour éviter de tomber. Je me sens nauséeux, pris de vertiges. Mais ce n’est pas comme d’habitude. Il n’y a pas les coups de feu. Il n’y a pas les images ensanglantées. Il n’y a pas Grégoire jonchant le sol alors que je saigne abondamment de la tête. Non, il y a juste le néant.

En voulant m’assoir contre la baignoire, je manque de tomber en trébuchant sur le tapis. J’allume la lumière et le vois, là, assis en équerre par terre : «Pourquoi tu n’as pas répondu ? ». Quoi ?! Moi ? Je n’ai pas répondu ? Il plaisante ?!

«Mais, Clément, c’est toi qui n’as rien dit…

— Quand tu m’as dit si je voulais de toi… Je t’ai dit que moi je te voulais comme petit-ami… Et là tu t’es figé. Tu n’as rien dit.

– Je… Mais… Il faut que je te parle.

— Non, j’ai compris, je suis allé trop vite et je suis désolé. Si Samuel n’était pas là j’irais dormir sur le canapé, crois-moi.

— Tais-toi et écoute-moi».

Me laissant glisser contre la baignoire moi aussi, je m’installe contre lui, sans le toucher. Nous sommes côte-à-côte, regardant en face de nous. Il est temps qu’il sache. Je me l’étais promis. Alors j’ai tout repris. Tout raconté. Les coups de feu dans le dos, Grégoire se jetant contre moi, l’hôpital. En prenant soin de cette fois-ci lui dire la vérité. Si je n’étais pas présent lors de ces tristes moments, c’est parce qu’ils m’opéraient. Ils essayaient de retirer la balle qui était là, au sein de mon crâne. Elle n’avait pas atteint mon cerveau, parce que Grégoire était là. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle l’avait touché avant moi ou si c’est parce qu’il m’avait déporté. Dans tous les cas, je suis vivant grâce à lui, grâce à eux.

J’ai tout dit à Clément d’une traite, sans sourciller, sans quitter de regard… la porte du meuble en face de moi. Notre silence se faisait lourd après cette révélation. Mes crises viennent de là et mes moments d’absence, aussi. C’est terrible de devoir annoncer ce genre de choses à quelqu’un avec qui on a pourtant envie de tenter une aventure. Mais je n’ai pas le droit de lui cacher. Après tout, les médecins me l’ont dit. Un jour ou l’autre, tout peut revenir.

Il pose sa tête sur mon épaule tandis que je prends mon courage à deux mains :

«Donc la réponse, Clément. Elle était dans ma phrase précédente. Je veux de toi dans ma vie, et toi, est-ce que tu veux de moi ?»

Soudainement preux chevalier, il se lève tout en me portant, me menant sur le lit, allongé sur moi : «alors tu es à moi».

***

Lorsque je me réveille, Clément dort encore, mais pas Samuel. Il est assis sur le canapé. Une carte entre les mains. Il la tord, la retourne, elle passe d’une main à l’autre, il saisit son téléphone, le range. Je m’assois en face de lui, le regard plein de questions. Il continue de fixer la table devant nous, à jouer simultanément avec le bout de carton et son téléphone. Ce serait presque agaçant.

«Je suis désolé d’être resté cette nuit. Je ne voulais pas. Mais merci de m’avoir gardé là. Enfin, voilà, merci et désolé.

— Tes deux mots préférés, lui dis-je.

— Pourquoi tu dis ça ?

– Laisse tomber… Écoute, tu m’as posé une question.

— Si tu me pardonnerais, oui…

— Je ne sais pas Samuel.

— Je peux comprendre.

— Tu peux, mais tu n’y parviens pas. Je le vois. Il me faudra du temps pour le savoir.

– Peut-être que je devrais éviter de rester en permanence dans tes pattes aussi.

— Que je sache c’est Clément qui t’a proposé de venir. Je ne suis pas capable de savoir si une amitié peut sortir des gravats qui forment actuellement notre relation. Je ne sais pas non plus si j’en ai envie et si j’en suis capable. Émotionnellement, je suis déjà débordé et dépassé. Rencontrer Clément, ce n’était pas rien. Il devient de plus en plus important. Alors je ne sais pas tout gérer de front.

