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Premier épisode

Agriculteur | S14 Jérôme

2 | Se jeter sous un train

Le récit de Julien

Evidemment, je devrais dire "heureusement", Jérôme et moi, nous parlons.

Au sujet de ce long chemin qui mène jusqu'à être soi-même.

Jérôme a évidemment besoin de se dire, à haute voix et devant témoin, ce qu'il s'est si longtemps dissimulé.

Mais il m'interroge également, sur mon propre itinéraire depuis mes premiers pas jusqu'à ce basculement qui m'a amené aux Chênaies. Comment évaluer et assumer nos propres fuites, nos valses hésitations, nos renoncements, nos démissions, nos audaces et nos témérités si ce n'est à l'aune de celles de nos pairs qui nous permettent de nous ajuster ?

A son attention, je me raconte et ... à bientôt vingt ans de distance, je "revisite" ma rencontre avec Lecourt.

-" Pour moi, la fin du collège est calamiteuse, rien ne fixe mon attention, je suis irrascible, invivable, presque malgré moi. En désespoir de cause, mes parents acceptent de me voir partir en pension au lycée agricole pour préparer un ahurissant BEPA de machinisme agricole en totale rupture avec l'environnement professionnel de ma famille. Je mesure aujourd'hui à quels sacrifices matériels ils ont dû consentir pour celà.

Loin d'eux, je me construis, pas à pas. Je sais aujourd'hui que, face à la place à laquelle j'étais naturellement destiné par tout mon entourage, ce comportement irritable et emporté que je ne parvenais pas à maitriser n'était que les signaux désespérés, des ruades que je m'infligeais à moi-même pour dessiller mes propres yeux. Je devais partir, m'accorder du temps, m'apaiser, pour me découvrir, savoir QUI JE SUIS, vraiment.Et me construire.

Quatre ans plus tard, j'ai alors vingt ans et le brevet de technicien quasiment assuré, je vais accéder au sésame du BTS. Le miracle d'une rédemption scolaire que je conjugue avec une patiente restauration de mes relations familiales. Et j'ai eu la chance qu'aucun de mes proches n'ait détourné son affection de moi qui m'en suis pourtant éloigné. Cependant ...

Cependant, j'ai grandi. J'ai pris de l'assurance, ma main est plus ferme, mon pied plus assuré et j'en mesure les effets : j'inspire confiance ; pourtant, ma peau de jeune homme bien sous tous rapports se fait étroite, j'étouffe, il me manque ... je ne sais pas encore dire quoi. Or comment répondre à ce manque tant qu'on ne l'a pas identifié?

En consultant avec moi une liste pour un lieu de stage indispensable, le doigt du référent s'arrête sur "une belle exploitation" ... mais aussitôt, il objecte que l'agriculteur, pourtant marié, aurait eu des gestes déplacés envers "UN" stagiaire.

Moi, j'ai identifié mes désirs mais je les garde dans le secret de mes pensées et, autour de moi, je cherche quelqu'un qui me ressemble, avec qui je pourrai partager ce trouble terrible qui m'ébranle et dont je ne sais pas m'accommoder. En vain.

Naïvement, je m'essaie à avancer d'un pas dans la lumière en m'exposant et j'appelle. Sans résultat.

Ceux que je croise dans la pénombre s'écartent aussitôt leur affaire conclue. Je finis par me penser seul au monde avec un appétit de cette sorte.

Or voilà que, dans ce monde de déni ou les rumeurs ne circulent qu'à mi-voix, dans la confidence, on me désigne soudain un semblable. Il est paysan et à ma portée de surcroit.

Instantanément, ce monsieur dont j'ignorais tout, que je n'avais jamais vu, apparait comme une projection de ce que je pourrais devenir, de ce qui est possible, vivant, un repère vers une prochaine étape de ma vie ... Dés lors, l'approcher s'impose évidemment à moi et je suis bien décidé à tenter ma chance quel qu'il soit.

Et ce ne sera que longtemps après que je verrai clair dans ma soudaine et farouche détermination."

- "C'était Lecourt ?"

Je souris finement.

- "Mais attends donc la suite !

Le jour où les agriculteurs sont invités au lycée pour rencontrer les élèves, je me tiens près de l'accueil lorsque je remarque un mec parmi ceux qui approchent ... Tu vois Eric Tabarly, le navigateur ? ...

Lui a environ quarante ans, il est de ma taille, cheveux courts, machoire carrée, teint hâlé et visage avenant, larges épaules, un beau mec à la démarche assurée mais ... c'est en cela qu'il m'évoque Tabarly car en mer, le marin sait qu'il n'est jamais le plus fort, il doit s'adapter, composer avec les éléments. Or je devine quelque chose de ça chez lui aussi. Quand il salue ses collègues, il semble décidé tout en restant affable, accessible, ouvert. Je me prends à rêver. Il donne son nom. Banco! C'est lui, c'est Lecourt!"

- "J'imagine que tu t'es précipité ..."

-" Oui ! La réalité dépassait en tout mes espérances et je me suis immédiatement présenté pour le solliciter. Calmement, car je savais bien qu'il ne me dirait pas "oui" d'emblée, mais que j'ai toute la journée devant moi pour faire montre de mes compétences, pour le convaincre. Je compte aussi sur le soutien du responsable du lycée."

- "Facile, alors!"

