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HISTOIRE

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Premier épisode

Agriculteur | S20 Payer mes dettes

2 | Revendiquer ma liberté – Le récit de Jérôme.

Après ce premier élan, impétueux dans la cabine du sauna, une fois nos souffles retrouvés, Julien et moi avons actualisé nos vies respectives en accéléré : Les Chênaies, sa récente escapade avec Lecourt pour lui et pour moi, mon taf qui roule, les enfants qui grandissent, avec Quentin au collège et Lucas en CM2 ... en une rapide mise à jour nous permettant de reprendre le fil de nos existences, comme des amis qui, s'étant quittés la veille, n'ignorent rien l'un de l'autre, marchent du même pas en s'épaulant.

Je suis heureux de retrouver Julien débordant d'énergie moi qui l'ai croisé, ici même, il y a quoi ? Quelques jours ? Une semaine, deux tout au plus ! Il était alors totalement effondré, abattu par la soudaine dérobade d'un garçon pour lequel il s'était enflammé comme l'amadou et à qui il avait offert de s'installer avec lui aux Chênaies.

Or Julien n'avait pas vu qu'il était incapable de le suivre sur le chemin d'une relation établie et donc visible, écartelé qu'il est encore -du moins, me semble-t-il d'après le récit que Julien m'en a fait ... entre ses irrépressibles pulsions homosexuelles et leur absolue condamnation par la société qui est la sienne, jugement qu'il tient pour certain et sans appel, qu'il a intégré comme irrévocable, une damnation à ses propres yeux, lui qui se situe pourtant au nombre des incroyants.

Julien m'a remercié de lui avoir alors dessillé les yeux et ouvert l'âme à la consolation mais, sans doute, y était-il prêt ! Je n'ai fait qu'arriver au moment propice, prononcer les mots adéquats. Je l'ai ensuite accompagné quelques jours de ma présence, le temps qu'il surmonte son apathie et reprenne une vie structurée.

Le reste de sa convalescence, il le doit à Lecourt à qui le lie une relation qui, pour être épisodique, me confond pourtant d'admiration tant elle semble triompher de tous les épisodes du chemin. Il faut dire que chacun est redevable à l'autre d'avoir permis la réalisation de sa vie. Aussi, ces deux-là se manifestent-ils d'évidence une confiance réciproque si absolue et une entente si fine qu'aucun aléa ne parait capable d'instiller entre eux les germes mortifères du doute.

J'ai eu l'occasion de "croiser" ce Lecourt, peu après avoir rencontré Julien ; un homme de belle prestance, dont le charisme m'avait fasciné, ébranlé même, tant il en émane une sorte d'ascendant ... auquel j'ai eu l'occasion de céder, plus tard, dans un moment qui m'a laissé le souvenir d'une sexualité épanouie, aboutie et, à la fois, le léger pincement de n'être jamais parvenu à m'en ouvrir à Julien.

Or je reste persuadé que ce petit caillou dans ma chaussure, et quelques autres encore, ont fini par faire boiter notre amitié, la lestant de non-dits, du poids de secrets à la fois dérisoires et pas très glorieux jusqu'à, progressivement, creuser une distance entre nous.

C'est dire mon bonheur de nous retrouver ainsi, avec cet élan sans calcul, cette fraîcheur juvénile, ce naturel simple et direct. Peut-être cet étirement du temps nous a-t-il permis de relire nos précédentes aventures avec ce qu'il faut de bienveillance et de séparer avec moins de rigidité l'essentiel, qu'est notre fraternité, d'un accessoire incluant les incidents inhérents à tout parcours.

J'en suis là dans mes pensées quand Julien me retrouve au bar du sauna. Alors qu'on en prenait le chemin, tout à l'heure, après la douche, il s'est brusquement éclipsé en m'invitant à aller l'y attendre et le voici qui arrive, le pas décidé, l'air guilleret.

- "Désolé, Jérôme, mais j'avais cru voir un fantôme."

- "Et alors ?"

Il est secoué par un rire silencieux.

- "Alors ? Ce n'est PAS un fantôme mais bel et bien les personnes qu'il m'avait semblé reconnaître, en chair et en os ; et bien occupées, tu peux m'en croire."

Brusquement, il reprend son sérieux.