– D’accord… Mais tu as raison aussi de m’en vouloir professionnellement. Je n’ai pas été fidèle, je ne t’ai pas fait confiance. Involontairement, peut-être, mais c’est le cas. J’ai tout voulu faire tout seul. Par revanche. Par vengeance. Pour Stéphane.

— C’est leur carte de visite, c’est ça ?

— Oui, je n’arrive pas à savoir ce que je dois faire. J’ai envie de la brûler. D’appeler.

— Tu te sentirais vraiment prêt à servir d’appât ?»

Je voyais bien dans ses yeux que non. Ce n’est qu’un gamin après tout.

«La procureure m’a fait un SMS tôt ce matin. Elle me demande de diriger une enquête dans une école d’ingénieurs, parce qu’elle sait que je connais bien le milieu. Une affaire de bizutage, donc rien à voir avec d’autres enquêtes. C’est ta brigade Samuel. Alors libre à toi de me dire si je peux compter sur toi».

Le blond relève la tête, ne me regarde même pas dans les yeux. Il n’y a ni sourire ni neutralité sur son visage. Il fait presque peur. Je n’arrive pas à savoir ce qu’il veut réellement. Peut-être que lui non plus finalement. Il souhaite repasser chez lui, et donc partir maintenant. La porte se ferme sans que je n’aie de réponse. Décidément, le silence occupe des places grandissantes dans ma vie.

***

L’ascenseur émotionnel que je vis depuis hier soir me déroute. Je n’ai plus de secret pour Clément, du moins que je ne veuille lui révéler. Nous avons mis au clair la situation avec Samuel. Enfin, si on peut appeler ça être au clair. Isabelle m’a simplement envoyé un SMS pour que nous nous retrouvions directement sur place. Je ne sais donc pas si Samuel me rejoint ou non.

La façade de l’école n’inspire pas confiance, au premier abord. En revanche, dès l’entrée passée, le patio intérieur, la verrière, bref, l’ensemble du bâtiment, révèlent des joyaux imprévisibles. Nous avons rendez-vous avec le directeur pédagogique de l’école, qui a reçu la plainte d’une étudiante.

Isabelle ne cesse de recevoir des regards de la part des étudiants. Ils sont d’ailleurs bien loin de l’image de geeks que l’on peut avoir. Ce sont des beaux jeunes gens, hommes et femmes, plutôt silencieux et timides, il faut l’avouer. Ils doivent être impressionnés par le duo qui s’introduit chez eux. Isabelle, dans un long manteau bleu dissimule son tailleur noir d’une élégance incroyable. Quant à moi, j’avais remis un costume, de peur de jurer avec la procureure. Une chemise rose, empruntée à Clément et qui m’allait comme un gant.

Avant d’arriver au bon étage, je reçois un SMS de Clément.

Tu as oublié beaucoup de choses ce matin… Ton arme. Ton agenda. Ta chemise (oui, je t’ai vu partir avec la mienne !). Et puis moi ! Même pas une seconde à s’embrasser… Je suis déçu :( :( :( À tout à l’heure mon Julien. Bon courage.

Il a raison, je l’ai un peu négligé ce matin. Il faut dire que je suis dans un sentiment bizarre. Et puis la présence de Samuel était encombrante. Tout aussi gênante que son absence actuelle. J’avais envie de lui hurler dessus par téléphone, mais j’ai abandonné en regardant Isabelle qui semblait paniquer.

«Regardez Julien. Regardez».

Elle pointait le fond du bâtiment. C’était Samuel. Il était donc venu. Mais il n’est pas seul. Il y a un jeune homme. Au visage allongé. Aux cheveux assez courts. Grand. En costume. Il est plutôt bel homme. Mais sans plus.

«C’est plutôt positif que Samuel soit avec nous, non ?».

Elle me regarde comme si j’avais fait une bourde.

«On dirait Stéphane… C’est horrible…

— Je suis désolé Isabelle, mais, non…

— Je sais. Mais je pense tout le temps à lui. Je ne l’ai pas protégé.»

Il ne manquait plus que ça à cette journée déjà compliquée.

*****

Encore et toujours merci pour vos messages, vos suggestions, vos encouragements. Toujours un plaisir de lire vos nombreux mails !

JulienW

jw04@gmx.fr

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