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12 Juin

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Premier épisodeÉpisode précédent

Agriculteur | S16 Initiations

11 | Savoir exactement ce que je veux – Le récit de Joris

Je n'y tiens plus.

Le yeux fermés, je revis chacun des instants de ce moment d'extase partagé avec Stéphane ; j'en suis resté ébloui malgré le lieu; il se peut même que la crasse sordide du labyrinthe du Capharnaüm l'ait sublimé. Je tremble, j'en vibre encore.

J'ai eu le sentiment que le moment pendant lequel, immobile, il m'a gardé dans ses bras a duré ... une douce éternité. Un Noël!

Puis il a fouillé dans ses poches pour y trouver des mouchoirs en papier que nous nous sommes répartis. Nous nous sommes rhabillés dans l'obscurité.

-"Je rentre ; tu veux que je te dépose ou tu restes encore ici ?"

Je l'aurais suivi nu, à genoux et la corde au cou, bien au-delà de là où il m'aurait invité à le faire. Rien que pour passer quelques minutes supplémentaires à ses côtés.

- "Demain, je pars juger une épreuve importante, je dois me lever tôt"

Sa main qui ébouriffe affectueusement mes cheveux, son sourire ...

- "Bonne nuit, Joris"

Sur le trottoir, j'ai pris conscience que, envahi par mon rêve, j'étais resté muet ; son "merci" arrivant sur mon portable en réponse à mon "Fais bonne route" me parut du meilleur augure.

Je me suis glissé comme une ombre entre mes draps, il me semblait que mes poumons retenaient l'air qui les avait soulevé si fort et que les empreintes que Stéphane avait laissé sur moi devenaient luminescentes pour m'aider à traverser l'attente.

Attendre!

C'est d'abord joyeux, avec le téléphone comme un talisman dans la poche, rien ne semble pouvoir ternir l'euphorie et la bienveillance qui me remplit et que j'irradie malgré moi.

La main revient tâter pour s'assurer de la matérialité - oui, il est bien là! puis le doigt presse le commutateur – et oui, il fonctionne.

Pourquoi, alors, n'ai-je pas de nouvelle? Pourquoi ne fait-il pas signe, à la pause, il y a bien des pauses ... Et le ciel se couvre.

Lentement, et d'abord, je ne m'aperçois de rien.

Puis quelque chose m'étreint, et soudain, je prends conscience de cette chose qui me noue le ventre, que je suis entièrement tendu vers cet espoir, l'attente d'un signal. Le moindre bruit me fait sursauter et, une fois l'illusion dissipée, il m'importune comme un obstacle.

Je suis absent au monde qui m'environne.

-" Qu'est-ce qui te préoccupe ainsi?

Mais j'écarte toute irruption dans ma sphère d'un revers de main agacé ; non, je ne peux pas partager ce qui obscurcit mon ciel. Je me retourne et porte mon doigt à mes lèvres comme on presse un bouton pour raviver un souvenir, une sensation, un transport. Et je sens un sourire se former à l'intérieur, un soleil se lever... brièvement.

Mille fois, je sors l'écran de sa cachette, actionne le contact, le consulte. En vain.

Décidément, ce film est sans intérêt. Non, je ne veux pas jouer. D'ailleurs, je vais me coucher.

Et s'il LUI était arrivé quelque chose, un accident est toujours inattendu, une maladresse lors de laquelle son téléphone se serait brisé, ou noyé. Même cette dramatisation grossière que je regarde pourtant avec toute la dérision nécessaire ne parvient pas à me ramener à l'apaisement.

J'ai sursauté, je me suis redressé assis dans mon lit mû par un ressort, j'ai fureté fébrilement sous l'oreiller pour LE trouver. Non, l'écran est silencieux, j'ai dû rêver. Je contemple le reflet des lumières nosturnes au plafond et mon esprit cavale, sautant des frissons du labyrinthe aux élucubrations les plus folles : et si ... et si ... et si ...