-" Ne va pas croire ça ! Pourtant, je l'avais probablement très lourdement détaillé du regard alors qu'il approchait et, après avoir donné son nom, voilà qu'en retour, il se tourne vers moi et me salue en m'enveloppant du sien ... avec quelque chose qui a hérissé ma colonne vertébrale et piqué mes reins ; de ces oeillades qui se veulent indifférentes mais qui ne trompent guère ceux de la même espèce, qui à la fois nous démasquent et nous convoquent, probablement proche de celles que t'adressait ton joueur, dans les vestiaires, tu vois ?

Du moins, m'a-t-il semblé car, à cette époque ..." Je fais une moue éloquente qui marque une pause. "je n'étais pas très sur de moi.

Ensuite, je participe aux diverses démonstrations. Je me concentre sur le job. Je me débrouille pas trop mal, non sans surveiller l'assistance du coin de l'oeil. Il est bien là, attentif ... mais il ne dit rien. Je le croise une fois entre le hangar et l'étable : encore rien. La fin de la journée approche et j'erre, toujours indécis après avoir abattu une à une toutes les cartes de mon jeu. Puis, d'un coup, voilà qu'il s'approche :

- "J’ai vu avec ton responsable, tu prends ton balluchon et je t’emmène. Retrouve-moi sur le parking" et il tourne les talons.

Jérôme me claque sur l'épaule avec un grand sourire.

-" Et voilà, la messe est dite !"

-" Tatata, tu vas trop vite en besogne, on est dans la vraie vie, en plein jour, pas dans une ambiance de vestiaires, dans les vapeurs des douches ... Se reconnaitre pour des pairs est BEAUCOUP plus risqué... alors on hésite, on est circonspect et discret pour ne pas s'exposer à un outing mortel."

Dans la voiture, il me questionne et d'entrée, je l'appelle "patron". Je me raconte et je saisis les coups d’œil qu'il lance dans le rétroviseur pour croiser mon regard. Nos yeux s’accrochent et se questionnent silencieusement. Puis d’un coup, il lâche le levier de vitesse, pose calmement sa main sur ma cuisse juste au-dessus de mon genou replié et, à voix basse, il m'interroge :

-" Et les filles, Julien ? tu as bien une copine ?"

Ma réponse jaillit si spontanément que j'en ai encore le souvenir précis.

- " Les filles, c’est pas mon truc, patron."

Puis j'ose ce coup de poker un peu lourd de me laisser glisser dans mon siège pour que sa main remonte mécaniquement le long de ma cuisse. En tremblant, je note qu'il ne la retire pas mais il ajoute :

-" Moi je suis marié."

-" Je sais, patron. Je crois que je sais où je suis."

Pendant quelques secondes qui s'égrènent aussi bruyamment qu'un tic-tac de vieux réveil mécanique, il laisse sa main juste là où je l’avais fait remonter. Malgré sa sérénité apparente, cette main, qu'il ne retire toujours pas, me semble parcourue de mille petits frémissements, comme des mouvements refrénés. J'en jurerais! Mon coeur en est soulevé, suspendu.

Mais voilà qu'il la retire et la repose sur le volant, imperturbable, sans un mot. Pour moi, le temps devient assourdissant et je l'entends défiler, "tic toc", comme autant de gouttes froides qui cascadent le long de mon échine et forment une flaque triste, celle de l'occasion qui s'éloigne.

Soudainement, il quitte brusquement la route pour s'engager dans un chemin, coupe le moteur à l’abri de la haie, descend du véhicule. Il s’engage à pied dans le chemin, je le suis. Il s’arrête, je viens à sa hauteur et me tourne vers lui qui se campe, déboucle sa ceinture, ouvre son pantalon, tire sur son slip, déplie sa bite flasque, ébouriffe sa touffe sombre, … Je relève les yeux vers lui mais il garde les siens baissés.

Pourtant aucun jet ne s’échappe.

Alors je fais une folie : un pas vers lui et je tends la main. Il relève la tête et ses yeux se plantent dans les miens, impérieux. Encore un pas et mes doigts s’avancent assez pour caresser légèrement la peau de sa queue, j'ai encore le souvenir de la trouver très douce puis je la saisis à pleine main. Elle se dresse, instantanément.

Silencieusement comme si les mots étaient impossibles à prononcer, on venait de se DIRE un secret qui faisait de nous des pairs. On a baisé là, vite fait, mal fait, pour la première fois."

Jérôme a hoché la tête pensivement.

-" Ce n'est pas très différent de mon histoire, en fait. Ce sont les mêmes moteurs. Tu résistes mais quelque chose d'irrépressible qui annihile toute réflexion, toute prudence, te pousse soudain dans le dos avec une force telle que tu es projeté jusque sous les roues du premier train qui passe.

Toute la question reste comment s'accomoder de ça, le lendemain ; comment se regarder dans le miroir ; comment considérer qu'on reste loyaux envers nos proches en portant ce secret?"

Il relève vers moi des yeux douloureux.

-" Il y a un autre vrai enjeu ...

Comment faire pour épargner un tel écartellement aux jeunes qui se découvrent gays ? Ne sachant comment résoudre cette équation entre cette pulsion irrésistible que leur dictent leurs reins et les attentes parentales de conformité sociale au modèle hétéro, certains échappent à ce dilemne se jetant réellement sous les roues d'un train."

Amical72

amical072@gmail.com

* Petite remise en mémoire concernant Eric Tabarly

* « Ton corps me fait vibrer, dans tes bras je m'enivre » Jean Yanne, que l’on attend fort peu dans ce registre, chante « mon cher Albert »

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