- " T'est-il déjà arrivé de retrouver ici ou ailleurs mais du moins dans une situation sans équivoque, un mec dont tu avais précédemment interprêté les regards et l'attitude distante comme ... celle d'un censeur inflexible guettant le premier prétexte venu pour te foudroyer de ses anathèmes ? Tu t'en es gardé prudemment à distance pour soudain découvrir que tu t'es trompé, que, non, bien au contraire, cette rigidité ne servait qu'à dissimuler, brider des appétits semblables aux tiens lesquels, quand enfin on leur lache la bride, se révèlent dans une crudité sans retenue ..."

Le sourire de Julien s'éteint d'un coup et il semble s'abîmer dans ses pensées pendant quelques secondes, visage fermé, sourcils froncés, puis, tout aussi soudainement, il prend une profonde inspiration et relève vers moi cette figure radieuse que je suis si heureux de lui revoir.

- " Mais revenons plutôt à nous."

Nous rejoignons tranquillement la maison de Julien, dans le hameau des Chênaies.

Il rallume le feu sous un imposant faitout dont il m'invite à soulever le couvercle. Il y a mis à mijoter longuement un pot-au-feu comme ceux que préparait interminablement ma mère, une de ces recettes où le temps qu'on y consacre est en proportion de l'importance que l'on accorde à ses hôtes, à rebours de la précipitation de nos temps actuels où personne ne supporte plus de devoir patienter pour que se concrétisent nos voeux : aujourd'hui, il nous faut tout et immédiatement, dés que l'envie s'en manifeste !

Puis Julien m'entraîne dans un "tour du propriétaire" à pas lents au travers des pâtures les plus proches, les hangars, les boxes ... Tout semble en ordre. Je relève combien tout est paisible et je savoure ce moment ralenti dont il me semble entendre chacune des secondes s'égrenner.

- "Tout marche au rythme de la nature dans ce métier ! Je sème et je m'en remets à la conjugaison de la pluie et du beau temps pour que les graines lèvent. Je demeure cependant attentif pour choisir le moment où j'interviens, celui où je roule le blé pour favoriser le tallage par exemple. Le paysan n'est qu'un observateur opportuniste."

Nous sortons des écuries et approchons des paddocks. Julien se glisse entre les traverses en bois de la clôture et son cheval de selle le regarde s'approcher, l'encolure relevée, ses oreilles dressées pivotant en tous sens. Julien tend le bras, sa main court sur le dos frissonnant de l'animal qui, lui, se contorsionne pour renifler ses poches. Julien rit, esquive ; sa main épouse le chanfrein et il enroule l'encolure de la bête par dessus son épaule, tendant aux lèvres clabotantes la carotte aussitôt happée, écrasée dans un craquement grave puis rapidement machouillée et engloutie. Julien relache son emprise, l'alezan s'écarte, se remet à brouter et Julien revient auprès de moi.

- "Il parait que je sens le bourrin, c'est vrai ?"

Je ris devant l'air soudain renfrogné, les sourcils froncés et la moue quasi enfantine qui contrastent avec ses larges épaules d'adulte. Julien n'a plus, à mes yeux, une stature de commandeur coulé dans le bronze, notamment depuis que je l'ai vu effondré et larmoyant d'avoir été largué comme un vulgaire Jules de guinguette par sa grisette mais c'est là, à cet instant précis où il laisse transparaître cette légère inquiétude, son incertitude, ses atermoiements, qu'il me dévoile son humanité dans sa globalité : je le vois homme, résistant et responsable, ayant des compétences établies, un grand costaud dans la puissance, capable de s'aveugler comme tout homme pour m'embrocher en soudard quand je l'aguiche mais aussi un coeur vivant, palpitant, ouvert, que le regard de l'autre, la flèche empoisonnée d'une simple répartie piquante peut blesser.

Donc vulnérable aussi, il le sait, il ose me le livrer.

C'est ainsi qu'il me touche et mon coeur bondit d'affection pour lui. J'avance frontalement à sa rencontre, jusqu'à n'être qu'à quelques millimètres de lui, à le frôler mais me gardant pourtant de le toucher, nos têtes parallèles regardant droit devant nous, dans des directions opposées ; je veux juste m'inscrire dans sa sphère personnelle, insérer ma chaleur corporelle au creux de la sienne, le sentir vibrer, le humer les yeux fermés jusqu'à discerner cette odorante trace d'équidés puis lui murmurer doucement, à l'oreille.

- "Mais que t'importe, Julien Bonnet, ce qu'on dit de toi et de ton odeur ; qu'on y décèle une note animale mêlée à celle du cuir graissé, quoi de plus naturel pour un homme de cheval ? N'est-ce pas là ce qui fait ta fierté, affirme ton caractère, proclame tes choix de vie ? À travers elle, moi, tes amis, tes proches, nous te reconnaissons pour ce que tu es.