Le réveil me cueille échevelé, hagard, empêtré dans mes draps, fatigué d'avoir parcouru, ventre à terre, en tous sens et toute la nuit, passant du chaud tropical au désert glacé, les vastes plaines de l'appréhension et de l'imagination.

Avec, planté dans le coeur, l'écharde de l'éternelle incertitude.

Heureusement, avec l'implication bénévole de mes parents, je sais dans quel immeuble il réside. Je consulte fébrilement la liste des occupants, presse la sonnerie.

- "Oui?"

- "C'est moi, Joris."

Bourdonnement de la gâche électrique, claquement de la porte derrière moi, glissement de la fermeture métallique de l'ascenceur, palier, sonnerie. Quand la porte s'entrouvre, d'un même élan, je lance mes bras vers l'avant en étirant mon cou.

Une main m'a bloqué à l'épaule puis s'est rapidement emparé de mon bras pour me tirer à l'intérieur tandis que la porte se referme avec un bruit lourd dans mon dos.

Et je reste interdit devant les photographies de toutes tailles, encadrées, disposées en mosaïque composant, juste devant mes yeux, un impressionnant mur d'images que j'ai manqué percuter.

Sa main se pose à cheval sur mon épaule, me fait légèrement pivoter pour m'orienter face aux clichés que, au bout du bras tendu, son index me désigne successivement alors qu'il me les détaille calmement :

- "Là, j'ai douze ans et c'est ma première compétition à l'étranger, en Allemagne ; ici, je suis aux barres parallèles, c'est gràce à elles que j'ai obtenu mon meilleur classement en Championnat de France ; et encore ici, lors d'un stage à l'INSEP avec le groupe des espoirs ; là, je suis avec Jean-Claude Legros, un breton qui a été champion de France en 91, je crois, et là ..."

Mais je ne l'écoute plus, je suis écrasé.

Qui suis-je, moi, face à ce garçon qui, bien que n'étant mon aîné que de quelques années, a déjà une existence bien remplie, peut déjà se prévaloir de faits d'arme remarqués, a posé avec des champions, des ministres, bénéficie d'une vraie notoriété fondée sur ses performances, quand je ne suis encore l'auteur d'aucune action digne du moindre intérêt et qu'encore à l'état de brouillon, je tatonne toujours à la recherche de ma voie ? Il me semble qu'un gouffre nous sépare. J'avale difficilement ma salive.

Je suis insignifiant.

- "... mais tu sais, ma carrière d'athlète n'est que celle d'un deuxième rideau, ce serait un bien maigre palmarès si je n'avais la reconnaissance de l'arbitrage."

Sa voix chaude s'est assourdie et j'ai relevé les yeux vers lui tandis qu'il poursuit.

- "C'est tout ce qui m'importe désormais ..."

Il a froncé ses sourcils sur des yeux suppliants comme s'il souhaitait me faire comprendre à la fois l'importance primordiale de cet objectif à ses yeux et que rien ni surtout personne ne saurait y faire obstacle. Alors que nous sommes physiquement proches à nous toucher, que nos corps s'aimantent si puissamment que l'air semble vibrer, comprimé dans l'infime espace qui nous sépare, qu'un simple tee-shirt et un jogging informes ne me laisse rien ignorer de sa plastique si idéale à mes yeux que, depuis nos étreintes, je n'ai songé qu'à le retrouver, l'étreindre, ... je réalise qu'une faille s'ouvre entre nous qui, en ce moment exactement, nous éloigne l'un de l'autre à grande vitesse, comme des voyageurs qui se sont croisés dans une gare avant d'en repartir pour des destinations opposées.

Que ferais-je en sa compagnie, moi qui ai tout à apprendre, tout à construire sinon l'admirer béatement, ébloui par son aura et m'oublier jusqu'à m'effacer dans cette vénération ?

Je n'ai pas l'abnégation nécessaire.

- "Tu sais, je n'amène jamais aucun garçon ici ..."

J'entends, dans cette prudence, un je ne sais quoi de frileux qui me donne la force de hausser une épaule désinvolte et de lui sourire.

- "Tu sais, moi aussi j'ai un projet qui me tient à coeur."

J'ai courbé la nuque, dodeliné modestement de la nuque. Et j'ai trouvé en moi, au profond, des mots si sincères qu'ils font trembloter ma voix :

- "Je voudrais devenir éducateur spécialisé, accompagner celles et ceux dont l'avenir est lourdement grevé par ... des difficultés. C'est moins spectaculaire, sans ..."

Il m'interrompt un peu précipitamment.

- "Mais se dévouer demande de grandes et belles qualités et, connaissant tes parents, je ne doute pas que tu les aies reçues en héritage."

Je le scrute en souriant comme sous le compliment mais je lis son soulagement dans son regard, alors je pique.

- "Tu sais, je voulais surtout m'assurer que nos fredaines n'auront rien changé entre nous. Je sais rester discret! Tu peux toujours compter sur moi, pour accompagner vos sorties au besoin. "

Je ne parviens pas à déchiffrer le regard qu'il me lance mais son assentiment est trop marqué pour n'être pas de pure convenance. Il ne me reste plus qu'à prendre congé. Je pose déjà la main sur la poignée quand la sienne me retient.

- "Ce moment entre nous était TRÈS agréable, Joris!"

J'ai recueilli ces quelques mots comme un onguent apaisant pour mon amour propre, un chaud réconfort. Alors, un instant, un TRÈS court instant, j'ai cru flancher, prêt à me jeter à son cou, à perdre à nouveau la tête, à succomber à cette pulsion et à essuyer un nouvel évitement ... Puis ma gorge s'est serrée et j'ai réussi à souffler, sans le regarder :

- "Merci! Pour moi aussi."

Une fois parvenu sur le trottoir, je laisse la fureur monter en moi, puis déborder. Mais quel imbécile je fais! Pourquoi n'ai-je pas su profiter pleinement de ce que la vie m'offrait mais uniquement de la réalité : ce beau mec avec qui, moi, le banal Joris, j'ai eu la chance de baiser, qui s'est préoccupé de moi avec chaleur et gentillesse pour me donner, volontairement, tant de plaisir ?

Pourquoi ai-je eu besoin d'extrapoler à partir de ses attentions, sur une illusion que j'ai moi-même fait naître puis alimentée, jusqu'à m'étourdir, m'emmouracher aveuglément sans rien savoir de lui, ni de ses attentes ni de ses envies, un leurre dont je me suis enivré pour, à la fin, m'écraser douloureusement la gueule sur le réel ?

A me remémorer pas à pas cet épisode édifiant, à mesurer ma désolante naïveté, je me juge si ridicule que j'en suffoque. Il me semble que ma confusion est perceptible par tous, si visible que je ne pourrai échapper aux railleries, d'ailleurs motivées. J'ai honte de moi.

Je me promets qu'on me prendra plus à me bercer de chimères. A défaut d'autre chose, cotoyer l'univers de la gym m'aura appris l'exigence et la discipline. Me reviennent alors ces mots spontanés qui, tout à l'heure, m'ont fait chevroter en évoquant "des" difficultés ... MA difficulté, MA disgrace, Ma singularité ... Ma revanche, plutôt. Je dois grandir, savoir exactement ce que je veux.

Et rien ne doit m'en détourner.

Amical72

amical072@gmail.com

L'INSEP Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance est installé au Bois de Boulogne à Paris, depuis 1975 ; le complexe Christian d'Oriola y accueille le GAM pôle de Gymnastique Artistique Masculine.

"A grand coups de ciseau, / Tu as déchiqueté tout mes espoirs / Et ces nuits à tourner / Seul dans le lit, à te revoir / Des jours et des jours / A colmater les brêches / Tous les trous dans mon cœur / Ne reviens pas !

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