Mais qu'extrapolant à partir de ces seules indications olfactives érigées en symboles, certains veuillent projeter sur toi leurs propres effrois, leurs commodes indignations, leurs fantasmes, poussant des cris d'orfraie, faisant de toi un homme autoritaire et inflexible ou d'un tortionnaire d'animaux qu'ils montrent au doigt, que sais-je encore, tu n'y pourras rien, rien de plus qu'y opposer, sans relâche, l'évidence de tes pratiques inlassablement exposées au grand jour et dont tous ceux qui te connaissent et mais aussi tes résultats témoigneront."

Il s'écarte et, haussant une épaule, souriant, plonge ses yeux dans les miens.

- " De toutes façons, ici, je reste l'intrus aux yeux de beaucoup. Songe: je suis arrivé aux Chênaies en 1987 et nous sommes en 2009, j'ai donc largement eu le temps de faire montre de mes honnêtes compétences ; malgré tout, une inquiétude plane parce que je suis sans antériorité parmi eux, leurs parents et grands-parents ne connaissent pas les miens, sans même parler de plus anciens ; nul drame ni deuil, nulle querelle pour des limites ou des droits de passage, nulle joie de repas de noce ou de moissons ne vient documenter une histoire partagée qui me fonde dans la communauté. A leurs yeux, je ne suis pas des leurs.

Mais cette page blanche n'est pas sans avantages, elle me libère du poids de tout héritage et me fait regarder pour ce que je suis, moi et non pour un fils de."

Lentement, une lueur égrillarde vient éclairer son visage.

- "Cependant, si tu ajoutes la rumeur, je suis quasi un imposteur que Lecourt a imposé et ... on sait bien pourquoi ! Alors, tout comme Lecourt d'ailleurs, je veille à me libérer de ces odeurs qui nous signalent comme des bouseux, nous cataloguent trop facilement, pour me démarquer d'eux, ne pas me voir assimilé à leur étroitesse de vue."

Puis, petit à petit dans le silence qui suit, son regard se teinte de miel, ses paupières s'étirent, son sourire s'élargit, enjôleur et guilleret, entraînant le mien dans une parade toute de séduction, une sarabande joyeuse et paillarde, une offre voluptueuse à laquelle je me joins et que je relance en danseur aguerri capable moi aussi d'initiative, de la surprise d'un pas de côté inédit. Puis, fort de cette promesse, il enveloppe amicalement mes épaules de son bras et nous reprenons, côte à côte le chemin de sa longère, silencieusement.

Cependant notre échange résonne étrangement à mes oreilles.

Me voilà soudain clairvoyant et fermement déterminé!

Par la voie hiérarchique, je vais demander à convoquer Thomas, notre jeune pensionnaire, ses parents que j'ai déjà rencontrés et que je connais pour des gens raisonnables et soucieux de l'émancipation de leur fils. Devant témoins, j'interrogerai l'adolescent : ai-je jamais eu le moindre geste ou a-t-il relevé une ambiguité dans mon attitude qui ait pu lui laisser penser à une sollicitation de nature sexuelle ; de leur côté, ses parents ont-ils noté le plus petit changement dans le comportement de leur fils qui ait pu les inquiéter et leur faire penser à une forme d'emprise ; enfin, mon supérieur a-t-il eu à connaître le plus infime soupçon me concernant ?

Si, comme je m'y attends, toutes les réponses sont négatives, j'avertirai courtoisement mais solennellement qu'à compter de ce jour, au premier écart, insulte ou allusion à mon orientation sexuelle, à la moindre manifestation de ce préjugé qui m'assimile abusivement à un salaud à raison de cette seule réalité, je me rendrai à la gendarmerie pour demander un rappel à la loi en ma faveur.

Je n'ai pas peur, je ne veux plus vivre dans un non-dit dangereux, qui ouvre aux commérages et à la médisance, aux insinuations et, finalement, aboutit au chantage. L'affirmation de qui je suis et la transparence m'en protégeront plus efficacement qu'une dissimulation pouvant, forcément, être prise en défaut.

Surtout, je ne veux pas de leur compassion qui fait de nous des êtres à la marge sur le sort de qui on s'apitoie ; être gay n'est ni un choix ni, désormais, un fardeau pour moi. Je suis parvenu à voir en moi un homme libre, une liberté que je veux revendiquer.

"Quel que soit le temps qu'ça prenne / quel que soit l'enjeu / je veux être un homme heureux"

Amical72

amical072@gmail.com

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